Fév 04 2013

Nucléaire chinois: la fuite en avant

La Chine est prête à exporter un réacteur de troisième génération de conception chinoise, qui pourrait à terme faire concurrence à l’AP1000 américain dont il est dérivé, ainsi qu’à l’EPR français. latribune.fr | 02/02/2013

Jeudi: Difficile de s’y retrouver dans les alliances occidentales du nucléaire chinois qui exige des réacteurs « made in China ». Au Diable l’EPR, l’AP1000., le CAP 1400 arrive et ce n’est pas fini..

Ce qui devait arriver, est en train… d’arriver. Premier marché mondial pour le nucléaire civil, la Chine a annoncé qu’elle était prête à exporter un réacteur de troisième génération de conception chinoise, qui pourrait à terme faire concurrence à l’AP1000 américain dont il est dérivé, ainsi qu’à l’EPR français. « L’exploration du marché mondial pour le CAP1400 va démarrer en 2013 », a déclaré le directeur général de State Nuclear Power Technology Corporation, Gu Jun, lors d’un colloque vendredi à Pékin dont fait état samedi le quotidien le « China Daily ». Cette exploration se ferait conjointement avec le groupe Westinghouse, constructeur de l’AP1000, selon le directeur général adjoint du groupe, Ma Lu, également cité par le journal.

Aucun réacteur dit de « troisième génération », dont les concepteurs promettent une sûreté et une longévité augmentées par rapport aux réacteurs actuels, n’a encore été mis en service dans le monde. Quatre exemplaires de l’AP1000 sont actuellement en construction sur deux sites dans l’est de la Chine et plusieurs autres aux Etats-Unis. La construction du premier CAP1400 devrait démarrer cette année près de Rongcheng, dans la province orientale du Shandong, pour un achèvement des travaux en 2017. Parallèlement, un démonstrateur du CAP1400 est en cours de réalisation à l’université Tsinghua de Pékin et pourrait être achevé fin 2013.

L’Afrique du Sud intéressée ?

Si le réacteur américain devrait être préféré à sa version modifiée en Chine dans la plupart des pays, « pour certains marchés comme l’Afrique du Sud , nous espérons que State Nuclear Power pourra prendre l’initiative et promouvoir le CAP1400 », a déclaré Ma Lu. Les experts émettent toutefois des doutes sur la capacité de State Nuclear Power à exporter rapidement cette nouvelle technologie. « La Chine devra construire de 20 à 30 réacteurs CAP1400 chez elle avant de pouvoir établir son image de marque mondialement », estime le directeur du Centre de recherches sur l’économie du secteur de l’énergie à l’université de Xiamen (sud-est), Lin Boqiang, cité par le China Daily.

La Chine est de loin le principal marché mondial pour la construction de centrales nucléaires, avec 30 réacteurs de production d’électricité en construction, pour 16 déjà en opération, selon la World Nuclear Association. Les français Areva et EDF y construisent dans la province méridionale du Guangdong deux réacteurs EPR, également de troisième génération, avec le groupe cantonais CGNPC, et espèrent qu’il pourront en bâtir davantage à l’avenir. Mais alors que l’AP1000 a été choisi dès 2006 comme technologie de référence en Chine pour la troisième génération de réacteurs, la compétition pourrait devenir encore plus rude pour les acteurs français à la suite d’un rapport publié en octobre par Pékin soulignant que la multiplication des standards dans la filière complique la gestion de la sûreté.

Trois réacteurs chinois en développement

En dehors du CAP1400, deux autres réacteurs chinois « autochtones » de troisième génération sont en développement dans le pays, l’ACP1000 de la China National Nuclear Corporation (CNNC) et l’ACPR1000 par CGNPC.

Pour rester dans la course, les acteurs français envisagent de développer avec les Chinois leur propre réacteur dérivé de la technologie EPR, comme Westinghouse l’a fait avec l’AP1000. L’an dernier, EDF et Areva ont conclu avec CGNPC un accord en sens. Le projet a été validé par le gouvernement français mais suscite des craintes sur d’éventuels transferts de technologies.

Une mission a été lancée par l’Etat pour faire le point. Parallèlement, EDF voudrait associer son partenaire CGNPC à ses projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni, où le chinois pourrait se substituer à son partenaire actuel, le britannique Centrica, a rapporté le mois dernier l’agence financière Dow Jones.

Source:  http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20130202trib000746484/nucleaire-la-chine-prete-a-exporter-un-reacteur-de-troisieme-generation-face-a-l-epr-francais.html

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