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Mar 02 2017

La Hague: Areva confirme une pollution au plutonium

Les terres polluées à l’américium 241 à côté de l’usine Areva de Beaumont-Hague (Manche) le sont aussi au plutonium, autre radioélément extrêmement toxique. Ouest France 

En janvier, Areva avait annoncé que l’entreprise allait « ramasser » des terres contaminées à l’américium 241 près de son usine de retraitement des déchets nucléaires, confirmant une pollution dénoncée en octobre par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO).

Cette fois, Areva confirme la présence dans ces terres « d’un marquage en plutonium 239 – 240, avec une valeur moyenne de l’ordre de 200 becquerels (Bq) par kilo de terre sèche ».

Un peu plus tôt jeudi matin, l’ACRO avait annoncé dans un communiqué avoir trouvé, quant à elle, jusqu’à 492 Bq par kilo de matière sèche de ce plutonium.

L’ACRO a pour cela fait analyser les échantillons où elle avait trouvé de l’américium par un laboratoire en capacité de détecter le plutonium, l’Institut de radiophysique du centre hospitalier universitaire de Lausanne.

Il faut 24 130 ans pour que l’activité du plutonium 239 diminue de moitié. Pour le plutonium 240 c’est 6 527 ans et pour l’américium 241, il faut 432 ans.

Désaccord sur les chiffres

Selon Areva, la valeur de 200 Bq par kg sec « ne présente pas de risque sanitaire pour l’homme ». « Le plutonium est fixé dans un environnement de terre humide, peu propice à l’exposition par ingestion ou inhalation. Enfin, les analyses réalisées dans l’eau du ruisseau des Landes », proche de la zone contaminée, « ne révèlent pas de marquage en plutonium ».

L’ACRO de son côté affirme que la quantité de plutonium trouvée est « 350 fois plus élevée » que « la concentration la plus élevée répertoriée en France dans les sols et sédiments pour ces isotopes du plutonium (1,4 Bq/kg sec) ».

En janvier, avant de confier ses échantillons au laboratoire suisse, l’ACRO avait indiqué que la quantité d’Américium détectée laissait « supposer la présence de jusqu’à 300 Bq/kg sec de plutonium ».

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de son côté avait indiqué ne « pas (avoir) d’inquiétude particulière quant à l’impact sanitaire » de la « pollution » à l’américium qui est liée « un événement passé ».

Ces terres sont extérieures au site nucléaire mais appartiennent à Areva, selon l’industriel. Selon l’ACRO, c’est une zone de pâture.

L’ACRO évoque en outre jeudi une pollution de ces terres au strontium 90 avec des valeurs 200 fois plus élevées que la valeur moyenne trouvée dans les sols français.

Le plutonium est le radioélément de base pour la fabrication des bombes.

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