Encore une THT Cotentin dans les tuyaux….

Entre 100 et 600 millions d’euros seront nécessaires pour envoyer l’électricité produite par les courants marins dans le réseau. Alors que le ministère de l’Environnement n’a toujours pas publié l’appel d’offres pour l’implantation d’hydroliennes sous la mer, pourtant réclamé à cors et à cris par les industriels, RTE (Réseau de transport d’électricité) vient de boucler une étude sur les besoins financies  et techniques nécessaires pour raccorder ses machines au réseau de distribution. Et là, surprise, on découvre que lorsque la production dépassera les 100 mégawattheures (MWh), il sera sans doute nécessaire d’implanter au large des côtes du Cotentin des plates-formes de belles dimensions. « Pour éviter de multiplier les raccordements avec la terre », explique RTE qui convient « d’un impact visuel certain ». Ouest France Jean Pierre Buisson 22 février 2013

 Nouvelle ligne THT: Autre découverte, « au-delà d’une production de 2,5 Gigawatts il faudra renforcer le réseau terrestre ».

En clair, construire une nouvelle ligne THT (Très haute tension) de 400 000 volts pour écouler l’intégralité de la production des machines installées côté français et au large d’Aurigny. Éventualité qui va être accueillie avec enthousiasme dans le Cotentin… Le projet de câble sous-marin entre Aurigny et la Grande-Bretagne ne changerait, semble-t-il, rien à l’affaire. Patrick Boissier, PDG de DCNS, évoque une puissance potentielle au large de la presqu’île « équivalant à 5 ou 6 réacteurs nucléaires EPR. »

La production hydrolienne aura des conséquences sur l'existant

Concernant les coûts financiers de ces raccordements, ils varient selon la taille des installations et de la puissance produite. Ainsi pour les fermes expérimentales, RTE chiffre « entre 10 et 20 millions d’euros » la somme nécessaire pour une production de moins de 100 MW dans le Raz Blanchard. Pour le site de Fromveur (60 MW), au large du Finistère, « avec installation d’un poste de transformation sur l’île d’Ouessant », le coût est estimé à 70 millions « à cause l’éloignement du gisement par rapport à la côte ».

Concernant les fermes commerciales, RTE évoque, avec prudence, des chiffres oscillants de 100 millions à 600 millions. Quant aux délais de raccordements, ils varient de 6 à 7 ans (entre 4 et 5 ans de procédures et 2 ans de travaux). Dans le cadre de la construction d’une nouvelle THT entre Cotentin et Ouest parisien RTE estime le délai à 10 ans.

Jean-Pierre BUISSON

Ouest-France, le 22/02/2013

Complément Wikipedia sur le sujet

Au vu des projets connus en 2008/2009, EDF estime que « l’industrie des énergies marines (houlomoteur et hydrolien) saura multiplier par 10 la capacité installée des machines en mer en 5 ans (de 7,5 MW à 750 MW) ? »45.

Selon RTE, une difficulté est le manque de point de connexion au réseau. Ainsi, le littoral de la Pointe du Cotentin est presque partout classé en « espace remarquable » au sens de la loi littoral et le secteur du Fromveur qui voit se reproduire des mammifères marins protégés41 nécessiterait des travaux pour le câblage. Pour ces raisons, RTE suggère que l’État établisse un nouveau cadre juridique propres à faciliter la traverser de zones sensibles par des câbles « à coût économique et environnemental réduit pour la collectivité » (L’article 12 ter du projet de loi Brottes46, prévoyait47 de possibles dérogations à la loi littoral pour les dispositifs souterrains de raccordement des énergies marines renouvelables). Pour alimenter la région parisienne à partir du Cotentin (où existe aussi un projet d’interconnexion France-Alderney-Grande-Bretagne ou « FAB »), l’exploitation d’un potentiel de 2,5 GW hydroliens nécessiterait une nouvelle ligne aérienne de 400kV (de la Basse-Normandie à l’ouest de la couronne parisienne). Les contraintes seraient moindres en cas d’export vers la Grande Bretagne, et plus forte en cas d’importation d’électricité à partir du Royaume-Uni (au dessus de 1,5 GW, faute de capacité locale de stockage de l’électricité, pour ne pas surcharger le système électrique, il pourrait être parfois préventivement nécessaire de momentanément bloquer l’hydrolienne mais sous 1,5 GW, le réseau électrique du Cotentin supporterait cette charge supplémentaire, moyennant quelques aménagements techniques41.

Au Raz Blanchard, selon RTE les capacités du réseau existant serait déjà saturées par les demandes de raccordement faites entre 2010 et 2013 pour de futures « fermes expérimentales de faible puissance »41 et toujours selon RTE, les schémas régionaux de raccordement aux réseaux des énergies renouvelables tels que prévus par la loi Grenelle I sont – selon RTE – inadaptés à la définition des besoins d’accueil d’électricité « hydrolienne » (en raison de leur potentiel et de leurs coûts à ce jour encore mal évalués faute de retours d’expérience)41.
Dans les années 2010-2020, RTE pourrait fournir une ligne et un transformateur à terre pour recevoir l’électricité de parcs expérimentaux via des câbles sous-marins à moyenne tension (HTA), ensuite des câbles sous-marins alternatifs à 225 kV pourraient arriver à quelques plate-formes en mer chacune raccordée à un poste terrestre (pour limiter le nombre des points d’atterrage). Pour RTE, la puissance optimale de chaque ferme devrait se caler sur la capacité du câble de 250 MW. Si la puissance d’une ferme dépasse 1,5 GW, il devient rentable d’utiliser des câbles en courant continu aboutissant à des stations de conversion en mer (transformant ce courant continu en courant alternatif)41.
Après la phase expérimentale, un raccordement pourrait demander 6 à 7 ans selon RTE (dont 4 à 5 ans de procédure administratives) et jusqu’à une dizaine d’années pour une ligne de 400kV41.

RTE voudrait voir le risque réparti entre les acteurs, via des appels d’offre cadrant la quantité d’électricité à produire, et donc le dimensionnement du réseau électrique d’accueil et quand un ouvrage de raccordement sera partagé par deux ou plusieurs lauréats, il convient de préciser les règles de partage des coûts et des risques41.

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