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Oct 25 2011

Jean-Paul Jaud revient de Fukushima : "c’est simple, j’ai filmé un crime"

Recueilli par FLORIANE LOUISON  15/07/2011, Midi-Libre

Jean-Paul Jaud.
Jean-Paul Jaud. (PHOTO F. L)

Le réalisateur de « Nos enfants nous accuseront » était à Saint-Julien-de-Peyrolas hier.

Jean-Paul Jaud: http://www.youtube.com/watch?v=RcPsfc_8CRc&feature=related

Voir le film ici: http://www.youtube.com/watch?v=nXu3w2PqAZw

Pourquoi êtes-vous à Saint-Julien ce soir (hier, Ndlr) ?

Ici, vous êtes en première loge du risque nucléaire. J’aurais dû prendre ma caméra : belle vue sur la centrale de Tricastin !

Le nucléaire, c’est votre combat ?

Je reviens de Fukushima. C’est simple, j’ai filmé un crime. Un paysan m’a dit : « l’homme a créé un monstre, le monstre s’est mis en colère et on ne s’est pas arrêté à la colère du monstre ».

Un documentaire sortira début 2012. C’est aussi l’un des messages de Sevren, la figure centrale de mon dernier documentaire, « La Voix de nos enfants », projeté ce soir (hier) à Saint-Julien.

Sevren, parlez-nous un peu d’elle ?

C’est la gamine du discours de Rio en 1992. Une enfant de 12 ans qui interpelle le monde entier sur la situation écologique de la planète. Quand j’ai revu ce discours, j’ai pris un coup au cœur. Son message est peut-être encore plus fort aujourd’hui. Car personne n’a répondu à son appel à l’aide. Alors je me suis mis à sa recherche. Quand je l’ai trouvée, elle avait 29 ans et elle était enceinte.

Le documentaire la montre aujourd’hui, sur le point de donner naissance, exprimer à nouveau ses craintes de vivre au milieu d’une nature abîmée et empoisonnée mais aussi ses espoirs.

 Comment en êtes-vous venu à ces combats ?

De mon enfance. Je suis né dans le Sud-Ouest entre l’Atlantique, les pins, les dunes de sables et les parcs à huîtres. Dans cet univers généreux, mon grand-père avait une ferme où j’ai appris le respect de la vie. Plus tard, je suis monté à Paris, j’y suis resté 18 ans. Réalisateur des émissions en direct de la chaîne Canal +. Ce qui m’a réveillé ? 1986. Tchernobyl. Veille de la naissance de ma première fille. Je commence à me poser plus de questions. Je sens bien qu’on ne vit plus en harmonie avec notre écosystème. Dernier déclic en 2004, j’ai un cancer. Sur mon lit d’hôpital je réfléchis. Je me dis que je me suis empoisonné. En mangeant, en respirant notre air pollué.

Qu’est-ce qu’un film peut changer ?

Quand il sort « Le Monde du Silence » Cousteau dit  « je viens de découvrir le rôle que le cinéma peut jouer pour l’environnement ». Je me dis la même chose. Que les gens sortent de la salle différents.

http://www.midilibre.fr/2011/07/14/jean-paul-jaud-je-reviens-de-fukushima-c-est-simple-j-ai-filme-un-crime,355346.php

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