Fév 14 2016

2 avril 2016 à Flamanville: Conférence Contamination et irradiation par les faibles doses radioactives


ImageInvisible3Parce qu’il n’y a pas de dose radioactive sans risque, 

La question des faibles doses radioactives a déjà fait l’objet d’études dans le Cotentin mais aussi de controverses.
Il fait l’objet de publications récentes qui rendent fragiles les certitudes sur les doses maximales admissibles notamment depuis la catastrophe de Fukushima.
Ce sujet mérite donc d’être re-questionné car il n’y a pas de dose radioactive sans risque
Cette conférence grand-public sera l’occasion de revisiter certains  éléments de base de la radioactivité mais aussi d’accéder aux dernières connaissances sur les faibles doses.
Au-delà des approximations hasardeuses des autorités, des scientifiques, chercheurs et militants engagés présenteront des exemples concrets et signifiants des enjeux de la préservation de notre santé au regard du nucléaire civil et militaire.

Intervenants

Pierre Barbey, ACRO        

Annie Thébaud-Mony, Directrice de recherche honoraire INSERM

Yves Lenoir,  Pdt Association « Enfants de Tchernobyl Belarus »

Roland Desbordes, Pdt de la CRIIRAD

Philippe Billard,  Ex travailleur et représentant du personnel du nucléaire 

Organisation CRILAN CANO

Lieu : Salle municipale Le Rafiot 18, rue du château à Flamanville

Programme et formulaire d’Insciption

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S’inscrire à la conférence  »Faibles Doses »

 

Affichette:

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En 2016, le CANO Collectif Antinucléaire Ouest et le CRILAN ont décidé d’engager plusieurs actions dans le Grand Ouest pour s’opposer à la politique gouvernementale en faveur du nucléaire. Cette conférence en fait partie.

Les 1 et 2 Octobre 2016 à Flamanville, un grand rassemblement marquera notre opposition au démarrage de l’EPR, véritable fiasco technique et financier.

Elle sera également l’occasion de dénoncer le grand rafistolage des réacteurs vieillissants.

 

 

Juil 28 2015

Rassemblement antinucléaire à Flamanville les 1 et 2 octobre 2016

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Mai 19 2016

L’étoile pâlissante de la filière nucléaire française

Mais qu’est donc devenue la splendeur un peu arrogante de la filière nucléaire française ? Perte de compétences industrielles, doutes sur les choix technologiques, crise de financement, incertitudes commerciales : les problèmes et les défis s’accumulent pour ses deux grands piliers, EDF et surtout Areva, qui tient son assemblée générale jeudi 19 mai, au moment où ils doivent moderniser les cinquante-huit réacteurs français et partir à la conquête d’un marché mondial qui se remet de Fukushima. LE MONDE Par Jean-Michel Bezat

Lire aussi :   EDF se veut rassurant sur la sûreté des réacteurs nucléaires

Depuis la catastrophe de mars 2011, le doute s’est même insinué dans les esprits sur la sûreté des centrales assurant les trois quarts de la production française d’électricité. Et si certains équipements étaient passés au travers de contrôles rigoureux, comme l’a récemment reconnu Areva pour son usine du Creusot (Saône-et-Loire) ? Son image s’est dégradée : deux Français sur trois jugent possible en France un accident de même ampleur, selon le baromètre 2015 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Une enquête d’OpinionWay, réalisée en mars pour Tilder et LCI, indique néanmoins que 62 % des sondés ne sont pas favorables à l’abandon du nucléaire.

Une crise de financement

La filière (200 000 emplois) traverse une crise de financement sans précédent depuis sa création dans les années 1950. Areva est en quasi-faillite et ne doit sa survie qu’à la cession des réacteurs d’Areva NP à EDF, 6 000 suppressions d’emplois (dont 2 700 en France) et une recapitalisation massive de 5 milliards d’euros par l’Etat et d’autres investisseurs. Le groupe se recentre désormais sur le périmètre de l’ex-Cogema, disparue en 2001 : mines, enrichissement de l’uranium, fabrication du combustible, traitement-recyclage, démantèlement des centrales.

Lire aussi :   Au Creusot, les salariés d’Areva entre colère et dépit

EDF n’est pas menacé d’effondrement, mais sa situation financière est préoccupante à l’horizon 2020 en raison de l’effondrement des prix de l’électricité sur le marché de gros en Europe, tombés de 42 euros le mégawattheure (MWh) en 2014 à 29 euros aujourd’hui. Ces prix bas risquent de durer plusieurs années, alors qu’EDF vend désormais plus de 60 % de sa production sur ce marché, contre 20 % il y a encore quelques années, souligne son PDG, Jean-Bernard Lévy. De surcroît, l’ex-monopole traîne une dette de 37,4 milliards d’euros et son flux de liquidité reste négatif, ce qui l’a obligé à s’endetter davantage pour payer chaque année près de 2 milliards d’euros de dividendes à l’Etat jusqu’en 2014.

La situation financière est si dégradée que l’Etat, actionnaire à 85 % du groupe, a finalement consenti à se faire payer en actions et a autorisé une recapitalisation de 4 milliards dont il supportera les trois quarts. A condition qu’EDF cède pour 10 milliards d’actifs et renforce son plan d’économies, notamment à travers 3 500 suppressions de postes. Pour améliorer ses comptes, EDF intégrera en 2016 un prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de quarante ans. En les amortissant sur une durée plus longue, il améliore mécaniquement ses comptes. Mais il faudra attendre 2018 pour que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donne son feu vert « générique » à une prolongation des réacteurs jusqu’à cinquante ans, avant de les ausculter un à un.

Une incertitude technologique

Le couple EDF-Areva souffre aussi d’un problème industriel. Depuis le début de sa conception dans les années 1990, l’EPR franco-allemand (Siemens s’est retiré en 2009) est critiqué pour sa complexité. Et, depuis le lancement des chantiers des têtes de série en Finlande (Olkiluoto) et en France (Flamanville), pour son coût de construction non maîtrisé. Il est quasi certain que des EPR fonctionneront dans les prochaines années, même si les projets français et finlandais accusent d’énormes retards (six à sept ans) et que le devis initial a été multiplié par trois (plus de 10 milliards). Mais la filière doit retrouver son excellence opérationnelle d’antan, analysent de nombreux experts. Symbole des défaillances actuelles : la cuve de Flamanville. Elle pourrait être démontée en 2017 si l’ASN juge que les défauts décelés en 2014 sont incompatibles avec une exploitation sûre de l’EPR.

Il ne fait plus de doute que ce sont les EPR chinois de Taishan qui entreront les premiers en service, malgré un début de construction plus tardif. La filière française a beau garder une très bonne image dans le monde, la liste de la soixantaine de réacteurs en construction montre qu’elle est à la traîne, derrière les Russes (Rosatom), les Chinois (CGN et CNNC), les Japonais (Toshiba-Westinghouse) et les Sud-Coréens (Kepco). A ce jour, seule la Chine a acheté des EPR, et EDF a prévu d’en construire quatre outre-Manche. L’Inde a relancé EDF en lui demandant, pour fin 2016, « une proposition technico-économique complète sur un site qu’elle [leur] a désigné pour la construction de six EPR », a récemment annoncé Xavier Ursat, patron du « nouveau nucléaire ».

Le cas Hinkley Point

Cette fragilité financière et ses déboires industriels expliquent qu’EDF hésite toujours à investir dans les deux EPR d’Hinkley Point (Royaume-Uni), dont il va supporter 66,5 % des 24 milliards d’euros. Les syndicats et certains cadres du groupe, y compris à des niveaux élevés, jugent l’entreprise incapable de mener à bien ce projet, financièrement et industriellement. Ils plaident pour un report de deux ou trois ans, le temps de mettre au point l’« EPR optimisé » moins coûteux. Devant le refus de M. Lévy, le directeur financier a démissionné. « Qui parierait de 60 % à 70 % de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne ? », indiquait l’ancien directeur financier Thomas Piquemal, le 4 mai, lors de son audition par les députés.

Le doute s’est insinué jusqu’au cœur de l’Etat. Le chef de l’Etat a certes réaffirmé, mardi 17 mai, sur Europe 1, qu’il était « favorable » au projet. « Il est très important de faire comprendre que nous avons besoin d’avoir une industrie nucléaire qui soit de haute performance, de haute sûreté en France, et que nous ne pouvons pas laisser non plus à l’exportation d’autres venir sur des terrains qui, jusqu’à présent, pouvaient être français », a souligné François Hollande. Mais, quelques jours auparavant, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, s’inquiétait dans le Financial Times des « sommes colossales en jeu » en se demandant s’il fallait« continuer avec ce projet ». Le chinois CGN, partenaire d’EDF, a fermement démenti, mardi, toute volonté de faire cavalier seul si EDF jetait l’éponge.

Des interrogations sur la sûreté

A mesure que les centrales vieillissent, un autre doute s’insinue : et si elles étaient devenues dangereuses ? EDF et Areva viennent de lever un doute : les réacteurs en service sont sûrs. Et ce, malgré les « anomalies »que les ingénieurs d’Areva ont eux-mêmes détectées – et transmis à l’ASN – dans le contrôle de certaines pièces forgées dans son usine du Creusot (Saône-et-Loire). Des pratiques jugées « inacceptables » au sein même de l’entreprise, mais qui ne signifient pas que ces éléments étaient défectueux. Les doutes ne seront définitivement dissipés qu’une fois que l’ASN, seule juge en la matière, aura rendu son avis.

Le gendarme du nucléaire estimait en 2015 que le niveau de sûreté des installations d’EDF était « satisfaisant ». La France n’a jamais connu d’accidents aussi graves que ceux de Tchernobyl (1986) ou de Fukushima (2011), ni même de Three Mile Island aux Etats-Unis (1979). Seule la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux a connu un accident (niveau 4 sur une échelle de 7), en mars 1980, sur une technologie (uranium naturel-graphite-gaz) abandonnée à la fin des années 1960. Mais l’ASN et son bras armé, l’IRSN, « n’ont actuellement pas les ressources nécessaires pour assurer pleinement leurs missions de contrôle », répète le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet. Faute d’avoir obtenu les 150 postes supplémentaires qu’il réclamait au gouvernement, il s’est donné comme priorité d’expertiser le parc existant, au détriment des équipements en construction.

Lire aussi :   Londres maintient (pour l’instant) son soutien à l’EPR d’Hinkley Point

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/05/18/l-etoile-palissante-de-la-filiere-nucleaire-francaise_4921450_3234.html#pcco0oA6kacL1tb5.99

 

Mai 05 2016

Sûreté nucléaire : rien ne va plus

C’est une information qui pourrait paraître anodine, mais qui est pourtant extrêmement préoccupante. Et révélatrice des dysfonctionnements techniques et des dénis politiques qui entourent le nucléaire depuis tant d’années. Les certificats de contrôle de plusieurs composants auraient en effet été falsifiés. Greenpeace 4 mai 2016
Soupçons de falsification autour des composants nucléaires

L’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) vient en effet d’annoncer qu’il y avait des soupçons de falsification de documents relatifs à des nombreuses pièces destinées aux centrales nucléaires. Ce qu’ AREVA, qui fabrique ces pièces depuis des dizaines d’années dans son usine du Creusot, en France, a elle-même admis.

De quoi s’agit-il exactement ? Au moins 400 des 10 000 documents de contrôle (des bordereaux de conformité technique) épluchés par AREVA à la demande de l’ASN comportent des défauts. Plus exactement, certains taux de concentration de carbone, qui définissent la résistance des composants usinés, soit ne sont pas renseignés, soit sont mal renseignés. Pourquoi ? Parce que les pièces en question ne répondaient vraisemblablement pas aux normes édictées par l’ASN.

Les anomalies détectées par l’ASN en 2015 sur la cuve de l’EPR de Flamanville (dans laquelle se produit la réaction nucléaire) ont poussé le gendarme du nucléaire à réclamer un audit à AREVA sur l’ensemble des pièces fabriquées depuis 2004. C’est lors de cet audit que les « falsifications » ont été détectées, sur toutes sortes de pièces : éléments de cuve, couvercle, viroles de générateurs, rotors de turbines, etc.

Il faut savoir que les tests réalisés par AREVA avant 2005 étaient effectués sur les résidus des pièces usinées – et on en concluait à l’homogénéité de la pièce en matière de concentration carbonique. Mais un arrêté de l’ASN de 2005 stipule que les tests doivent être réalisés sur l’ensemble de la pièce usinée et des étapes de fabrication. Et c’est là que les choses se sont compliquées : il est vraisemblable qu’en réalité AREVA n’arrivait plus, déjà depuis longtemps, à garantir la qualité exigée par l’ASN et que pour continuer d’honorer les contrats en cours, elle ait versé dans quelques petits arrangements.

Quel scénario ? Des valeurs non renseignées pour masquer les défaillances ? Une moyenne de valeurs pour masquer la distribution éparse de ces valeurs prises séparément à différents endroits de la pièce ? Modification de ces valeurs par AREVA pour rester dans les clous dès usinage de la pièce ? Fraude de Veritas, l’agence de certification internationale ? Fraude d’AREVA suite aux retours de Veritas ? On ne le sait pas encore.

Fermer en urgence les installations nucléaires concernées

Quoiqu’il en soit, cela signifie très simplement qu’ AREVA n’est plus en mesure de garantir la sécurité d’un grand nombre de composants éparpillés dans une centaine de centrales nucléaires dans le monde (Etats-Unis, Royaume-Uni, Finlande, Chine, Corée du Sud, Afrique du Sud, Espagne, Belgique, Suisse, Suède, Brésil, Slovénie). Et les déclarations de Ségolène Royal sur des “premiers contrôles positifs” au Creusot relèvent d’une très mauvaise blague : a-t-elle eu le temps d’aller vérifier dans la nuit la teneur en carbone des composants incriminés dans chacune des centrales en fonctionnement concernées ? Ou s’est-elle contentée de vérifier la qualité du papier utilisé dans l’usine du Creusot pour ses documents de contrôle ? Tests de déchirures ?

Ces anomalies signifient que des dizaines d’exploitants de par le monde (aux Etats-Unis par exemple, la production nucléaire est privatisée et répartie entre plusieurs entreprises différentes) sont fondés aujourd’hui à poursuivre AREVA – déjà sauvée de la faillite par un rachat forcé d’EDF – en justice. Mais surtout que des dizaines de centrales nucléaires dans le monde ne sont aujourd’hui pas sûres : on ne sait pas réellement quelle est la qualité des pièces qui les composent. C’est pourquoi nous demandons que les installations concernées soient immédiatement arrêtées, le temps d’approfondir et d’achever l’audit en cours.

Alors que nous venons de commémorer la catastrophe de Tchernobyl, qui a fait environ 900 000 morts, autant de légèreté laisse sans voix. Cette défaillance de traçabilité et ces soupçons de fraude, s’ils devaient être avérés, sont proprement criminels : on « joue » là avec la vie de millions de gens.

http://energie-climat.greenpeace.fr/surete-nucleaire-rien-ne-va-plus

 

 

Mai 03 2016

EPR: un nouveau dossier encombrant pour Areva

ÉCOUTER L’ÉMISSION disponible jusqu’au 27/01/2019 podcast

C’est le quotidien Les Echos qui met cette information en avant ce mardi matin. Le pot aux roses a été découvert lors d’une enquête menée sur les imperfections trouvées l’année dernière sur la cuve de l’EPR (réacteur nucléaire nouvelle génération) en construction à Flamanville dans le département de la Manche.
Vendredi, Areva parlait d’ « anomalies » dans le suivi des fabrications passées… aujourd’hui, la direction du groupe nucléaire reconnaît qu’elle ne « peut pas exclure » des « falsifications », ce qui donne au sujet une autre tournure.
L’audit mené sur la production de la filiale métallurgique d’Areva Creusot-Forge a mis au jour des incohérences dans 400 sur un total de 10.000 dossiers passés au crible sur une période qui s’étale sur les cinquante dernières années.

Composants nucléaires

Tous les types de composants fabriqués chez Creusot-Forge liés au nucléaire comme au conventionnel seraient touchés : éléments de cuve, rotors de turbines, etc… Nous sommes là dans la sidérurgie, pas directement dans l’atome.
Les rapports destinés aux clients finaux n’auraient pas reflété la réalité des tests réalisés en amont. EDF et le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) font partie de ces clients finaux.
L’affaire est d’autant plus compliquée qu’après sa faillite en 1984, le site de l’ex Creusot Loire est passé entre les mains de plusieurs propriétaires avant d’être repris par Areva en 2006.

L’affaire ne va pas en rester là

L’Autorité de sûreté nucléaire donne quinze jours à Areva pour évaluer l’impact des anomalies constatées sur les pièces fournies aux clients.
Quoi qu’il en soit, même s’il y a volonté de transparence du groupe, c’est un nouveau coup dur porté à l’image du nucléaire français en général et à la réputation d’expertise d’Areva en particulier. Expertise reconnue dans le monde entier.
Areva et le gouvernement – le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, était en déplacement au Creusot lundi 2 mai – entendent faire toute la lumière sur cette affaire qui intervient dans une ambiance de dénigrement du nucléaire en France et un contexte concurrentiel international de plus en plus tendu.

http://www.franceinfo.fr/emission/tout-info-tout-eco/2015-2016/un-nouveau-dossier-encombrant-pour-areva-03-05-2016-06-53

 

 

Avr 30 2016

Préparation à un accident nucléaire : le déni de réalité français passé au révélateur européen

Alors que la commémoration des 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été l’occasion pour le gouvernement français de « rassurer » les Français en étendant les Plans Particuliers d’Intervention (1) de 10 à 20 kilomètres autour des centrales nucléaires. Et alors que 30 ans après, le mensonge d’État sur le nuage radioactif de Tchernobyl n’a toujours pas été reconnu, la Belgique vient d’annoncer la distribution d’iode à titre préventif à l’ensemble de la population du pays (étendant le périmètre à 100 kilomètres). 28 avr 2016

 

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste et co-fondatrice de la Criirad (2) :
« En 1986, nous avions eu Pellerin pour nous désinformer, aujourd’hui nous avons de la poudre de Pellerin-pinpin iodée pour tenter de nous rassurer. Déjà en Suisse, le périmètre a été étendu à 50 kilomètres après Fukushima, aujourd’hui la Belgique étend ce périmètre à 100 kilomètres. En France, le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire français (ASN), plaide lui-même pour étendre le périmètre à 100 kilomètres, une distance équivalente à l’impact radiologique de Fukushima alors que celui de Tchernobyl a été de 300 kilomètres. Avec un périmètre de 20 kilomètres, seulement 2,4 millions de Français sont concernés par les PPI, avec un périmètre de 100 kilomètres la seule centrale de Nogent-sur-Seine menacerait 9,8 millions d’habitants. Des ordres de grandeur qui font comprendre pourquoi le gouvernement reste laxiste : le coût des mesures préventives serait démesuré et l’on risquerait de faire peur à la population. Pour rien ? ».

« Non, les récentes révélations en Allemagne (virus informatique à la centrale nucléaire de Beieren), en Belgique (espionnage d’un ingénieur nucléaire par des terroristes et sabotage de la centrale de Doel) mais aussi le mystère complet entourant le survol des centrales nucléaires françaises par des drones, démontrent que la sûreté nucléaire n’est pas maîtrisable et qu’en plus d’absence de risque zéro, le facteur humain accroît la probabilité d’un accident nucléaire. Le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, reconnaît lui-même qu’une attaque terroriste d’un site nucléaire peut devenir une réalité avant cinq ans. Le programme nucléaire français a été initié à une époque où le risque terroriste était jugé irrecevable, mais aujourd’hui la menace est dorénavant confirmée. La minimisation des risques et le déni de réalité sont les causes premières de la catastrophe de Fukushima : il devient irresponsable aujourd’hui de continuer à cautionner le recours à l’énergie nucléaire. La fuite en avant française doit cesser avant que la fuite radioactive ne nous rattrape, il en va de l’avenir de notre pays mais aussi de nombreux pays européens qui ont pourtant fait le choix rationnel de sortir du nucléaire ».

(1) les PPI prévoient l’information de la population, la distribution d’iode, la mobilisation des hôpitaux, l’organisation d’une éventuelle mise à abri de la population, etc.
(2) Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité

http://www.michele-rivasi.eu/medias/preparation-a-un-accident-nucleaire-le-deni-de-realite-francais-passe-au-revelateur-europeen/

 

 

Avr 29 2016

Tchernobyl: le cynisme des promoteurs d’ETHOS

 « ÊTRE PRÉPARÉS À UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE SERAIT UNE BONNE IDÉE ». Débat sur un documentaire contesté d’Arte  29/04/2016 Arret sur image

Trente ans après Tchernobyl, comment ça va, autour de la centrale ? Plutôt pas mal, semblait répondre cette semaine un documentaire d’Arte qui s’intéressait à la « zone grise », cette zone dite « faiblement » contaminée, habitée par sept millions d’habitants répartis entre l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie et la Norvège. Ce documentaire a-t-il brisé un tabou en montrant comment on peut vivre avec une irradiation « mesurée », ou brosse-t-il une peinture trop optimiste des conséquences sur la santé d’un accident nucléaire ? Nous en débattons avec deux invités : Olivier Julien, le réalisateur du documentaire Tchernobyl, Fukushima : vivre avec, diffusé sur Arte le 26 avril, et le sociologue Frederick Lemarchand, auteur d’une tribune très critique de ce film.

http://www.arretsurimages.net/emissions/2016-04-29/Tchernobyl-etre-prepares-a-une-catastrophe-nucleaire-serait-une-bonne-idee-id8708

Comment vit-on au quotidien lorsqu’on est exposé au danger invisible de la radioactivité ? Reportage au cœur de ces territoires contaminés que l’on appelle « zones grises ».

« Tout ce qui devait être notre avenir s’est effondré. » Trente ans après Tchernobyl, Arte consacre une programmation spéciale à la pire catastrophe nucléaire de l’histoire, et à ses conséquences humaines. Le 26 avril 1986, à 1h 23, le réacteur numéro 4 de la centrale soviétique explose. Dans les jours qui suivent, une quantité massive de particules radioactives se déverse sur l’Europe, plongeant des régions entières dans l’incertitude. Au-delà de la zone d’exclusion autour de la centrale, 7 millions de personnes vivent sur des territoires contaminés – en Russie, en Ukraine et en Biélorussie.

Le 11 mars 2011, l’accident de Fukushima bouleverse à son tour la vie de dizaines de milliers d’individus désormais exposés au danger invisible de la radioactivité. Le journaliste Olivier Julien a rencontré les habitants de ces « zones grises », au Japon, en Biélorussie, mais aussi en Norvège, où les éleveurs traditionnels de rennes, les Samis, ont été durement affectés par Tchernobyl. Comment vivent-ils ? Quels sont les risques ? Pour quel avenir ?

Aidés de chercheurs français dans le cadre du projet européen Ethos, les habitants du village biélorusse d’Olmany ont pu reprendre leur destin en main. Equipés d’un dosimètre, ils sondent au quotidien la contamination de leur environnement et des produits alimentaires (céréales, légumes, lait, viande…) afin d’expérimenter de nouveaux comportements. Une vie que le regard extérieur, aveugle ou indifférent, maintient cependant en vase clos.

 

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