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Oct 09 2014

La Presqu’île du nucléaire: réédition de l’ouvrage de Françoise Zonabend

 

ZonabendPresquileLe nucléaire est la principale industrie du Cotentin.  Françoise ZONABEND, ethnologue, a publié une édition réactualisée de son célèbre livre La Presqu’île du nucléaire.  Ce vendredi 10 octobre, elle sera reçue à la librairie Ryst de Cherbourg pour une rencontre animée par Pierre Paris, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest. Entretien La Presse de la Manche 9 oct 2014. 

La Hague, au nord-ouest de l’isthme du Cotentin. Un bout du monde soudain envahi par la plus en pointe et la plus controversée des industries : le nucléaire. Comment en parlent les gens du cru ? Quelle est la vie de ceux qui travaillent À l’usine de retraitement des déchets ? Habiter au voisinage du nucléaire, cela change-t-il quelque chose dans ces bourgs et ces campagnes apparemment immuables ? Françoise Zonabend est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, membre du laboratoire d’anthropologie sociale. Nouvelle édition, entièrement revue et augmentée.

« Les catastrophes arrivent chez les autres »

Pourquoi avez-vous intitulé votre livre La Presqu’île du Nucléaire ?

Cette façon de nommer le Cotentin vient de la toponymie traditionnelle. On connaît l’Isle-aux-Coudres ou encore l’île aux Ours. Le nucléaire étant la principale industrie de la presqu’île du Cotentin, il  m’a semblé normal de la nommer ainsi.

Que vous a apporté votre expérience d’ethnologue pour interroger la population du Cotentin face au nucléaire ?

Mon expérience d’ethnologue m’a fait comprendre qu’il fallait travailler long temps en un même lieu et avec les mêmes informateurs pour accéder à une certaine compréhension d’une situation. J’ai donc pris du temps et poursuivi avec les gens du lieu de nombreux entretiens.

Vous rééditez votre livre après Fukushima. Qu’attendez-vous de cette réédition ? Une nouvelle prise de conscience ?

Pourquoi pas…

Est-ce toujours l’ethnologue qui s’interroge dans la réédition enrichie ? Sinon, assiste-t-on à la naissance d’une militante ?

Dans ces travaux d’ethnologie, je ne me pose jamais en militante… J’expose une situation et explique ce qui peut en découler. Je ne prends pas position pour ou contre le nucléaire.

Tchernobyl et Fukushima n’ont pas mis fin au programme nucléaire en France. Pensez-vous que ces deux centrales appartiennent à l’espace nucléaire des autres ?

Sans doute puisque dans l’esprit des populations, les catastrophes arrivent toujours chez les autres…

Le silence qui accompagne le nucléaire installé dans La Hague est-il le signe d’une adhésion de la population ou d’une crainte toujours présente ?

On peut y adhérer économique tout en le craignant techniquement

Vous souhaitez que la société civile s’interroge sur cet environnement. Comment et dans quel sens ?

Des débats ont déjà eu lieu sur le sujet. La société civile pourrait faire plus de place à des discussions ou la pluralité des experts serait une constante.

Propos recueillis par Elisabeth DUCLOS

Vendredi 10 octobre, Françoise Zonabend parlera de son livre « La Presqu’île au Nucléaire » à 19 H à la librairie Ryst à 16-22, rue Grande-Rue à Cherbourg 

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