Sep 25 2013

Noël Mamère quitte la « firme » Europe écologie – Les Verts

Dans une interview au Monde, Noël Mamère annonce son intention de quitter Europe écologie – Les Verts. Le député-maire de Bègles considère que le mouvement a « abandonné [sa] fonction de lanceur d’idées pour devenir un parti comme les autres, obsédé par ses jeux d’appareil » :  Rémi Noyon  Rue89 25/09/13

« J’ai décidé de quitter EELV parce que je ne reconnais pas le parti que j’ai représenté à la présidentielle en 2002. Notre parti ne produit plus rien : il est prisonnier de ses calculs et de ses clans. Nous sommes devenus un syndicat d’élus. J’ai l’impression d’un sur-place qui nuit au rôle que nous pouvons jouer dans la société.

Cela ne m’empêchera pas de conduire une liste aux municipales à Bègles, je n’ai pas besoin de l’étiquette. C’est une page qui se tourne. »

« Bon vouloir d’un clan »

Celui qui avait pris la tête des Verts à la présidentielle de 2002 dénonce l’influence de « la firme », à savoir « Cécile Duflot et ses amis » :

« Même si Cécile Duflot est une bonne ministre, elle n’a pas lâché la direction des Verts. Mais ces derniers ne se sont pas créés pour être soumis au bon vouloir d’un clan. C’est le contraire de ce que défendent les écologistes. »

Lui votera contre le budget défendu par le gouvernement et présenté aujourd’hui en Conseil des ministres. L’année dernière, il avait déjà menacé de ne pas voter la confiance au gouvernement Ayrault. Avant de s’y résigner. Las, rendu un an plus tard, il ne voit toujours pas l’« utilité » des écolos dans la majorité :

« Les écologistes passent leur temps à accepter ce qui ne correspond pas au projet qu’ils sont censés porter. Vous trouverez toujours des arguments pour dire qu’on fait avancer les choses mais c’est à la marge. »

Très critique à l’égard du gouvernement depuis des semaines, Noël Mamère avait décidé de bouder l’université d’été de EELV à la fin du mois d’août. Exaspéré par l’« abandon de la fiscalité écologique et de la taxe diesel », il écrivait à la mi-septembre dans une note de blog publiée sur Rue89 :

« Ce ne sont plus des couleuvres que l’on nous fait avaler, c’est un boa. »

Il se disait alors « prêt » à quitter le parti. C’est visiblement la mise au pas de Pascal Durand qui l’a décidé à claquer la porte.

Le patron des Verts a annoncé récemment qu’il ne se représenterait pas à la tête du parti au congrès de Caen, fin novembre. Selon Noël Mamère (et d’autres), c’est Cécile Duflot qui a poussé Durand vers la sortie. La ministre du Logement – qui « place [son] travail dans la durée » – n’aurait pas apprécié l’ultimatum lancé par le secrétaire national à François Hollande peu avant la Conférence environnementale de la semaine dernière.

« Je partage son ras-le-bol »

L’annonce matinale commence à provoquer des réactions parmi les cadres du mouvement.

Ainsi, Daniel Cohn-Bendit dit sur Europe 1 :

« Je comprends la décision de Noël Mamère. Je partage le ras-le-bol sur le fonctionnement, le clanisme, les couples terrifiants qui règnent sur Europe écologie. »

Dans la même veine, Nicolas Hulot, qui a manqué l’investiture d’EELV pour 2012, reconnaît sur RTL que quelque chose ne « marche pas » :

« Ce qui est clair, c’est que dans cette formation politique, il y a quelque chose profondément qui ne marche pas : ils ne rencontrent pas l’adhésion de la société. Il faut qu’ils se posent la question : pourquoi il y a une telle irritation sur l’écologie, un tel rejet ? »

De son côté, Denis Baupin, député EELV de Paris favorable à la participation au gouvernement, estime que la base militante ne partage pas l’avis du député-maire de Bègles.

Autre stratégie pour atténuer les secousses de cette décision, celle du co-président du groupe écolo à l’Assemblée, François de Rugy, qui parle « d’un cheminement très personnel » :

« Je note qu’il souhaite rester député, qu’il souhaite rester au groupe écologiste à l’Assemblée nationale. (…) Je pense qu’il voudra continuera à travailler avec nous pour mettre plus d’écologie dans les projets de loi. »

Les Journées parlementaires d’EELV s’ouvrent ce mercredi à Angers. La première journée doit, selon le programme, « permettre aux élu-e-s et à leurs équipes de partager leurs bonnes pratiques et harmoniser leurs positions et circuits d’échange ». Cela risque d’être rigolo.

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