Juin 24 2017

28 juin conférence-débat retour sur Fukushima pour les CLIS de la Manche

 

Les 3 Commissions Locales d’Information de la Manche organisent mercredi 28 juin à 20h00 à l’IUT Cherbourg-Octeville, une conférence-débat ouverte à tous, suite au déplacement d’une délégation manchoise au Japon à Fukushima.
Au programme de cette soirée : Témoignages des membres de la délégation qui s’est rendue au japon sur le site nucléaire accidenté, risques encours, niveau de sûreté perçu des installations nucléaires manchoises, au regard de l’accident japonais, et surtout les questions sur ces sujets des citoyens du département de la Manche. 24 06 2017

 

 

 

Déroulé de la conférence débat :

  • 20h00 / ouverture de la soirée par Valérie Nouvel, Pierre Bihet et Yvelyne Druez, présidents des 3 CLI de la Manche
  • 20h10 / présentation chronologique du déplacement au Japon
  • 20h15 / diffusion du reportage réalisé par France 3 Normandie
  • 20h40 / intervention de 4 membres représentants les 4 collèges des CLI
  • 21h15 / débat avec le public présent
  • 22h00 / fin de la conférence – moment de convivialité

Pour faciliter les déplacements des citoyens des secteurs de Flamanville et la Hague, deux bus gratuits sont mis à disposition pour se rendre à la conférence débat :

  • 1 bus gratuit partira de Les Pieux, devant la mairie à 19h15
  • 1 bus gratuit partira de Beaumont-Hague, devant la mairie à 19h15
  • Retour prévu vers 23h15

Rendez-vous le 28 juin prochain à 20h00 à l’IUT Cherbourg-Manche pour la conférence-débat « Fukushima, 6 ans après l’accident nucléaire ».

Entrée libre et gratuite

Plus d’informations sur »

http://www.climanche.fr/newsletter/news-201706.html

 

 

 

Juin 24 2017

L’EPR britannique d’EDF déjà sous haute pression

Le chantier de la centrale nucléaire d’Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l’Angleterre, en septembre 2016.

Les dirigeants d’EDF l’assurent : ils feront tout pour que la construction de deux EPR à Hinkley Point (HPC), dans le sud-ouest de l’Angleterre, se déroule peu ou prou dans le calendrier prévu. Tout pour ne pas revivre les déboires – le cauchemar, même – des chantiers de ce réacteur de troisième génération à Flamanville (Manche) et à Olkiluoto (Finlande), dont les devis initiaux ont été multipliés par trois pour atteindre 10 milliards d’euros. 
Le projet de centrale nucléaire d’Hinkley Point prend déjà du retard. Un dérapage chiffré entre 1 milliard et 3 milliards d’euros.LE MONDE ECONOMIE   Par Jean-Michel Bezat

Mais, dans un contexte politique rendu très incertain par l’affaiblissement de la première ministre britannique, Theresa May, et les perspectives du Brexit, le premier exploitant de centrales nucléaires au monde commence à faire ses premières réévaluations. Elles montrent qu’il ne pourra probablement pas respecter son engagement d’une mise en service fin 2025, ni le devis initial de 18 milliards de livres sterling. Soit 20,5 milliards d’euros, partagés entre le groupe français (13,6 milliards) et son partenaire China General Nuclear Power Corporation (CGN, 6,8 milliards).

Lors du vote de la décision finale d’investissement acquis de justesse en septembre 2016, le conseil d’administration avait demandé à son président de faire un point d’étape un an après. Jean-Bernard Lévy a confié une « revue de projet » au directeur de l’audit du groupe, Jean-Michel Quilichini. La direction travaille sur les conclusions de cette « revue » et devra informer le comité stratégique et le conseil d’administration en juillet, ou après l’été.

Les risques de financement d’un projet colossal

Lire aussi :   Hinkley Point : le CCE d’EDF perd en justice

Les premières conclusions, non retraitées ni soumises à discussion contradictoire, indiquent qu’il y aura bien un dérapage financier qui pourrait être imputable à la dérive du calendrier, indiquent plusieurs sources proches du dossier. Un dérapage chiffré entre 1 milliard et 3 milliards. Plus personne ne croit que la date de fin 2025 sera tenue, puisque le calendrier d’Hinkley Point est encore plus serré que celui des EPR chinois de Taishan (Sud), en cours de construction par EDF et CGN. HPC ne démarrera sans doute pas avant 2027. Un retard minimum qui avait été pointé dès le début par les adversaires du projet, notamment les syndicats, unanimes à rejeter le projet en l’état.

A la demande de M. Lévy, les risques de HPC avaient été étudiés en 2015 par Yannick d’Escatha, ancien patron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et du Centre national d’études spatiales (CNES). Il y a bien sûr les risques de financement d’un projet colossal, dont le coût représente la moitié de la valeur boursière d’EDF (27 milliards). Et ceux qui sont inhérents au contrat garantissant à EDF un prix de 92,50 livres (105 euros) par mégawattheure (MWh) sur trente-cinq ans, assurant une rentabilité de 9,2 %. Ce prix est trois fois supérieur à celui du marché européen de l’électricité, ce qui pourrait inciter un gouvernement à le renégocier.

M. d’Escatha jugeait qu’EDF avait négocié au mieux sur ces points. Mais cette figure respectée du monde de l’industrie n’en évoquait pas moins d’autres risques. Il s’est ainsi inquiété de l’organisation et de la planification de ce chantier hors normes, pointant un optimisme excessif sur le temps de montage des éléments électromécaniques, soulignant les graves défaillances de l’usine d’Areva au Creusot (Saône-et-Loire), qui fournit de grands composants comme la cuve… Un site aujourd’hui soumis à un audit international sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), comme ceux de Jeumont (Nord) et de Saint-Marcel (Saône-et-Loire).

Lire aussi :   Londres signe l’accord de Hinkley Point avec EDF

Vitrine du renouveau de la filière nucléaire française

M. d’Escatha a fait de nombreuses recommandations qui n’ont pas toutes été suivies, loin de là, dénoncent plusieurs sources. Un exemple : les ingénieries sont éclatées entre la région parisienne, Londres (siège d’EDF Energy) et Bristol (près de Hinkley Point). Une organisation qui crée trop d’interfaces inutiles et est source de retards et de frictions au sein des équipes. Des tensions et des incompréhensions sont aussi apparues entre Britanniques et Français : le courant ne passe pas entre Humphrey Cadoux-Hudson et Philippe Bordarier, les responsables anglais et français du projet.

Dans ce contexte, le PDG d’EDF a décidé de reprendre en main le projet. Déjà, le patron historique d’EDF Energy va prendre le large. Vincent de Rivaz a certes, au cours de ses seize années de mandat, su en faire la plus grosse filiale étrangère du groupe. Mais il avait pris trop d’autonomie, selon des dirigeants en interne. Proche de l’âge de départ à la retraite, il sera remplacé, à l’automne, par l’Italien Simone Rossi, ex-directeur financier d’EDF Energy et jusqu’à présent directeur des affaires internationales du groupe. M. Bordarier devrait aussi être remplacé.

LE ROYAUME-UNI A BESOIN DE NOUVELLES CENTRALES ÉLECTRIQUES TANT SON PARC EST VIEILLISSANT

Car, avec la mise en service de l’EPR de Flamanville prévue fin 2018, HPC est l’autre « mère de toutes les batailles nucléaires » pour EDF. L’EPR britannique doit s’imposer comme une vitrine du renouveau de la filière nucléaire française, qui emploie 225 000 personnes, faire oublier les ruineux déboires des EPR français et finlandais et laisser espérer une relance des exportations de nouveaux réacteurs, dont le puissant EPR de 1 650 MW, en panne depuis dix ans en dehors de Hinkley Point.

« Un accord onéreux et risqué »

L’Elysée et le gouvernement surveilleront ce chantier d’autant plus près que Hinkley Point a reçu le soutien appuyé d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie. Après la démission en mars 2016 du directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, en raison de son hostilité à un investissement qu’il jugeait trop lourd pour le groupe, le futur président avait réaffirmé sa confiance dans ce projet. « Hinkley Point, c’est pendant trente-cinq ans une garantie de prix par le gouvernement britannique et une rentabilité de plus de 9 % pour EDF, c’est donc bon pour EDF », avait-il assuré.

Au Royaume-Uni, les opposants ne désarment pas. Ils n’ont pas manqué de faire écho au rapport publié, vendredi 23 juin, par le National Audit Office (NAO). L’équivalent britannique de la Cour des comptes française juge que la situation financière d’EDF s’est « dégradée » depuis le feu vert du gouvernement Cameron en 2013 et, surtout, que les Britanniques vont surpayer leur électricité.

Il calcule que le prix de 92,50 livres sterling garanti à EDF risque d’engendrer un surcoût de 30 milliards de livres sterling pour eux. « Le ministère de l’énergie a engagé les consommateurs d’électricité et contribuables sur un accord onéreux et risqué dans un marché changeant de l’énergie, déplore Amyas Morse, chef du NAO, dans son rapport. L’avenir nous dira si cet accord est rentable, mais on ne peut pas dire que le ministère a mis toutes les chances de son côté pour que ce soit le cas. »

Contexte de moins en moins propice au nucléaire

Outre-Manche, la tension monte de tous côtés pour faire baisser la facture énergétique, un engagement pris par les conservateurs et les travaillistes. Dans ce contexte, les interrogations se multiplient sur la place du nucléaire dans une politique énergétique qui pourrait être revue, Mme May ne disposant plus de la majorité au Parlement. Il reste que le Royaume-Uni a besoin de nouvelles centrales électriques tant son parc est vieillissant. Notamment dans le nucléaire.

La quasi-totalité des quinze réacteurs devront fermer au cours de la prochaine décennie. En plus d’Hinkley Point, les autorités n’ont pas renoncé à construire cinq centrales (dont deux par EDF et CGN) dans le cadre d’un engagement bipartisan de sécurité d’approvisionnement énergétique et de réduction des émissions de CO2. Mais le contexte général est de moins en moins propice au nucléaire, après le retrait du français Engie en avril, au moment où son partenaire Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, s’est déclaré en faillite. Le projet de centrale de 3 400 mégawatts est compromis. Et avec lui l’avenir de l’atome civil britannique.

En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/06/24/l-epr-britannique-d-edf-deja-sous-haute-pression_5150478_3234.html#AFHB0SYLXw7y6fg1.99

Juin 19 2017

Dans les arcanes de l’industrie atomique

Voici un livre édifiant et accessible, qui révèle les arcanes de l’industrie atomique en général et du fonctionnement de nos centrales nucléaires en particulier. À l’occasion de sa sortie, le Réseau Sortir du nucléaire a créé sa propre maison d’édition, Yasnost’Editions.
L’auteur, Nozomi Shihiro, est issu du sérail d’EDF et il a fait sienne la doctrine de l’exploitant en matière de transparence : « Dire au public tout ce qu’il n’aimerait pas apprendre par d’autres que nous. » Il écrit cependant sous un pseudo par crainte de passer sous les fourches Caudines de son entreprise.

Tout au long de l’ouvrage il s’attache à montrer que la transparence psalmodiée à l’envi par l’électricien national n’est en réalité que poudre aux yeux à l’attention des populations désinformées et du monde politique docile.  7 juin 2017 / Nozomi Shihiro 

Source : Yasnost’Editions, réseau Sortir du nucléaire

Juin 19 2017

Moon promet de faire table rase des projets de construction de nouveaux réacteurs

Le président Moon Jae-in prononce un discours à la cérémonie de proclamation de la fermeture définitive du réacteur nucléaire Kori-1 le lundi 19 juin 2017 à Busan, dans le sud-est du pays.
Le président Moon Jae-in prononce un discours à la cérémonie de proclamation de la fermeture définitive du réacteur nucléaire Kori-1 le lundi 19 juin 2017 à Busan, dans le sud-est du pays.
 Le président Moon Jae-in a promis ce lundi de faire table rase de tous les projets actuels de construction de nouveaux réacteurs nucléaires et de ne pas prolonger l’exploitation des vieux réacteurs approchant la fin de leur cycle de vie initial.  SEOUL, 19 juin (Yonhap)  2017/06/19

«Au cours de la campagne présidentielle, j’ai promis de bâtir une République de Corée sûre», a déclaré le président lors d’une cérémonie marquant la fermeture définitive du premier réacteur nucléaire du pays, Kori-1, à Busan.

«Nous abolirons notre politique énergétique axée sur le nucléaire et nous nous dirigerons vers une ère de sortie du nucléaire. Nous annulerons complètement les plans de construction de nouveaux réacteurs nucléaires qui sont actuellement en cours d’élaboration», a ajouté Moon.

Kori-1 a été le premier réacteur de la Corée du Sud, construit en 1977. Sa fermeture définitive avait été décidée en 2015, bien avant l’entrée en fonction de l’administration Moon Jae-in le mois dernier.

Moon a décrit cette fermeture comme le «début» de la sortie du nucléaire civil et un «grand revirement vers une République de Corée sûre».

«Le gouvernement ne prolongera pas le cycle de vie des réacteurs nucléaires. Nous fermerons le réacteur Wolsong-1, qui est toujours en service, après une extension de son cycle de vie, le plus rapidement possible», a assuré Moon.

Le président a également fait allusion à l’éventuelle annulation d’au moins deux nouveaux réacteurs nucléaires qui sont déjà en construction, en notant que le gouvernement cherchera un consensus public à propos de leur sort dans un avenir proche.

Le président a souligné que les réacteurs nucléaires auraient été un choix inévitable si le pays avait été moins développé.

«Mais il est désormais temps de changer. Le statut économique du pays a changé, notre prise de conscience sur l’importance de l’environnement a changé. La notion selon laquelle la sécurité et la vie du peuple sont plus importants que tout autre est devenue un consensus social ferme», a déclaré le président.

Le président a fait remarquer que les réacteurs nucléaires étaient longtemps considérés comme sûrs et économiques avant qu’une série d’incidents, dont l’accident nucléaire de Fukushima de 2011, n’ait montré que ces convictions étaient erronées.

Le président a rappelé que pas moins de 170.000 personnes ont dû évacuer la zone à moins de 30 km de la centrale de Fukushima où l’un des réacteurs est entré en fusion suite à un séisme et un tsunami en 2011.

Un total de 1.368 personnes ont trouvé la mort jusqu’en mars 2016 à la suite de l’accident de Fukushima, selon le président.

Dans un rayon de 30 km autour de la centrale nucléaire de Kori, il y a 3,82 millions de personnes, 22 fois plus que les 170.000 habitants des environs de la centrale japonaise de Fukushima, a-t-il noté.

«L’accident nucléaire de Fukushima a clairement montré que les réacteurs nucléaires ne sont ni sûrs ni économiques ni respectueux de l’environnement», a-t-il souligné en ajoutant que les dégâts de l’accident de Fukushima devraient coûter en réparations 220.000 millions de wons (194 milliards de dollars).

«Le nouveau gouvernement abordera la question de la sûreté nucléaire comme une question de sécurité nationale pouvant décider du sort de notre pays», a-t-il insisté en annonçant le plan de placer la Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires (NSSC) sous le bureau présidentiel.

lsr@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/06/19/0200000000AFR20170619001200884.HTML?sns=fb

 

Juin 15 2017

La cuve de l’EPR n’est pas conforme à la réglementation, selon une note de l’IRSN

 

 
L’Autorité de sûreté nucléaire, qui ne rendra son avis définitif qu’en septembre, va-t-elle valider la cuve de l’EPR de Flamanville ? De récentes fuites dans la presse laissent penser que oui. Pourtant, une note technique publiée par l’IRSN en avril dernier, mais jusqu’ici passée totalement inaperçue, montre que cette cuve n’est pas conforme à la réglementation des équipements nucléaires sous pression. Et pose bien un problème majeur de sûreté. Noyée au milieu d’une masse de documents mis en ligne, elle est datée de septembre 2015 et signée de Gérard Gary, physicien nucléaire, directeur de recherche émérite ex-CNRS rattaché au laboratoire de mécanique des solides de l’Ecole Polytechnique. Reporterre 15 juin 2017

Que dit Gérard Gary ? « Les mesures réalisées dans les zones suspectes (de la pièce sacrificielle) ont révélé des valeurs de résilience insuffisantes pour satisfaire le premier niveau de défense vis à vis de la sûreté ». En l’occurrence, il s’agit d’un test de résilience, qui mesure la capacité d’un matériau à absorber l’énergie quand il se déforme sous l’effet d’un choc et dont le résultat est mesuré en Joules : la réglementation impose un résultat supérieur à 60 Joules. Or la moyenne des tests réalisés sur une pièce sacrificielle similaire à la calotte de l’EPR ressort à 52 Joules. Le physicien précise aussi que sur cette pièce, la résilience attendue était de 220 Joules.

Traduction : en cas de choc violent, le fonds de la cuve de l’EPR pourrait rompre. Or ce risque de rupture est strictement interdit par la réglementation : la rupture entraînerait la perte du liquide de refroidissement, donc le dénoyage du cœur nucléaire débouchant sur un accident nucléaire très grave. Pour Monique Sené, une physicienne réputée, cofondatrice et présidente du Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN) qui édite La Gazette Nucléaire et est membre du groupe d’experts de l’ASN, ce résultat négatif aux tests de résilience devrait logiquement amener l’ASN à interdire la cuve de l’EPR.

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