EPR de Flamanville: le réacteur frappé au coeur

-L’anomalie détectée cette semaine par l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) sur l’EPR de Flamanville (Manche), actuellement construit par Areva et EDF, concerne la cuve, un élément capital et sensible d’un réacteur, qui cause également des problèmes à GDF Suez sur ses réacteurs en Belgique, toujours à l’arrêt. AFP Publié 10-04-2015 et mis à jour le 12-04-2015 

Non à un Fukushimanche !:  Si Mr Charles estime que son travail, « c’est de voir si c’est grave » , la population ne souhaite pas etre prise pour cobaye ! STOP EPR !

EPR: l’anomalie détectée met en lumière le rôle crucial de la cuve d’un réacteur

Mardi, c’est par un communiqué que l’ASN a annoncé « une anomalie » sur la cuve de l’EPR de Flamanville.

Cela concerne « la composition de l’acier de certaines zones du couvercle de la cuve et du fond de cuve », avait précisé à l’AFP Guillaume Bouyt, chef de la division de l’ASN basée à Caen.

Dans une note d’information plus détaillée publiée le lendemain, l’Autorité précisait que « les essais réalisés à ce stade mettent en lumière un défaut de maîtrise de la qualité des fabrications, ayant un impact sur les caractéristiques mécaniques des matériaux ».

Concrètement, la teneur en carbone de l’acier utilisé sur une calotte étalon de la cuve testée pour son caractère « comparable » avec celle de Flamanville était « supérieure à celle attendue ».

Par ailleurs la résilience de certaines zones du couvercle – c’est-à-dire la capacité du matériau à absorber un choc – était en moyenne « inférieure à la limite réglementaire ».

Or, comme le rappelle l’ASN, la cuve, qui pèse 425 tonnes et mesure 11 mètres, est un équipement « important », car il contient le coeur du réacteur et sert de deuxième barrière de confinement aux éléments radioactifs.

C’est pour cela que les exigences réglementaires appliquées aux équipements sous pression nucléaire d’un réacteur, comme la cuve ou le générateur de vapeur, sont particulièrement contraignantes.

Les situations n’ont rien de comparable, mais en Belgique, GDF Suez a également rencontré des problèmes sur les cuves de deux centrales qui étaient en fonctionnement. Des milliers de microfissures ont été détectées en 2012 sur les cuves de Doel 3 (nord) et Tihange 2 (sud-est).

Illustration du caractère capital de la sécurité des cuves: les centrales sont à l’arrêt depuis le 25 mars 2014 et des inquiétudes demeurent sur la fragilité de la paroi de ces cuves fissurées.

En cas d’incident nécessitant d’injecter de l’eau froide dans le réacteur, cela pourrait provoquer une rupture de la paroi et donc l’écoulement de liquide hautement radioactif.

Des études complémentaires sont en cours et une décision devrait être prise après juillet sur un redémarrage ou un arrêt définitif de ces centrales.

Un remplacement techniquement possible  !?

A Flamanville, Greenpeace a estimé que si l’anomalie détectée par l’ASN était confirmée, l’EPR, mais aussi les deux en construction à Taishan en Chine, « sont condamnés à ne pas démarrer », car les cuves « sont à priori irremplaçables ». Ce n’est pas le cas de celui d’Olkiluoto en Finlande, la cuve provenant d’un autre fournisseur.

Certes, le remplacement d’une cuve dans un réacteur en fonctionnement n’est pas envisageable à cause de la radioactivité gigantesque qu’elle contient, mais l’EPR de Flamanville, comme ceux de Taishan en Chine, n’est pas en service.

Si jamais la cuve n’était pas conforme aux exigences de sûreté, « hormis les questions économiques (coûts, retards), il serait possible pour EDF de la changer et d’en refaire une car le réacteur est encore en construction », a affirmé vendredi à l’AFP Thierry Charles directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), appui technique de l’ASN.

Une éventualité inquiétante pour Areva et EDF au vu des surcoûts et des retards déjà engrangés par l’EPR et étant donné la situation financière actuelle très difficile d’Areva.

Areva, dont la filiale Creusot Forge a construit le couvercle et le fond de la cuve, doit donc faire de nouveaux tests et réévaluer le comportement de la cuve dans diverses situations, compte tenu de ses caractéristiques réelles.

L’exploitant EDF transmettra alors le dossier à l’ASN, et l’IRSN sera chargé de donner son avis technique.

La ministre de l’Energie Ségolène Royal a indiqué que les résultats de ces tests complémentaires étaient attendus « pour le mois octobre ».

L’IRSN dit qu’elle aura « besoin de temps » pour évaluer l’impact de l’anomalie. Notre travail, « c’est de voir si c’est grave » pour la sûreté nucléaire, a expliqué M. Charles.

http://www.20minutes.fr/planete/1582915-20150409-epr-flamanville-anomalie-signalee-mardi-signe-fin-projet