1775 défauts constatés sur le parc nucléaire français

 

 
« 1.775 anomalies sur des pièces en service sur des réacteurs nucléaires ! Une communication d’EDF bien discrète pour étouffer le scandale des dossiers falsifiés à l’usine du Creusot. Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire, publié le 26 juillet 2018. Reporterre 27 juillet 2018 

En 2015, en réponse à la découverte des malfaçons de la cuve de l’EPR de Flamanville, un audit avait été mené à l’usine Framatome (anciennement Areva) du Creusot, qui avait mis en évidence des erreurs et falsifications massives de dossiers de fabrication de pièces destinées aux réacteurs nucléaires. Le scandale ayant éclaté au printemps 2016, cet audit a été élargi en septembre 2016 à l’ensemble des dossiers de fabrication des équipements provenant de Creusot Forge installés sur le parc nucléaire français en exploitation.

Le 17 juillet, très discrètement, EDF a publié sur son site web son évaluation la plus récente, portant sur 42 réacteurs (16 autres réacteurs doivent encore être examinés), sans fournir de chiffres cumulés pour l’ensemble d’entre eux. Or, comme le montre le récapitulatif établi par l’agence indépendante WISE-Paris, le cumul des irrégularités s’élève maintenant à 1775 anomalies (non-respect d’exigences contractuelles ou règlementaires) et 449 non conformités ! On obtient ainsi une moyenne de 53 irrégularités par réacteurs et de 2 irrégularités par pièce. Le réacteur de Bugey 3 bat le record du nombre d’anomalies, avec 94 en tout (plus 19 non conformités).

Ces chiffres sont lourds d’enseignements : loin de constituer une pratique marginale, le non-signalement des irrégularités semblait revêtir à l’usine du Creusot un caractère presque systémique : presque un tiers des constats vérifiés semble ainsi révéler un écart. Ils démontrent l’impasse du système de contrôle actuel, qui repose sur l’idée bien naïve, au vu du fonctionnement constaté de l’industrie nucléaire, que l’exploitant sera de bonne foi et déclarera systématiquement ses erreurs à l’Autorité de sûreté…

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“, le problème ne saurait être évacué si facilement : les pièces d’acier non-conformes aux normes présentent des caractéristiques mécaniques dégradées, ce qui est d’autant plus grave au regard du haut niveau de qualité attendu pour éviter tout risque de rupture. »

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