Nucléaire: Avec le retrait de Toshiba, un coup dur pour le secteur électrique britannique

Toshiba ne construira pas sa centrale nucléaire de Moorside. Ce retrait obère les chances du Royaume-Uni de respecter sa feuille de route nucléaire, décidément très internationaliste.

Le 08 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg

La première centrale nucléaire japonaise du Royaume-Uni devrait être construire à Wylfa.

La première centrale nucléaire japonaise du Royaume-Uni devait être construire à Wylfa


La décision était attendue. Elle est tombée ce jeudi 8 novembre. Après des mois d’atermoiements, Toshiba, criblé de dettes, renonce au projet NuGen. Initialement lancé en 2009 par GDF Suez (aujourd’hui Engie) et Iberdrola, ce programme visait à construire et exploiter trois réacteurs nucléaires à Moorside, en Combrie, dans le nord-ouest de l’Angleterre.

TROIS AP1000 SINON RIEN
Rapidement, l’électricien ibérique a manifesté l’envie de se désengager d’une opération coûteuse et incertaine et a vendu sa participation (25%), d’abord à ses partenaires puis à Toshiba. A l’époque, le consortium japonais est l’un des leaders mondiaux du nucléaire civil, grâce à sa filiale américaine Westinghouse. En investissant 90 millions de livres (103,4 M€) dans le projet, Toshiba espère bien construire et vendre la production de trois réacteurs AP1000 conçus par Westinghouse.

8 MILLIARDS DE DETTES
C’est finalement le choix fait en 2014 par Engie et Toshiba, désormais seuls maîtres à bord. Objectif annoncé: une première mise en service pour 2024. Malgré l’achat, en 2015, de terrains à proximité du site nucléaire de Sellafield, les choses traînent. A commencer par la certification de l’AP 1000 qui sera finalement accordée par le gendarme du nucléaire britannique (ONR), en mars 2017. Quelques jours plus tard, Toshiba met sa filiale Westinghouse en faillite. Comme son concurrent français Areva, l’équipementier américain s’est avéré incapable de construire dans les temps et suivant son devis initial ses deux premiers AP1000, en Caroline du Sud et dans l’Etat de Géorgie. La dette accumulée dépasse les 8 milliards de dollars (7 Md€).

PAS DE SOLUTION SUD-CORÉENNE
Engie, qui souhaitait se désengager du projet britannique, profite de l’événement et oblige son partenaire Toshiba à lui racheter l’intégralité de ses parts (40%). Le groupe nippon se retrouve à la tête d’une coquille vide et coûteuse. Des pourparlers pour vendre la totalité du capital sont engagés avec l’électricien Kepco. Si l’industriel sud-coréen s’intéresse au projet britannique, c’est pour construire au Royaume-Uni ses propres réacteurs, les APR-1400, célèbres vainqueurs de l’EPR dans les Emirats arabes unis. Kepco veut bien s’engager sur deux tranches: une de moins que prévu par NuGen. Proposition qui n’enchante guère le gouvernement de Theresa May. En juillet dernier, les discussions nippo-britanno-coréennes sont rompues. Faute de repreneur, l’avenir de NuGen s’annonçait des plus sombres.

35 GW DE NOUVEAU NUCLÉAIRE
L’annulation du projet de Moorside est un coup dur pour la politique énergétique du Royaume. D’ici à 2035, la Grande-Bretagne doit mettre en service 60 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de production d’électricité, dont 35 GW devront être renouvelables (éoliennes et photovoltaïques). L’administration estime raisonnable qu’une quinzaine de GW de nouveau nucléaire (deux fois plus qu’aujourd’hui) soient opérationnels vers 2030. Avec le retrait de Toshiba, cet objectif semble inatteignable.
Aujourd’hui, seul EDF Energy a engagé la construction de nouvelles tranches: ses deux EPR de Hinkley Point. La filiale d’EDF prévoit en outre de réaliser deux autres EPR à Sizewell. Mais aucune décision n’a encore été prise.

4 RÉACTEURS JAPONAIS
Possédée à 100% par Hitachi, Horizon Nuclear Power veut élever 4 réacteurs à eau bouillante maison (5.800 MW) à Wylfa (Pays de Galles) et Oldbury. La technologie a été validée par l’ONR. Hitachi achève actuellement de boucler le financement des deux chantiers. Au mieux, les deux réacteurs gallois pourraient démarrer en 2025. Aucun échéancier n’a encore été publié pour la réalisation de la centrale d’Oldbury.
Trois autres projets restent d’actualité. China General Nuclear, partenaire d’EDF à Sizewell et Hinkley Point, entend construire deux réacteurs chinois Hualong (non certifiés par l’ONR) sur le site de Bradwell. Ce projet était la contrepartie d’une participation financière aux centrales qui devaient être bâties par EDF.

UN RNR AU SODIUM?
Plus original mais tout aussi hypothétique, Hitachi, associé à General Electric, pourrait proposer de construire à Sellafield un prototype de réacteur à neutrons rapides de 311 MW, refroidi au sodium liquide. Décidément très disputé, l’ancien Windscale pourrait aussi abriter deux tranches Candu à eau lourde, de conception canadienne. Pas gagné.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/nucleaire-coup-dur-pour-le-secteur-electrique-britannique,94663

L’éolien français dans l’impasse depuis plus d’un an

 Par Aline Robert et Frédéric Simon, Euractiv    21/01/2019

(Crédits : Reuters)

Le nombre d’éoliennes autorisées s’est effondré. Pour Paris, qui tente de se présenter comme un champion climatique, la situation devient gênante. Un article de notre partenaire Euractiv.

En décembre 2017, le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, a abrogé un décret donnant aux préfets régionaux la responsabilité d’accorder les permis environnementaux nécessaires à la construction de champs d’éoliennes. Depuis, plus personne ne peut les délivrer.

« La question de l’autorité compétente pour délivrer les permis d’installation de champs d’éoliennes terrestres en France est en suspens depuis plus d’un an. Il n’y a donc aucun nouveau permis et aucun nouveau projet ne peut se développer », regrette Giles Dickson, PDG de l’association d’entreprises WindEurope.

« Le gouvernement ne se décide pas à promulguer le décret qui réinstaurerait une autorité compétente et relancerait la machine », ajoute-t-il.

Contacté, le ministère de la transition écologique et solidaire a indiqué que le nombre de projet d’éoliennes autorisées avait chuté de 22 % entre 2017 et 2018. « En 2018, 103 parcs éoliens ont été autorisés pour une puissance installée cumulée de 1 510 MW », a indiqué le cabinet du ministère à l’Écologie, François de Rugy.

Extrême lenteur du montage de projet éolien en France

Il faut actuellement six à huit ans pour concrétiser un nouveau projet éolien en France, le double de la moyenne européenne, selon WindEurope. La nouvelle directive européenne sur les renouvelables, adoptée l’année dernière, fixe d’ailleurs des maxima pour les procédures administratives : 3 ans pour les nouveaux projets, deux pour les rééquipements.

Dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie, présentée en novembre, la France s’est fixé comme objectif d’installer 35 GW de capacités éoliennes terrestres d’ici 2028, contre les 14 GW actuels. Des objectifs qui resteront lettre morte si le blocage perdure, prévient Giles Dickson.

« Nous voyons déjà le nombre de projets se tarir et la vente aux enchères de l’année dernière n’a pas amené autant de projets d’investissements que souhaité. Si la France veut sérieusement mettre en œuvre sa stratégie nationale en matière de climat et d’énergie, le gouvernement doit régler ce problème de toute urgence », conclut-il.

La deuxième vente aux enchères d’éoliennes terrestres en France en 2018 a été un flop, puisqu’elle n’a attribué que l’équivalent de 118 MW de projets, alors que 500 étaient proposés, selon WindEurope.

Scénario catastrophe

Et la situation est encore plus problématique pour l’éolien en mer. Depuis que la France s’est engagée en 2012 à construire le premier parc éolien expérimental du pays au large des côtes bretonnes, pas un seul projet n’a vu le jour. Le parc expérimental n’a pas été finalisé, les autorités s’étant rendu compte que les coûts de construction prévus étaient à présent nettement supérieurs aux prix concurrentiels du marché.

Pire encore, Paris a réduit ses objectifs à 5 GW d’ici 2028, malgré une proposition des autorités locales et de l’industrie éolienne de construire 10 GW de capacités à cette date. L’annonce, faite en novembre à l’approche de la COP à Katowice, a été qualifiée de « scénario catastrophe » par le syndicat français des énergies renouvelables.

Dans ses scénarios pour 2030, publiés en 2017, WindEurope prévoyait 7 GW d’éolien en mer pour l’hexagone. Les projections seront mises à jour dans le courant de l’année, mais selon les informations recueillies par Euractiv, les chiffres français pourraient être revus à la baisse si la situation ne s’améliore pas.

Les perspectives de l’énergie éolienne en France ont semblé s’éclaircir en décembre, lorsque le gouvernement a publié un décret visant à accélérer la construction de parcs éoliens terrestres, en limitant les procédures administratives qui peuvent être déposées contre leur autorisation.

Clarification de la répartition des compétences

Selon Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, la répartition des compétences est donc désormais claire sur le papier : l’Autorité environnementale française donne un avis, puis l’État, à travers le préfet de région, est chargé de délivrer le permis de construire. Ce qu’il ne fait pas le plus souvent.

En décembre, le syndicat des énergies renouvelables s’est félicité de la « bonne nouvelle » que constituait la publication du décret. Il reste cependant à trancher la question très importante de la désignation de l’entité chargée d’approuver les nouveaux projets.

« Sans cela, l’instruction de nombreux projets ne peut se poursuivre, ce qui a entraîné un grave ralentissement de l’industrie depuis plusieurs mois », explique Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables.

En outre, le décret ne répond pas à toutes les questions de l’industrie éolienne, notamment en ce qui concerne les procédures administratives lancées contre des autorisations antérieures, indique Arnaud Gossement.

Éolien contre nucléaire

Le retard persistant dans l’approbation de nouveaux projets alimente les spéculations selon lesquelles le gouvernement français aurait une motivation peu avouable pour freiner l’expansion de l’éolien : celle de privilégier l’industrie nucléaire.

En effet, la Programmation pluriannuelle de l’énergie concoctée par le gouvernement prévoit une hausse de la demande d’électricité à moyen terme. Un scénario discutable : le gestionnaire de réseau prévoit au mieux une stagnation de la demande. Cette hausse hypothétique correspond en revanche bien au projet du gouvernement de développer le nucléaire : seule une augmentation de la demande en électricité peut légitimer la construction de nouvelles centrales.

Autre élément étrange, le gouvernement français invoque souvent des arguments étranges pour bloquer l’installation d’éoliennes, comme la proximité de radars ou de sites protégés par l’UNESCO.

Ce fut notamment le cas d’un projet éolien situé à 30 km de la cathédrale de Chartres. Devant le tribunal administratif, le ministère de l’Écologie a réussi à bloquer le projet pour un motif de « co-visibilité », les éoliennes risquant de gâcher la vue de la cathédrale, classée patrimoine mondial de l’UNESCO. Le même argument a été utilisé dans la région de Champagne, où les vignobles classés par l’UNESCO ont empêché la construction d’une éolienne à 15 km de l’autre côté d’une colline.

Procédures de plus en plus longues et coûteuses

Le problème des éoliennes en France est donc visiblement plus politique qu’administratif. Même les grands projets sont parfois suspendus à cause de l’avis négatif de la préfecture.

Si le cas de la France semble particulièrement problématique, il n’est pas isolé. En Europe, l’éolien fait face à des procédures de permis de plus en plus longues et coûteuses, critique Giles Dickson, de WindEurope. Tout en affirmant qu’il est inutile d’être ambitieux sur l’action pour le climat si les nouveaux parcs éoliens sont bloqués dans les procédures de permis pendant des années, il ajoute :

« La tendance est la même dans d’autres pays européens avec des concepteurs qui peinent à obtenir des permis. Si les gouvernements ne s’attaquent pas à ce problème, ils risquent de mettre des freins à l’expansion de l’énergie éolienne en Europe. »

___

NOTE

Cet article a été amendé après la communication des chiffres d’éoliennes autorisées par le ministère.

___

Par Aline Robert et Frédéric Simon, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch et Marion Candau)

(Article publié le 17 janvier 2019)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/l-eolien-francais-dans-l-impasse-depuis-plus-d-un-an-804555.html?fbclid=IwAR0GSrnuYMuY0L0c2noGUSodx66TOZktqjMSk0lIHWIlFqfADtfY-ePQoA8#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20190121

Cruas : EDF multiplie l’opacité après les fuites radioactives

24 décembre 2018 1Mensonges & ManipulationRéseau International

Ardèche – Fuites radioactives de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse : EDF multiplie l’opacité d’incidents récents

Sept mois après la pollution radioactive des eaux souterraines du site nucléaire de Cruas en Ardèche, la cause de la fuite n’est pas identifiée. Des experts indépendants dénoncent le « manque criant de transparence » d’EDF.

C’est l’atome de tritium de trop qui a fait déborder le vase. Le 10 décembre, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), spécialisée dans la surveillance de l’activité nucléaire en France, a claqué la porte de la Commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche. La raison ? Une série d’incidents à Cruas. Et notamment des fuites radioactives détectées le 15 mai dans la nappe phréatique, située juste en dessous des quatre réacteurs de 900 mégawatts(MW).

Cette importante réserve d’eau relie directement, via un réseau de galeries souterraines, le Rhône. Des équipes d’EDF, l’opérateur de la centrale, y avaient alors relevé des taux anormaux de tritium, la forme radioactive de l’hydrogène, extrêmement nocive pour la santé. Trois mois plus tard, une autre fuite, d’hydrocarbures celle-là, est elle aussi repérée dans la même nappe.

Des incidents qui malheureusement font écho à de nombreux autres, pour lesquels EDF a déjà été condamné par la justice. Plusieurs procès sont également en cours après des plaintes déposées, entre autres, par la Criirad. Créé en 1986 après la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine, ce laboratoire dénonce un « manque criant » de transparence. « Les réunions au sein de la CLI sont une mascarade. », s’insurge Sylviane Poulenard, l’administratrice de la Criirad. « C’est plus de la communication que de l’information. » Les derniers incidents pourraient pourtant avoir des conséquences désastreuses sur la santé des riverains, ainsi que sur l’environnement.

Centrale-nucléaire-de-Cruas-MAP

 L’eau qui alimente la cantine des salariés contaminée

« Les résultats font mention de concentrations vingt fois supérieures à la normale ! », s’emporte Roland Desbordes, physicien de formation, président de la Criirad de 1997 à 2017. « Soit 190 becquerels (NDLR : l’unité de radioactivité) par litre, au lieu des 10 habituellement constatés. » Pire, l’association s’offusque que la contamination ait touché l’eau qui alimente la cantine des salariés et des sous-traitantsalors que, rappelle-t-elle, le circuit d’eau destinée à la consommation doit être indépendant.

« Cela explique pourquoi EDF a traîné des pieds avant d’informer l’Autorité de sûreté nucléaire (NDLR : l’ASN, le gendarme du secteur) du problème, dénonce encore l’ancien président de la Criirad. Nous-même, comme l’ensemble des habitants des environs de la centrale, nous avons été informés par la presse locale. Un comble ! ».

Centrale nucléaire EDF de Cruas-Meysse

Centrale nucléaire EDF de Cruas-Meysse

 « Sans conséquence », selon la direction d’EDF

EDF a averti le 22 mai – soit une semaine après que la fuite a été repérée – l’ASN qui a fait une première inspection le 30 mai. Au siège de l’électricien à Paris, on tente de minimiser. « La légère augmentation de la présence de tritium dans les eaux souterraines de la centrale est sans conséquence environnementale, ni sanitaire, explique la direction. Les mesures relevées sont très largement inférieures au seuil de potabilité défini par l’Organisation mondiale de la santé, qui est de 7 800 becquerels par litre. »

Le groupe admet néanmoins que « par mesure conservatoire », la consommation de l’eau a été suspendue dès le 17 mai. « Il faudrait boire 200 litres d’eau du robinet chaque jour pendant un an. », assure toutefois EDF, « pour ingérer l’équivalent de l’exposition d’une radio thoracique. Ou encore de dix trajets Paris-New York en avion. »

Des chiffres que réfute Roland Desbordes. « EDF fait référence à une norme très ancienne sur le tritium. », dénonce-t-il. « Cela relève du mensonge. La réglementation européenne applicable en France depuis 2015 fixe le seuil légal à 100 Bq/l. Ce qui est encore trop. Le Canada, par exemple, préconise pas plus de 20 Bq/l. »

Une simple histoire de plomberie ?

Demeure un autre problème : comment du tritium radioactif, provenant de l’activité des réacteurs nucléaires a-t-il pu se retrouver dans le sous-sol d’une centrale ? « Concernant Cruas, l’enquête est encore en cours. », indique EDF. « Mais la fuite pourrait provenir de la défaillance de pompes chargées d’évacuer des effluents, ainsi qu’une mauvaise étanchéité d’un puis. » Une simple histoire de plomberie, donc ?

« Ces explications sont fumeuses. », estime l’ancien patron de la Criirad. « On peut comprendre que des pompes tombent en panne. Mais pas que cela contamine une nappe d’eau souterraine reliée de surcroît à un fleuve. »

Centrale nucléaire EDF de Cruas-Meysse

Centrale nucléaire EDF de Cruas-Meysse

 Source :https://reseauinternational.net/ardeche-fuites-radioactives-de-la-centrale-nucleaire-de-cruas-meysse-edf-multiplie-lopacite-dincidents-recents/?fbclid=IwAR1LtunSEfeUjKGrun1ulTLoTPDf_1pQftxGFxlqZc18yfGxqOp7cFgC_f8

http://www.criirad.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucléaire_de_Cruas
http://www.leparisien.fr/economie/fuites-radioactives-edf-accuse-d-opacite-23-12-2018-7975563.php
https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/criirad-demissionne-cli-centrale-nucleaire-cruas-meysse-ardeche-1593631.html

via:https://aphadolie.com/2018/12/24/ardeche-fuites-radioactives-de-la-centrale-nucleaire-de-cruas-meysse-edf-multiplie-lopacite-dincidents-recents/

Le Bugey: Fukushima est à nos portes!

Publié lundi 15 octobre 2018 par L’illustré ( CH)

Menacée, Genève repart au combat contre la vétuste centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km de la ville. A 90 km de la centrale, un barrage pourrait provoquer une catastrophe semblable à celle de Fukushima, selon des experts. En cas d’accident majeur, une partie de la Suisse romande se trouverait sous le nuage radioactif.

2 mars 2016. L’info fait l’effet d’une bombe.

Unis dans leur combat contre le nucléaire imposé par la Constitution cantonale*, la ville et l’Etat de Genève déposent plainte pénale contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à 70 km du bout du lac. Lors d’une conférence de presse restée mémorable, Esther Alder, alors maire de la ville, soutenue par le conseiller d’Etat Antonio Hodgers et le conseiller administratif Rémy Pagani, exige la fermeture du site, construit sans étude d’impact préalable. Mandatée par les autorités genevoises, Me Corinne Lepage, avocate spécialiste en droit de l’environnement et ancienne ministre française de l’Environnement, affirme que la dalle sur laquelle repose l’unité présente des problèmes d’étanchéité, qu’une enceinte de confinement d’un des réacteurs comporte une fissure et que des fuites de tritium sont régulièrement constatées. Sans mauvais jeu de mots, le dossier semble béton.

Juin 2017. Nouveau coup de théâtre.

L’effet d’annonce dissipé, le Ministère public décide finalement de ne pas engager de poursuites. Pour lui, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. «Son enquête a été bâclée», estime aujourd’hui le service juridique de la ville.
Dix-huit mois plus tard. Convaincu que la centrale présente toujours plus de risques pour la sécurité et la santé de ses habitants, Genève s’apprête à repartir au combat. «Une nouvelle plainte avec, cette fois, constitution de partie civile, va être déposée prochainement à Paris entre les mains du doyen des juges d’instruction. Contrairement à la première, elle se fondera sur le rapport d’un célèbre expert reconnu dans le domaine du nucléaire dont le nom sera dévoilé en temps utile. Celui-ci établit de manière très claire les lacunes et les défaillances de la sûreté et les risques d’accidents qui y sont associés. Plusieurs juges d’instruction devraient ainsi être désignés pour instruire les faits. «La ville et le canton auront accès au dossier et la possibilité de formuler des demandes d’auditions et des expertises», détaille un juriste du service qui préfère que son nom ne soit pas cité. «Nous espérons ainsi que la poursuite des investigations permettra de faire enfin toute la lumière sur les conditions de fonctionnement de la centrale, qui souffre d’une dégradation croissante et d’un entretien défectueux de ses équipements», poursuit notre interlocuteur.

Le barrage de la peur

Ce n’est pas tout. Une récente enquête menée par une équipe d’Envoyé spécial, la célèbre émission de France Télévisions, diffusée il y a quelques semaines, a ajouté un nouvel élément, et pas des moindres, à ce dossier ultrasensible. Selon les investigations de nos confrères, un second ouvrage, situé à 90 km de la centrale, serait lui aussi en piteux état et pourrait déclencher un scénario qualifié d’apocalyptique: le barrage de Vouglans, dans le Jura français. Mis en service il y a cinquante ans, le troisième édifice du genre dans le pays, avec ses 600 millions de mètres cubes d’eau retenus, présente en effet d’angoissants indices de vieillissement. Les enquêteurs de France 2 ont relevé pas moins de 200 failles sur l’ensemble de l’ouvrage. Interrogé sous le couvert de l’anonymat, un ancien responsable de la sécurité hydraulique d’EDF (Electricité de France), qui exploite le barrage et la centrale, assure pour sa part qu’il existe une infiltration d’eau sous le barrage qui pourrait un jour provoquer le soulèvement de la paroi.

Plus inquiétant encore selon lui, les jonctions latérales béton-rocher, là où les murs prennent appui, ne cessent de se dégrader. «Balivernes», rétorque l’inspecteur de sûreté d’EDF, questionné par les journalistes. Pour lui, le barrage le plus surveillé de France est en parfait état et ne présente aucun signe justifiant un pareil alarmisme.

Rapport secret

Une affirmation assénée avec un aplomb d’autant plus hardi que les dépositaires de l’émission ont mis la main sur un rapport secret d’EDF révélant que la partie avant du barrage se décolle de la fondation et que l’extension d’anciennes fissures provoque des fuites dans la zone centrale, lesquelles fragilisent l’ensemble.

Un autre document confidentiel fait état d’un glissement de terrain autour du site en février 1970 et de deux autres événements similaires en décembre 1981. Pour l’ex-responsable de la sécurité, cette instabilité associée à de fortes précipitations peut provoquer rien de moins que la rupture subite de ce barrage-voûte. C’est ce qui s’est produit dans les environs de Fréjus, en 1959, au barrage de Malpasset. Déferlant dans la vallée, la vague de 40 m de haut fit 423 victimes au cœur d’une nuit d’hiver.

Comme à Fukushima

Avec douze fois le volume de la construction du Var, on a peine à imaginer les conséquences d’une rupture du barrage implanté dans l’Ain en termes de pertes humaines et de dégâts matériels. Mais l’enquête de nos confrères français va plus loin. Elle démontre que la vague submergeant la vallée balaierait encore cinq barrages au fil de l’eau, ce qui la gonflerait de 70 millions de mètres cubes supplémentaires. Six heures après la rupture, l’eau atteindrait ainsi la zone du Bugey.

Contrainte par la loi depuis l’accident de Fukushima, en mars 2011, d’imaginer le pire pour ses sites, soit une crue historique de l’Ain et du Rhône ajoutée à la rupture du barrage, EDF affirme pourtant dans son expertise que l’eau s’arrêterait au pied de la centrale. Perspicaces, les enquêteurs de France 2 ont toutefois découvert que ladite expertise a été calculée sur la base d’une hauteur d’eau de 424 m au barrage, alors que la loi oblige à calculer avec un barrage plein (429 m): 5 m de différence, sur un lac long de 35 km, qui ampute le résultat de 85 millions de mètres cubes d’eau. Leader de l’association de riverains Stop Bugey, l’ingénieure Elisabeth Brénière pense que non seulement la centrale serait bel et bien submergée, mais que les débris charriés par le Rhône, dans lequel l’eau de refroidissement des réacteurs est pompée, bloqueraient entièrement le système. «Comme à Fukushima, s’ensuivrait alors la fusion nucléaire. Avec les conséquences que l’on sait…»

* Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches des frontières cantonales.

http://www.illustre.ch/magazine/fukushima-nos-portes?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article&fbclid=IwAR2nrFXuNZ0vREq3L-d5DnpWnjXoNYhMDvAAUyJxtO3PgvMC6TGWsOPy6z8

EPR : d’importants essais sur l’EPR de Flamanville repoussés à février

 

A

Une importante phase d’essais sur le réacteur EPR de Flamanville est reportée à février. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

EDF a annoncé lundi le report d’importants essais sur le réacteur nucléaire EPR de Flamanville, dans la Manche, tout en confirmant le calendrier de démarrage et le coût du chantier. Europe 1 21 janvier 2019

EDF a annoncé lundi le report d’une importante phase d’essais sur le réacteur nucléaire EPRde Flamanville (Manche) mais a confirmé le calendrier de démarrage et le coût du chantier. « Le début des essais dits ‘à chaud’ est désormais prévu pour la deuxième quinzaine de février », indique l’électricien dans un communiqué. EDF avait indiqué l’été dernier qu’ils devaient se dérouler avant la fin de l’année 2018. Ces essais doivent se dérouler dans des conditions de température et de pression similaires aux conditions d’exploitation.

Le coût maintenu à 10,9 milliards d’euros. Le groupe confirme toutefois lundi le calendrier et les coûts dévoilés à l’été 2018, quand un an de retard et des nouveaux surcoûts avaient été annoncés. « Les équipes d’EDF et de ses partenaires industriels restent pleinement mobilisées pour réaliser le chargement du combustible au quatrième trimestre 2019 dans un objectif de coût de construction pour EDF à la date de mise en service maintenu à 10,9 milliards d’euros », écrit-il. EDF ajoute qu’il poursuit « activement le plan d’actions sur les soudures du circuit secondaire principal annoncé le 25 juillet dernier », sans plus de détail.

Les retards annoncés l’été dernier faisaient suite à des défauts sur des soudures se situant au niveau des tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur et la turbine qui produit l’électricité.

https://www.europe1.fr/technologies/nucleaire-dimportants-essais-sur-lepr-de-flamanville-repousses-a-fevrier-annonce-edf-3842585?fbclid=IwAR2Q95T7LtemMfqVPoZCV20l-RLONVbdmHInyxgtFNd-4rlp5L9Hb7b8yLY