Jan 21 2015

Ces sources radioactives que personne ne surveille

Utilisées par milliers sur les chantiers de construction, ces sources pourraient être détournées « à des fins malveillantes », met en garde l’Autorité de sûreté nucléaire.  PHILIPPE HUGUEN / AFP  21-01-2015

L’ASN, le gendarme du nucléaire, a fait part mardi de sa préoccupation concernant la sécurité des sources radioactives utilisées sur les chantiers, qui pourraient être détournées de leur usage « à des fins malveillantes ».

« C’est un sujet orphelin qui n’est actuellement pris en charge par personne », a souligné Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, en présentant ses voeux à la presse. Actuellement, « il n’y a pas d’autorité en charge de leur contrôle », a-t-il relevé.

Ces sources radioactives sont utilisées par milliers sur les chantiers. Ce sont de petits objets de quelques centimètres qui génèrent un rayonnement ionisant et sont notamment utilisés pour vérifier la qualité d’une soudure en réalisant une sorte de radiographie. Ils sont conservés dans un étui en plomb.

Ces sources radioactives « peuvent présenter des dangers notamment si elles sont détournées de leur usage et utilisées a des fins malveillantes », a dit Pierre-Franck Chevet. « Elles peuvent alors faire des dégâts considérables sur les personnes », a-t-il souligné.

Eviter les vols

L’ASN voudrait que des dispositions législatives soient adoptées pour que cette question, soulevée dès 2008, soit enfin prise en charge. Des règles pourraient alors être fixées aux entreprises utilisatrices et l’ASN pourrait se charger de contrôler le respect de ces mesures.

« Les mesures de protection sont relativement simples: il faut mettre ces sources radioactives dans des coffres » pour éviter leur vol. « Et faire en sorte que les personnes qui les gèrent soient des personnes dont le passé a été vérifié et soient des personnes de confiance », a indiqué Pierre-Franck Chevet.

« La sécurité de ces sources radioactives est un point prioritaire pour l’ASN », selon Pierre-Franck Chevet.

Il n’y a pas d’alerte, mais c’est un sujet qui n’est pas traité. Il ne faut pas que durablement on reste dans cette situation. »

Il espère que ce sujet sera inscrit dans un texte législatif, à l’occasion de la loi Macron, de la loi sur la transition énergétique ou encore de la future loi sur la sécurité après les attentats du début janvier.