Mar 10 2018

Á Fukushima, des personnes, modestes osent aujourd’hui parler devant une caméra. Javale Gola le 28/02/2018-

L’histoire de Madame Kanno -Elle passe le poste de contrôle de la zone d’exclusion de Namie, pour se rendre dans sa maison, première visite depuis qu’elle a évacué voilà 7 ans…
« Quand c’est arrivé, personne de la préfecture ou du gouvernement ne nous avait dit qu’il y avait eu un accident à la centrale nucléaire. Beaucoup de résidents qui fuyaient le tsunami ont évacué ici. Ils ne s’imaginaient pas qu’ils avaient des nuages radioactifs au-dessus de la tête. Plus de 20 mille personnes ont cherché à se réfugier dans ce secteur de 500 habitants. On ne nous a donné aucune information. La TV, le téléphone ne marchaient plus.

Le 12 mars, on a vu approcher des hommes en tenue de protection blanche, avec ces masques à gaz incroyables. Ils nous ont crié quelque chose, mais sans sortir de leur véhicule ; c’est quand on a tambouriné sur les vitres en disant qu’on ne comprenait pas, qu’ils sont sortis, vêtus de ces tenues de protection intégrale comme on n’en avait jamais vu, avec leur masque qui ressemblait à un masque à gaz !.. ils criaient : »c’est dangereux ici ! qu’est-ce que vous faites là ? vous devez partir à 30 km de là au moins, tout droit vers Fukushima » L’un d’eux nous a dit presque en larmes :  » je vous en prie, cassez-vous de là »…C’est alors qu’on a réalisé que c’était grave.

Aujourd’hui encore, tout cela me paraît étrange. Les gens qui habitent loin ne savent rien sur l’accident nucléaire. Ils pensent que l’énergie nucléaire c’est bien, du moment qu’on peut évacuer si besoin…J’aimerais dire au monde entier que la radioactivité est inodore, invisible, impalpable. C’est impossible de se rendre compte qu’elle est autour de vous.
Je cherche comment je pourrais avertir les gens. J’aimerais tant sonner l’alarme pour que les gens m’écoutent. J’ai quelque chose à leur dire mais je ne sais pas comment m’y prendre.

Quand vous déambulez le long de ces maisons, vous réalisez combien de familles ont vécu paisiblement ici. Où sont-elles aujourd’hui..? comment va leur vie ? je me demande si elles sont heureuses ?.. S’il n’y avait pas eu cet accident à Fukushima Daiichi, elles seraient déjà revenues, et cette école résonnerait des rires et des cris des enfants.

La seule raison qui a empêché les gens de revenir, c’est l’accident nucléaire. Il a arraché les enfants à leur ville natale, et les gens à leur communauté. C’est regrettable, cela m’attriste profondément. Je ne souhaite à personne de subir un jour la même situation.
Il n’y a pas de place pour les centrales nucléaires dans un pays sujet aux séismes comme le Japon, et je me demande sincèrement si, ailleurs dans le monde, il faut continuer à exploiter de l’électricité qui produit des déchets radioactifs dont personne ne sait quoi faire.

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