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Déc 27 2011

Comment survivre au discours pro-nucléaire ?

Comment résister aux assauts de la rhétorique des partisans de l’atome, qui se font de plus en plus sentir depuis l’accident de Fukushima ? Rien de plus simple selon Greenpeace, qui vient d’éditer un « Guide de survie à un dîner avec des pro-nucléaires ». Tout un programme…

La couverture du petit guide de survie édité par Greenpeace. Publié Le 23 Décembre 2011 
Dans un article publié mardi par Mediapart, on apprenait qu’EDF oblige ses cadres à présenter à tous les agents, une  » formation  » d’une heure avec présentation d’un PowerPoint intitulé « quel débat sur le nucléaire après Fukushima? ». Ainsi, selon le journal, qui en été informé par un agent EDF, un représentant de la direction et une personne du service de communication viennent devant chaque équipe « pour expliquer ce que nous devons dire à l’extérieur et dans nos familles. » Pour cet agent, pas de doute : « on sert d’ambassadeurs du nucléaire. Ils attendent qu’on en fasse l’apologie ».

Du côté des anti-nucléaires, les réactions ne se sont pas faites attendre ! Le parti EELV a publié un communiqué dénonçant, après analyse du contenu,  » un plaidoyer sans nuance en faveur du nucléaire, reprenant les arguments habituels du lobby pro-nucléaire « . Qualifiant cette pratique de  » détestable « , Pascal Durand, porte-parole EELV, reconnaît avec sarcasme qu’  » elle est moins difficile à mettre en oeuvre que celle consistant à organiser un vrai debat contradictoire sur l’avenir de l’entreprise publique et sur le maintien d’un service public de l’énergie durable et de qualité.  » 

Opposée à l’énergie atomique depuis sa création, l’organisation écologiste Greenpeace a également bondi en apprenant la nouvelle et s’est empressée d’éditer son  » Guide de survie à un dîner avec des pro-nucléaires «  (repris par le parti EELV sur la forme). En effet, pendant le repas de Noël, vous vous trouverez peut-être à côté d’un des ambassadeurs d’EDF, justifie Greenpeace. C’est donc  » pour lui tenir tête « , qu’elle publie un plaidoyer anti-nucléaire, dont on peut saluer les touches d’humour, à travers une série de dessins très efficaces. Ce court ouvrage –  » au format poche « , pour être apporté au réveillon, précise l’ONG – recense tous les clichés et idées reçues fréquemment retrouvés dans le discours des partisans du nucléaire. Le nucléaire comme garantie d’emploi. Le nucléaire, une énergie durable et décarbonnée. Le nucléaire pour une électricité moins chère. Sortir du nucléaire est trop couteux

Sur ce dernier point, Greenpeace explique qu’il ne sera pas plus cher de sortir du nucléaire que d’y rester.  » Beaucoup de nos centrales arrivent en fin de vie et d’énormes investissements vont être nécessaires pour prolonger leur durée de vie ou en construire de nouvelles. En plus, la catastrophe de Fukushima impose de renforcer les règles de sécurité, ce qui va coûter encore plus cher.  » Pour appuyer son argument, Greenpeace cite le scénario de l’association Global Chance, selon lequel sortir du nucléaire coûterait 60 milliards d’euros de moins (en incluant les économies d’énergie) qu’une poursuite du programme nucléaire.

Et que ceux qui ont peur du retour à la bougie, ou de la propagation des éoliennes sur la surface de la terre se rassurent, le débat sur le nucléaire n’est pas à l’ordre du jour, ni même réellement, à celui de la campagne présidentielle.

Célia Garcin

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