Fukushima: 3 ème voyage de Janick Magne en zone contaminée

Ce samedi 16 février je suis allée pour la 3ème fois dans la zone interdite de Fukushima. J’en rapporte photos et témoignages que je publierai bientôt. J’ai mesuré la radioactivité en continu dans la zone et autour de la zone interdite. Je me suis rendu compte une fois de plus que la radioactivité hors de la zone interdite est toujours beaucoup trop élevée, alors que des gens continuent d’y vivre et d’y travailler.

Les amis japonais avec qui j’étais sont tous originaires de la zone interdite (ils y ont encore leurs maisons, devenues inhabitables) ; ils se demandent pourquoi les autorités poussent la population à retourner vivre à Fukushima dans ces conditions.

Les chiffres de radioactivité que nous avons mesurés en ville, à Hirono (juste avant la zone interdite), sur le bord de la route et sur le parking sont de l’ordre de 0,6 à 1,2 µSv/h (pour mémoire, à Tokyo nous avons maintenant 0,05 à 0,08 µSv). Des chiffres beaucoup plus élevés sont mesurés tous les jours par d’autres bénévoles, par exemple hier à Naganuma cho, Sukagawa shi, Fukushima ken à 60 km au sud de Koriyama : 8,18 µSv/h.

Sur des centaines de mètres, aussi bien dans la zone interdite qu’en dehors, d’énormes sacs en plastique noir sont entassés dans les champs en attente d’être transportés ailleurs ou de voir décroître leur radioactivité. Ils contiennent les sols, les plantes, qui ont été enlevés en surface pour tenter de décontaminer la région.

Dans la zone interdite, là où nous étions, la radioactivité atteignait au maximum 33 µSv/h. Nous n’étions pas autorisés à nous approcher de la centrale, où les chiffres sont extrêmement élevés (1000 µSv/h à proximité du bâtiment du réacteur N° 3, comme l’indique TEPCO).

Comment élever des enfants dans ces conditions, alors que la radioactivité est trop élevée mais l’évacuation pas organisée ? Ce matin, justement, j’ai reçu de la part d’une amie la copie d’un article du journal ASAHI pour les enfants d’école primaire. On y relate comment une organisation de bénévoles (NPO) emmène les enfants, contraints de vivre dans des villes encore contaminées mais non-évacuées, pour jouer à la neige dans une ville où la radioactivité est normale. La ville où ils sont allés est Inawashiro-machi, à l’ouest de la ville de Fukushima.

Janick Magne Candidate EELV pour l’Asie aux derniers législatives

 

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