A Areva La Hague, les personnels craignent de trinquer

PiscineArevaAlors que tous les clignotants sont au rouge chez Areva, les personnels de l’usine de la Hague ne cachent pas leur inquiétude. Les sous-traitants non plus. A  la Hague on craint que la situation financière du groupe se solde par des remises en cause en matière d’embauches ou de statut. La Presse de la Manche 1-12-2014

Areva la Hague est elle entrée dans la spirale du déclin du nucléaire civil * engagée depuis Fukushima? On peut le penser au vu des déboires et des erreurs du Groupe. * Voir lien en fin d’article.

« On y est pour rien et on va trinquer ». Ce salarié de l’usine de la Hague résume assez bien un sentiment largement partagé dans l’établissement depuis l’annonce de la situation financière d’Areva. Après avoir annoncé une perte de 694 millions d’euros pour le premier semestre de cette année (sans doute un milliard à la fin de l’année !), le groupe a dû suspendre les objectifs qu’il s’était fixé pour les deux ans à venir. L’action a plongé en bourse, l’agence Standard and Pour’s a dégradé la note d’Areva: « Si Areva était une entreprise privée, elle aurait déposé le bilan », assure un spécialiste. Il se dit même que Bercy envisagerait de créer une société de défaisance, le même type de structure qui s’est occupé des actifs pourris du Crédit lyonnais il y a une vingtaine d’années.

Les causes sont à rechercher ailleurs qu’à la Hague: en Finlande où l’EPR se révèle être une catastrophe industrielle, en Afrique où Areva a acheté fort cher trois mines qui ne semblent finalement pas valoir grand-chose, voire du côté des énergies renouvelables. « On a connu une véritable boulimie expansionniste de la part d’une banque-industrie plus que d’un vrai groupe industriel peste Philippe Launay (Force ouvrière). Une vision partagée par la CGT qui dénonce « une gestion déconnectée des réalités industrielles, dépourvue de vision à long terme ». Tous les syndicats mettent en cause l’État l’actionnaire principal d’Areva. « L’Etat doit définir clairement sa stratégie pour son groupe leader mondial du cycle du nucléaire» insiste Jean-Pierre Bachhan, pour la CFDT.

Coupes sans discernement?

Reste que les salariés devinent qu’il y aura de la casse. Et ils craignent que l’usine de la Hague ne soit pas épargnée. « Les personnels ont peur qu’il y ait des coupes sans discernement au risque d’affaiblir des outils qui rapportent » résume Brune Blanchon (CGT). Des coupes qui pourraient se traduire, selon les syndicats, par des suppressions de postes, une remise en cause d’acquis. .. « Mais on sait bien aussi que, dans ces situations la sous-traitance trinque encore plus », note Force ouvrière. D’ailleurs, la tension est perceptible dans de nombreuses entreprises sous- traitantes qui ont été, une nouvelle fois contraintes de revoir leurs tarifs à la baisse. « On ne peut rien dire officiellement pour ne pas se meure en difficulté avec notre client mais c’est dur ». commente un chef d’entreprise en requérant l’anonymat. Pour le Spaen-Unsa, en tout cas, il ne faut surtout pas se tromper de cible.« Le cycle du combustible est toujours le garant de l’assise financière et de la réputation d’Areva ; il faut se recentrer sur ce cœur de métier et ne pas utiliser comme une simple tirelire la dernière source d’argent qui reste à l’entreprise », commente le syndicat en assurant que « Areva NC n’en peut plus d’être pressé comme un citron ». Et la pression monte. LG

Source en pdf: laHagueSalariesDesarconnes

Article sur le déclin du nucléaire civil: Le nucléaire civil après Fukushima: le sens de l’irréversible ( mai-oct 2011)