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Jan 20 2016

Ne rions pas (trop) du nucléaire belge

Savez-vous qui possède les sept centrales nucléaires belges ? EDF en a la moitié d’une, et tout le reste appartient à Engie – ex-GDF Suez -, champion autoproclamé de l’écologie. Ce ne serait encore rien si les centrales belges n’étaient pas de vieilles merdes rafistolées. Publié le par  Charlie Hebdo – 13/01/2016 – Fabrice Nicolino –
Aucun doute, cette histoire belge est superbe. Certes, notre grandiose pays reste le champion du monde du nucléaire, mais la Belgique, qui produit 55 % de son électricité grâce à l’atome, est bel et bien sur le podium. Résumons la situation outre-Quiévrain, comme disent les guides touristiques et les écrivains débutant? il existe dans le plat pays sept réacteurs nucléaires – 58 chez nous -, répartis entre Wallonie et Flandre. Doel, au nord, à la frontière néerlandaise, en compte quatre. Tihange, à l’est, du côté du Luxembourg et de l’Allemagne, trois.
Dirent qu’ils merdent demeure une immense litote. Doel 1 est remis en service le 30 décembre dernier, après un arrêt en février, pour cause de vieillerie de ce pépère de 40 années. Un vote opportun du Parlement a en effet autorisé une prolongation de vie de 10 ans. Une décision politique et non technique. Le 2 janvier, trois jours plus tard, une panne l’arrête à nouveau. Le 4 janvier, il est relancé. Courage et confiance.

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Centrale de Doel
Casseroles au cul
En 2012, Doel 3 est inspecté, pour le malheur des ingénieurs. On découvre un millier de défauts sur la cuve, et la note finale évoque 8 000 fissures, dont les plus grosses atteignent 18 centimètres.  Arrêté en mars 2014, il repart comme un seul becquerel le 21 décembre 2015. Mais quatre jours plus tard, fuite d’eau et nouvel arrêt. Doel 4 est stoppé plusieurs mois en 2014 à la suite d’un sabotage. Tihange 1 redémarre le 16 septembre 2014 après un entretien. Deux jours plus tard, le 18, on stoppe les machines à cause d’une pompe d’alimentation en eau. Le 18 décembre, trois mois plus tard, incendie et panne. Tihange 2, comme Doel 3, est farci de fissures, qui entraînent la fermeture de mars 2014 à décembre 2015. Etc, Car on ne sait jamais tout des faiblesses du nucléaire.

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Centrale de Tihange
Mais cessons de rire des couillons de là-bas, car ces cochoncetés sont à la vérité françaises. EDF, notre si grande crapule, posède 50 % de Tihange 1, et tout le reste appartient à Electrabel, propriété à 100 % d’Engie, l’ancien GDF Suez. Notre défunt grand gazier national pilote donc la production électrique belge ! Côté France, les trémolos. Gérard Mestrallet, P-DG d’Engie : « Par la nature et la diversité de ses activités,[Engie] est un acteur essentiel de la transition énergétique et écologique qui doit concilier les objectifs de compétitivité, de sécurité d’approvisionnement et de préservation de l’environnement. » Et côté Belgique, la pourriture accélérée des réacteurs nucléaires siglés Electrabel.
Ne pas prendre Mestrallet pour un idiot complet. Lui et ses camarades de bureau ont tout de même compris que le nucléaire belge est un boulet. Financier bien sûr, car les pannes répétées ont déjà coûté des centaines de millions d’euros à ce pauvre Engie. Mais également pour l’image de marque internationale du groupe, qui ne peut espérer incarner le « développement durable » avec une batterie de vieilles casseroles nucléaires au cul. D’où cette rumeur qui ne cesse de refaire surface : Engie aimerait bien se désengager du nucléaire belge. la solution n’a pas encore été trouvée.
La réaction des voisins du Nord et de l’Est pourrait bien accélérer le processus. Car si la France – et sa presse cadenassée par les budgets publicitaires d’EDF et d’Areva – s’en fout, tel n’est pas le cas des autres. Le 18 janvier, le secrétaire d’État du Luxembourg, Camille Gira, vient à Bruxelles rencontrer le ministre de l’Intérieur belge. Le nom de ce dernier n’a rien de drôle, car il s’appelle pour de vrai Jan Jambon. Le 20 janvier, la ministre néerlandaise, Melanie Schultz, se rend à Doel en compagnie du même Jambon. Pour gueuler. Diplomatiquement.
Quant à l’Allemagne, aiguillonnée par une pétition de 200 000 signataires – Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Allemagne -, elle va plus loin encore. Barbara Hendricks, ministre fédérale de l’Environnement, vient de lâcher sur la chaîne de télévision publique ARD : « Nous redoutons que la sécurité nucléaire exigée par ne soit ps entièrement assurée. » Ce qui veut dire en français vivant que ça craint. Follement.

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https://resistanceinventerre.wordpress.com/2016/01/20/ne-rions-pas-trop-du-nucleaire-belge/ 

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