Mar 13 2013

Neige: 42.000 foyers privés d’électricité dans la Manche et le Cotentin, région la plus nucléarisée de France avec La Hague, Flamanville et l'Arsenal

Environ 24.000  ( 42000 à 16h 30 pour la la Manche) foyers sont privés d’électricité dans le nord de la Manche en raison d’un épisode neigeux qui frappe le nord et l’ouest de la France, a indiqué lundi la préfecture du département le plus nucléarisé de France avec Flamanville , La Hague et l’Arsenal.  source  AFP et divers  11 mars 2013 13h 30. Sans nouvelles de l’usine de la Hague, Jeudi observe que l’Etat et RTE mettent plus d’énergie à construire la THT Cotentin Maine avec le concours de la Gendarmerie ( quitte à s’en prendre aux  manifestants pacifiques) qu’à effacer les lignes électriques secondaires de la Manche et du Cotentin. Ce mercredi matin, une auditrice de France Bleu Cotentin se félicitait d’avoir conservé un transistor à piles et se demandait  » en cas d’accident nucléaire comment pourrais je être prévenue pour partir? ». Nul doute qu’il y aura un REX « retour d’expérience » suite à cet évènement.

Le  11 mars 13 h 30, il y avait 24.000 foyers sont privés d’électricité dans le nord du département sur 298.000 abonnés, écrit la préfecture dans un communiqué reçu à la mi journée. La neige humide qui a commencé à tomber dans la nuit va s’intensifier et tomber en gros flocons. Le temps se refroidit encore et, en fin de journée, il faut s’attendre à une couche d’au moins 10 à 20 centimètres selon les endroits, a-t-elle précisé.

11 mars 23 h : le Cotentin coupé du monde par la neige, trains, camions, bus ne circulent plus; nombreux naufragés de la route entre Cherbourg et Valognes

12 mars 11h: tempête de  neige, le département de la Manche placé en vigilance rouge: l’usine de la Hague aurait interrompu ses activités de production. Les autorités  recherchent des tracteurs près des paysans pour acheminer des groupes electrogènes…. pour rétablir le courant près de la population. Batho est envoyée à Caen mais n’ira pas dans le Cotentin… C’est où ça?

13 mars: l’Armée arrive à Beaumont Hague, plus de 600 personnels Areva bloqués près de Beaumont Hague ou dans une salle polyvalente sont libérés et peuvent rentrer à la maison. Une auditrice de France Bleu Cotentin se félicitait d’avoir conservé un transistor à piles et se demandait  » en cas d’accident nucléaire  et comment pourrais je être prévenue pour partir? ». Nul doute qu’il y aura un REX « retour d’expérience » suite à cet évènement. Le chantier de l’EPR reprendra à 13h (ouf on a eu peur pour le retard qui s’était agrandi).

14 mars 19h: il reste encore 4000 foyers privés d’électricité dans la Manche , sans compter les problèmes d’adduction d’eau

Avec:

  • une centrale nucléaire qui compte deux réacteurs (dont un actuellement à l’arrêt pour maintenance) et un troisième en construction à Flamanville,
  • l’usine de retraitement des déchets de Beaumont-Hague, site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe, (soit 108 coeurs nucléaires en refroidissement permanent + des tonnes de plutonium et de déchets vitrifiés Haute activité Vie longue)
  • le Centre de stockage de la Manche (CSM), plus anciens site de stockage définitif des déchets nucléaires français,
  • et l’usine DCNS de fabrication et deconstruction de sous-marins nucléaires à Cherbourg ( et de stockage du réacteur nucléaire du Redoutable) ,

la Manche fait figure de département le plus nucléarisé de France. Tous les sites se trouvent dans le nord du département.

Tout ceci nécessite un approvisionnement sûr en électricité et des moyens humains permanents. On peut comprendre les interrogations des salariés d’AREVA dans la vidéo ci dessous (accessible par un lien sur youtube)

« Selon un syndicaliste de l’usine, qui concentre le plus de matières radioactives en Europe, il y a aussi un enjeu de sûreté à dégager la route qui mène au site, même si en cas d’urgence des moyens aériens peuvent être déployés.

Le dégagement de la route menant à l’usine permettra aux 320 personnes qui en assurent la surveillance depuis lundi matin d’être relevées, a indiqué Frédéric Martinet, directeur adjoint du site, sans vouloir parler d’enjeu de sûreté.

L’usine a été arrêtée lundi matin, et une rotation organisée entre les 320 salariés présents sur le site, selon la direction.

Par ailleurs, près de 200 salariés d’Areva La Hague qui ont passé la nuit dans une salle polyvalente de Beaumont ont commencé à être ramenés chez eux, selon Areva. Près de 400 salariés avaient été bloqués dans la nuit de lundi à mardi dans les bus qui devaient les ramener chez eux, avant de rejoindre cette salle. Près de 5 000 personnes travaillent à l’usine de la Hague, sous-traitants inclus. ( source Ouest France 13 mars 2013)

Que s’est-il passé sur le site de retraitement de la Hague durant ces deux jours de 2013? Heureusement que les lignes haute tension qui alimentent la Hague n’ont pas été victimes de congères car la route entre Cherbourg et Beaumont Hague était impraticable et n’aurait pas permis d’acheminer des groupes éléctrogènes par la route
Jeudi observe que l’Etat et RTE mettent plus d’énergie à construire la THT Cotentin Maine avec le concours de la Gendarmerie ( quitte à s’en prendre aux  manifestants pacifiques) qu’à effacer les lignes électriques secondaires de la Manche et du Cotentin.
Quand survient une situation de crise comme la neige, le Prefet  doit faire appel à l’Armée ( le Génie) ….car on découvre que le Cotentin n’a pas les matériels adaptés.

Et pourtant La Hague a fait l’objet d’un avis post Fukushima de la part de l’ASN en 2011:

« Dans l’attente du déploiement progressif de dispositions qui prendra plusieurs années, l’ASN prescrira la mise en place de dispositions provisoires dès 2012, telles que des groupes électrogènes mobiles (226).

A La Hague, la disponibilité problématique des moyens de secours et la corrosion avancée de certains équipements des groupes électrogènes commandent une action palliative rapide (74), tandis que sur plusieurs « autres sites » (hors centrales) la perte des alimentations électriques conduirait à moyen terme à la perte des moyens de surveillance en salle de commande et à la perte des moyens de communication (75). » On en est ou?

http://fukushima.over-blog.fr/article-synthese-et-commentaire-des-inspections-conduites-par-l-asn-en-2011-103198249.html

CotentinNucléaire3

 

Un petit rappel historique avec l’ACRO et le CRILAN:

La Hague vendredi 13 février 1970, 22 h : suite à d’importantes chutes de neige, la presqu’île du Cotentin est entièrement privée d’électricité, toutes les lignes s’effondrent sous le poids de la neige, plus de téléphone, les poteaux électriques et téléphoniques sur la chaussée s’additionnent aux congères et au verglas pour rendre les routes impraticables. Le courant industriel ne sera rétabli que le mercredi 18 février au matin. Que s’est-il passé sur le site de retraitement de la Hague durant ces 5 jours de 1970 ?

 http://www.acro.eu.org/lettre_asn05.html

1979 : Neige et congères sur les hauts de la Hague, travailleurs bloqués dans la tourmente. Le CRILAN pose déjà la question : que serait-il arrivé en cas d’accident?

15 Avril 1980 (1): hors aléa climatique, incendie du poste de transformation et rupture d’approvisionnement d’électricité. Peu de temps auparavant, le directeur de l’usine COGEMA, devant la comité d’hygiène et sécurité avait affirmé que c’était le scénario de référence de l’accident majeur : au bout de trois heures, les cuves d’entreposage des produits de fission et transuraniens se seraient échauffées, des éléments radioactifs gazeux se seraient échappés dans l’environnement ; au bout de 8 à12 heures , une explosion se serait produite.

La COGEMA récupérera alors les premiers générateurs de secours près de l’arsenal de Cherbourg en moins d’une heure;  ceux ci ne suffisant pas , la SMN (2) de Caen fera parvenir les compléments nécessaires en un peu moins de 3 heures. L’alimentation en électricité sera rétablie in extremis. Ouf ! Que serait-il advenu des travailleurs et des populations à évacuer, si la neige  avait alors encombré les routes ?

Le directeur de l’usine reconnaîtra plus tard devant un journaliste local : “ Oui, on a alors frôlé l’accident majeur !”

Certes, depuis les années 80, des moyens redondants pour maintenir l’alimentation électrique ont été mis en oeuvre, Mais….

11-12 Mars 2013 , de nouveau une tempête de neige, d’énormes congères sur les routes, 17 cars d’employés d’AREVA NC et des voitures particulières bloqués.

Imaginons que , pour une cause ou une autre, accident industriel ou attentat se soit produit, qui pourrait croire que l’on puisse évacuer travailleurs et populations, faire accéder intervenants spécialisés autres que militaires et pompiers de secours et éventuels “liquidateurs” dans une telle situation ?

Faudra-t-il attendre l’accident majeur ou l’attentat pour que l’on prenne en compte le fait qu’ici, comme au Japon, on ne maîtrise pas les aléas sismiques ou climatiques. Comme vient de  le déclarer le préfet de la Manche ( 3) , “ La mise en sûreté complète des voies est illusoire. lorsque survient un événement de cette nature; Nous devons accepter la force de certains phénomènes naturels.”

Didier ANGER, Président du  CRILAN demande si vraiment  le nucléaire est compatible avec les aléas naturels?

 1. cf Archives brochure CRILAN

2. Société Métallurgique de Normandie

3. Presse de la Manche 13 mars 2013

 CRILAN: La presqu’île au nucléaire coupée du monde pendant 2 jours !

Voir aussi:

Fukushimanche en Cotentin

Les promenades buissonnières de Janick Magne en Cotentin

 

(2 commentaires)

  1. Ca me fait froid!

    • emilie on 16 mars 2013 at 20 h 40 min
    • Répondre

    hallucinant

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