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Mar 28 2013

La Hague: un relevé de tritium anormal dans la baie d'Ecalgrain

L’Acro a annoncé cet après-midi qu’elle avait relevé un taux anormal de tritium, un radionucléide produit par l’usine Areva la Hague, dans l’eau de mer. Pour  l’ACRO, « l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l’Ouest », un laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité, Il y a plus de tritium (hydrogène radioactif) dans les eaux de la Manche que dans les eaux du Pacifique à proximité de la centrale de Fukushima. FR 27/03/2013

Un des membres de l'ACRO dans la Baie d'Ecalgrain © Pierre-Marie Puaud, France 3 Basse-Normandie

Un des membres de l’ACRO dans la Baie d’Ecalgrain  © Pierre-Marie Puaud, France 3 Basse-Normandie

L’ACRO effectue « une surveillance citoyenne » de la radioactivité dans l’environnement depuis de longues années.

Elle effectue notamment des contrôles réguliers tout le long des côtes de la Manche afin de suivre l’impact des rejets en mer des installations nucléaires.

L’ACRO se base sur un prélèvement d’eau de mer effectué le 17 octobre 2012 dans la Baie d’Ecalgrain.

Une concentration record de tritium (isotope radioactif de l’hydrogène, qui est rejeté par les installations nucléaires) a été relevée : 110 Bq/L (becquerels par litre). Une concentration cinq fois supérieure à ce qui est relevé habituellement à cet endroit.

A titre de comparaison, à proximité de la centrale de Fukushima, on relève aujourd’hui des concentrations en tritium allant de 3 à 13 Bq/L.

Voir le reportage de Pierre-Marie Puaud et Cyril Duponchel (Intervenants : Antoine Bernollin, chargé d’études et Pierre Paris vice-président de l’ACRO)

Selon l’Association, on n’avait jamais vu une telle concentration dans la Manche : « En dix ans de surveillance mensuelle à Goury, de 1998 à 2007 (ou 120 mesures), l’IRSN (l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) n’a JAMAIS mesuré de concentration supérieure à 33,3 Bq/L », explique l’association.

Selon l’ACRO, les relevés de l’exploitant nucléaire de la Hague ne mentionnent rien d’anormal le 17 octobre 2012.

Que s’est-il passé ? L’association a posé la question aux autorités et attend des réponses.

De son côté, l’Autorité de sûreté nucléaire a demandé des explications à Areva.

L’ARS qui précise qu’il n’y a pas de risque sanitaire.

Et pourtant!

Flamanville va rejeter plus de tritium radiodactif !

17 02 2010 – Ouest France

L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) va augmenter les rejets en tritium de la centrale nucléaire. Quatre associations de protection de l’environnement tentent de s’y opposer.

Le tritium, élément radioactif, est dans la ligne de mire de quatre associations : l’Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité de l’ouest), le Crepan (Comité régional d’étude pour la protection et l’aménagement de la nature), le Crilan (Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire) et Greenpeace.

« Lors de la réunion de la Commission locale d’information de Flamanville en octobre, explique Didier Anger, président du Crilan, l’ASN a proposé d’augmenter les rejets de tritium liquide en mer de 30%. C’est en pleine contradiction avec sa politique qui a toujours été de revoir à la baisse les rejets d’éléments radioactifs. » L’ASN suit un autre raisonnement. Elle met en avant la diminution globale des rejets comme les iodes ou les gaz rares. « La demande d’EDF de révision des limites de rejets de tritium est en lien avec la création de l’EPR. » La centrale de Flamanville dit avoir toujours respecté les autorisations de rejets, mais de justesse certaines années. La quantité de rejet radioactif autorisé n’est pas fixée en fonction d’un périmètre géographique, mais selon la puissance électrique produite. Du coup, quand l’EPR sera en fonctionnement, la limite aura quasiment doublé. « On fait comme si l’usine d’Aréva-La Hague n’était pas là, s’exaspère Didier Anger. Pourtant elle aussi rejette sa part de tritium. »

La dangerosité du tritium en question

Les associations s’appuient sur la convention internationale Ospar (protection de l’environnement marin de l’Atlantique du Nord-Est, dont la France fait partie) qui stipule qu’en 2010, « les rejets […] de substances radioactives […] soient proches de zéro ». Elles estiment le tritium loin d’être un produit anodin. Comme l’explique Antoine Bernollin, salarié du laboratoire de l’Acro : « On ne connaît pas aujourd’hui les processus d’accumulation du tritium dans les organismes vivants. Ni ses conséquences sur la chaîne alimentaire. Avant de décider d’une augmentation, il faudrait réaliser des études épidémiologiques. » Jusqu’à présent, le tritium était considéré comme peu dangereux, son rayonnement étant très faible. Mais les quatre associations soulignent le travail d’experts scientifiques (notamment les Britanniques de l’Agir et les Européens de l’article 31 d’Euratom), qui recommandait de réévaluer la radiotoxicité du tritium en la multipliant par deux.

Des arguments qui n’émeuvent pas l’ASN. « Même en considérant que les réacteurs de Flamanville rejettent le maximum de tritium autorisé et que sa radiotoxicité soit multipliée par cinq ou dix, il ne contribuerait que marginalement à l’impact sanitaire global des rejets de Flamanville. »

Pour comprendre le Tritium

http://www.acro.eu.org/cp180308.html

http://www.acro.eu.org/risquetritium.html

et aussi

http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/RejetsEffluents.htm

Activités gazeux et liquides observés à la Hague en 1999, 2000 et 2001. Il s’agit de rejet annuels. Les activités données en TBq (terabecquerels) sont comparées aux rejets maxima annuels autorisés. On notera que les principaux rejets en termes d’activité (Krypton 85 et tritium) sont des éléments peu toxiques. Les autres rejets sont très en dessous des limites imposées.
IN2P3 (source COGEMA/ S.Lebar, P.Devin)

Dispersion du tritium dans la Manche

La dispersion du tritium dans la Manche fait l’objet d’une surveillance et de mesures, comme le montre cette carte tirée d’un rapport de l’IRSN. Sous l’effet des courants, ce sont surtout les côtes Normandes qui sont affectées, avec un maximum de 5 Bq par litre dans les environs de Dieppe. A titre d’indication l’activité d’un litre de lait est de 100 Bq. Il faut noter que la toxicité radioactive du tritium est très réduite en raison de la faible énergie des rayons émis.
IRSN

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