Sep 24 2017

Fukushima: plus de 30μSv / h récemment repérés au long de la route 114

Plus de 30μSv / h ont été lus le long de la route 114 récemment rouverte à Fukushima, le 20 septembre 2017. Il est fou pour le gouvernement de donner son feu vert aux personnes qui utilisent cette route. 6,5 ans ne signifient rien ici. Rien du tout. Via Oz Yo

 

 

 

 

Sep 14 2017

La centrale nucléaire de Belleville, Cher, placée sous surveillance renforcée

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé mercredi 13 septembre 2017 avoir placé la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) « sous surveillance renforcée« . Par Sciences et Avenir avec AFP le 14.09.2017
 La série continue au pays du Sancerre…

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de placer sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher (18), en raison de la dégradation du niveau de sûreté qu’elle constate depuis 2016 sur ce site, et de l’absence d’améliorations notables de la part d’EDF à ce jour, affirme l’Autorité de sûreté nucléaire dans un communiqué publié sur son site. Dans ce texte publié le 13 septembre 2017, le « gendarme du nucléaire » avance deux raisons à cette décision. La première est une hausse du nombre d’évènements « significatifs » liés à un « défaut de surveillance dans la conduite des réacteurs« . Sur la page de la centrale, sont en effet déclarés pour l’année 2016, 34 événements de niveau 0 (sur une échelle qui en comporte 7) et 8 événements de niveau 1. « Parmi ces événements, certains (6 en 2016) sont communs à plusieurs réacteurs : ils sont appelés « génériques » » poursuit le communiqué de la centrale, qui affirme par ailleurs que « aucun de ces événements n’a eu d’impact sur la sûreté des installations« .

Une affirmation que conteste l’ANSN qui annonce avoir relevé « plusieurs défaillances de l’exploitant dans l’identification et l’analyse des conséquences des anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté (état apparent dégradé de certains matériels, ne permettant pas de garantir leur bon fonctionnement en l’absence d’analyse supplémentaire)« . Est également pointée du doigt une « dégradation dans la qualité des réponses qui lui sont fournies, ainsi qu’une réactivité insuffisante de l’exploitant« .

 Une mise sous surveillance renforcée

Ces observations ont motivé l’ASN à conduire une inspection « renforcée » sur le site pendant deux jours en avril 2017 afin « d’évaluer l’organisation de l’exploitant pour la détection et le traitement des anomalies pouvant affecter les matériels importants pour la sûreté« . Verdict : des « carences dans la mise en œuvre de l’organisation » en ce qui concerne la « surveillance et l’entretien des installations » ont été confirmées. Le directeur a de la centrale a été convoqué le 7 septembre 2017, et sommé de présenter un plan d’action. Sollicité par l’AFP, EDF a dit « prendre acte » de cette décision, ajoutant que « tous les points soulevés par l’ASN ont fait l’objet d’actions correctives« . Le groupe « a proposé un plan d’action à l’ASN au mois d’avril qui a été accepté » et est en train d’être mis en place. Comme beaucoup des remarques de l’ASN concernent « le facteur humain » sur la centrale, détaille une porte-parole, les actions correctives visent un « renforcement de la culture de sûreté » avec des formations sur les bonnes pratiques lors des interventions et d’autres juste avant les interventions programmées. Cette mise sous surveillance renforcée, procédure exceptionnelle, se traduira par des contrôles supplémentaires sur le site et « une attention particulière » aux mesures que prendra EDF. Une inspection de contrôle sera enfin menée en 2018.

Par le passé, la centrale de Chinon (Indre-et-Loire) avait également été placée sous ce régime de surveillance renforcée entre 2013 et 2015, et avant elle en 2000, la centrale de Dampierre (Loiret), a précisé l’ASN à l’AFP. Mise en service entre 1987 et 1988, la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire comprend deux réacteurs de 1.300 mégawatts chacun. En 2016, elle a produit 16,7 milliards de kWh soit l’équivalent de 100 % des besoins de la région Centre, ce qui représente plus de 4 % de la production nucléaire nationale.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/une-centrale-nucleaire-du-cher-placee-sous-surveillance-renforcee_116367

Sep 14 2017

Situation explosive à l’usine Areva de La Hague : le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à mettre fin au « retraitement » du combustible nucléaire

Communiqué du 14 septembre 2017

Dans son édition du 13 septembre 2017, le Canard Enchaîné alerte sur d’inquiétants problèmes de sûreté à l’usine Areva de la Hague, dans le Cotentin, où est pratiqué le « retraitement » du combustible nucléaire usé. Ainsi, selon des rapports d’inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire, Areva ne serait pas à même, en cas de panne du système de ventilation, de prévenir une explosion d’hydrogène dans l’installation où est traité le plutonium !

Ces informations sont rendues publiques sur fond de « non-respect des procédures » et d’ « état alarmant des équipements », selon les mots mêmes de l’ASN. Cette situation s’avère d’autant plus explosive que l’état financier catastrophique d’Areva laisse craindre des impasses sur la sûreté. Selon le Canard Enchaîné, l’ASN aurait d’ailleurs reçu une lettre de salariés dénonçant une maintenance réduite des installations, des formations bâclées et des procédures simplifiées à l’extrême en raison d’une « course effrénée aux économies »  !

Cette alerte ne doit pas rester lettre morte : l’usine Areva de La Hague, dont les rejets radioactifs sont supérieurs à ceux cumulés de toutes les centrales françaises [1], constitue l’un des sites les plus dangereux au monde au vu du stock de matières fissiles et toxiques qui s’y accumule. Il est aberrant que la France continue à poursuivre une activité aussi risquée que le « retraitement » des combustibles nucléaires usés, présenté abusivement comme un « recyclage ». Coûteuse et polluante, cette opération ne réduit ni le volume, ni la dangerosité des déchets et s’avère parfaitement inutile… si ce n’est pour produire du plutonium pur qui sert à fabriquer le dangereux et coûteux combustible MOX [2] ou des armes nucléaires, elles-mêmes dangereuses et obsolètes.

Tous les autres pays nucléarisés ont déjà abandonné le retraitement. La France doit en faire de même avant qu’un accident ne se produise à La Hague.

Contact presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66


Notes

[2Ce combustible est utilisé dans 22 réacteurs français, parmi les plus anciens du parc.

 

Sep 14 2017

Énergie. L’éolien moins cher que le nucléaire

Au Royaume-Uni, l’électricité qui sera produite par des éoliennes installées en mer sera meilleur marché que celle générée par les réacteurs nucléaires de Hinkley Point. Une première, qui annonce une tendance plus globale.  Courrier international 

Au Royaume-Uni, le prix de l’électricité éolienne a considérablement baissé, comme en témoigne le résultat, publié lundi 11 septembre par le ministère de l’Énergie, des négociations relatives aux subventions pour trois projets de turbines installées en mer. Pour deux d’entre eux, “le prix garanti aux producteurs d’éolien offshore lors de cette dernière enchère a chuté à 57,5 livres par mégawattheure – une baisse substantielle par rapport à la moyenne de 117,41 livres par mégawattheure qui avait été accordée lors d’enchères semblables en 2015”souligne le Financial Times.

Le prix garanti pour l’électricité produite par le troisième parc éolien offshore, pour une durée de quinze ans, est un peu plus élevé, à 74,75 livres (82,8 euros) par mégawattheure. Ce qui est encore “bien en dessous du tarif controversé de 92,50 livres promis par le gouvernement aux développeurs français et chinois de la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point à Somerset”, note le quotidien financier.

Cette chute drastique du prix de l’électricité produite par les éoliennes était prévisible, estime The Guardian : “les turbines sont devenues plus grandes et plus efficaces, les coûts des installations ont dégringolé et les opérateurs ont désormais la possibilité d’utiliser des infrastructures existantes. Au contraire, la technologie nucléaire – qui existe depuis plus d’un demi-siècle – semble être la seule à être de plus en plus chère dans un monde où la réglementation sur la sécurité est toujours plus sévère. Souvenez-vous, insiste le quotidien britannique :

Le coût de construction de Hinkley Point a triplé entre sa conception et le moment où le contrat a été passé.”

Pour Vince Cable, économiste et membre des libéraux-démocrates, cité dans un autre article du Guardian, “cette avancée [que constitue la baisse du coût de l’énergie éolienne] devrait permettre de repenser les plans énergétiques du gouvernement”.Certains vont assurément utiliser cet argument pour militer en faveur de la sortie du Royaume-Uni du nucléaire ou, a minima, de l’arrêt de la construction de la centrale de Hinkley Point.

De leur côté, les acteurs du nucléaire insistent sur le caractère intermittent de l’éolien, qui ne produit de l’électricité que lorsque le vent souffle. Raison pour laquelle le nucléaire est, selon eux, toujours nécessaire. “Peu importe que le prix de l’éolien offshore soit très bas. D’après les chiffres de l’année dernière, il n’a produit de l’électricité que pendant 36 % du temps”, martèle à la BBC Tom Greatrex, directeur exécutif de l’association des industriels du nucléaire.

http://www.courrierinternational.com/article/energie-leolien-moins-cher-que-le-nucleaire?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&link_time=1505319065#xtor=CS1-9

Sep 13 2017

Énergie-climat : pourquoi l’humanité est (vraiment) mal barrée en 4 graphiques

Les enjeux climatiques et énergétiques sont revenus sur le devant de la scène après la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Ce choix, que l’on peut légitimement qualifier de consternant, a néanmoins l’avantage d’avoir ravivé l’engagement du reste du monde vis-à-vis du défi climatique, qui devrait être une priorité absolue. Pour rappel, il existe un consensus scientifique très solide sur le fait que l’humanité est le principal responsable du changement climatique actuel.Dans l’espace médiatique, on a coutume d’illustrer le changement climatique par un ours polaire à la dérive sur un morceau de banquise. Cet exemple, certes valable, ne suscite cependant pas de réelle préoccupation chez la plupart des gens. Pourtant, même si elle est difficile à appréhender, l’urgence climatique est bien réelle et nécessite une prise de conscience qui tarde à s’imposer. Le but des 4 graphiques suivants est de montrer de manière tangible à quel point la situation dans laquelle se trouve l’humanité est délicate. Sciencepop.fr 8 juin 2018
Deux degrés en deux siècles, c’est énorme

Un changement de 2°C, c’est si grave ?

Une perturbation climatique aussi rapide, c’est une première dans l’histoire de l’humanité

Quand on parle d’une augmentation de 2°C en 2100, il est difficile de se sentir vraiment inquiet. On pourrait imaginer que ce n’est rien : entre l’été et l’hiver, nous voyons des écarts de température bien plus grands. Or, ce qu’on a du mal à réaliser, c’est qu’à l’échelle de la Terre, une variation de quelques degrés est associée à des changements multiples et considérables. En effet, seulement 5°C en moyenne nous séparent de la dernière ère glaciaire. Lors du dernier maximum glaciaire, le niveau des océans était plus bas de 100 mètres, et la France ressemblait à la Sibérie actuelle. La transition vers la température actuelle s’est opérée sur plusieurs milliers d’années.

Pendant la dernière ère glaciaire, on pouvait aller de France en Angleterre à pied.

Ainsi, on comprend qu’en augmentant de quelques degrés la température mondiale en seulement deux siècles, l’humanité s’exposent à des dérèglements considérables. Les changements climatiques déjà enclenchés auront des conséquences négatives majeures, que ce soit sur le plan écologique, économique, mais aussi humanitaire. L’approvisionnement mondial en nourriture est particulièrement menacé par les aléas climatiques à prévoir – notamment les sécheresses extrêmes – et pourra engendrer des troubles politiques et migratoires d’une envergure inédite.

On a l’air mal partis

 

On a signé l’Accord de Paris, tout va rentrer dans l’ordre !

Ne pas dépasser les 2°C nécessiterait des actions radicales immédiates. NB : on a ici ajouté aux émissions de CO2 celles NO2 et CH4, alors que ces deux gaz ne persistent pas le même temps dans l’atmosphère, le cumul n’est donc pas réellement « CO2-équivalent » du point de vue du réchauffement.

Une vague d’optimisme avait suivi la signature de l’Accord de Paris à la COP21. Il est vrai que réussir à rassembler la quasi-totalité des pays de la planète sur ce sujet était un accomplissement considérable. Néanmoins, si on regarde la réalité en face, il est difficile de rester optimiste très longtemps. Et pour cause, dans le “budget CO2” à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement de plus de 2°C mentionné dans l’Accord de Paris, il nous reste moins de la moitié de ce que l’humanité a déjà émis depuis le début de l’ère industrielle, alors même que nous serons bien plus nombreux au 21e siècle qu’au 20e. Pour réussir, il faudrait que les émissions commencent à décroître au plus vite de plusieurs pourcents par an.

Malheureusement, rien n’indique que cette dynamique soit enclenchée. Dans le cadre de l’Accord de Paris, les promesses de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) sont faites sur la base du volontariat, sans aucune sanction en cas de non respect. Ainsi, rien ne dit qu’elles seront respectées ; le protocole de Kyoto a d’ailleurs montré les limites des déclarations de bonne volonté. Pire, même si tous les pays respectaient leurs engagements, le réchauffement correspondant atteindrait les 3°C, mettant sérieusement en doute la capacité du monde à respecter l’objectif des 2°C, sans parler des 1.5°C mentionnés à la COP21 qui sont probablement déjà derrière nous.

Le CO2 est partout

 

Ok, je prendrai un peu moins la voiture pour sauver le climat !

La répartition des émissions de GES peut paraître surprenante

Pour une bonne part d’entre nous, réduire ses émissions de GES se résume à éteindre la lumière en quittant la pièce et restreindre l’utilisation de la voiture pour se déplacer. Pourtant, la répartition des sources d’émissions montre une situation bien plus problématique : de manière directe ou indirecte, toutes les activités humaines sont émettrices de GES. Fabriquer du ciment, de l’acier, du plastique, manger, couper des arbres, chauffer un logement, recharger un téléphone, envoyer un e-mail, acheter un ordinateur portable ou n’importe quel autre produit manufacturé sont autant d’activités contribuant à émettre des GES. Les transports ne représentent d’ailleurs même pas le premier poste d’émissions. Quand bien même l’intégralité de la population mondiale abandonnerait la voiture et l’avion, le problème resterait entier.

Il est nécessaire de faire face à une vérité désagréable : la réduction des émissions de GES qui s’impose (et qui est de toute façon inéluctable) se traduira par une transformation profonde des modes de vie, au niveau de la consommation, de l’alimentation, et de la mobilité. Des gestes sont possibles à titre individuel, mais étant donnée la situation critique, une action forte des institutions politiques paraît essentielle.

L’éolien et le solaire à la rescousse ?

Facile, pour arrêter les énergies fossiles, il suffira d’installer des éoliennes et panneaux solaires qui prendront le relais !

Étant donné le degré de dépendance du monde aux énergies fossiles, s’en débarrasser rapidement ne sera pas si simple

Du côté des solutions, les nouvelles énergies renouvelables – notamment solaire et éolienne – viennent immédiatement à l’esprit. Malgré leur intérêt certain, on aurait malheureusement tort de croire que la solution serait si simple. D’abord, c’est se focaliser sur la production électrique qui ne représente qu’un quart des émissions de GES, et il est difficilement envisageable que l’électricité puisse remplacer tous les usages des autres énergies (exemples : transports, fabrication d’acier…) Ensuite, l’éolien et le solaire possèdent des faiblesses – notamment l’intermittence de la production – qui limitent sérieusement la faisabilité et la pertinence d’un déploiement généralisé. De fait, aucun grand pays n’est parvenu à produire son électricité sur une base principalement renouvelable intermittente, et les rapports souvent cités pour soutenir que c’est possible pour un pays comme la France souffrent de réelles limitations.

Se passer des combustibles fossiles représente une tâche déjà très ardue et largement non résolue. Comme l’ont récemment fait remarquer les membres de l’Académie des sciences, vouloir renoncer au même moment à l’option nucléaire – qui fournit une électricité décarbonée, pilotable, à coût raisonnable et en grande quantité – rend les choses encore plus compliquées et soulève la question de la priorité entre climat et sortie du nucléaire.

Conclusion

L’utilisation actuellement inconsidérée des ressources fossiles nous conduit vers des perturbations climatiques que l’humanité n’a jamais connues. De fait, des instabilités politiques et des flux migratoires massifs sont attendus, dans un contexte probable de stagnation économique. Dans tous les cas, le vide énergétique que laisseront les énergies fossiles ne pourra pas être entièrement comblé par d’autres modes de production. Il serait donc avisé de planifier la transition vers un avenir énergétiquement plus sobre, quitte à faire des concessions sur nos modes de vie, plutôt que de subir cette transition de manière brutale par la raréfaction des ressources. Malheureusement, les mesures agressives et les réflexions de fond nécessaires à une sortie des énergies fossiles sont aujourd’hui largement absentes du discours des dirigeants politiques.

L‘heure tourne, et il ne suffit pas de prononcer la formule magique « Make our planet great again » pour que les lois physiques nous laissent une deuxième chance.

 

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