Mar 22 2014

Fukushima : en encourageant leur retour, le Japon joue avec la santé de ses enfants.

Dans cette vidéo, Arnie Gundersen et Ian Goddard, des spécialistes du nucléaire, nous expliquent pourquoi le Japon fait courir un grand risque de cancer à la population des enfants qui sont encouragés à retourner vivre là où la terre a été irradiée. créé et publié le 22 MARS 2014 |  PAR PHILIPS MICHEL Mediapart

La démonstration de cette assertion repose sur des rappels en matière de radioactivité.

I. Radioactivité et translocation chromosomique

La radioactivité résultant d’un examen radiologique du bassin chez une femme enceinte correspond à une dose de 10 mSv environ. Un étude, lire ici, montre que cette radioactivité induit des translocations chromosomiques, c’est à dire une redistribution de certains morceaux de chromosomes. Voir schéma suivant.

translocation.png

 

C’est la raison pour laquelle les examens radiologiques sont contre-indiqués chez les femmes enceintes.

 II. Translocation chromosomique et cancer

Les translocations chromosomiques constituent la première cause de cancers. On retrouve des translocations chromosomiques dans un grand nombre de cas. Ces translocations sont provoquées par de nombreux facteurs, dont la radioactivité. Lire ici.

On peut donc dire que toute exposition à une radioactivité de 10 mSv comporte un risque de cancer.

 III. A quelle radioactivité les travailleurs du nucléaire sont-ils soumis ?

On considère que pour une durée de carrière d’environ 10 ans (une moyenne), les doses totales reçues (doses cumulées) par les travailleurs du nucléaire sont de l’ordre de 20 mSv (ce chiffre peut atteindre 50 mSv).

Cette dose correspond à une irradiation annuelle moyenne comprise entre 2 et 5 mSv.

 IV. A quelle radioactivité, les enfants de Fukushima risquent-ils d’être soumis ?

Le Japon, considérant qu’une radioactivité annuelle de 20 mSv est compatible avec le retour, on peut s’attendre à ce que ces enfants soient soumis, dans les 10 ou 20 ans à venir, à des doses totales cumulées de l’ordre de 200 à 400 mSv.

V. Les enfants sont plus sensibles à la radioactivité que les adultes.

risq-20mSv-450.jpg

Ce graphique nous montre que pour une population soumise à une radioactivité cumulée de l’ordre de 20 mSv, plus les enfants sont jeunes, plus le risque de cancer est élevé. Et chez les filles, plus que chez les garçons. A dose de radioactivité égale (20 mSv), les fillettes ont 7 fois plus de risques de développer un cancer que leurs parents.

Conclusion

En assurant que la terre a été décontaminée et en encourageant à rentrer chez eux les habitants de nombreux villages, le Japon prend le risque de voir se développer des cancers dans la population des enfants concernés.

Gundersen et Goddard considèrent que le risque pris actuellement par le Japon est gravement sous-estimé.

http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/220314/fukushima-en-encourageant-leur-retour-le-japon-joue-avec-la-sante-de-ses-enf

Sur le même sujet, lire ici.

Voir aussi:

Protéger les très jeunes filles des faibles doses, l’avis d’A. Gundersen (maj)