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Juil 04 2017

Le CANO solidaire des associations japonaises qui luttent pour la transparence des activités nucléaires autour du MOX

Communiqué du 4 juillet 2017

Le MOX est un combustible composé d’uranium et de plutonium. Ce dernier élément accroit les risques de criticité et d’accident majeur. Hautement radioactif le combustible usé doit être stocké longuement en piscine sans que son stockage définitif ne soit défini à ce jour. La question posée par nos amis japonais pose un nouvel élément d’inquiétude portant sur la qualité du MOX qui est introduit dans les réacteurs.

Par courrier à AREVA Japon du 30 novembre 2016, des associations de citoyens japonais sont venus exposer leurs inquiétudes sur la qualité du combustible MOX fourni par AREVA aux électriciens japonais. « Nous vous avons déjà écrit à deux reprises au sujet du MOX fourni par AREVA (les 28 janvier et 21 juillet 2016) et chargé dans les réacteurs 3&4 à Takahama et 3 à Ikata. Comme une nouvelle livraison est prévue en mars ( juin) 2017, nous vous pressons de faire réponse à l’inquiétude exprimée par la société civile japonaise. Vous n’êtes pas sans savoir que le contrôle qualité des standards de production d’AREVA est plus que jamais au centre du débat, y compris ici au Japon. »

Un contentieux déjà ancien  autour de la qualité du combustible MOX

 « Le problème de stabilité thermique qui existe avec le MOX produit à Melox n’est que l’une des multiples préoccupations du fonctionnement des réacteurs japonais  avec du combustible fourni par AREVA. »

Déjà , les plaignants ont mis en avant la médiocrité du contrôle qualité et des standards de production du MOX pour  8 assemblages produits par BNFL à Sellafield (UK) et qui furent livrés au réacteur 4 à Takahama (Kansai Electric).

Green Action, Mihama-no-Kai et des citoyens ont contraint Kansai Electric et BNFL à reconnaître que le MOX qui devait être utilisé à Takahama 4 présentait des données de contrôle qualité falsifiées (ils l’ont finalement reconnu la veille du procès en décembre 1999). Puis le combustible a été renvoyé en UK pour être détruit.

« En 1999 et 2000, ils ont démontré que les contrôles qualité et les standards de production du MOX fabriqué avec la « méthode MIMAS », en particulier à la centrale Cogema/AREVA Melox, sont de fait encore en-dessous de ceux de BNFL.

Cette analyse a été produite dans une action en justice menée à la Cour du District de Fukushima par un millier de plaignants, concernant le chargement de 32 assemblages de MOX dans le réacteur N°3 de Fukushima Daiichi ;  un MOX produit selon la méthode MIMAS sous un partenariat deTokyo Electric et COMMOX (Belgonucléaire) avec la Cogema comme chef de file.

Bien que le jugement n’ait pas été concluant, il mit en évidence l’importance  de rendre publiques les données de qualité pour le MOX. Conséquence du doute et de la controverse, de nombreux assemblages de MOX n’ont pu être utilisés.. »

« Il est donc d’importance cruciale d’atteindre les plus hauts standards de production du combustible nucléaire  et de mettre en application les contrôles qualité et les inspections les plus rigoureux. Or, aucune de ces deux conditions n’est possible à la centrale Melox. »

Des questions sans réponses à la  mise en demeure d’AREVA par des citoyens japonais

Dans ce contexte, les associations exigent « de connaître les données de contrôle qualité concernant les 16 assemblages de MOX actuellement [cette lettre est datée de novembre 2016] en cours de fabrication en France, contenant environ 736 kg de Plutonium et destinés à TAKAHAMA N°4 début 2017. En 2010, l’ASN avait confirmé à Greenpeace France que pour le combustible destiné à TAKAHAMA N°3, que « l’ASN n’est pas responsable du contrôle qualité des produits destinés aux installations japonaises ».

« Si ni l’autorité française, ni l’autorité japonaise ne contrôlent les standards ou la qualité du MOX, il y a clairement une carence et des risques supplémentaires majeurs, dans le projet de Kansai d’utiliser le MOX d’ AREVA. »

Conclusion

Le convoi de MOX qui va cheminer  sous protection hautement policière de la Hague à Cherbourg et qui doit prendre la mer demain interroge plus que jamais les organisations réunies dans le Collectif  Antinucléaire Ouest (CANO) et parmi celles-ci  le CRILAN et Greenpeace.

Le Cotentin est désormais « habitué » aux malfaçons de l’EPR qu’AREVA et EDF veulent exploiter coûte que coûte pour se relancer sur le marché mondial.

Cette affaire du MOX  destiné aux centrales japonaises révèle  le forcing d’AREVA pour imposer un  MOX controversé en utilisant les 16 tonnes de  plutonium japonais stockés en France, quelque soient les risques pour le Japon et la planète…

Le CANO d’associe à l’exigence de transparence portée par les associations Japonaises sur la question du MOX qui leur est destiné ce soir.

Il la portera en interpellant les autorités et opérateurs intervenants dans le processus de fabrication, d’utilisation et de traitement du MOX, qu’il s’agisse du MOX utilisé au Japon ou en France.

Cherbourg le 4 juillet 2017

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