Fukushima 8 ans déjà…Discours de Yoko Shimosawa

Fukushima 8 ans déjà…Discours de Yoko Shimosawa en novembre 2018 par JAVALE GOLA·LUNDI 11 MARS 2019 présenté en français à partir de la version en anglais du discours en japonais

Aujourd’hui, je me présente devant vous au nom de toutes les personnes évacuées en raison de l’accident nucléaire du nord-est du Japon.

Ce fut une expérience abominable et ce qui me fait le plus mal, à moi, c’est que l’accident nucléaire a signifié pour moi voir ma fille si pleine de vie, perdre jour après jour la santé jusqu’à finir par demeurer allongée dans son lit. J’ai élevé mes enfants à Tokyo, que certains ont crue épargnée par les effets nocifs de la radioactivité, mais pour moi ça sonne faux. J’ai constaté le contraire car chaque fois que j’ai emmené ma fille hors de Tokyo, elle a miraculeusement recouvré la santé. Tandis que chaque fois que nous revenions vivre à Tokyo, elle recommençait à souffrir de la même maladie. Ma fille me répétait toujours la même chose : «je me sens tellement mal, je me sens si faible, j’ai mal aux jambes et aux mains.» Tous ces symptômes ont été permanents lors de nos derniers jours à Tokyo. Mais écoutez-moi bien : elle n’avait ni cancer de la thyroïde ni leucémie.

Un médecin nous a conseillé de quitter définitivement Tokyo. J’ai suivi ses conseils et nous avons déménagé pour Kobe, dans le Kansaï. A partir de ce moment, elle a recouvré une belle santé. Huit années se sont écoulées depuis l’accident, et à ce jour, nous qui fûmes tout particulièrement victimes des radiations émises dans la partie centrale de l’Est du Japon, qu’est-ce qu’il se passe dans nos corps ?…

Sommes-nous conscients du nombre de personnes atteintes de cancers à cause des radiations ? Qui peut dire le nombre considérable de personnes qui sont en train de mourir à cause des radiations ? Est-ce qu’on sait quoi que ce soit à ce sujet ?

On entend aujourd’hui de plus en plus de gens dire « je ne me sens pas bien ». Des personnes qui perdent leurs facultés intellectuelles, qui se sentent extrêmement épuisées ou qui ont beaucoup de mal à se relever d’une maladie. Ces symptômes se font sentir cinq ans après l’accident.

Il y a une maladie qu’on appelle “ Buraburabyo primaire” dont les symptômes sont très similaires à ceux d’une maladie que le docteur Shigeru Mita a appelée la « maladie du déclin des capacités ». Elle s’attaque au cerveau suite à une contamination interne par de faibles doses de radioactivité.

Le gouvernement actuel fait tout, avec tous les moyens dont il dispose, pour persuader le peuple du Japon qu’il n’existe pas de “problème de radiations” aujourd’hui. Même dans les programmes éducatifs, on tend à inculquer aux élèves que les radiations ne présenteraient aucun danger. Or, il est fondamental de transmettre des informations justes, sauf quoi, c’est l’intimidation et la discrimination entre étudiants qui deviennent la règle.

Tout dernièrement, ma fille a reçu de son école une brochure sur les radiations dont les informations étaient insensées. Pour nous protéger de l’exposition interne aux radiations, il faudrait rassembler en un lieu unique toutes les substances contaminées. Car il faut les tenir loin des hommes. Mais ce n’est pas ce qui se passe car le gouvernement n’a aucun intérêt à les éloigner puisqu’il préfère répéter avec insistance qu’il n’y a pas de contamination causée par la radioactivité. Notre gouvernement répète inlassablement les mêmes opérations – enlèvement, décontamination, dilution, réduction du volume et traitement – toujours la même chose encore et encore, mais tout ça ne permet pas de résoudre le problème de la contamination par la radioactivité. Le gouvernement refuse de nous permettre d’échapper aux radiations ; en fait, ça nous pousse même à rester ! C’est un fait que les accidents nucléaires sont causés par des catastrophes naturelles mais là il s’agit d’autre chose parce qu’on parle de violence humaine en définitive.

Avec cet accident nucléaire au Japon, que pensez-vous qu’il puisse y avoir de pire..?!

En fait, il s’agit d’ êtres humains qui ne protègent pas d’autres êtres humains.

Pourquoi selon vous sommes-nous confrontés à ces événements terribles? C’est parce que notre gouvernement ne reconnaît pas la gravité des dommages que l’accident peut causer, en particulier à la santé. Le gouvernement estime que c’est une excellente idée de ré-exploiter les centrales nucléaires. «Réussissons notre politique nucléaire», a déclaré le gouvernement. Maintenant, je vais vous demander si vous êtes d’accord avec ça ?…

Pourquoi n’y a-t-il personne pour manifester son opposition à ce plan du gouvernement ?

C’est comme si une proie jetée en cage, au lieu de se débattre pour s’échapper, préférait se soumettre à son ravisseur. Seuls les criminels créent des armes nucléaires et en font la promotion. Nous sommes tous sous la domination du nucléaire. Tous les japonais sont des victimes, même les membres de la compagnie d’électricité et du gouvernement, nous sommes tous exposés aux radiations et nous sommes tous concernés. Si nous pouvions chercher à connaître la vérité, nous pourrions espérer avoir une vie merveilleuse et il serait évident pour nous qu’il n’y a aucun intérêt à redémarrer les centrales nucléaires. Une fois que l’environnement est pollué par la radioactivité des centrales, il est très difficile de faire marche arrière. Nous surtout, les habitants du nord-est du Japon, nous serons toujours exposés aux radiations. Mes enfants et moi-même, nous continuons à faire des analyses de sang et à faire face à ce problème, parce que nous devons nous résigner à admettre ce fait que nous ne pourrons jamais complètement nous en remettre. Est-ce que nous, les Japonais, nous faisons face à cette réalité tragique avec sérieux? Nous ne pouvons pas changer le passé, mais pouvons changer l’avenir ! Même si nous continuons à vivre dans ce pays où s’est produit l’accident, je veux croire que nous pouvons être résilients et ne pas perdre une fois de plus ce que nous avons perdu un jour, à condition de tirer les leçons du passé, et de redoubler d’efforts pour travailler main dans la main, afin de nous protéger le plus possible les uns les autres. Je suis toujours très attachée à partager mon expérience et ce qu’elle m’a appris, dans l’espoir que mon histoire puisse éclairer les gens.

J’ai toujours cru à la force des individus et je suis convaincue qu’en rassemblons nos forces, nous pourrons sans aucun doute changer l’avenir.

C’est un honneur de pouvoir prendre la parole ici et de partager cette histoire avec vous tous aujourd’hui. je vous remercie de votre attention.

Nucléaire : la carte des 19.000 convois radioactifs qui sillonnent la France chaque année

10 mai 2017  Par Antoine Sillières Le Lanceur

Avec ses 19 centrales réparties sur le territoire hexagonal, l’industrie nucléaire française implique une logistique importante. Chaque jour, des trains et des camions remplis de combustible ou de déchets nucléaires traversent le pays. Si bien que le risque de contamination, voire d’incident, ne se limite pas aux sites nucléaires mais s’étend à l’ensemble du territoire. Sans que la population ni même les responsables locaux en soient avertis.

Des convois de matière radioactive partout sur les routes et les voies ferrées de l’Hexagone. De l’arrivée de l’uranium aux ports du Havre, en Seine-Maritime, et de Sète, dans l’Hérault, au stockage définitif des déchets, le cycle du combustible nucléaire nécessite chaque année plusieurs milliers de convois. Au point que le réseau Sortir du nucléaire définit la France comme la “plaque tournante du transport ferroviaire de déchets nucléaires”. Car, en plus des trajets engendrés par l’activité de ses 58 réacteurs maison, notre pays reçoit des déchets étrangers, et les renvoie ensuite. Sans compter les diverses usines de traitement et centres de stockage disséminés sur le territoire hexagonal, qui reçoivent leur lot de colis radioactifs, alimentant le trafic. De quoi multiplier les trajets, donc les risques.

Les transports de substances radioactives traversent l’espace public et peuvent entraîner une exposition”

Un constat d’autant plus inquiétant que les convois radioactifs ferroviaires et routiers empruntent des axes fréquentés par la population civile. “Les transports de substances radioactives traversent l’espace public et peuvent entraîner une exposition”, explique la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Car des radiations émanent de ces convois. Dévolus au transport des matières radioactives, les wagons Castor par exemple ne sont conçus que pour atténuer les rayonnements, afin qu’ils ne dépassent pas la norme prescrite. Les conducteurs de train ont d’ailleurs pour consigne de ne pas rester plus de 30 minutes à proximité de ces wagons. Et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pointait récemment des irrégularitéssur les pièces censées assurer le confinement des matières radioactives dans ces mêmes wagons Castor. Sur certains convois, on peut “détecter les radiations des conteneurs à plusieurs dizaines de mètres”, assurait le réseau Sortir du nucléaire en 2015.

Sur le rail, les convois de matières radioactives empruntent les mêmes voies que les trains de voyageurs. Il n’est par ailleurs pas rare que des trains convoyant des matières radioactives s’arrêtent en gare – à Valence, dans la Drôme, ou à Drancy, en Seine-Saint-Denis, par exemple. En région parisienne, les convois ferroviaires empruntent les voies des trains de banlieue (RER), exposant ainsi le public aux rayonnements. Dans la vallée du Rhône, une partie des colis est aussi acheminée par camions via la très fréquentée autoroute du Soleil (A7).

L’ignorance comme bouclier

Impossible de connaître avec précision les itinéraires empruntés, ni le nombre de convois circulant localement. Les autorités avancent des arguments sécuritaires pour justifier l’absence de communication des axes empruntés. “De fait, il est impossible pour les citoyens de prendre connaissance de leur exposition à des substances radioactives”, notait le député de Loire-Atlantique Yves Daniel en 2015. Les préfectures ne communiquent pas sur le sujet. Quant au ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont le malaise sur ces questions est palpable dans la voix chevrotante de ses communicants, il n’a jamais répondu aux demandes répétées du Lanceur.

Pas mieux du côté de l’ASN, qui renvoie aux données nationales présentées dans son rapport de 2015. Lequel insiste sur le fait que le nombre de convois de marchandises radioactives liées au cycle du combustible nucléaire est très faible par rapport au nucléaire médical notamment. En proportion, peut-être. Reste qu’à lui seul le cycle du nucléaire engendre 19.000 convois annuels. Visiblement pas suffisant pour que cela mérite de s’y pencher. La société exploitante, Areva, appuyée par un avis de la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs), considère que “la divulgation relative aux itinéraires des transports de matières nucléaires est susceptible de porter atteinte à la sécurité publique et à la sécurité des personnes visées”.

Il est impossible pour les citoyens de prendre connaissance de leur exposition à des substances radioactives”

La sécurité de l’État et des citoyens pour justifier l’opacité du transport de matières radioactives, donc. Pourtant, dans une contrée pas si lointaine, juste de l’autre côté du Rhin, ces informations sont publiques. “En Allemagne, l’Agence fédérale pour la protection contre les radiations publie rétrospectivement les autorisations pour tous les convois nucléaires, rappelle le réseau Sortir du nucléaire. Il suffit également qu’un élu adresse une demande au gouvernement d’un Land pour connaître le nombre et la nature des convois nucléaires qui en traversent le territoire.”

En France, les collectivités locales ne sont pas informées du passage des convois de marchandises radioactives sur le territoire qu’elles administrent. Les préfectures ne sont par ailleurs pas tenues de publier les itinéraires empruntés. Les documents évoquant le transport de matières radioactives (TMR dans le milieu), glanés çà et là font donc office d’exception à la règle, sinon d’erreur. Pourtant, là encore, un pays limitrophe, la Belgique en l’occurrence, où les bourgmestres sont informés du passage de ce type de convoi, prouve que la communication est envisageable sans conséquence dramatique.

“Culture du secret”

“Il n’est pas prévu d’informer spécifiquement les élus transport par transport, pour des raisons de confidentialité, donc de sécurité”, expliquait en février 2013 Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des transports, de la mer et de la pêche. “Même leur connaissance a posteriori pourrait permettre de recouper des habitudes, des procédures et des itinéraires validés”, ajoutait-il, citant un autre avis de la Cada. Les gestionnaires de réseau non plus ne sont pas informés des passages sur leur réseau. En effet, c’est le transporteur qui décide des itinéraires, dans le respect des interdictions fixées par arrêté préfectoral, le cas échéant.

Ce manque de transparence alimente la défiance à l’égard de la filière nucléaire. Mais au-delà, la communication de ces données permettrait de mieux protéger les citoyens en cas d’accident. “La connaissance des risques est le préalable nécessaire pour pouvoir agir en amont et bien réagir en cas d’accident grave, notait un rapport du conseil économique et social régional (CESR) de Basse-Normandie en 2010. Les lacunes dans le système statistique et les réserves – voire les entraves – de certains acteurs ne peuvent que contribuer à accroître la vulnérabilité des personnes et des territoires en cas de crise.” Et les incidents sont réguliers, en vallée du Rhône notamment, où un train Castor a déraillé le 28 décembre 2012 à Cruas, puis un second à Saint-Rambert le 22 janvier 2013. À Drancy, en 2013, le déraillement d’un Castor chargé de déchets nucléaires à destination de l’usine de La Hague avait illustré les inquiétudes d’un incident en zone urbaine.

Les lacunes dans le système statistique et les réserves (voire les entraves) de certains acteurs ne peuvent que contribuer à accroître la vulnérabilité des personnes et des territoires en cas de crise”

“D’une manière générale, l’information concernant le transport de matières nucléaires est protégée par des dispositions en matière de secret-défense”, note le rapport du CESR de Basse-Normandie. “Les applications militaires de l’énergie nucléaire étant antérieures aux applications civiles, l’industrie nucléaire porte dans ses gènes la culture du secret”, avancent ses auteurs. “Impossible de connaître avec précision les itinéraires empruntés, excepté en interrogeant les associations environnementales”, relève ce même rapportEn l’absence de statistiques officielles, c’est en bricolant au cas par cas, avec les moyens du bord et l’énergie des militants, que l’on tente d’agréger les informations. Des vigies se mettent en place, notamment en vallée du Rhône, pour guetter les convois de matières radioactives. À Dunkerque, par exemple, on suit les camions pour connaître les flux.

19.000 convois par an

Arrivé au port du Havre, plus rarement celui de Sète, en provenance de différentes zones d’extraction de par le monde (Australie, Canada, Kazakhstan, Niger…) sous forme d’une pâte jaune surnommée Yellow Cake par les initiés, l’uranium est acheminé en train vers l’usine Areva de Malvési, au nord de Narbonne. Son degré de radioactivité est alors faible. D’autres cargaisons d’uranium en provenance du Kazakhstan et de Namibie sont acheminées en train depuis le port d’Hambourg toutes les trois semaines, indique la section audoise du réseau Sortir du nucléaire. A Malvési, le yellow cake subit une première transformation en tétrafluorure d’uranium (UF4) puis est acheminé par camion vers Pierrelatte, dans la Drôme. Cela avec une fréquence de trois à cinq transports par jour via l’A7 et l’A9, d’après le réseau Sortir du nucléaire.

L’usine (Areva de La Hague) accueillera ces prochaines années quelques dizaines de tonnes de combustible néerlandais, italien et belge”

Là, le tétrafluorure devient hexafluorure d’uranium (UF6). Ne lui reste plus ensuite qu’à être “enrichi”, dans une seconde usine du site du Tricastin. Après quoi le combustible (UF6 enrichi) est transporté, de nouveau par camion, vers l’usine de Romans-sur-Isère, toujours dans la Drôme, où il est assemblé en barres de combustible qui seront utilisées par les réacteurs des centrales. Fin prêt à être utilisé, le combustible est réparti dans les 19 centrales françaises. L’acheminement depuis Romans se fait par camion, via le réseau routier donc. Une fois les barres de combustible utilisées – et refroidies dans des piscines pendant quatre ans –, elles sont renvoyées à La Hague, pour y être stockées ou retraitées.

Pour dresser un panorama complet du cycle du nucléaire français, il faut ajouter les 2.000 transports annuels à destination ou en provenance de l’étranger. De la Suède et de l’Allemagne vers Chinon notamment, des Pays-Bas, de Belgique ou d’Italie vers La Hague, des trains de combustible et de déchets étrangers circulent sur le territoire français. Areva s’est engagée à “retraiter”, selon la terminologie en vogue, le combustible usé des centrales étrangères. Ce qui implique que les déchets transitent une première fois vers la presqu’île du Cotentin avant d’être renvoyés, sous forme vitrifiée, en sens inverse. “L’usine [Areva de La Hague, NdlR] accueillera ces prochaines années quelques dizaines de tonnes de combustible néerlandais, italien et belge”, notait un rapport de l’Assemblée nationale daté de juin 2014.

“Le retraitement et le Mox n’apportent qu’une réponse partielle”Le développement de la technologie MOX permet de réutiliser le combustible usé. Plusieurs centrales françaises sont équipées de réacteurs pouvant fonctionner avec ce combustible “recyclé”. Ce qui donne lieu à des allers-retours de matière radioactive supplémentaires. Sans compter que, pour le combustible traditionnel comme pour le MOX, à chaque étape de transformation, des déchets sont produits, engendrant de nouveaux transports de matière radioactive. Pour Philippe Guiter, ex-cheminot membre du comité national hygiène et sécurité de la SNCF aujourd’hui militant antinucléaire, le MOX ne serait finalement pas une solution si judicieuse. “Il s’est avéré moins cher d’acheter de l’uranium neuf”, avance le militant. “Stocker directement les combustibles usés ne coûterait pas plus cher que de les retraiter, fabriquer le MOX et stocker les seuls autres déchets”, observait l’Assemblée nationale dans un rapport de François Brottes (PS) et Denis Baupin (EELV) daté de juin 2014. “On évacue donc le MOX.Avant vers le Japon et maintenant vers la Russie dans une décharge à ciel ouvert, ajoute Philippe Guiter, les trajets sont classés confidentiel défense”“L’uranium de retraitement, qui représente 95 % du résultat du retraitement (…) scandaleusement exporté en Russie par les industriels français” écrivait Greenpeace en 2010. A hauteur de 33.000 tonnes entre 2006 et 2010, selon l’ONG. “Le retraitement et le Mox n’apportent qu’une réponse partielle au problème des déchets”, selon le rapport de l’Assemblée.

La sénatrice EELV de Seine-Saint-Denis Aline Archimbaud avait vivement critiqué le passage d’un train de déchets en provenance des Pays-Bas et à destination de La Hague en 2012. Ce train qui “contenait 6,7 tonnes de combustible usagé à base d’uranium [était] resté dans le département de Seine-Saint-Denis pendant une journée entière” et il avait stationné “douze heures en gare de triage de Drancy, à quelques mètres de la gare RER qui est bondée à 18 heures”, s’était-elle insurgée. “Il est inadmissible et irresponsable qu’un train chargé de déchets radioactifs circule sur les voies ferroviaires empruntées chaque jour par des dizaines de milliers de voyageurs et traverse des zones fortement urbanisées”, martelait-ellePourtant, la situation n’a visiblement rien d’inhabituel à Drancy. Jean-Pierre Quinet, du collectif Hérisson 93, évoque “au moins un train par jour en gare de Drancy”. Anne-Marie Delmas, élue EELV au Blanc-Mesnil, valide cet ordre de grandeur.

Il est inadmissible et irresponsable qu’un train chargé de déchets radioactifs circule sur les voies ferroviaires empruntées chaque jour par des dizaines de milliers de voyageurs”

Au total donc 19.000 transports annuels dans le cadre du cycle du combustible, d’après les chiffres de l’ASN (2015). Rien qu’à la gare de Valognes, à quelques dizaines de kilomètres de La Hague, “on est à deux à trois convois par jour”, assure Philippe Guiter, ex-cheminot membre du comité national hygiène et sécurité de la SNCF aujourd’hui militant antinucléaire. Et avec le projet Cigéo d’enfouissement en grande profondeur dans la Meuse [aujourd’hui à l’arrêt] on va rajouter 200 trains par an de matière hautement radioactive en provenance de La Hague [où sont pour l’heure stockés les déchets français]”.

Presqu’île du Cotentin et vallée du Rhône : des couloirs nucléaires

Si les itinéraires ne sont pas publiés, nous avons retrouvé des éléments d’information partiels prouvant qu’ils suivent les axes empruntés par la population, avec donc un risque potentiel pour elle. “Ces transports posent bien évidemment le problème de la gestion du chargement et de la protection des populations environnantes en cas d’accident de transport”, prévient la préfecture de l’Oise. En Isère, c’est la gare de voyageurs de Clonas-sur-Varèze qui voit fréquemment transiter des convois de matières radioactives. Par sa densité d’installations nucléaires, la vallée du Rhône concentre un trafic important. “Les voies ferrées situées dans le couloir de la vallée du Rhône permettent l’acheminement de nombreuses cargaisons entre les sites nucléaires français”, écrit la préfecture de l’Isère. Un axe qui traverse le couloir de la chimie, au sud de Lyon, au cœur duquel se trouve la gare de triage du Sibelin. Là où un train transportant des produits dangereux a déraillé ce 13 mars, et déversé 20 tonnes de bioéthanol.

L’A7 est l’un des axes européens les plus denses en matière de transport de matières dangereuses”

Côté transport routier, la préfecture de l’Isère note plusieurs axes “régulièrement employés”. À leur tête, l’autoroute A7, “qui constitue un axe majeur du réseau routier national [et] relie les installations nucléaires du nord de la France, notamment La Hague, avec celles situées dans le Sud telles que les sites nucléaires de Pierrelatte et de Marcoule et tout particulièrement le site de Cadarache”, comme le souligne la préfecture de l’Isère. Au point que, plus au sud, la préfecture du Vaucluse définisse la fameuse autoroute du Soleil comme “l’un des axes européens les plus denses en matière de transport de matières dangereuses”, pas seulement radioactives d’ailleurs. Autour de Grenoble, la présence de pôles de recherche engendre des transports de matières radioactives sur l’A48 et l’A480  et le périphérique. Enfin, l’autoroute A43 vers Lyon, ainsi que l’A49 et la RD1532 vers Romans-sur-Isère et des centrales du sud, “sont couramment utilisées pour le transports de colis radioactifs”. Sans oublier RD1075, toujours en Isère.

Carte des axes routiers utilisés pour le TMR en Isère by Antoine on Scribd

Dans l’extrême nord-ouest de la France, la présence de l’usine de La Hague – qui centralise les déchets avant leur retraitement ou leur vitrification puis leur renvoi vers les lieux dédiés en France où à l’étranger – engendre un trafic important de convois de marchandises radioactives. Dans l’Eure, la préfecture affirme que son territoire est concerné “par le transport routier ou ferroviaire de matières radioactives [avec] un tonnage important d’ensembles combustibles usagés de centrales, en transit par voie ferrée vers l’usine de retraitement de La Hague (50), un tonnage significatif de produits issus du retraitement, transportés par voie routière ou ferroviaire vers les usines de fabrication de combustible de la vallée du Rhône et des déchets retournés au pays de production par voie ferrée”. Convois qui empruntent aussi bien la voie routière, avec une préférence pour l’A13, que ferroviaire. Les colis radioactifs envoyés par le rail transitent par les lignes Paris-Le Havre, Paris-Cherbourg et Rouen-Caen.

Les conducteurs en première ligne

Dans le Nord-Ouest, notamment, les ports représentent des lieux sensibles. De même, “les gares de triage représentent des sites à risques particuliers liés aux opérations de formation des trains, aux quantités et aux volumes en attente d’expédition, à l’hétérogénéité des matières présentes”, note la préfecture du Vaucluse et celle de l’Oise. “On peut avoir des matières radioactives avec du chlore ou de l’essence dans les wagons suivants, abonde Philippe Guiter. Les conducteurs ont la trouille de ça, les combinaisons de matières dangereuses.” Ni le ministère ni l’ASN n’ont voulu répondre à nos questions relatives à la fréquentation de ces gares de triage par des convois radioactifs.

“La relève des conducteurs s’effectue parfois en gare, explique Philippe Guiter. Les trains stationnent et les voyageurs sont donc exposés.” Des conducteurs qui ne sont pas considérés comme travailleurs du nucléaire. “Très peu de gens le sont à la SNCF, pointe Philippe Guiter. Seulement ceux qui interviennent à proximité de La Hague”. En même temps, à Drancy, un syndicaliste assure que les conducteurs ne se plaignent pas de ces conditions. Arguant notamment que le rail demeure le moyen de transport le plus sûr, “même en cas de déraillement”. Il évoque les enjeux militants.

Les cheminots allaient se réchauffer près des wagons contenant les barres de combustible à 400°C”

Les conducteurs n’ont pas non plus de dosimètre pour mesurer les taux de radiation auxquels ils s’exposent. Cela alors que leurs cabines ne sont pas confinées. “On a réussi à obtenir la limite de 30 minutes d’exposition [au contact des wagons]”, raconte Philippe Guiter. Avant cela, en cas de problème technique, les conducteurs devaient parfois intervenir pendant de longues minutes à proximité des wagons de matières radioactives. Jusqu’à il y a peu, “les cheminots allaient se réchauffer près des wagons contenant les barres de combustible à 400°C. Ils mangeaient leurs sandwichs là”, raconte Philippe Guiter. Depuis, des formations auraient sensibilisé les conducteurs à ce genre de risque.

Les normes en vigueur sont censées garantir des marges de sécurité. Les wagons Castor, par exemple, sont soumis à trois exigences de résistance, à savoir résister à une chute de neuf mètres sur un poinçon, à une température de 800°C pendant 30 minutes et à une immersion en grande profondeur. Philippe Guiter conteste ces normes, trop faibles selon lui : “Sur les chutes, j’ai de nombreuses photos qui prouvent que les wagons qui chutent finissent éventrés. Concernant la chaleur, on a vu pendant l’incendie du tunnel du Mont-Blanc que la température était montée à 1000°C pendant quatre heures.” “C’est ridicule”, déplore le militant, craignant une faille lors d’un incendie. “Il y aurait alors contamination et accident comme ceux qu’il peut y avoir sur une centrale.”

Le nouveau raté d’EDF dans le nucléaire concerne cette fois les diesels de secours post-Fukushima

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L’Usine nouvelle 19/03/2019

L’ancrage des groupes électrogène de secours post-Fukushima construits par EDF sur les réacteurs 1300 M, n’est pas assez résistant aux séismes, observe l’ASN, qui pointe un problème industriel de génie civil. L’autorité a été contrainte de donner un délai supplémentaire à EDF pour réaliser les travaux.

Le nouveau raté d’EDF dans le nucléaire concerne cette fois les diesels de secours post-Fukushima
L’ancrage des groupes électrogène de secours post Fukushima construits par EDF sur les réacteurs 1300 MW (ici chantier du bunker à Chooz en 2017) n’est pas assez résistant aux séismes.

Les travaux d’EDF pour mettre aux normes post-Fukushima les groupes électrogènes de secours de ses réacteurs 1300 MW ne sont pas au bon niveau de sûreté, pointe l’ASN. L’Autorité de sûreté du nucléaire fait en effet état dans un communiqué d’un « défaut de résistance au séisme d’ancrages des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur diesel des réacteurs d’EDF ».

Défaut sur les paliers 1300 MW

Le problème aurait été identifié par EDF en 2017. Il avait alors signalé à l’ASN « un événement significatif », qui l’avait classé de niveau 2. Le problème portait sur « l’absence de démonstration de résistance au séisme des ancrages dans le génie civil de systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur de ses réacteurs électronucléaires de 1300 MWe [mégawatts électriques] ». En avril et novembre 2018, EDF a déclaré à l’ASN, que les défauts de résistance au séisme s’étendaient à plusieurs autres réacteurs de 900 MWe, soit 11 réacteurs supplémentaires.

11 centrales 900 MW concernées

L’événement est classé de niveau 2 par l’ASN pour  les réacteurs Blayais 1 et 2, Gravelines 1 à 6, Saint-Laurent-des Eaux 1 et 2 et Chinon 2. Il est classé 1 pour les réacteurs Blayais 3 et 4, Dampierre-en-Burly 2, Cruas-Meysse 1, Chinon 1, 3 et 4 et Tricastin 1, 2 ,3 et 4. Des contrôles complémentaires ont également révélé de nouveaux défauts de résistance au séisme pour les réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel, de Saint-Alban, de Belleville-sur-Loire et pour le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Problème de conception et de génie civil

Selon l’ASN, l’événement recouvre à la fois des problèmes de conception génériques à l’ensemble des réacteurs concernés et des problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages. « EDF avait pris un engagement de mettre en place des diesels d’ultime secours pour fin 2018. Cet engagement ne pourra pas être respecté compte tenu des difficultés industrielles à les réaliser, a expliqué Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, lors d’un entretien accordé à L’Usine Nouvelle. Ce sont des problèmes de génie civil avec une gestion de chantier qui n’est pas au niveau. L’intégration des différents corps de métier ne s’est pas faite de manière correcte. Les industriels sélectionnés par EDF ont rencontré des difficultés opérationnelles. Une seule centrale, Saint-Laurent-des-Eaux, est aujourd’hui équipée. Nous avons pris la décision de repousser cette échéance à fin 2020. »

Chacun des réacteurs des centrales nucléaires françaises dispose de deux diesels de secours, rappelle l’ASN. Ces équipements assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes, notamment à la suite d’un séisme.

https://www.usinenouvelle.com/article/le-nouveau-rate-d-edf-dans-le-nucleaire-concerne-cette-fois-les-diesels-de-secours-post-fukushima.N819840?fbclid=IwAR0PhjcHrOll0e76AKEkGQ0pc5fSzfeDLdBI4qnUrfWlfzRokq-Wae2OvIE

Exposition aux radiations et problèmes cardiaques chez les enfants de Fukushima

VIDEO postée il y a 7 ans à l’adresse : https://www.youtube.com/user/radioactivebsr par Pr Chris BUSBY, son auteur

JAVALE GOLA·DIMANCHE 17 MARS 2019 

Article en cours de finalisation

Il est communément admis que l’exposition aux radiations provoque le cancer et la leucémie. C’est ce que les modèles de risque du système actuel de radioprotection donnent comme point final attendu de l’exposition. Ainsi, un individu est exposé et plusieurs années plus tard, il développe un cancer. Pour les fortes doses, il est admis qu’il existe de graves effets déterministes, qui aboutissent à des décès. Je souhaite discuter d’un résultat non cancérogène de l’exposition interne au nucléide Césium-137, principal contaminant à vie longue des réacteurs nucléaires, présent dans les retombées de Tchernobyl et dans la contamination de Fukushima. Je souhaite examiner les effets de l’exposition chronique des enfants à cette substance et la façon dont elle va endommager leur cœur en développement.Premièrement, nous n’avons pas besoin de spéculer à ce sujet. Les données sont disponibles. Le professeur Youri Bandajevsky a effectué de nombreuses recherches sur les effets de la contamination des enfants des territoires du Bélarus contaminés par l’accident de Tchernobyl. Il a établi que des enfants présentant une charge corporelle moyenne supérieure à 40 Bq / kg de Cs-137 avaient des problèmes cardiaques menaçant le pronostic vital, notamment des arythmies, une insuffisance cardiaque (angine) et des crises cardiaques (infarctus) pouvant entraîner la mort.

La figure 1 ci-dessous est extraite de la contribution de Bandajevsky à la conférence du Comité européen sur le risque de rayonnement, qui a eu lieu à Lesbos en 2009, où il a reçu le prix du «Edward Radford Memorial» pour ses importantes recherches. Il montre que les anomalies d’arythmie cardiaque mesurées par électrocardiogramme apparaissent chez des enfants à des niveaux de contamination supérieurs à 20 Bq / kg environ.Ces recherches ont d’ailleurs abouti à ce qu’il soit jeté en prison pendant plusieurs années par le gouvernement biélorusse : il n’a été libéré que suite à une pression massive de l’Union européenne et à la délivrance d’un passeport européen. La question que je souhaite aborder brièvement est la suivante : comment cela pourrait-il se produire, quel est le mécanisme?Modéliser le coeur d’un enfantSelon les données humaines de référence de la CIPR, la masse du cœur d’un enfant à 5 ans est de 220 g, le tissu pèse à lui seul 85 g. Le cœur est un organe essentiel et extraordinaire. Il doit pomper continuellement pendant toute la vie de l’individu. Le myocyte cardiaque est la cellule la plus énergique du corps, se contractant constamment, sans fatigue, 3 milliards de fois ou plus dans une durée de vie moyenne. En coordonnant son activité de battement avec celle de ses 3 milliards de voisins dans la pompe principale du cœur humain, plus de 7 000 litres de sang sont pompés par jour, sans effort conscient, le long de 161 000 kilomètres de vaisseaux sanguins (Severs, 2000). On sait que le nombre de cellules musculaires dans un cœur est de 3 x 109 Leurs dimensions cylindriques sont d’environ 100-150 microns de long et de 20 à 35 microns de diamètre. Elles ne peuvent pas être remplacées, sauf très lentement, à un taux d’environ 1% par an. Par conséquent, des lésions à ces cellules sont, comme le savent toutes les victimes de crise cardiaque, très graves.S’il y a 3 x 109 cellules dans un cœur humain, dans un cœur d’enfants où la masse de tissu est de 85 g, la densité cellulaire est de 3,5 x 10 exposant10 cellules par kilogramme.On sait depuis de nombreuses années que le nucléide Cs-137 est concentré dans les muscles. Introduisons 50 Bq / kg de Cs-137 dans le tissu musculaire cardiaque. Cela correspond à 50 chocs par seconde de la particule bêta de Cs-137 et peut-être encore 20 chocs à la seconde provenant de la désintégration des rayons gamma de «sa fille» Ba-137m. C’est 70 chocs par seconde. Chaque choc intercepte environ 400 cellules. Pour un enfant contaminé de manière chronique à ce niveau, et vivant pendant un an dans des zones contaminées au Cs-137, le nombre de chocs est tout simplement de 70x 60x60x24x365 = 2,2 x109 chocs par kg et par an. Cela signifie que le nombre de cellules touchées par le rayonnement des électrons, par kilogramme, est de 8,8 x 10 exposant11.Pour ce modèle, nous voyons immédiatement que chaque cellule cardiaque sera frappée par le rayonnement 25 fois environ. Si seulement 1% de ces chocs entraînaient la mort de la cellule, cela signifie que le cœur de l’enfant perdrait 25% de ses capacités fonctionnelles : toutes les cellules seraient mortes. La nécrose conduirait à des problèmes de conduction, comme chez les personnes âgées, et provoquerait des arythmies cardiaques et des crises cardiaques. Il faut noter que le muscle cardiaque ne peut se régénérer que très lentement. En effet, depuis l’origine les cellules cardiaques ne peuvent pas être remplacées. Suite à la découverte que le carbone-14 issu des essais atmosphériques des années 60 a été incorporé par le cœur, on a constaté qu’il y avait un remplacement de 1% par an. Nous voyons donc que le cœur est l’organe essentiel du corps. Les cellules endommagées ne peuvent pas être réparées. C’est pourquoi les enfants de Tchernobyl ont développé des problèmes cardiaques et sont en train de mourir. C’est pourquoi la population adulte de Biélorussie a développé des problèmes cardiaques et est en train de mourir Fig 2, Fig 3 [Bandajevsky 2011].Fig 1 Nombre d’enfants sans modification de l’électrocardiogramme en fonction de la concentration de Cs-137 dans l’organisme (Bandajevsky et Bandajevsky).Fig 2 La dynamique des maladies cardiovasculaires en République de BiélorussieFig 3 Structure des causes de décès en Biélorussie, 2008Fukushima.

Nous avons récemment entendu dire que des enfants de la zone contaminée à Fukushima ont été victimes de crises cardiaques. C’est donc un développement prévisible et une conséquence de la contamination interne du muscle cardiaque par le césium-137 et par d’autres radionucléides. Pour approfondir le sujet, le comité ECRR a décidé de publier la présentation de Bandajevsky, lors de la conférence de 2009 à Lesvos [www.euradcom.org].Implications pour ceux qui vivent dans les territoires contaminés de Fukushima.

Compte tenu de ces considérations, il est urgent de commencer à effectuer des investigations cliniques et des examens d’électrocardiogramme sur les enfants vivant dans les territoires contaminés et ingérant ou inhalant du Cs-137.

Tout enfant présentant des anomalies cardiaques doit être immédiatement évacué dans un lieu sain. S’il s’avère que des enfants souffrent de problèmes cardiaques, cela seul signifie qu’il est d’urgence vitale d’évacuer tous les enfants.Implications pour l’évaluation du risque de la radioactivitéLa polarisation sur le cancer et la leucémie en tant que point final des études épidémiologiques sur le risque de la radiation est une approche erronée, car les taux de cancer, avec l’âge, ont une évolution différente de celle des systèmes cardiaque ou circulatoire. Ce problème apparaît clairement sur les études rétrospectives de victimes du rayonnement quand certains ont utilisé des méthodes sans envisager de développer ou d’appliquer des coefficients de risque. Les exemples incluent les vétérans des essais nucléaires et les cohortes exposées au radium et au thorotrast. L’idée est simplement que si vous décédez d’une crise cardiaque, vous ne développez pas de cancer. La figure 3 montre clairement ce syndrome pour le Belarus et a des implications importantes pour les soins de santé dans le cas de Fukushima. Les effets du vieillissement à large spectre non spécifiques des expositions internes aux nucléides, décrits de manière frappante par Bandajevsky, ont pour résultat une perte de vie alarmante. Ceci est illustré à la figure 4, où la population de Biélorussie semble s’être développée négativement après les expositions à Tchernobyl.Fig 4 Indice démographique de la République de Biélorussie, 1950-2004 [Bandashevsky 2011].C.Busby. Le 09 septembre 2011Références: Bandashevsky Y I (2011) Maladies non cancérigènes et affections dans certaines régions du Bélarus contaminées par la radioactivité issue de l’accident de Tchernobyl. Chapitre 3 in Busby C, Busby J et de Messiered M Eds: Actes de la 3e Conférence internationale du Comité européen sur le risque de rayonnement, Lesvos Grèce, 5-9 mai 2009. Bruxelles: ECRR (voir www.euradcom.org)Severs NJ (2000) Les cellules cardiaques du muscle Bioessays 22. New York: John Wiley.

Des perles de verre radioactives peuvent raconter à la terrible histoire le déroulement de la fusion de Fukushima

Japon , nucléaire , rayonnement

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Image autoradiographique d’une microparticule de césium radioactive montrant les niveaux relativement élevés de radioactivité contenus dans la particule. Crédit: Dr. Satoshi Utsunomiya

11 mars 2019 Dunrenard

Les particules microscopiques libérées par les explosions de l’usine sont également une préoccupation potentielle pour l’environnement et la santé

Les 14 et 15 mars 2011 , des explosions ont déclenché des panaches radioactifs invisibles à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, estropiée trois jours plus tôt lorsque le séisme le plus puissant de l’histoire du Japon a déclenché un tsunami de grande ampleur. Lorsque les panaches ont dérivé sur la campagne environnante, leur contenu – y compris le césium radioactif, un sous-produit des réactions de fission de l’usine – est tombé au sol et au-dessus de l’océan.

Ce que personne ne savait ni ne pensait, c’est que les retombées contenaient également des perles vitreuses de la taille d’une bactérie, avec des concentrations de césium radioactif bien supérieures à celles contenues dans des mottes de poussière ou de saleté contaminées de taille similaire.

Depuis la découverte de ces particules en 2013, les scientifiques les ont prélevées dans des échantillons de sol et des filtres à air dans toute la zone de contamination , y compris des filtres aussi lointains que Tokyo. Les chercheurs disent que les perles pourraient poser un risque de santé sous-reconnu, car elles sont suffisamment petites pour pouvoir être inhalées jusque dans les poumons – et leur maquillage vitreux empêche leur dissolution ou leur érosion. Ils offrent également l’occasion de mener ce que l’un des chercheurs a appelé la «criminalistique nucléaire»: en analysant la composition des particules, les scientifiques peuvent reconstituer une image plus claire de ce qui s’est passé pendant la violence à blanc dans l’usine, et de l’ état actuel de la violence. les débris dans les trois réacteurs qui ont connu des effondrements. Cela pourrait aider à éclairer la stratégie de nettoyage des ruines de l’usine.

Les chercheurs disent qu’une image de perles inhabituelles se dessine dans le contexte de la méfiance nucléaire générale du public japonais et de la volonté du gouvernement de mettre fin à l’incident de Fukushima, en particulier avec Tokyo prête à accueillir les Jeux olympiques de 2020. «Je pense malheureusement que la réaction à cette découverte [des perles] n’a pas été très bien accueillie au Japon», déclare Rod Ewing , minéralogiste et spécialiste des matières nucléaires, qui codirige le Centre pour la sécurité internationale et la coopération à l’Université de Stanford.

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https://www.scientificamerican.com/article/radioactive-glass-beads-may-tell-the-terrible-tale-of-how-the-fukushima-meltdown-unfolded/