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Oct 18 2015

La Hague: les piscines saturées ?!

PiscineArevaUsine de la Hague. Risque de saturation? 1 0 000 tonnes de combustible dans les piscines
Selon Greenpeace, les  quatre piscines de stockage de combustible nucléaire irradié risquent d’être saturées. La direction assure avoir encore de la mage. Laurent GOUHIER.  La Presse de la Manche 8 octobre 2015

La Hague contient le combustible usé d’environ 108 coeurs de réacteurs nucléaires moxés et non moxés

Et si la filière nucléaire française était menacée d’un embouteillage monstre? C’est en tout cas la question posée, hier, par Yannick Rousselet (responsable des questions nucléaires à Greenpeace France) lors d’une réunion de la Commission locale d’information de la Hague. « Je peux vous assurer que le problème est soulevé par plusieurs instances nationales », a asséné le militant antinucléaire. Lorsque les combustibles nucléaires sont déchargés des centrales françaises, ils sont d’abord entreposés dans des piscines sur les sites EDF . Puis ils sont transférés à l’usine de la Hague où ils séjournent également en piscine, sous eau pendant trois à cinq ans. Ils sont ensuite retraités. « Mais les piscines EDF sont de plus en plus pleines car l’électricien entrepose sur place ses combustibles plus longtemps que ce qui est prévu normalement, développe Yannick Rousselet. Et comme il y a très peu de marge à l’usine de la Hague, on peut se demander s’il ne faudra pas fermer un jour un réacteur parce qu’il n’y aura plus de place pour les combustibles.

Une marge de six mois ou d’un an?
Il est vrai qu’ Areva avait annoncé en 2009 son intention de construire une piscine supplémentaire pour s’offrir des capacités 3 supplémentaires d’entreposage. Mois le projet est aujourd’hui abandonné. et la situation financière ne per; mettra sans doute pas de re- lancer un tel investissement dans les années à venir. Mais pour René Charbonnier, directeur adjoint de l’usine de la Hague, il n’ÿ a guère de problème. « Nous avons actuellement 9676 tonnes de combustible usé dans nos quatre piscines d’entreposage », a-t-il annoncé devant les membres de la Commission locale d’information présidée par Pierre Bihet. Des combustibles quasi exclusivement français, Areva n’ayant plus guère de clients étrangers. Or, la capacité théorique des piscines est de 14000 tonnes. Mais la réalité, c’est que si lion retire les espaces de filtration et les parties réservées à des combustibles spécifiques, il ne vous reste en fait qu’une marge de 600 à 700 tonnes. C’est-à-dire seulement six à sept mois de fonctionnement de l’usine. Un calcul nié par René Charbonnier : Nous avons facilement une marge d’une année de retraitement ». « Déjà, EDF est passé d’un traitement de 950 tonnes par an à 1 100 tonnes, ajoute le dirigeant  peut aussi densifier les piscines. » Areva prévoit que, sur les dix prochaines années, le taux de remplissage des piscines devrait rester stable.

Déchets anciens et démantèlement. 1 90 millions d’euros cette année

La reprise des déchets anciens stockés à l’intérieur de l’usine de la Hague et le démantèlement de la vieille usine UP2-400 occupe actuellement 600 salariés du groupe Areva et plus de 200 sous-traitants. Rappelons que ce chantier doit se poursuivre jusqu’en 2030 et coûter 4 milliards d’euros. « L’activité est en hausse de 19 % par rapport à 2014, avec un investissement prévu de 190 millions d’euros cette année », a annoncé Jérôme Coulomb, directeur du démantèlement à l’usine de la Hague.

Rejets dans l’environnement. Pas assez loin?

Le gendarme du nucléaire a lancé une procédure de révision des autorisations de rejets liquides et gazeux de l’usine de la Hague. La Commission d’information de la Hague a rendu un avis favorable à la proposition de baisse des autorisations de rejets de Cesium notamment. Mais l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest Acro) estime que les autorisations de rejets sont encore beaucoup trop importantes. « Il y a des méthodes technologiques disponibles pour réduire les rejets qui ne sont pas utilisées par Areva », a plaidé André Guillemette en évoquant l’usine japonaise de Tokai Mura qui rejetait 1 700 fois moins d’iode 129 liquide grâce à un procédé inventé par le CEA.  Quant aux rejets chimiques, l’ACRO a calculé que les autorisations sont « cinq à vingt-six fois plus fortes que les besoins ».

Laurent GOUHIER 

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