Mai 15 2013

Monju surgénérateur à l'arrêt

monjuL’autorité japonaise de régulation envisage d’interdire le  redémarrage surgénérateur de Monju. C’est un nouveau revers pour le nucléaire japonais. Par Yann Rousseau Les Echos  14 mai 2013

Bonne nouvelle pour le Japon et le monde entier, les apprentis sorciers seront ils véritablement  stoppés  dans leur élan irresponsable. Avec cet arrêt de Monju,  c’est la stratégie du retraitement et de l’utilisation du plutonium en MOX qui est remise en cause.

Alors qu’il espère toujours que le gouvernement de Shinzo Abe va s’engager, après les élections sénatoriales de juillet, en faveur du redémarrage des réacteurs du pays, le lobby japonais du nucléaire vient de subir un nouveau revers en termes d’image. Selon les médias nippons, la nouvelle autorité japonaise de régulation du secteur, la NRA, est sur le point d’annoncer l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de tout redémarrage du surgénérateur expérimental de Monju, l’équivalent japonais de Superphénix, près de Kyoto. Or cette technologie est l’un des éléments clefs du programme de recyclage le plus poussé du combustible adopté par Tokyo.

La NRA n’a pas été satisfaite des contrôles de sécurité effectués par l’Agence publique de l’énergie atomique (Jaea) qui possède cette centrale. En novembre, les régulateurs ont découvert que l’opérateur avait négligé l’inspection d’au moins 10.000 des 39.000 pièces d’équipement de la tranche d’une capacité de 280 mégawatts. Aucun redémarrage du réacteur ne pourrait être autorisé tant que la Jaea n’aura pas totalement revu ses procédures.

Réel, ce revers n’aura cependant dans l’immédiat que peu de conséquences : construit à la fin des années 1980, ce réacteur n’a jamais fonctionné malgré 12 milliards de dollars d’investissements. Il n’aurait généré que l’équivalent d’à peine une heure d’électricité en dix-huit ans d’existence. Il a notamment été arrêté pendant quatorze ans après la fuite de sodium de refroidissement qui avait provoqué un grave incendie.

Pour l’industrie nucléaire, une fermeture définitive de Monju fragiliserait cependant encore un peu plus la filière japonaise. En théorie, ce réacteur devait notamment réutiliser une partie du combustible nucléaire retraité dans l’usine de Rokkasho, au nord de l’Archipel. Ces réacteurs à neutrons rapides dits « de quatrième génération » ont en effet la particularité de générer plus de matériaux fissiles sous forme de plutonium qu’ils n’en consomment au cours du cycle de production d’énergie. Pour Tokyo, cette caractéristique signifiait théoriquement la fin de la dépendance aux importations d’uranium et la mise en place à terme d’un parc nucléaire capable de s’autoalimenter.

Si Monju est condamné, Tokyo va avoir de plus en plus de mal à justifier auprès de la population l’accumulation de combustible usé, actuellement stocké dans les centrales du pays.

Yann Rousseau, Les Echos

Correspondant à Tokyo

http://www.romandie.com/news/n/_Japon_deux_installations_nucleaires_menacees_de_demantelement_premature68150520131422.asp?

Voir un article récent sur le sujet

http://gen4.fr/2013/05/monju-nra-jaea-plutonium.html

Voir le dossier  Monju sur leblogdejeudi

http://leblogdejeudi.fr/?s=monju

 

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