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Déc 15 2011

Le nucléaire et Eva Joly : déjà une victoire


Comment le nier : d’ors et déjà, Eva a remporté une victoire sur l’utilisation du nucléaire en tant que source d’énergie. Mediapart 15 Décembre 2011 par Michel Philips

Un article qui fait du bien

Le nucléaire au cœur de l’actualité

Il est indéniable qu’en mettant le nucléaire au cœur de l’accord avec le PS – rappelez-vous son « Il n’y aura pas de ministres EELV dans un gouvernement qui ne se prononcerait pas pour une sortie du nucléaire » – Eva a provoqué une discussion débordant le seul milieu politique.

La question a fait la une de tous les médias pendant plusieurs semaines. Nous en savons un peu plus sur l’EPR de Flammanville, sur le MOX et sur les risques liés au nucléaire. Les sites internet parlant de Fukushima sont consultés.

L’intervention du Directeur d’EDF, Mr Proglio, a montré que cette question préoccupait également les rangs de la majorité. Mais les arguments des défenseurs du nucléaire (chômage massif, coût exorbitant de l’électricité,…) ne portent pas, ils sonnent creux.

Notre Président a beau affirmer que remettre en question le nucléaire en France reviendrait à « revenir au temps de la bougie », son discours  a des odeurs de maison abandonnée !

Sa ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciesko-Morizet ne le suit déjà plus quand elle déclare aujourd’hui que « l’arrêt de la centrale de Fessenheim n’est pas à exclure ».

L’argument de l’indépendance énergétique liée au nucléaire ne tient plus : la France n’a pas d’uranium et les réserves d’Afrique s’épuisent.

Idem pour la faible émission de CO2 : plusieurs sources d’énergies renouvelables sont non polluantes.

La sécurité du nucléaire est bafouée par l’action spectaculaire d’un petit groupe de militants de Greenpeace qui se retrouvent sur le dôme d’une centrale ou déjouent les recherches des gendarmes en se cachant pendant plus de 12 heures sur un autre site.

Des scientifiques nous montrent que le coût du tout nucléaire est inconnu : personne ne sait combien coûte le démantèlement d’une centrale, la chose n’ayant encore jamais été réalisée et achevée nulle part. Nous savons que nous n’avons pas de solution concernant le sort des déchets.

L’équilibre budgétaire d’EDF est un leurre. En France, le prix de l’électricité est artificiellement sous évalué, une manière d’encourager les gens à recourir le plus possible à cette énergie. De plus en plus de gens le savent.

C’est devenu une évidence : « Le nucléaire a du plomb dans l’aile ». 

Il existe toujours des positions d’arrière garde ( voir les positions des syndicats des employés du nucléaire) qui consistent à dire que « hors nucléaire, point de salut », mais elles ont, elles aussi, des odeurs poussiéreuses passéistes.

Après Fukushima, l’opinion des Français a changé

Les Français, qui ne sont pas plus bêtes que ça, l’ont compris. Interrogés, ils disent :« L’avenir n’est plus dans le tout nucléaire, il faudra bien qu’un jour ou l’autre on en sorte ».

Certes, Fukushima est passé par là. Comme à Tchernobyl, les effets des radiations concernent tous les domaines. D’importantes populations devraient être déplacées pour des périodes de temps indéterminées, la santé des enfants est compromise, l’industrie agricole et l’élevage sont cassés. Personne ne sait quand la situation sera « sous contrôle » à la centrale.

En mettant cette question du nucléaire au cœur du débat pour la présidentielle, EELV et surtout Eva Joly, ont bien montré qu’il fallait prendre position dès à présent, qu’attendre encore pour faire un choix ne rimait à rien : « Il faut commencer à sortir du nucléaire dès à présent ». C’est un choix politique, l’humain doit primer sur l’industriel.

Les investisseurs, les capitalistes et les lobbies du nucléaire continuent leur combat pour retarder au maximum un virage qui n’est plus nié par personne : « Il faudra bien un jour sortir du nucléaire ». En coulisse, ils travaillent à se positionner, ayant compris l’enjeu. Tardif.

Un article récent du Figaro titrait : « La Bourse ne croit plus au nucléaire ». Significatif.

Les ingénieurs de l’Ecole des Mines, les têtes pensantes du tout nucléaire, se taisent. Ils sentent bien qu’ils ont commis une erreur d’estimation en pensant que le tout nucléaire était la réponse idéale et éternelle à la question des besoins énergétiques chez nous. Présomption.

Les résultats d’Areva sont mauvais : le projet d’un second EPR à Penly a été abandonné, Flamanville et surtout l’EPR proposé à la Finlande ont un surcoût catastrophique.

Le fleuron du nucléaire français peine à trouver des marchés (trop chers, concurrence, effet Fukushima). Ce genre de transition ne s’improvise pas, ne se fait pas du jour au lendemain, il faut essayer de rentabiliser au maximum les investissements très importants réalisés depuis 50 ans dans le nucléaire !

Un avenir se dessine

Alors, finalement, tous les aspects du nucléaire examinés, une évidence se dessine. Ne reste plus qu’à savoir quand et comment en sortir !

Le programme que proposera EELV officiellement au début de 2012 prévoit un passage à 40% de production d’électricité d’origine nucléaire d’ici 2020 ( contre environ 80% actuellement) et un 0% en 2031. L’abandon complet du nucléaire serait pour 2050.

Les énergies renouvelables devraient être à l’origine de 100% des sources d’électricité d’ici 2050.

Et d’ici 2050 également, nous devrions réduire de 50% notre consommation énergétique par toute une série de mesures d’économies et d’incitations : une vraie révolution !

On voit bien que le problème n’est pas simple, qu’il implique des importants changements d’habitudes.

Mais cette évolution, qui va dans le sens d’un plus grand respect de l’environnement, est un défi que notre pays peut relever. Il en a les moyens.

De quoi nous occuper et modifier nos habitudes pour les 35 ans à venir !

Le bon sens prévaut : la France, comme ses voisins, va sortir du nucléaire. Elle le fera sans doute moins vite qu’il n’aurait fallu, surtout quand on fait référence à Fukushima, mais elle le ferra, elle va le faire.

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