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Nov 23 2016

Les réacteurs à risque représentent 44 % de la capacité de production nucléaire française.

Le scandale des anomalies dans l’industrie nucléaire s’aggrave. En effet, Greenpeace France a publié un rapport alarmant du cabinet Large Associates sur les anomalies détectées dans l’industrie nucléaire. Son auteur, John Large, a enquêté pendant plusieurs mois sur le cas de la cuve de l’EPR de Flamanville, sur les générateurs de vapeur qui comporteraient eux aussi des anomalies de teneur en carbone et enfin sur le dossier des anomalies et des soupçons de falsification à l’usine Creusot Forge d’Areva. « Ce rapport révèle la gravité de la situation : les réacteurs à risque représentent 44 % de la capacité de production d’électricité nucléaire française », explique John Large. 
EPR de Flamanville : la cuve doit être détruite

Le rapport démontre que la cuve de l’EPR de Flamanville, pourtant déjà installée, ne dispose pas d’un certificat de conformité délivré par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cela signifie qu’elle n’est pas conforme à la directive européenne sur les équipements pressurisés et ne répond pas aux exigences de l’ASN, qui depuis 2008, demande que tout nouveau composant ait un certificat de conformité avant le démarrage de la production.

John Large démontre que désormais, le seul moyen pour garantir que la cuve de l’EPR de Flamanville et la méthode de forgeage sont conformes aux normes de certification, serait de procéder à un test destructif de la cuve pour tester sa résistance. L’EPR de Flamanville ne pourra donc pas fonctionner dans les délais annoncés par EDF, mais ce ne sera pas le premier report, puisque le chantier a déjà six ans de retard. Or chaque année de retard coûte entre 500 millions et un milliard d’euros.

Une majorité des réacteurs français présente des failles de sûreté

Le rapport montre par ailleurs que l’usine Creusot Forge d’Areva n’avait pas les qualifications techniques requises. Elle ne maîtrisait pas les procédures nécessaires à la vérification de la sûreté dans les étapes de fabrication des pièces.

La publication récente par l’ASN d’une liste des réacteurs concernés par les anomalies et les irrégularités démontre que le phénomène prend des proportions alarmantes. Le nombre de composants affectés par des irrégularités et installés dans des réacteurs en service est passé de 50 à 83. De même, le nombre d’irrégularités qui concernent la cuve de l’EPR a augmenté. Pour Roger Spautz, « des composants qui présentent de telles ″irrégularités″ doivent être considérés, jusqu’à preuve du contraire, comme suffisamment ″à risque″ pour mettre en péril la sûreté nucléaire ».

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a quant à lui tiré la sonnette d’alarme cette année sur la présence de défauts non détectés qui induit un risque inquantifiable d’incident radiologique sérieux.

Greenpeace demande donc que l’ensemble des réacteurs concernés, à ce jour 32 en France, soient mis à l’arrêt tant que les contrôles n’ont pas été effectués et les démonstrations de sûreté complémentaires apportées.

Le scandale des anomalies s’étend à l’international

Les anomalies de carbone, similaires à celles de la cuve de l’EPR, détectées sur 18 générateurs de vapeur et révélées par l’ASN en juin dernier, démontrent la dimension internationale du scandale. Si une grande partie des pièces ont été forgées à l’usine Creusot Forge d’Areva, certaines l’ont été dans des forges japonaises. « C’est bien la preuve que les procédures de contrôle de qualité et de conformité ne sont pas fiables dans l’industrie nucléaire française et à l’étranger. On fait face à une véritable faille majeure de la sûreté nucléaire ! », affirme Roger Spautz.

Le rapport pointe également du doigt les responsabilités des fabricants comme des opérateurs. En ce qui concerne EDF et Areva, Greenpeace exige plus de transparence et leur demande la divulgation complète et immédiate des analyses et données recueillies jusqu’à présent, afin de fournir à l’ASN tous les moyens pour continuer d’investiguer et de mener les tests nécessaires pour garantir la sûreté.

Cet épisode est un énième chapitre de la faillite de la filière nucléaire française. Il devrait faire réfléchir Ségolène Royal et François Hollande sur le contenu de la PPE qu’ils entendent signer incessamment. En effet, celle-ci ne traduit en rien les orientations prises par la loi sur la transition énergétique votée l’été dernier, qui prévoit de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français d’ici à 2025. Pour cela, pas cinquante solutions : il faut fermer des réacteurs.

Peut-être serait-il bon de le leur rappeler à l’occasion de la consultation publique sur la PPE, ouverte jusqu’à la fin du mois d’octobre…

reacteur-risque

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