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Avr 19 2012

Le temps semble terriblement long dans le dernier centre d'évacuation Japonais

Une année après l’accident de Fukushima-Daiichi, des évacués vivent toujours en centre d’hébergement « temporaire » Le Monde 19 04 2012

A Kazo, dans la préfecture de Saitama, à 200 km au Sud-Ouest de la centrale de Fukushima-Daiichi, quelques 300 personnes ayant été évacuées de Futaba après la catastrophe nucléaire commencent à trouver le temps très long. La ville entière a été évacuée fin mars 2011 ; 1400 personnes ont ainsi été accueillies à l’origine dans ce centre provisoire – une école désaffectée – avant que la plupart ne trouvent d’autres lieux pour les accueillir.

Ils ont appris l’évacuation de leur ville par… la télévision

Abandonnés à leur sort après leur exode, les habitants de Futaba ont été également ignorés lors de l’évacuation. Le maire de la ville, Katsutaka Idogawa, confie : « Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, nous n’avons reçu aucune communication de la part des autorités nationales ; nous avons finalement appris qu’il fallait évacuer dans un rayon de trois kilomètres autour du site par la télévision. »

Le 14 mars, c’était l’affolement total, chacun pensait que c’était la fin !

M. Idogawa poursuit : « Au moment de l’explosion [le 14 mars], j’étais en train d’organiser l’évacuation des personnes âgées sur leurs fauteuils roulants. On a vu des déchets flotter dans l’air, je pensais que c’était la fin. Les gens fuyaient dans le désordre et nous n’avions toujours aucune instruction. »

Une majorité de personnes âgées et de sans-emplois

Sur ces 300 « rescapés » hébergés à Kazo, une moitié environ se compose de personnes de plus de 65 ans ; la majorité des gens en âge de travailler s’est en effet peu à peu éloignée de ce lieu d’accueil pour se repositionner dans des logements loués par les autorités ou chez des proches. Les personnes valides tentent de travailler à gauche ou à droite mais – nous l’avons déjà évoqué – ils sont souvent frappés par l’indifférence – ce qui est un euphémisme – des habitants locaux (1).

Des conditions de vie plus que sommaires

La plupart des déplacés âgés restant à Kazo dorment au 1er étage, à même le sol, se déplacent dans des fauteuils roulants ou s’appuient sur des déambulateurs. « J’espère bien ne pas avoir à mourir ici mais je m’y prépare » soupire Tadashi Sato, 78 ans qui se désole de ne pas avoir eu le temps d’emporter plus d’affaires avec lui et regrette amèrement sa commune d’origine. Les déplacés dorment dans des salles communes et se changent dans un réduit en carton-pâte posé dans le couloir…

Les bureaux de la municipalité de Futaba repartiront bientôt dans la préfecture de Fukushima mais la situation des rescapés de Futaba n’est pas aussi clairement définie.

Le Maire de Futaba conclut tristement : « Il devrait s’avérer très difficile de rentrer dans notre ville mais j’espère qu’au moins son nom survivra ». Cette ville d’environ 10000 habitants pourrait demain en France s’appeler Aubenas ou Privas (centrale de Cruas), Givet (CNPE de Chooz à… 5 km !), Yvetot (CNPE de Paluel), Provins (CNPE de Nogent)…

(1) Les évacués de Fukushima sont souvent appelés les nouveaux hibakusha (les victimes de la bombe), patronyme qui était jusque là réservé aux rescapés des bombardements d’Hiroshima-Nagasaki

Sources :

yomiuri daily, anglais
Le maire de Futaba refuse que sa ville devienne une poubelle nucléaire, lemonde, 10 mars 2012

Rédigé le 12/04/2012 à 18:55 dans Fukushima – Contamination, Fukushima – Société | Lien permanent
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