HANFORD USA: 435 tonnes de déchets toxiques de Hanford gardés hors du fleuve Columbia

Au cours des 12 derniers mois, les travailleurs du traitement des eaux souterraines de la réserve nucléaire de Hanford ont remplacé les filtres, comme celui-ci, par des filtres plus récents et plus efficaces pour le nettoyage des eaux souterraines contaminées. Courtesy Department of Energy par Annette Cary, Richland WA 14 août 2018 10h33

 

Pour aller plus loin sur Hanford

Le retraitement des déchets nucléaires reste illisible par le grand public

Dans un rapport sur le cycle du combustible remis à Nicolas Hulot le 27 juillet, le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire pointe les ambiguïtés de la rhétorique du recyclage des matières radioactives.    Agnès Sinaï

La gestion des déchets radioactifs demeure le talon d’Achille de l’énergie nucléaire.

Fin 2016, environ 13.770 tonnes de combustibles usés étaient entreposées en attente de retraitement, note le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) dans un rapport sur le cycle du combustible français remis au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, le 27 juillet dernier.

La quantité de matières radioactives, non encore retraitées, entreposées sur le site de la Hague (Manche) au 31 décembre 2016, était de 9.778 tonnes de métal lourd (tML) pour une capacité de 14.000 tML, pointent les auteurs. D’ici à 2030, les piscines d’entreposage seront saturées. EDF a le projet de construire une nouvelle piscine centralisée pour pallier l’absence de capacité d’entreposage des combustibles.

Face à ces perspectives, l’industrie nucléaire, soutenue par l’Etat, entend créer des débouchés pour ces matières radioactives qui s’accumulent, les résorber par un  »cycle » idéalement  »fermé » : les combustibles usés sortant des réacteurs après irradiation subissent un traitement dans des usines spécialisées à l’issue duquel une partie des matières obtenues est recyclée. L’autre cycle est qualifié d’  »ouvert » : les combustibles usés sont considérés comme des déchets qui sont entreposés à sec ou dans des piscines de refroidissement à des fins de stockage définitif. La dénomination de  »cycle fermé » peut induire le public en erreur, souligne le comité des sages du nucléaire.

Un taux de recyclage de 1%

Sur 1.200 tonnes de combustibles chargées chaque année dans les réacteurs, 120 tonnes sont des combustibles MOX (Mélange d’Oxydes de plutonium et d’uranium appauvri) fabriqués à partir de 10,8 tonnes de plutonium recyclé annuellement produites. Si l’on comptabilise les quantités de matières recyclées, il convient de considérer un taux de recyclage inférieur à 1% correspondant au rapport 10,8 t (matières recyclées) / 1.200 t (matières totales chargées), pointe le rapport.

En outre, après avoir été utilisés en réacteur, les combustibles MOX ne sont aujourd’hui pas retraités. Hautement radioactif, le MOX usé, après avoir été suffisamment refroidi dans les piscines de refroidissement, est évacué et actuellement entreposé dans l’usine Orano (ex-Areva) de La Hague. A fin 2016, cet entreposage était de l’ordre de 1.330 tonnes.

Par ailleurs, de 1994 à 2013, une partie de l’uranium de retraitement (URT) a été ré-enrichie et utilisée pour la fabrication de combustible à l’uranium de retraitement enrichi (URE) dans le cadre du fonctionnement des quatre réacteurs de 900 MW de la centrale nucléaire de Cruas (Drôme). Mais depuis 2013, l’uranium de retraitement obtenu à l’issue du retraitement des combustibles usés n’est pas valorisé pour des raisons industrielles, économiques et environnementales.

A la recherche de débouchés pour le MOX

Outil de pilotage de la politique énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit pour la période 2019-2023 de maintenir la politique de traitement et de recyclage du combustible nucléaire et d’étudier les modalités d’utilisation du MOX dans les réacteurs de 1.300 MW, 1.450 MW et de l’EPR (1.600 MW).

La PPE envisage à plus long terme le recyclage des combustibles MOX usés dans le cadre des systèmes nucléaires de quatrième génération, notamment à l’aide des réacteurs à neutrons rapides (RNR). La France a lancé en 2010 les études de conception d’un démonstrateur RNR avec le projet Astrid. Le Gouvernement devra décider d’ici 2019 de la poursuite de ce projet et des orientations futures en matière de recherche sur les combustibles nucléaires.

Le Haut comité considère que la décision du Gouvernement sur ce sujet devra être explicitée au grand public en présentant les grandes orientations envisagées de la filière nucléaire et en particulier du cycle du combustible.

Une terminologie susceptible d’induire le public en erreur

Le Haut comité constate que les informations et les documents mis à disposition du public par les acteurs de la filière nucléaire et les parties intéressées sur le  »cycle du combustible » ne permettent pas toujours d’appréhender clairement le processus tel qu’il est mis en oeuvre actuellement.  »L’interprétation des éléments de communication sur le caractère «cyclique» du retraitement laisse parfois croire en effet à la mise en oeuvre de procédés de valorisation immédiate de l’ensemble des matières issues du traitement des combustibles usés », souligne le rapport.

Enfin, les éléments portés à la connaissance du public ne permettent pas de saisir l’échelle temporelle des différentes étapes du cycle du combustible, estime le HCTISN, qui recommande d »’anticiper dès à présent le maintien et la transmission de la mémoire à long terme des connaissances et des données sur les opérations de gestion des matières radioactives, quelles que soient les décisions qui seront prises pour le devenir de la filière nucléaire française ».

Quant aux associations, elles soulignent dans leur contribution que  »moins de 1% des combustibles irradiés sont recyclés actuellement (0,9%) » et estiment  »abusif » de parler de « cycle » et encore plus de« cycle fermé ». « La terminologie «cycle ouvert» pour qualifier l’absence de cycle frise le ridicule. Par ailleurs, plus du tiers des combustibles usés issus des réacteurs à eau pressurisée d’EDF ne sont actuellement pas retraités, quarante ans après le premier déchargement ».

L’analyse des données actualisées relatives aux flux et aux stocks de matières et de déchets radioactifs met en évidence que ces derniers pourront varier dans des proportions importantes et de fait affecter les générations futures dans les prochaines années. La réduction progressive de la part du nucléaire à 50%, prévue par la loi de transition énergétique, redonne des marges de manœuvre. Si elle est entérinée par la PPE, elle contribuera à réduire l’accumulation de ces encombrants combustibles.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/retraitement-dechets-nucleaires-illisible-grand-public-hctisn-31836.php4

 

La bombe : comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ?

Comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ? S’appuyant sur de spectaculaires archives récemment restaurées et rendues publiques, une captivante plongée dans l’histoire de la bombe atomique, de sa conception à la manière dont elle a changé le monde. Arte TV

 La bombe

97 min
Disponible du 04/08/2018 au 11/09/2018
Disponible en direct : oui
Prochaine diffusion le mercredi 5 septembre à 09h25
https://www.arte.tv/fr/videos/079408-000-A/la-bombe/
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Tout a commencé assez innocemment. En 1938, deux chimistes allemands découvrent accidentellement la fission nucléaire. Comme l’avait pressenti Einstein, ce phénomène physique pourrait s’accompagner d’un colossal dégagement d’énergie. Les physiciens du monde entier en sont certains : grâce à la fission nucléaire, l’arme la plus puissante jamais inventée va pouvoir voir le jour. Mais ils redoutent aussi que les Allemands soient les premiers à la posséder. Quand les Américains entrent en guerre en 1941, cette menace les pousse à se lancer dans une course effrénée. « Pour la première fois, nous étions maintenant capables de notre propre destruction en tant qu’espèce« , rappelle ainsi l’historien américain Richard Rhodes. Avec l’aide du Royaume-Uni et du Canada, les États-Unis initient le projet Manhattan dont ils confient les rênes scientifiques au physicien Robert Oppenheimer. Celui que l’on surnommera « le père de la bombe atomique » va coordonner les efforts de 130 000 collaborateurs et disposer d’un budget colossal de 2 milliards de dollars pour réaliser une bombe de destruction massive. Quelques jours après la réussite des premiers tests,  le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique, le président Truman donne son feu vert pour utiliser l’arme atomique contre le Japon. Les villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août, et Nagasaki, le 9, vont être ravagées par « Little boy » et « Fatman » ainsi que les ont surnommées les équipages des bombardiers qui les ont larguées. Après la capitulation de l’empereur Hirohito, le monde entier découvre les terribles ravages de la puissance de feu atomique. Mais, alors que la bombe A devint le symbole d’une Amérique triomphante, les premiers essais russes en 1949 vont rappeler que les frères ennemis peuvent désormais se menacer mutuellement de destruction totale…

Archives et témoignages exceptionnels
C’est une histoire tout à la fois scientifique, politique et culturelle que raconte ce formidable documentaire du cinéaste américain Rushmore DeNooyer (Téléscope Hubble – Une mission à haut risque). Pendant un an et demi, le réalisateur a pu puiser dans les photographies et les films récemment déclassifiés par le Département de la Défense américain afin d’exhumer les documents les plus passionnants. Étayé d’impressionnantes images de champignons atomiques au-dessus du désert du Nouveau-Mexique et du Pacifique, mais aussi d’archives poignantes consacrées aux victimes d’Hiroshima et de Nagasaki, son récit convoque également les témoignages d’anciens hommes politiques, d’ingénieurs du projet Manhattan et d’historiens. Ces derniers s’interrogent : comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ?

Réalisation :

Rushmore Denooyer

Pays :

Etats-Unis

Année :

2015

Grande marche contre le nucléaire : Il faut réfléchir à un autre mode de consommation de l’énergie

Organisée par l’association Nucléaire en question, la marche est partie vendredi de la Hague et devrait arriver à Paris le 27 août. Objectifs : sensibiliser le public à la transition énergétique et à la question nucléaire. franceinfo Radio France publié le 

L’idée est de sensibiliser le public à la transition énergétique et à la question nucléaire. « C’est une action complémentaire, explique André Jacques, président du Crilan (comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire). Il faut réfléchir à un autre mode de consommation de l’énergie. »

franceinfo : Cette marche, c’est pour faire autre chose que les actions retentissantes de Greenpeace ?

André Jacques : C’est en effet une action complémentaire de tout ce qui peut se faire dans la réflexion autour de l’énergie, en particulier autour de l’énergie nucléaire, afin de rencontrer des gens sur le chemin. Le but est de questionner la transition énergétique, au travers de soirées et conférences. Le sujet est galvaudé, on est sur une fixation d’un niveau de production énergie nucléaire maximal. Nous estimons qu’il est nécessaire de réfléchir à un autre mode de consommation de l’énergie. C’est la raison pour laquelle le Crilan accompagne les premiers pas de cette association pour la grande marche.

 

L’une des conférences s’appelle « comment convaincre son tonton lors d’un repas de famille ». Il faut aussi parler différemment de ces questions-là ?

Peut-être, aussi. Il faut vulgariser ces sujets, qui sont tabous dans le Cotentin, il faut le dire. Dans le Cotentin, c’est un sujet très sérieux parce que c’est un secteur d’activité très important, mais c’est aussi un secteur de dépendance très fort pour l’ensemble de notre pays. Au travers des différentes thématiques, des conférences, c’est l’occasion de poser les questions, autour de l’EPR en particulier. Ou sur les effets biologiques des radiations ionisantes. Ce sont des sujets importants à prendre en compte pour pouvoir se forger un avis.

Justement, la marche passera demain à Flamanville « pour dire bonjour à l’EPR ». Vous continuez à demander l’arrêt de ce projet ?

Tout à fait. Le Crilan demande l’arrêt du chantier EPR qui est devenu une pitoyable farce industrielle, avec un coût qui ne cesse d’augmenter. Le sujet des soudures du circuit secondaire principal de l’EPR, c’est-à-dire les 150 soudures non conformes, pose question. La marche est une action comme les autres. Elle est complémentaire des rassemblements que l’on a organisé. Toutes ces actions convergent vers un même but : se poser des questions et demander l’arrêt de l’EPR. J’ai été témoin d’une autopsie d’une soudure sur le circuit secondaire principal, lors d’une visite récente à la CLI (commission locale d’information) de l’EPR. Véritablement, cela pose question. C’est la raison pour laquelle nous demandons l’arrêt de cette farce industrielle.

« La filière nucléaire nous emmène dans une dérive », ce sont les mots du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot. Ce ne sont que des mots ?

Je partage son analyse, mais je ne partage pas du tout sa manière de traiter les solutions. Si la filière nous emmène effectivement dans le mur, les réponses qui sont apportées aux questions de transition énergétique ne sont pas les bonnes. En témoigne, en particulier, le débat faussé sur la PPE, la programmation pluriannuelle de l’énergie.

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/grande-marche-contre-le-nucleaire-il-faut-reflechir-a-un-autre-mode-de-consommation-de-l-energie_2871111.html#xtor=AL-79-[article]-

 

Cuve de l’EPR de Flamanville : l’ACRO demande la publication de toutes les pièces du dossier

Les anomalies de l’acier de la cuve de l’EPR et de nombreux générateurs de vapeur ont entraîné une des crises les plus graves auxquelles a dû faire face l’industrie nucléaire française. Le rapport du Haut Comité à Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN) met en évidence la quasi-absence d’information précise d’Areva et d’EdF sur les graves problèmes qui affectent la cuve de l’EPR de Flamanville. Le constat serait le même pour les générateurs de vapeur. L’ACRO réclame donc plus de transparence. Posted on 

L’association a fait un état des lieux de la documentation disponible et reconstruit une chronologie des évènements sur un site Internet dédié : http://transparence-nucleaire.eu.org.

Ainsi :

  • en ce qui concerne la compréhension du processus qui a conduit à la mise en place d’une cuve comportant des anomalies graves de la composition de son acier, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a mis en ligne tous ses courriers à Areva et EdF. Les réponses ne sont pas publiques. L’ACRO demande leur publication.
  • en ce qui concerne les essais effectués par Areva sur des calottes de cuve sacrifiées, seule la note de synthèse est publique. Il est impossible de savoir ce qu’il y a dans les 21 autres rapports remis à l’ASN. En particulier, il n’y a aucune information sur les scénarios alternatifs si la cuve n’était pas bonne pour le service. L’ACRO demande la publication du dossier complet remis par Areva à l’ASN.

Ces demandes ont été formulées par l’ACRO au sein du HCTISN et la réponse des exploitants a toujours été négative. Ils ne publieront que ce qui est obligatoire. Le 6 décembre dernier, dans un avis concernant les générateurs de vapeur, le HCTISN avait demandé « que les documents échangés entre l’ASN et l’exploitant soient communiqués, sous réserve des secrets protégés par la loi. » L’ASN l’a fait, pas EDF.

L’ACRO demande donc une modification de la réglementation pour obliger les exploitants du nucléaire à être plus transparents.

Voir la version PDF