En finir avec le nucléaire pour arrêter de produire des déchets

Par Un collectif d’associations Liberation 17 avril 2019 à 12:26

Alors que s’ouvre le débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), plusieurs associations anti-nucléaires appellent à «arrêter la fuite en avant» de l’atome et réitèrent leur opposition au projet de stockage profond à Bure.

Tribune. En quelques dizaines d’années à peine, l’électricité nucléaire a généré près d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs, et près de 400 000 tonnes de «matières» dangereuses. Toxiques pour des centaines d’années pour certaines d’entre elles, pour des millions d’années pour d’autres, ces substances radioactives peuvent – à tout moment – contaminer nos cours d’eau, nos océans, notre air et nos sols. Ces déchets sont un héritage empoisonné, légué aux générations futures sur des durées qui dépassent celle des civilisations humaines. L’empreinte écologique du nucléaire est abyssale mais occultée par ceux qui présentent abusivement cette technologie comme une «solution» au changement climatique !

Les Français·es n’ont pas choisi le nucléaire. Ils et elles n’ont pas non plus choisi les déchets nucléaires. D’ailleurs, ce ne sont pas «nos» déchets, mais bien ceux de l’industrie nucléaire, produits avec l’assentiment de décideurs politiques. Pourtant, nous voilà contraints de vivre à côté et de participer au financement de leur gestion. Bien trop souvent, nous entendons «Les déchets sont là, il faut bien les gérer.»Cette manière de présenter les choses esquive un fait essentiel : ces substances radioactives ne tombent pas du ciel, mais sont le produit d’une politique énergétique imposée et irresponsable. Cette production de matières et déchets ingérables doit prendre fin et le nucléaire doit être abandonné.

Or la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la future loi énergie n’en prennent pas la direction. Au contraire : ces textes prévoient de repousser de dix ans l’échéance de réduction de la part du nucléaire, prolongeant le fonctionnement de la-quasi-totalité des réacteurs jusqu’à 50 ans et plus, augmentant le volume de déchets. La PPE envisage même la construction de nouveaux réacteurs. De tels projets sont en opposition totale avec l’avis des citoyens.

Toujours plus de déchets

Parmi les substances polluantes et parfois toxiques produites par l’industrie nucléaire, certaines échappent au qualificatif de «déchet» par un tour de passe-passe juridique et comptable, visant à limiter la gestion physique et financière des déchets et à faire croire à leur recyclabilité. En réalité, le «retraitement» à La Hague est une opération coûteuse, très polluante et abusivement présentée comme un recyclage. Loin de diminuer la quantité de déchets, le «retraitement» ne fait que l’accroître pour, en réalité, réutiliser moins de 1% du combustible usé. Mais là encore, la PPE va à contresens, prévoyant de poursuivre le fonctionnement de l’usine de La Hague «jusqu’à l’horizon des années 2040». Sans aucune considération pour les contraintes techniques, la faisabilité et les surcoûts engendrés.

Dans tous les cas, cette accumulation génère des risques pour les travailleurs de l’industrie, les riverains et les générations futures. Elle impose de perpétuer des transports à risque sur nos routes, nos stations essences, nos réseaux ferroviaires, y compris dans des zones densément peuplées. Enfin, elle pose la question irrésolue du financement : englués dans leurs difficultés financières, les producteurs de déchets sont dans une logique de rentabilité à court terme et cherchent à provisionner le moins possible. Au final, ce sont les contribuables qui paieront.

Plutôt que de réduire ses déchets à la source, l’industrie nucléaire préfère, avec la bénédiction de nos décideurs, poursuivre sa fuite en avant et rechercher des exutoires : un projet de piscine «centralisée» pour accueillir le trop plein de combustibles usés de l’usine de La Hague, des projets pour déclasser et «recycler» des bétons et métaux irradiés et ainsi réduire le coût de leur gestion au risque de disperser de la radioactivité jusque dans nos casseroles.

«Cigéo doit être abandonné»

La filière cherche aussi à imposer le projet d’enfouissement 500 mètres sous terre pour faire «oublier» les déchets les plus toxiques et ce, malgré les risques élevés et insensé. Le projet Cigéo à Bure comporte des risques d’incendie et d’explosion souterrains et irait de pair avec des rejets radioactifs considérables, en continu, découlant de ses choix de conception. Contrairement à ce qui est déclaré, l’enfouissement des déchets radioactifs n’est pas «réversible». En cas d’accident, il serait impossible d’intervenir, d’empêcher la dispersion accrue de radioactivité ou de récupérer les déchets. Dangereux, impossible à financer, imposé aux populations, Cigéo doit être abandonné.

Les déchets nucléaires jonchent désormais le territoire français. Nous sommes toutes et tous concernés par l’accumulation des matières et déchets radioactifs et ses conséquences éthiques et économiques. C’est pourquoi nos associations souhaitent rappeler avec force que cette accumulation résulte de choix politiques, que d’autres choix de gestion existent et qu’il est possible d’arrêter la fuite en avant, dès maintenant.

Signataires:

Réseau Action Climat
Réseau « Sortir du nucléaire »
Greenpeace France
Amis de la Terre-France
Global Chance
EODRA 
France Nature Environnement 
Lorraine Nature Environnement
Meuse Nature Environnement
Le CEDRA 56
BureStop55
Attac France

Déchets nucléaires : «Cigéo, c’est la solution la plus mauvaise car elle n’est pas réversible»

Sur le site de forage du projet Cigéo, à Bure dans la Meuse, le 8 avril.
Sur le site de forage du projet Cigéo, à Bure dans la Meuse, le 8 avril. Photo Benoit Tessier. Reuters 

Alors que s’ouvre ce mercredi un débat sur l’avenir des déchets nucléaires, le physicien Bernard Laponche plaide pour ne pas se lancer dans des modes de stockage souterrain, comme programmé à Bure. Par Coralie Schaub — Libération 16 avril 2019 à 18:46

Lancé ce mercredi, le débat public sur le cinquième Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) se tiendra jusqu’à fin septembre. Selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait 1,62 million de mètres cubes de déchets radioactifs fin 2017, issus à près de 60 % de l’industrie électronucléaire. Qu’en faire ? Entretien avec Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien du Commissariat à l’énergie atomique et cofondateur de l’association Global Chance.

Qu’attendre de ce débat ?

Global Chance et les autres ONG ont obtenu que soient mis sur la table certains grands sujets : que faire avec le combustible nucléaire irradié issu des réacteurs ? Faut-il le retraiter ? Comment entreposer les déchets ? Cela n’avait jamais été discuté. Mais ensuite, qu’en fera le gouvernement ? Le nucléaire connaît une crise inédite, technique et financière. Il est nécessaire de se demander si on s’entête avec une stratégie fixée dans les années 60 et qui risque de nous mener dans le mur, avec des réacteurs vieillissants et des déchets qui s’amoncellent.

Que pensez-vous du stockage géologique profond prévu à partir de 2035 avec le projet Cigéo, à Bure (Meuse) ?

D’abord, cela ne concerne qu’une partie des déchets, les plus radioactifs, or il y en a beaucoup d’autres (moyenne activité, faible activité…) qui s’accumulent un peu partout. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de solution satisfaisante. On nous dit que celle-ci est la moins mauvaise. Au contraire, c’est la plus mauvaise car elle n’est pas réversible. On ne peut pas imposer quelque chose d’irréversible aux générations futures, pendant des centaines de milliers d’années, tout en reconnaissant que la solution n’est pas satisfaisante. Imaginez qu’un seul colis radioactif enfoncé dans des alvéoles de 100 mètres de long à 500 mètres sous terre soit défaillant et fuite, on ne pourra pas le récupérer.

Quels sont les risques ?

Il y a d’abord la construction du projet et l’enfouissement des déchets, qui doit durer plus d’un siècle. N’importe quel industriel dira qu’avant de construire un projet de cette taille, surtout si c’est une première – il n’y a jamais eu d’enfouissement en profondeur de déchets radioactifs de cette importance, en particulier dans l’argile -, il faut d’abord faire un pilote industriel et le tester pendant assez longtemps, c’est-à-dire, dans le cas de ces déchets, entre cinquante et cent ans. Après tout, si Cigéo doit être là pour des millions d’années, on peut se donner un siècle pour décider. Alors que là, on se lance tête baissée dans un projet qui peut présenter des tas de problèmes. C’est d’une arrogance technique hallucinante. Par exemple, les colis de combustibles qui sont au fond des alvéoles émettent de l’hydrogène, qui peut exploser. Il faut donc une ventilation colossale, qui ne peut être interrompue qu’une dizaine de jours au maximum. Comment imaginer que sur plus d’un siècle il n’y aura pas d’interruption de la fourniture d’électricité alimentant cette ventilation, à cause d’un événement naturel ou d’une agression extérieure ? Et quid de séismes inattendus, comme récemment dans la région de Bordeaux ? Il y a aussi les risques d’incendie, d’inondations… C’est comme si on faisait Superphénix d’un coup, et en plus à 500 mètres sous terre. C’est de la folie.

Et une fois le puits rebouché, vers 2150 ?

On nous dit que cela tiendra des millions d’années. Or la roche n’est pas totalement imperméable. En Allemagne, dans l’ancienne mine de sel d’Asse, les parois s’effondrent et l’eau est contaminée. Les autorités allemandes tentent de retirer les déchets entreposés, ce qui va coûter des milliards d’euros. En France, les déchets chimiques très dangereux enfouis sur le site de Stocamine, en Alsace, menacent la plus grande nappe phréatique d’Europe depuis un incendie survenu dans les années 2000. Faut-il les récupérer ? Le gouvernement estime que ce serait trop cher. Enfin, si on fait Cigéo, je crains que cela crée un précédent pour les déchets radioactifs et chimiques dans les autres pays.

Ces déchets existent. Qu’en faire, alors ?

Les déchets radioactifs à haute activité sont aujourd’hui vitrifiés et stockés à sec, à La Hague, dans des silos ventilés. Avant d’aller à Cigéo, ils devraient de toute façon y rester au moins soixante ans pour être refroidis. Nous proposons, au terme de ces soixante ans, de les mettre dans une enveloppe en acier puis un conteneur en béton avant de les stocker en sub-surface, par exemple dans un hangar à flanc de colline protégé des agressions extérieures. Un endroit contrôlable et réversible, accessible et surveillé. On sait déjà faire ce stockage à sec pour le combustible irradié, la moitié des conteneurs utilisés aux Etats-Unis pour cela sont d’ailleurs fournis par Orano (ex-Areva). Parallèlement, on donnerait du temps aux physiciens pour proposer une solution satisfaisante. La science nucléaire a moins d’un siècle, le neutron a été découvert en 1938, il y a des découvertes en physique en permanence sur la structure du noyau, on peut bien donner 200 ou 300 ans de plus aux chercheurs pour trouver une solution.PUBLICITÉ

De quel type ?

Il y a déjà des recherches en cours et il faut mettre le paquet dessus. D’abord, la transmutation : vous séparez le corps que vous voulez éliminer, par exemple le plutonium, et le bombardez avec des neutrons afin de réduire la durée de radioactivité. On sait le faire en laboratoire mais cela pose des problèmes sur le plan industriel. Et le Nobel de physique Gérard Mourou travaille sur un projet permettant de réduire la radioactivité des déchets nucléaires grâce au laser. En tout état de cause, le coût colossal de Cigéo serait très supérieur à l’option «stockage à sec en sub-surface plus recherche». L’Andra, le porteur du projet, l’a chiffré à 35 milliards d’euros. Il est probable que cela sera bien plus.

Faut-il sortir du nucléaire, alors ?

L’énergie nucléaire existe et peut-être qu’un jour on pourra l’utiliser de façon intelligente et sans danger, mais les réacteurs actuels, y compris l’EPR, avec leur risque intrinsèque et la production de déchets, cela ne vaut pas le coup ! En plus, on dispose maintenant de techniques de production d’électricité, l’éolien et le photovoltaïque, qui deviennent beaucoup moins chers que le nucléaire. Donc pourquoi s’obstiner ?

Le nucléaire est souvent présenté comme l’une des solutions incontournables pour lutter contre le changement climatique…

D’accord, cela émet peu de CO2 par rapport aux centrales à combustibles fossiles. Mais le risque d’accident majeur est réel et cela produit des rejets et des déchets radioactifs en fonctionnement normal. Alors qu’on a bien d’autres façons de réduire les émissions de CO2 : les économies d’électricité et les énergies renouvelables. Nous avons de la marge. La Californie consomme moins d’électricité par habitant que la France, car depuis 1975 elle a mis en place des programmes d’économies d’électricité, toutes tendances politiques confondues. On pourrait parfaitement se passer de nucléaire sans faire exploser nos émissions de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, si on arrêtait demain le nucléaire pour le remplacer par le mix électrique actuel, les émissions n’augmenteraient que de 2%.Coralie Schaub

Corinne Lepage et l’ EPR Flamanville: d’un hors droit à un hors-jeu

Corinne Lepage revient sur les deux dernières décisions du Conseil d’Etat relatives au DAC de Flamanville, suite à deux recours engagés par le CRILAN et d’autres associations. Elle pointe les faiblesses de ces deux arrêts.

Malgré deux arrêts fort bienveillants (c’est un euphémisme) rendus par le Conseil d’État pour valider les décisions prises par l’Etat de prolonger, de toute force, la validité de l’autorisation initiale de la centrale de Flamanville, le droit pourrait bien rattraper enfin le fait et sanctionner un fiasco technique et financier inimaginable. Corinne Lepage, sur son blog 15 avril 2019

Le Conseil d’État aurait pu, à deux reprises, mettre un terme à une situation financièrement intenable, juridiquement très contestable et techniquement dangereuse.

La première occasion lui était fournie par la prorogation pour trois ans de la durée de validité du décret du 10 avril 2007 autorisant la création de l’EPR de Flamanville.

En effet, un décret en date du 23 mars 2017 avait porté de 10 à 13 ans le délai de mise en service de la centrale. Le recours porté devant le conseil d’État contre ce décret soutenait qu’une nouvelle autorisation était nécessaire compte tenu des modifications substantielles intervenues. L’article L. 593-14 du code de l’environnement précise en effet qu’une nouvelle autorisation est requise en cas de modification substantielle d’une iNB, de ses modalités d’exploitation autorisées ou des éléments ayant conduit à son autorisation. Dans cette première décision (Conseil d’État, 28 mars 2018, req n°410782), le conseil d’État, a jugé (dans sa plus petite formation–ce qui est une anomalie pour une affaire de cette importance) que les « les changements invoqués qui seraient intervenus  dans la conduite des travaux depuis l’autorisation de création de l’installation en cause s’agissant notamment du combustible qu’il est prévu d’utiliser, du coût du projet, de la demande énergétique et des conditions générales de sécurité ainsi que des anomalies découvertes dans la composition de l’acier utilisé pour certaines parties de la cuve du réacteur soient de nature à constituer une modification substantielle de l’installation. » Cette formulation appelle plus qu’à la réflexion quand on sait les malversations intervenues dans la fabrication de l’acier, les très grandes réserves de l’autorité de sûreté nucléaire, contrainte en octobre 2017 de ne pas bloquer le processus à la condition d’un changement de couvercle du réacteur en 2024, les nombreuses transformations intervenues sur un projet passé de 3 à 11 milliards, bloqué à plusieurs reprises notamment en raison des faiblesses du béton avant même que ne soit en cause le réacteur lui-même. Le Conseil d’État aurait pu a minima annuler le décret en ce qu’il ne prévoyait pas de de prescriptions particulières comme le permet l’alinéa 2 de l’article L. 593-14. Il ne l’a pas fait et a couvert cette prolongation sans condition, prenant ainsi une part de la responsabilité du fiasco inéluctable vers lequel nous allons.

Errare humanum est, perseverare diabolicum. 

Une seconde décision était rendue le 11 avril 2019, au moment même où par un hasard de calendrier plein d’humour, l’IRSN et le groupement d’experts conduisaient l’autorité de sûreté nucléaire à confirmer que huit soudures situées à l’intérieur du bâtiment réacteur entre deux enceintes de confinement n’étaient pas conformes aux exigences de sûreté. Dans cette seconde décision, rendue toujours en formation minimaliste, Le conseil d’État rejetait une requête tendant à voir abroger le décret du 10 avril 2007 (Conseil d’État, 11 avril 2019, req n°413548). Dans cette deuxième affaire, dans laquelle les associations demandaient au Conseil d’État d’abroger l’autorisation donnée par le décret du 10 avril 2007 au motif que les conditions fixées par l’article L. 593-7 du code de l’environnement n’étaient plus remplies tant en ce qui concerne les capacités techniques et financières de l’exploitant qu’en ce qui concerne la protection des intérêts en cause, le conseil d’État a rejeté la requête.

Une fois de plus, il a considéré que les anomalies techniques, liées notamment à la construction du radier, à la fabrication du liner de l’enceinte de confinement, les anomalies décelées dans la composition de l’acier ne remettaient pas en cause les conditions initiales de l’autorisation. On peut sans doute considérer que chacune des anomalies pourrait être insuffisantes mais c’est le cumul des anomalies qui remet en cause l’autorisation. Le conseil d’État ne l’a pas entendu ainsi et de surcroît a considéré « que la situation financière d’EDF dont l’endettement financier net est évaluée à 33 milliards d’euros 31 décembre 2017 de caractériser par une incapacité de l’exploitant mener à bien son projet ». Et pourtant, où sont les capacités financières d’un établissement endetté à ce point si ce n’est dans la subvention de l’État laquelle est désormais bloquée par l’union européenne au titre des aides d’État. Cette situation est également à l’origine de la hausse exponentielle du prix de l’électricité à laquelle l’État ne peut plus renoncer.

Malgré ces contorsions juridiques destinées à sauver une autorisation qui aurait dû être abrogée éventuellement totalement refaite, la cavalerie est en train de rattraper le soldat EPR.

En effet, et tout d’abord la prolongation de la validité de l’autorisation n’a été faite que jusqu’en mars 2020 c’est-à-dire dans 10 mois. Si, l’État voulait une fois encore prolonger cette validité, la situation juridique serait beaucoup plus délicate que la première fois et les dispositions de la directive 2014/87 Euratom du conseil du 8 juillet 2014 pourraient empêcher ce tour de passe-passe.

De plus et surtout, la question des huit soudures non conformes dont la réparation a été exigée à l’unanimité par le groupe permanent d’experts sur les équipements sous pression nucléaire, repoussera de 2 ans au moins la mise en service de Flamanville 3. Ce délai avancé par EDF paraît très optimiste aux spécialistes du secteur. Il renvoie de toute façon en 2021 la mise en service virtuelle du réacteur EPR

Or, ces huit soudures se trouvent dans une partie difficile d’accès qui, d’après Yves Marignac, directeur de Wise Paris, ouvre une alternative aussi catastrophique pour EDF dans l’une de ses branches que dans l’autre. La première est de casser les enceintes et de sortir l’élément traversant, de refaire les soudures et de replacer cet élément. On imagine les risques, les coûts et les exigences de sûreté correspondantes. La seconde est de faire les soudures sur place ce qui est extrêmement difficile sur le plan technique et nécessite « des études des qualifications de procéder des essais sur maquette grandeur nature parce qu’il ne faudra pas que les opérateurs se loupaient détaillant les éléments irremplaçables » (Y Marignac). En toute logique, il faudrait prendre acte aujourd’hui de cette situation et arrêter les frais qui s’élèvent déjà à 11 milliards d’euros. Continuer va avoir un coût astronomique pour un réacteur qui peut-être ne démarrera jamais.

Mais, il n’y a pas de rationalité dans la gestion du nucléaire français.

Pour mettre en place une solution technique, et partant juridique, Il faut bien comprendre que ce qui est en cause est le principe même de base de l’autorisation de création à savoir des tuyauteries, qu’il s’agisse des générateurs de vapeur des turbines et de manière générale de tout l’acier qui vise « l’exclusion de rupture ». Cela signifie que les pièces ne peuvent pas rompre mais, il semblerait que les sous-traitants n’aient pas été informés de ce principe d’exclusion de rupture. En 2017, l’ASN était informée par EDF que 66 soudures ne remplissaient pas les critères de « haute qualité » et parfois même les critères standards. Pour Monsieur Charles, directeur général adjoint de l’IRSN : « le niveau de qualité n’est pas là. On n’a pas un haut niveau de confiance dans ce qui a été fait. On parle de sûreté nucléaire il n’y a pas d’autre possibilité que de tout remettre en conformité ». (Voir Reporterre 12 avril 2019).

Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, et en appliquant la jurisprudence très bienveillante du Conseil d’État sus rappelée, l’État ne pourra faire l’économie d’une nouvelle autorisation. Il y a bien en effet une modification substantielle de l’installation du fait de la modification des conditions générales de sûreté ou a minima des modifications notables au sens de l’article L. 593-15 justifiant une nouvelle autorisation. Or, une nouvelle autorisation serait soumise aux dispositions de l’article 8 bis de la directive 2014/87/Euratom du conseil du 8 juillet 2014 sur la sécurité nucléaire qui ne permet pas la délivrance d’une autorisation pour un réacteur ne permettant pas « d’éviter les rejets radioactifs de grande ampleur qui imposerait des mesures de protection qui ne pourrait pas être limitée dans l’espace et dans le temps. »

Il va de soi que la délivrance d’une nouvelle autorisation qui serait sollicitée sur la base d’un nouveau dossier, d’une procédure d’enquête publique remettrait une mise en service, à supposer qu’elle soit possible sur le plan technique, bien au-delà de 2021. Et c’est donc tout l’édifice qui est susceptible de s’effondrer puisque le lancement de nouveaux EPR est subordonné à la mise en service de Flamanville et devrait se faire, dans l’esprit de « nos grands stratèges », dinosaures du monde énergétique aujourd’hui converti au renouvelable, en 2021 après la mise en service de Flamanville.

Quant au Flamanville britannique, Hinckley Point, qui a déjà commencé à prendre du retard en se plaçant ainsi sur les pas de son grand frère, qui est déjà menacé en cas de Brexit en raison du départ la Grande-Bretagne d’Euratom, il ne survivrait sans doute pas à un retard supplémentaire de trois ou quatre ans d’une mise en service de Flamanville, en l’état hypothétique.

Cette histoire a une morale. On peut tordre le bras du droit… On peut contourner dans un pays comme la France, car ce n’est pas vrai partout dans le monde-des dysfonctionnements techniques graves… On peut multiplier par quatre le coût d’un investissement finalement payé par le contribuable… On peut même être dans le déni d’un fiasco technologique en essayant de le faire passer pour une prouesse industrielle.

Mais le jour où la machine se bloque, où le droit ne peut plus être contourné, ou l’accumulation des faiblesses techniques ne paraissent plus pouvoir être couvertes, c’est tout le système qui explose. Il n’y a pas de demi-mesure. C’est bien cela quoi nous pourrions assister pour le plus grand malheur des contribuables français dans les années qui viennent. Mais, à tout le moins, on peut préférer un Crédit Lyonnais à la puissance X, à un accident nucléaire majeur.

Corinne LEPAGE

Avocate à la Cour

Huglo Lepage Avocats

www.huglo-lepage.com/2019/04/15/flash-actu-hla-flamanville-dun-hors-droit-a-un-hors-jeu/

Le plan d’EDF pour construire de nouveaux EPR en France

La saga continue avec l’EPR 2 low cost ?!

A l’heure où le renouvellement du parc français est à l’étude, EDF a deux ans pour peaufiner son dossier d’un nouveau nucléaire en France.

Le nucléaire français est en plein paradoxe. Alors que la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, modifiée par la loi énergie de 2019, l’oblige à fermer douze à quatorze réacteurs d’ici à 2035, EDF prévoit d’ores et déjà la mise en service de nouvelles centrales. Et ce, rapidement pour répondre à la demande de la filière qui veut maintenir ses compétences en matière de construction de centrales et qui a besoin de montrer sur les marchés internationaux que la France reste un grand pays du nucléaire. Le gouvernement est, lui, beaucoup moins pressé. Il préfère faire de la relance du nucléaire civil en France un sujet de débat pour la  prochaine élection présidentielle et laisser au prochain exécutif la responsabilité de cette décision. Même s’il lui a balisé le terrain. L’Usine Nouvelle, Aurélie Barbaux 12/04/2019

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié, fin 2018, une étude économique sur l’évolution du mix électrique français entre 2020 et 2060 avec sept scénarios prospectifs qui montrent notamment que le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif. Quoi qu’il en soit, dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement demande à EDF, le chef de file de la filière nucléaire depuis la restructuration d’Areva, de fournir un dossier sur le nouveau nucléaire d’ici à mi-2021. L’opérateur national doit y démontrer sa capacité à maîtriser les coûts et les délais de construction de nouveaux réacteurs EPR en France.

EDF ne part pas de zéro. Depuis 2014, il travaille avec Framatome sur l’EPR 2, un nouveau modèle de réacteur. « L’EPR 2 est un réacteur pour une utilisation française, proche de l’EPR pour en utiliser tout le retour d’expérience, mais optimisé en termes de coût et de délais de fabrication« , détaille Xavier Ursat, le directeur exécutif d’EDF, chargé de la direction ingénierie et projets nouveau nucléaire. Le retour d’expérience provient des premiers EPR construits en Chine, à Taishan, par l’opérateur chinois CGNPC et EDF ; en Finlande, à Olkiluoto, par le consortium Areva-Siemens et l’opérateur TVO ; et en France, à Flamanville (Manche), par EDF. Quand on va construire le premier EPR 2, on ne veut pas revivre les problèmes de planning et de surcoût qu’on a vécu à Flamanville, assure Xavier Ursat. Mais on ne veut pas réinventer quelque chose qui nous ferait prendre une fois encore des risques de tête de série. On veut optimiser, tout en restant proche du design initial. » Dominique Louis, le PDG d’Assystem, qui détient 5 % du capital de Framatome, résume l’enjeu : « Avec l’EPR, on a fait un airbus A 380. Il faut maintenant en faire un A 350.« 

Les fournisseurs associés au projet

Pour concevoir cet EPR 2, EDF et Framatome (ex-Areva NP) ont créé un plateau commun qui rassemble l’équipe projet EPR 2 chez EDF (70 personnes), les ingénieurs de Framatome, et ceux de leur filiale commune d’ingénierie Edvance, créée en mai 2017, soit entre 500 et 600 personnes au total. Le projet avance dans le bon sens. Le basic design pour la chaudière nucléaire et le générateur de vapeur « st figé depuis la fin 2017« , précise Bernard Fontana, le PDG de Framatome. L’Autorité de sûreté nucléaire doit rendre son avis sur les options de sûreté fin avril. Reste à traiter des questions industrielles, de supply chain et d’ingénierie de détails, « pour se mettre en situation de bénéficier d’un effet de série« , explique Bernard Fontana. La priorité est donnée à l’industrialisation et à la standardisation des équipements à l’intérieur de l’EPR (vannes, tuyaux, pompes, portes…), pour garder un nombre limité de références différentes. « Dans la partie non nucléaire, nous allons utiliser davantage d’équipements éprouvés dans l’industrie« , rapporte Xavier Ursat. Un exemple : dans l’EPR de Flamanville, on trouve 1 700 modèles de portes différents, pour la plupart des exemplaires uniques. Il n’y aura plus que 200 modèles dans l’EPR 2.

EDF et Framatome n’avancent pas seuls. « L’une des caractéristiques de ce projet, c’est que l’on y associe les fournisseurs très tôt, notamment les génie civilistes, dans un consortium composé de Bouygues, Vinci et Eiffage pour avoir leur avis sur la constructibilité des différentes options étudiées », observe Xavier Ursat. L’un des objectifs est de préfabriquer un maximum d’équipements. « Toutes les tuyauteries vont être conçues en pouces, comme le pratique toute l’industrie dans le monde, notamment pétrolière. L’EPR, lui, était dimensionné en millimètre. Une spécificité qui a nécessité d’adapter la chaîne industrielle, ce qui a eu un coût « , reconnaît Xavier Ursat. EDF va aussi lancer une consultation pour la salle des machines. L’EPR 2 sera également le premier réacteur conçu depuis le début dans une approche entièrement numérique, soutenu par un logiciel PLM de Dassault Systèmes, préféré en 2018, à la solution de Siemens choisie par EDF en 2013. La migration est en cours.

Industrialiser l’EPR 2 n’est pas tout. Dans le dossier qui doit être remis mi-2021, EDF doit aussi s’engager sur les coûts. « On s’est fixé comme objectif d’avoir des EPR constructibles en France pour un coût complet de production d’électricité entre 65 et 70 euros le Mwh, pour qu’il soit moins cher que n’importe quel moyen fossile adossé à un prix du carbone que l’on pourrait développer à la même période« , explique Xavier  Ursat. Le dossier devra aussi définir précisément les besoins de la France en matière de nucléaire pour les soixante à quatre-vingts ans à venir, sachant que les EPR sont prévus pour fonctionner soixante ans. Il faut également tabler sur « une durée de construction de l’ordre de six ans pour une tranche, entre le moment où l’on attaque le génie civil de sûreté (le socle du bâtiment nucléaire) et la mise en service commerciale« , avertit le directeur exécutif d’EDF.

Maintien des compétences

Pour répondre à quels besoins en électricité   Combien de nouveaux EPR 2 faudra-t-il construire   À ce stade, pas de réponse, mais les coûts avancés par EDF « s’envisagent pour une série d’au moins six réacteurs, comme la Cour des comptes l’indique dans son rapport « , prévient Xavier Ursat. Un nombre qui semble faire consensus. « Deux c’est mieux qu’un, et six c’est mieux que deux« , lance Bernard Fontana, prudent. L’enjeu est industriel, mais il concerne aussi le maintien de compétences perdues et chèrement reconquises à Flamanville, notamment. « Les seuls qui construisent des réacteurs sans problème, ce sont les Chinois, observe Dominique Louis. On a perdu la main. » L’enjeu de l’EPR 2 est aussi de prouver le contraire.

https://www.usinenouvelle.com/article/le-plan-d-edf-pour-construire-de-nouveaux-epr-en-france.N828460

De Tchernobyl à Flamanville

  • 1986 : Accident de Tchernobyl Le design des nouveaux réacteurs nucléaires doit empêcher une telle catastrophe. 
  • 1989 : Framatome et Siemens-KWU s’associent au sein de Nuclear Power International (NPI). 
  • 1993: Lancement du projet EPR, le réacteur pressurisé européen, qui intégrera les points forts du réacteur N4 français et du Konvoi allemand. 
  • 1998: l’Allemagne décide de sortir du nucléaire au début de la coalition entre le parti social-démocrate et les Verts. 
  • 1999: Framatome et Siemens Fusionnent leurs activités nucléaires. Le projet EPR est intégré à Framatome ANP (Advance Nuclear Power). 
  • 2003: Commande du premier EPR par le finlandais TVO. 
  • 2005 : Lancement du chantier de l’EPR d’Olkiluoto 3 en Finlande. 
  • 2007 : La construction de l’EPR de Flamanville débute. Areva et le chinois CGN signent pour deux EPR à Taishan en Chine. 
  • 2009 : Début des négociations d’un projet de six EPR en Inde, à Jaitapur, par EDF (accord préliminaire signé en mars 2018). 
  • 2014: Le projet EPR 2 est lancé. 
  • 2016: Signature d’Hinkley point C, au Royaume-Uni, par le gouvernement anglais, EDF Energy et CGN pour deux EPR et une mise en service en 2025. 
  • 2017: Création d’Edvance, une coentreprise ingénierie d’EDF et de Framatome, pour travailler sur l’îlot nucléaire et le contrôle commande des EPR de demain. 
  • 2018: L’EPR de Taishan 1 produit de l’électricité (29 juin). Premier béton du radier d’Hinkley Point C (11 décembre). 
  • 2021: Le dossier nouveau nucléaire en France doit être remis au gouvernement.

Renationalisation partielle d’EDF : l’Elysée reprend la main sur le nucléaire

Le Parisien Erwan Benezet 15 avril 2019

Le plan mis en place par l’Elysée vise à réduire la dette d’EDF qui est actuellement de 37 milliards d’euros. LP/Olivier Boitet
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Le fleuron français de l’énergie prépare une réorganisation en profondeur. Objectif : isoler le risque financier que représente aujourd’hui le nucléaire et mieux contrôler les prix de vente de l’électricité. Une opération à hauts risques pilotée par l’Elysée.

La politique du « en même temps », appliquée par le gouvernement, prend parfois une curieuse tournure. Alors que les députés ont adopté la semaine dernière la loi Pacte, autorisant la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP), Emmanuel Macron s’apprête, selon nos informations, à donner son feu vert à un mouvement de renationalisation, au moins partielle, des activités nucléaires d’EDF.

Un sacré retour en arrière. Le groupe avait été privatisé en 2004 pour anticiper l’ouverture des marchés de l’énergie. « Le président de la République y tient, affirme une source proche du dossier. Il considère que le nucléaire est une activité régalienne qui ne doit pas subir les sursauts de la bourse ou des marchés. »

Nom de code du projet : «Hercule»

L’objectif est également de sortir EDF de l’ornière de la dette, qui s’élève à 37 milliards d’euros (Mds€), et de la montagne d’investissements à venir, un « mur » de 100 Mds€. « Reste quelques détails à peaufiner, mais le montage global est validé, reprend cette même source. » Jean-Bernard Lévy n’aurait d’ailleurs pas hésité à y jouer sa reconduction pour quatre ans à la tête du groupe. Le projet porte même un nom de code : « Hercule ».

À la demande de l’Etat, actionnaire à 83,7 %, EDF a diligenté plusieurs organismes financiers avec lesquels il travaille, dont la Société Générale, JP Morgan, UBS, Oddo ou encore Natixis (ce dernier ayant en charge le portefeuille des actionnaires salariés), pour élaborer différents scénarios. « Celui sur lequel tout le monde travaille, EDF et APE en tête, et qui a le plus de crédibilité d’un point de vue juridique et financier, explique une autre source bien informée, c’est la mise en place d’une holding mère. »

Une renationalisation complète qui coûterait cher

Celle-ci ne serait pas forcément à 100 % publique. En tout cas pas tout de suite. « La renationalisation complète du nucléaire est un dossier très sensible, reprend cette même source. Et puis cela coûterait une fortune de retirer les 15 % de capital qui sont en bourse par le biais d’une offre publique de retrait, ou OPR. Sans parler de la prime à verser aux actionnaires minoritaires. Sur une valeur boursière totale de 37 Mds€, cela ferait 6 à 8 Mds€ à débourser pour l’Etat. »

Quelle que soit la part de l’Etat, cette structure de tête accueillerait le nucléaire et sa commercialisation sur le marché de gros. Peut-être également les grands barrages hydrauliques. « Elle détiendrait par ailleurs, là aussi majoritairement mais pas forcément à 100 %, une participation dans une société fille, détaille encore la source. Celle-ci porterait la commercialisation auprès des clients, particuliers et professionnels. Ainsi que les participations dans les réseaux, RTE et Enedis. » Enedis, en charge de la distribution de l’électricité, pourrait d’ailleurs à terme, suivre la voie inaugurée par RTE (le transport), et ouvrir son capital aux investisseurs privés, une demande répétée de la Commission européenne pour faciliter la concurrence.

Top départ le 28 mai

Même le calendrier est arrêté, confirmé à notre journal par Martin Vial, le patron de l’Agence des participations de l’Etat (APE), ainsi que par le cabinet du ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Première étape : le 28 mai, deux jours après les élections européennes.

À cette date à laquelle se tiendra une réunion du Comité de la stratégie du Conseil d’administration. Ce comité- dans lequel siègent Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, et Martin Vial, commissaire aux participations de l’Etat, mais également des représentants syndicaux -, donne son avis sur les grandes orientations stratégiques du groupe.

Le projet doit être finalisé cette année

Le 7 juin, les principales modalités de la réorganisation seront présentées aux 200 « tops managers ». Puis le 20 juin, ce sera au tour des organisations syndicales de bénéficier d’une explication de texte. « Le gouvernement a demandé à la direction d’EDF d’avoir la proposition d’entreprise d’ici la fin de l’année », précise encore une dernière source. Étape suivante : Bruxelles en 2020. Pour une mise en œuvre prévue en 2021. Si tout se passe bien.

Contactés, l’Elysée, mais aussi son secrétaire général Alexis Kohler, Matignon, ainsi que le ministère de la Transition énergétique, n’ont pas répondu à nos sollicitations. EDF de son côté n’a pas souhaité faire de commentaire.

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Comment faire avaler la pilule aux syndicats ?

Avant que cette réforme du statut d’EDF ne soit présentée à Bruxelles, viendra d’abord le temps de la concertation. Elle sera étalée sur deux mois à l’issue desquels les syndicats rendront leurs avis. « Cela ne devrait pas poser de problème, croit savoir une source bien informée. La direction et le gouvernement ont dans leur manche un atout de taille. De quoi faire avaler aux syndicats la pilule de la réforme sans les faire broncher. »

Plus qu’un atout, c’est une promesse. Celle de ne pas toucher au statut des agents d’EDF en échange du soutien à la réorganisation. Ce que confirme une source gouvernementale : « Des négociations sont effectivement en cours sur ce sujet avec les syndicats d’EDF ».

De quoi présager à terme de la fin du statut, au gré des nouvelles embauche. À l’instar de ce qui a été négocié en 2018 à la SNCF. Sachant que le mouvement a déjà été lancé depuis un certain temps, puisque la plupart des salariés des principales filiales d’EDF ne sont déjà plus au statut.

http://www.leparisien.fr/economie/renationalisation-partielle-d-edf-l-elysee-reprend-la-main-sur-le-nucleaire-15-04-2019-8053341.php?fbclid=IwAR1erCg236EovYQJIab3CcretW3Yj5UR-q4CAk2se1zq5BIxW7VZhpT0cc0