Greenpeace: à Fukushima deux ans après, des victimes livrées à elles-mêmes

Extraits du rapport de Greenpeace International « Fukushima deux ans après » Février 2013

http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/300718/190213_Fukushima_2ans_indemnisations.pdf

Résumé

Depuis que l’énergie nucléaire a commencé à être utilisée pour produire de l’électricité, il y a plus de 60 ans, l’industrie nucléaire bénéficie d’un statut privilégié : elle est dispensée d’assumer la responsabilité de ses erreurs. Les gouvernements ont mis en place un système qui consiste à préserver les intérêts des entreprises du nucléaire, et à faire payer le prix fort aux victimes des catastrophes. L’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi en mars 2011 au Japon montre, une fois de plus, que l’industrie nucléaire encaisse les bénéfices tandis que la population, elle, accuse le coup. Près de deux ans plus tard, des centaines de milliers de personnes continuent d’être exposées à la contamination radioactive à long terme causée par l’accident. La vie des habitants ne sera jamais plus comme avant. Ils ont perdu leur maison, leur travail, leurs terres, leur cadre et leur mode de vie. Ils ont toujours beaucoup de mal à obtenir une indemnisation équitable dans des délais raisonnables. Dans le même temps, l’industrie nucléaire continue d’échapper à ses responsabilités. Les vieilles habitudes ont déjà repris : les entreprises nucléaires continuent leurs activités comme si de rien n’était, tout en engendrant des risques nucléaires. Comment se fait-il que, à l’exception de l’opérateur Tokyo Electric Power (TEPCO), qui a été nationalisé, l’industrie nucléaire n’ait pas versé un seul centime au titre des dommages causés par l’accident de Fukushima, qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards de dollars ? Comment se fait-il que les entreprises qui ont remporté des contrats juteux pour assurer la construction, l’entretien et l’exploitation de la centrale de Fukushima (dont GE et Hitachi), continuent d’exercer leurs activités comme si de rien n’était ? Aujourd’hui, il faut bien se rendre à une évidence douloureuse : les failles systémiques de l’industrie nucléaire ont amplifié les souffrances des victimes. De nombreux habitants délogés continuent de survivre dans des conditions sommaires, sans pouvoir regagner leur domicile ni avoir les moyens de reconstruire leur vie dans un autre endroit. Comment en est-on arrivé là ? Le régime de responsabilité civile du nucléaire mis en place par l’industrie nucléaire et les gouvernements protège les industriels et fait endosser aux populations le coût des erreurs et des catastrophes. Si l’on veut préserver les populations du risque nucléaire, il faut réformer ce système en profondeur et amener l’ensemble des acteurs industriels à rendre compte de leurs actes et de leurs échecs. En février 2012, dans un rapport intitulé Enseignements de Fukushima Greenpeace examinait les principales causes de l’accident de Fukushima : les défaillances des institutions, des régulateurs et des industriels, notamment la non-prise en compte des risques nucléaires, la non-application des normes de sûreté adéquates, l’incapacité de protéger le public en situation d’urgence et le refus de garantir aux victimes une indemnisation appropriée.

http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/300718/190213_Fukushima_2ans_indemnisations.pdf

(1 commentaire)

  1. Pourquoi Greenpeace ne demande pas l’arrêt immédiat ? Si on n’arrête pas, on continue. Simple à comprendre ?

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