Nucléaire: Proglio visé par une enquête pour un accord entre EDF et Pékin

 ATMEA , EPR, rivalités EDF AREVA, tout y est!  Une enquête sur les conditions dans lesquelles Henri Proglio a signé, en novembre 2011, un partenariat entre EDF et CGNPC a été engagée «il y a quelques jours» selon le Canard enchaîné publié ce mercredi. Le Parisien Julie Reynié 26.12.2012

Déjà en froid avec le gouvernement, Henri Proglio va devoir s’expliquer devant le comité de la stratégie d’EDF la semaine prochaine. Selon une information du Canard enchaîné, confirmée par une source proche du dossier, le patron du groupe d’électricité est visé par une enquête de l’Inspection générale des Finances pour avoir signé un projet d’accord entre le groupe français et le chinois CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Company), conclu sans l’aval du gouvernement français ni la participation d’Areva.

Des secrets technologiques dévoilés. Signé en novembre 2011, ce texte prévoit la construction de centrales nucléaires avec la Chine et la mise en place d’un nouveau réacteur. Selon la source ayant accès aux dossiers sensibles d’EDF, Henri Proglio «est allé loin. Il donnait aux Chinois l’accès à des secrets technologiques ». «S’il est avéré que l’accord conclu par Henri Proglio contient effectivement le transfert de secrets industriels français à la Chine, ce serait une trahison gravissime de nos intérêts nationaux qui ne pourrait pas rester impunie», se révolte Florian Philippot, vice-président du FN.

Un texte très critiqué au sein même du groupe et par le gouvernement. Cinq mois après la signature, le pré-accord avait ainsi été retoqué par le comité de la stratégie du groupe, sorte d’antichambre du conseil d’administration qui réunit notamment des représentants de l’Etat et des salariés. Dans la foulée, le texte avait également été critiqué par l’Agence des participations de l’Etat (APE). Finalement, il avait été bloqué à la veille de l’élection présidentielle par le ministre de l’Economie de l’époque, l’UMP François Baroin.

Les tensions entre EDF et Areva. La collaboration entre les deux fleurons français du nucléaire, Areva côté fabrication de réacteurs et EDF côté exploitation, a été problématique ces dernières années en raison des désaccords entre Henri Proglio et Anne Lauvergeon, l’ex-patronne d’Areva. Pourtant, la date de l’accord mis en cause suggère que les tentatives du patron d’EDF de signer des accords avec CGNPC se sont prolongées bien après l’arrivée aux manettes de Luc Oursel comme nouveau patron chez Areva, en juin 2011.

Un rapprochement sans l’aval du gouvernement. En septembre 2012, après un recadrage, le premier Conseil de politique nucléaire (CPN) de la présidence Hollande avait finalement débouché, le mois suivant, sur un accord tripartite -et non pas simplement bi-latéral, excluant Areva- entre EDF, Areva et CGNPC pour un possible nouveau réacteur franco-chinois.

VIDEO. EDF : Bercy enquête sur Henri Proglio

 

Les liaisons dangereuses EDF-Chine passées au crible

Un « bilan des relations passées » entre la France, EDF, Areva et la Chine dans le domaine du nucléaire est « en cours », a indiqué mercredi une source gouvernementale, sans vouloir commenter les informations de presse sur une enquête visant le patron d’EDF Henri Proglio. « Dès notre arrivée (au pouvoir), le gouvernement a voulu clarifier le rôle respectif de l’Etat et des entreprises à l’export. Et le Conseil de politique nucléaire de septembre a rappelé que les relations contractuelles ne pouvaient être établies en dehors d’une stratégie établie par l’Etat », a indiqué ce haut responsable sous couvert de l’anonymat.

LeParisien.fr

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