Nucléaire : la production d’EDF face au défi des grands travaux

Les Echos VERONIQUE LE BILLON Le 17/01/19

L'année 2018 marquée problème générique réacteurs 1.300 mégawatts, total coûté 10 TWh production.
L’année 2018 a été marquée par un problème générique sur certains réacteurs de 1.300 mégawatts, qui a au total coûté 10 TWh de production. – AFP

Les 58 réacteurs nucléaires en France ont produit l’an dernier 393 térawattheures. C’est davantage qu’en 2017, mais la production s’installe durablement sous la barre des 400 TWh.

Un rebond, mais qui ne permet pas de revenir sur les niveaux historiques. L’an dernier, les 58 réacteurs nucléaires du parc d’EDF en France ont produit 393,2 térawattheures (TWh). C’est une hausse de 3,7 % (soit +14,1 TWh) par rapport à l’année précédente, qui avait affiché un plus bas depuis vingt ans . Mais, pour la troisième année consécutive, la production nucléaire d’EDF reste inférieure à 400 TWh, alors qu’elle n’avait rencontré cette situation qu’une seule fois, en 2009, en raison d’une longue grève.

Les années 2016 et 2017 avaient été marquées  par des arrêts exceptionnels de réacteurs liés aux contrôles de l’Autorité de sûreté sur la qualité de gros composants. La production de l’année 2018, de son côté, a souffert d’un problème générique, qui a coûté 10 TWh de production, lié à l’usure de pièces (des « manchettes thermiques ») situées sur le couvercle de la cuve de certains réacteurs de 1.300 mégawatts (MW).

Canicule et sécheresse

Un encrassement plus rapide sur un générateur de vapeur à Dampierre (Loiret) a également coûté à lui seul, 2,6 TWh, en raison d’un arrêt prolongé. La canicule (qui réchauffe trop l’eau des fleuves) et la sécheresse (qui réduit trop le niveau d’eau) ont par ailleurs coûté 1,7 TWh de plus que prévu.

EDF se satisfait en revanche de ses performances de sûreté, avec son plus faible nombre d’arrêts automatiques de réacteurs (18 dans l’année, contre 22 l’année précédente), et un taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt, de 2,3 par million d’heures travaillées.

Rapporté à sa puissance installée (63,13 GW), le parc nucléaire français a produit à 71,1 % de ses capacités théoriques maximales l’an dernier, quand le groupe visait encore un taux de disponibilité de plus de 80 % il y a cinq ans et avait adopté, en 2015, un programme baptisé « Génération 420 » – pour 420 TWh.PUBLICITÉ

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Sept visites décennales en 2019

La productivité du parc ne devrait pas s’améliorer. L’électricien prévoit à nouveau, cette année, une production nucléaire « de l’ordre de 395 TWh », selon une information donnée mi-décembre au gestionnaire du réseau électrique, RTE. Une prudence liée notamment à la programmation de sept visites « décennales » cette année.

Nucléaire : la production d\'EDF face au défi des grands travaux

Deux de ces programmes de maintenance lourde seront en outre des têtes de série, avec notamment le premier chantier de prolongation de la durée d’exploitation d’un réacteur au-delà de ses quarante ans, à la centrale du Tricastin (Drôme). Pour absorber le programme de travaux demandés par l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF a déjà anticipé une partie des travaux, et  les étalera, au-delà de la visite décennale programmée début juin pour durer 130 jours , jusqu’en 2023…

Avec 32 réacteurs de 900 MW qui doivent réaliser leur quatrième visite décennale d’ici à 2030, ces travaux vont peser sur la disponibilité du parc. « Pour les années 2020 et suivantes, les risques particuliers (densité et complexité du programme de maintenance, matérialisation d’aléas industriels) conduisent, à date, à anticiper une production du même ordre de grandeur [que celui de 2019, NDLR] », a ainsi indiqué EDF sur le site de RTE.

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