Jan 18 2017

Fukushima: retours forcés dénoncés

Des personnes évacuées de la centrale nucléaire accidentée ont dénoncé au côté de militants la politique des autorités. 20 minutes 17 janvier 2017
Il est désormais possible de «vivre normalement» près de la centrale, selon les autorités.

Partis il y a près de six ans par peur de la radioactivité, des évacués de Fukushima ont dénoncé mardi à Tokyo, au côté de militants, la politique des autorités. Celle-ci les prive de soutien pour les forcer à rentrer chez eux.
«A cause des saignements de nez, diarrhée et vomissements de ma fille de 12 ans, en juin 2011 (trois mois après l’accident nucléaire), nous avons décidé que je devais partir avec les enfants, laissant mon mari continuer à tenir notre restaurant à Koriyama.

Nous avons fui dans la région de Kanagawa (banlieue de Tokyo), ce que nous n’aurions pas fait sans cette catastrophe atomique», a raconté à des journalistes étrangers une ex-habitante de la province de Fukushima, Noriko Matsumoto.

31 mars, fin de l’aide

Comme elle, quelque 26’600 personnes parties «de leur propre initiative» (selon le vocabulaire officiel) n’auront bientôt plus d’aide financière au logement, les autorités cessant de les subventionner le 31 mars.

Le gouvernement avait ordonné des évacuations en fonction du niveau d’exposition aux radiations. Là où ce seuil n’était pas dépassé, fuir ou rester était laissé au libre arbitre des habitants. Ceux qui sont partis sans ordre ont depuis reçu des soutiens, mais pour une durée déterminée qui prend fin.

Critères dénoncés par les experts

«Nous voudrions rentrer s’il n’y avait pas eu l’accident, mais dans les conditions actuelles, nous ne le pouvons pas. Nous ne cessons de nous inquiéter pour notre santé», a poursuivi Mme Matsumoto, très émue, alors que des experts dénoncent les critères du gouvernement qui considère la région comme en grande partie saine.

«Les évacués dits volontaires tendent à être ignorés par les autorités» alors que dans quelques semaines plus de 26’600 personnes «ne savent pas où elle habiteront», a insisté l’essayiste Chia Yoshida, auteur d’un ouvrage sur le sujet.

«Ils ont le choix entre rentrer dans une zone dans laquelle ils ne veulent pas habiter, craignant d’être exposés aux radiations, ou devenir pauvres à cause de la charge financière d’un logement qu’ils devront payer eux-mêmes», a-t-elle déploré.

Familles séparées

Beaucoup de familles vivent en outre séparées, les femmes et enfants ayant quitté la région quand le père est resté pour travailler.

Il est désormais possible de «vivre normalement» dans les zones en question, a assuré de son côté un porte-parole de la préfecture de Fukushima. «Donc nous ne sommes plus en mesure de fournir un logement temporaire», a-t-il dit, tout en assurant que les évacués les plus démunis continueront à recevoir un petit apport financier.

(nxp/ats)

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Fukushima–retours-forces-denonces-10078276

 

Jan 17 2017

Comment expliquer qu’en 2017, EDF ne soit toujours pas capable de justifier les coupures d’électricité?

Depuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d’électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer. 16/01/2017 Corinne Corinne Lepage Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l’Environnement

Depuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d’électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer. Comment expliquer que dans un pays théoriquement en surcapacité -puisque nous disposons environ de huit réacteurs de plus que ce dont nous avons besoin- nous en soyons arrivés à une telle situation?

Elle résulte d’une double conjonction. D’une part, une addiction au chauffage électrique, en particulier dans les logements sociaux, conduite à la demande de l’État et surtout d’EDF pour écouler l’électricité produite par les centrales nucléaires, et ce de manière constante. Rappelons que lorsqu’il y a une pointe de consommation électrique en Europe l’hiver, la moitié de la pointe est due à la France qui est une exception en Europe au très mauvais sens du terme. Cette addiction au chauffage électrique, constamment encouragée par le législateur, pour les mêmes raisons, a des conséquences sociales extrêmement lourdes puisqu’elle renforce la précarité énergétique et les charges des locataires. S’ajoute à cela un retard massif de la France en matière d’efficacité énergétique, sans même parler de sobriété énergétique. En effet, jusqu’à ces toutes récentes années, la France a refusé énergiquement de mettre en place une politique de maîtrise de l’énergie ce qui explique qu’un ménage français consomme aujourd’hui 35 % de plus d’électricité qu’un ménage allemand équivalent. Cette politique est bien entendue tout à fait volontaire c’est-à-dire destinée à permettre la consommation d’une électricité permanente qu’il était impossible de stocker. La mise en place au demeurant très discutable, car faite dans l’intérêt unique d’EDF et non des consommateurs, des compteurs Linky et les premières campagnes en faveur de la sobriété énergétique arrivent très tard.

Le second facteur explicatif est l’indisponibilité d’un nombre relativement important de réacteurs nucléaires à la suite de leur mise à l’arrêt à la demande de l’autorité de sûreté nucléaire. Les contrôles qui ont été exigés à juste titre trouvent leur source dans les malversations constatées au sein de l’entreprise Areva au Creusot à la suite des anomalies découvertes sur la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville. En effet, les anomalies détectées ont conduit à craindre que des générateurs de vapeur voire des cuves de 21 réacteurs puissent comporter des défauts. On doit donc être reconnaissant à l’ASN d’avoir exercé ses pouvoirs et exiger de l’exploitant, particulièrement réticent, une mise à l’arrêt pour contrôle. Si les autorisations de redémarrage, avec des conditions dont il n’est pas certain qu’elles aient été respectées par l’exploitant, ont été données par l’ASN pour certains réacteurs -avec au passage un certain nombre d’adaptation concernant les règles– il n’en demeure pas moins que nombre de réacteurs restent encore aujourd’hui à l’arrêt.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que nous manquions d’électricité, d’autant plus que le manque de rentabilité des centrales au gaz a conduit à en fermer certaines réduisant d’autant les capacités de production électrique autre que nucléaire. En effet, notre extrême faiblesse dans le développement des énergies renouvelables (la biomasse et même le solaire qui peuvent être utilisés en période de froid) et l’absence de rentabilité d’un certain nombre de centrales à gaz rendent notre approche monomaniaque de l’énergie catastrophique. Reste bien évidemment l’approvisionnement sur le marché européen qui lui-même est très sollicité et bien évidemment coûteux, ce qui gêne EDF en des périodes de vaches très maigres.

Ainsi, la situation actuelle est totalement imputable à notre champion national qui, dans sa croisade permanente en faveur du nucléaire, qui a engendré une dépendance volontaire du chauffage à l’électricité, a cherché à détruire toutes les sources alternatives de production électrique depuis 20 ans, ce qui a été évidemment encouragé par des politiques dotés d’une clairvoyance redoutable.

Au-delà, la communication faite sur les risques de pénurie, voire de black-out, n’a pas seulement l’objectif de prévenir les Français d’une menace de manque d’électricité. Elle vise également à faire pression sur l’autorité de sûreté nucléaire pour que les autorisations de redémarrage soient données le plus rapidement possible et, de manière plus insidieuse, à essayer de faire porter sur l’autorité de contrôle la responsabilité d’une insuffisance des moyens de production. Or, s’il est un responsable de cette insuffisance c’est évidemment l’exploitant qui, malgré des procédés de contrôle interne, n’a jamais été capable lors des décennies passées de déceler les malfaçons dont ses réacteurs pouvaient être affectés. Autrement dit, derrière la communication sur la situation de tension sur le réseau se cache la partie de bras de fer qu’EDF a engagé contre l’autorité de sûreté nucléaire pour forcer cette dernière à donner des autorisations qui ne doivent pas l’être, dès lors que la sûreté et la sécurité ne sont pas complètement assurées.

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/comment-expliquer-quen-2017-edf-ne-soit-toujours-pas-capable-d/?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

 

Jan 14 2017

Trois réacteurs défectueux devant le Conseil d’Etat

Arrêt de trois réacteurs nucléaires défectueux: le Conseil d’Etat se prononce en début de semaine. Observatoire du nucléaire. Communiqué du samedi 14 janvier 2017

Saisi en référé (urgence) par l’Observatoire du nucléaire, le Conseil d’État a entendu, vendredi 13 janvier, EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et bien sur l’Observatoire du nucléaire.

Ce dernier a demandé au Conseil d’Etat d’annuler le redémarage de 3 réacteurs nucléaires dotés de générateurs de vapeur défectueux : Tricastin3, Gravelines2 et Dampierre3.

Sous la pression d’EDF, l’Autorité de sûreté a autorisé de façon irresponsable le redemarrage de ces réacteurs en demandant la mise en oeuvre de « mesures compensatoires » et de « dispositions complémentaires » supposées éviter les situations au cours desquelles les générateurs de vapeur seraient amenés à rompre et, de fait, à causer un accident nucléaire pouvant être aussi dramatique que celui de Fukushima.

Cette situation est comparable à celle d’une voiture délabrée qui serait autorisée à rouler en demandant au conducteur d’accélérer et décélérer le plus doucement possible, et en espérant qu’aucun obstacle n’oblige à freiner d’urgence.

Il s’agit là d’un étrange et irresponsable bricolage qui ne saurait tenir lieu de « sûreté » nucléaire.
Au cours de l’audience, l’Observatoire du nucléaire a dénoncé l’argumentation d’EDF selon qui « l’arrêt de réacteurs en période de froid aurait des conséquences sur l’approvisionnement énergétique du pays », ce qui signifie que l’on peut prendre des risques insensés de catastrophe nucléaire… dès lors qu’il fait froid.

L’Observatoire du nucléaire a demandé au Conseil d’Etat de contraindre EDF et l’ASN à respecter leurs propres préconisations, à savoir que l’acier des générateurs de vapeur ne doit pas présenter de concentration en carbone supérieure à 0,22%. Or les valeurs trouvées sont largement au delà, allant jusqu’à 0,39%, ce qui fait que les générateurs de vapeur sont extrèmement fragiles et peuvent rompre facilement.

Le Conseil d’État se prononcera en début de semaine, et au plus tard mercredi.

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article323

 

Jan 11 2017

Feu vert conditionnel de Bruxelles au sauvetage d’Areva, mis sous perfusion

Areva a obtenu l’aval de principe de Bruxelles à son plan de sauvetage. Mais les conditions posées à la recapitalisation du spécialiste français du nucléaire repoussent son renflouement à cet été, au mieux. RT France avec AFP

 

Un plan sous condition de la validation de la cuve de l’EPR. Une lourde responsabilité pour l’ASN.

Sous la houlette de l’Etat français, son actionnaire à 86,5%, Areva est engagé dans un plan de sauvetage en deux volets : une augmentation de capital d’un montant total de cinq milliards d’euros et la cession de son activité réacteurs (Areva NP) à EDF pour permettre au futur groupe de se recentrer sur le cycle du combustible.

Ces mesures doivent lui permettre de se relever de lourds revers imputables aux déboires de la construction de son réacteur EPR en Finlande, au fiasco financier de l’acquisition d’Uramin et à la morosité du secteur depuis l’accident de Fukushima (Japon) en 2011.

«Le plan de restructuration d’Areva permettra à l’entreprise de devenir viable sans fausser indûment la concurrence au sein du marché unique», a estimé le 10 janvier la Commission européenne dans un communiqué.

Areva avait obtenu mi-décembre la promesse d’investisseurs étrangers – les groupes japonais MHI et JNFL, selon une source proche du dossier – de participer à son renflouement : ils se sont engagés à débourser 500 millions d’euros en échange de 10% du capital de New Co, le nouvel Areva dont les activités iront de l’extraction de l’uranium à son enrichissement en passant par le traitement des déchets et le démantèlement des centrales.

L’Etat, qui s’était engagé à assurer le succès de l’opération, prendra le reste en charge, à savoir 4,5 milliards d’euros, après le feu vert de Bruxelles qui a considéré que cette injection de capitaux était «conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’Etat».

Conseil d’administration le 11 janvier

«La cession complète de l’activité réacteurs d’Areva réduira sensiblement les opérations du groupe dans le secteur nucléaire et limitera ainsi les distorsions de concurrence induites par l’aide publique. La compétitivité d’Areva contribuera également à garantir la sécurité de l’approvisionnement en uranium de l’Europe», a justifié l’exécutif européen.

«C’est une décision positive. Nous venons de franchir une nouvelle étape dans la restructuration du groupe», a commenté une porte-parole du groupe.

L’Elysée s’est également réjoui de cette «étape majeure pour la mise en œuvre des grandes orientations de la refondation de la filière nucléaire française».

Ce feu vert européen est toutefois soumis à deux conditions:

  • l’autorisation de la cession d’Areva NP en vertu des règles européennes sur les concentrations
  • et «la conclusion positive» des essais destinés à démontrer la conformité de la cuve du réacteur EPR en chantier à Flamanville (Manche), dont l’acier présente une concentration excessive en carbone susceptible d’amoindrir sa résistance. 

EDF, qui orchestre le chantier, et Areva se disent confiants. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a prévu de rendre son avis, déterminant, que vers la fin du premier semestre, repoussant d’autant les opérations de recapitalisation que le groupe espérait pouvoir lancer dès février. 

Concernant la cession de la division réacteurs, «les autorités françaises que je représente ici sont plutôt confiantes quant à la réalisation de cette condition dès le mois d’avril», a déclaré le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, lors d’un débat sur l’avenir du nucléaire à l’Assemblée nationale dans la nuit du 10 au 11 janvier.

En attendant, pour sortir Areva de l’ornière financière alors qu’un crédit-relais bancaire de 1,2 milliard d’euros arrive à échéance en janvier, l’Etat a consenti au groupe un prêt d’actionnaire de 3,3 milliards d’euros, approuvé par Bruxelles.

Dans un communiqué séparé, le spécialiste de l’atome a annoncé qu’il réunirait son conseil d’administration le 11 janvier pour définir les modalités de l’augmentation de capital d’Areva SA, la holding de tête du futur groupe à qui sont destinés deux milliards d’euros, les trois autres milliards revenant à NewCo. Une assemblée générale d’Areva SA reste convoquée le 3 février.

L’action Areva, suspendue à la Bourse de Paris avant ces annonces, le restera «jusqu’à la publication d’un nouveau communiqué», a prévenu le groupe.

https://francais.rt.com/economie/32073-feu-vert-bruxelles-sauvetage-areva

Déc 28 2016

De Rugy : EDF est en danger de mort

« EDF est en danger de mort » à cause des « boulets financiers » du nucléaire, a affirmé mercredi François de Rugy, candidat écologiste à la primaire organisée par le PS, disant refuser de « mentir » aux Français et aux salariés de l’entreprise. « EDF est en danger de mort aujourd’hui. Je le dis de façon très claire, est en danger de mort pour des raisons financières », a affirmé M. de Rugy sur RMC, estimant que l’on a « menti aux Français, y compris durant ces quatre dernières années, sur la réalité de ce qu’est EDF ».  Lefigaro.fr avec AFP 

« On a accumulé les dettes et (on) a devant nous un mur d’investissements (…) à 100 milliards d’euros, si l’on veut prolonger les centrales nucléaires. Donc moi je propose au contraire que ces 100 milliards d’euros, on les investisse dans le développement des énergies renouvelables », a expliqué le député de Loire-Atlantique, qui vise dans son programme d’arriver à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2050. « Il faut donc dire aux salariés d’EDF, oui on va fermer les centrales, on ne va pas vous mentir, on va le faire ensemble, vous serez tous reconvertis, vous serez tous gardés au sein de l’entreprise EDF », a-t-il ajouté.

Selon M. de Rugy, « c’est d’ailleurs en faisant ce virage qu’on sauvera EDF, sans quoi (l’entreprise) risque de mourir à cause des boulets financiers qu’elle a aux pieds à cause du nucléaire ». M. de Rugy a aussi estimé que la fermeture de la centrale de Fessenheim, une promesse de campagne de François Hollande, était « tout à fait possible » d’ici la fin du quinquennat. « Il est encore temps de le faire avant la fin du mandat », a-t-il déclaré.

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