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Avr 17 2012

FaceNuke: Greenpeace dévoile le réseau social du nucléaire français

A quelques jours du premier tour de la présidentielle et alors que l’énergie nucléaire est un élément de clivage entre les candidats, Greenpeace publie « facenuke ». Cet outil en ligne interactif donne à voir une cartographie des femmes, des hommes et des organisations, le réseau social qui fait la politique énergétique de la France. Areva, CEA, EDF, Sauvons le climat, la Sfen, le corps des Mines, l’UMP, le PS, les grands patrons, les femmes et hommes de l’ombre, les passerelles entre politique et industrie, les chercheurs, etc. : tous sont au coeur du système « facenuke ». Par  Stella Giani , Bioaddict 17/04/2012

« Facenuke » : Cette carte élaborée par Greenpeace offre une vision du réseau social du secteur de l’énergie en France. Elle montre les interactions professionnelles entre les hommes et les femmes qui font ce secteur.

Quelle est la taille et l’ampleur des réseaux (connus et visibles) de l’ex patronne d’Areva Anne Lauvergeon, ceux du Président et candidat Nicolas Sarkozy, qui nomme la plupart des responsables ?, ou encore d’un expert très médiatique comme Elie Cohen…
Qui sont les personnes de l’ombre, au pouvoir immense, qui sont les « passerelles » entre groupes, entre groupes industriels et partis politiques, entre partis et associations ?

« facenuke« , c’est une cartographie dans laquelle l’internaute est libre de naviguer et d’explorer à sa guise la galaxie du nucléaire.  » La conception de cet outil est partie de la liste des membres des organes de décision des grands groupes industriels (conseils d’administration, de surveillance, comités de direction). Ensuite, les interconnexions de chaque personne ont été étudiées avant d’être cartographiées par un logiciel et des outils mathématiques  » explique ainsi l’ONG.

« facenuke » donne à voir une sorte d’État dans l’État, qui décide de la politique énergétique de la France depuis 40 ans. 

C’est un univers d’experts et de technocrates dans lequel il est possible de faire carrière de 18 à 77 ans : des grandes écoles aux associations de défense du nucléaire, en passant par les postes clés dans les grands groupes énergétiques, les centres de recherche ou encore les cabinets ministériels.

Les connections entre les personnalités, qui sont le coeur et la source de cette cartographie, sont : un mandat actuel ou récent (environ cinq ans) dans un conseil d’administration, de surveillance, un poste de direction dans un grand groupe, la présence dans un centre de recherche, l’adhésion à une association ou encore un mandat dans une autorité de régulation, etc. ; un mandat passé significatif ; l’adhésion ou un mandat actuel dans une organisation politique ; l’adhésion ou un mandat passé à une organisation politique ; la formation.

D’autres critères auraient pu être pris en compte, tels que les liens financiers entre fondations, associations et entreprises, ou encore les relations entre les députés et élus locaux qui hébergent des sites nucléaires sur leurs circonscriptions… Le nombre de critères retenus pour établir ces connections et choisir les personnes qui figurent sur la carte a été volontairement limité pour permettre la lisibilité du résultat final.

Cet outil n’a donc pas vocation à l’exhaustivité. Mais il est appelé à évoluer dans les semaines à venir, et Greenpeace invite d’ailleurs les internautes à leur communiquer leurs commentaires, les liens qui pourraient manquer ou toute autre suggestion afin de contribuer à l’amélioration de l’outil.

Pourquoi rien ne change depuis 40 ans

Pour Greenpeace, la visualisation de ce système explique l’inertie de lapolitique énergétique française. Centré autour de l’industrie, entouré d’élus, d’associations chargées de promouvoir l’énergie nucléaire, de former la relève et de recaser les anciens cadres, il a fonctionné jusqu’à aujourd’hui quelle que soit la majorité politique au pouvoir. Sans surprise, dans un sondage récent réalisé par CSA pour Greenpeace, 84 % des Français ne s’estiment pas suffisamment consultés sur les choix énergétiques.

« Le Président et candidat Nicolas Sarkozy a beau jeu de vanter le consensus français vieux de 40 ans sur le nucléaire. Il se limite à un consensus entre les deux partis de gouvernement et les réseaux rendus visibles dans ‘facenuke' », commente Karine Gavand, chargée des questions politiques chez Greenpeace. « Le citoyen a été systématiquement tenu à l’écart des décisions énergétiques depuis les années 1970. Et aujourd’hui, il refuse de laisser les rênes aux seuls prétendus experts. « 

Une impulsion politique pour faire sauter le verrou du nucléaire

S’il n’est qu’un maillon de la chaîne, le pouvoir politique occupe une place importante dans ‘facenuke’, car c’est lui qui est à même de réorienter la politique énergétique. C’est aussi le président de la République qui nomme des acteurs clefs de la filière.

« L’inertie et l’entêtement de la France dans son obsession nucléaire est le produit des femmes et des hommes de ‘facenuke’, unis par leur intérêt commun de maintenir et prolonger leur monopole. Pourtant tôt ou tard, il faudra fermer les centrales françaises vieillissantes, et il sera impossible de les remplacer par des EPR, » conclut Karine Gavand.

« Amorcer la transition énergétique, par une décision de sortie du nucléaire et la fermeture progressive des centrales nucléaires, est la seule attitude responsable pour le prochain Président. C’est ce que font nos voisins européens. C’est précisément la décision politique allemande de sortir du nucléaire qui a amené les industriels de l’énergie, comme Siemens, E.ON ou RWE, mais aussi le secteur de la recherche à se réorienter massivement vers les renouvelables et les économies d’énergie.  » précise encore Greenpeace dans un communiqué.

Découvrir Facenuke

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