Mar 27 2017

Hinkley Point: l’autorité de sûreté nucléaire britannique juge insuffisante la culture de sécurité nucléaire d’Areva

Selon un document interne de l’Office britannique de régulation nucléaire (ONR), la qualité du contrôle d’EDF sur son fournisseur Areva, qui doit fabriquer les réacteurs de la nouvelle centrale nucléaire britannique d’Hinkley Point, est sujette à caution. INFOS REUTERS PARIS/LONDRES (Reuters)  27/03/2017

Le 29 septembre, EDF a signé avec Londres la construction de deux EPR à Hinkley Point  dans le Sommerset.

 

L’ONR a confirmé vendredi la véracité de ce document et a déclaré avoir depuis décidé de mener une nouvelle série d’inspections auprès d’EDF et de sa chaîne de fournisseurs afin de s’assurer que la fabrication de tous les équipements est conforme aux standards requis.

Une nouvelle enquête pour évaluer les progrès

Une porte-parole de l’ONR a déclaré que le régulateur procéderait à une enquête réglementaire d’ici la fin de l’année pour évaluer les progrès réalisés par EDF dans la supervision de la qualité de sa chaîne de fournisseurs.

L’enquête de l’ONR a été menée car Areva doit fabriquer les réacteurs de la nouvelle centrale britannique d’Hinkley Point.

Un haut responsable de l’ASN avait estimé récemment que les outils de production de la forge exploitée au Creusot étaient sont sous-dimensionnés pour produire de gros composants nucléaires.

Pour Reuters, Geert De Clercq à Paris et Karolin Schaps à Londres, version française Jean-Michel Bélot, édité par Benoît Van Overstraeten

http://www.usinenouvelle.com/article/l-autorite-de-surete-nucleaire-britannique-juge-insuffisante-la-culture-de-securite-nucleaire-d-areva.N519184

 

Mar 21 2017

Pourquoi la question du nucléaire a-t-elle été occultée en France ?

La catastrophe au Japon a sonné le glas du mythe de la sécurité nucléaire. Il est temps de prendre conscience que les choix énergétiques de notre pays n’ont jamais été discutés. Retour sur cinquante ans de déni à l’occasion d’une soirée consacrée au nucléaire sur Arte. Télérama Samuel Gontier, Publié le 26/03/2011.

Au quatrième jour de l’« accident » nucléaire au Japon, Ségolène Royal déclare qu’il faut respecter « un délai de décence » avant d’engager une discussion sur les risques et l’avenir de l’énergie atomique en France. Position unanimement partagée par la classe politique – à l’exception des écologistes. Depuis, l’ampleur de la catastrophe et « l’émotion » des populations ont contraint PS et UMP à évoquer des questions qu’ils préféraient garder confinées. La prophétie d’un ouvrier du nucléaire s’est malheureusement vérifiée. « Si quel­que chose doit faire évoluer le nuclé­aire en France, ce sera l’accident » (1). Et encore… Le verrouillage du débat n’a pas tardé. Pas question de dis­cu­ter la « pertinence » (Nicolas Sar­ko­zy) du choix nucléaire dans un débat qui, selon Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS, doit être piloté par l’Office parlementaire des choix scien­tifiques et technologi­ques. Un Office dont on a pu apprécier la discrétion sur le sujet depuis sa création, en 1983, au point qu’il a pu être accusé de servir de relais au lobby nucléaire. Pessimiste, Yannick Jadot, député européen d’Europe Ecologie, adapte l’adage utilisé pour le football (« c’est un sport qui se joue avec un ballon entre deux équipes de onze joueurs et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ») : « Le nucléaire est une industrie dans laquelle on peut discuter de tous les scénarios et, à la fin, on construit des centrales. »

Le débat dont les Français sont privés depuis cinquante ans aura-t-il donc jamais lieu ? Pour comprendre pourquoi les choix énergétiques du pays ont été confisqués aux citoyens et à leurs représentants, il faut remonter aux origines de la filière nucléaire. Des origines incestueuses : c’est en cherchant à extraire du plutonium pour fabriquer des bombes que les Américains découvrent la possibilité de produire de l’électricité. En France, ce péché originel prend des airs de complot. Passant outre les atermoiements des responsables de la IVe République, les in­génieurs du CEA (Commissariat à l’éner­­gie atomique) construisent le premier réacteur destiné à la fabrication d’une bombe en laissant croire aux politiques qu’il s’agit de produire de l’électricité.

Ce coup de force fut permis par l’union sacrée entre gaullistes et communistes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand étaient décidées la création du CEA, en 1945, et la nationalisation d’EDF, en 1946. Le développement de la ­filière française répondait alors à de nobles ambitions : assurer « le rayonnement de la France » (2) et procurer le bien-être social. En dotant le pays d’un arsenal nucléaire et d’une technologie exportable, le très nationaliste CEA (vite purgé des communistes) redorait le blason d’un pays affaibli par la perte de l’empire colonial. En construisant des centrales à tour de bras, EDF (devenue le bastion du PCF et de la CGT) fournissait aux Français une électricité abondante et bon marché.

Ce faisant, une toute petite élite, les ingénieurs du corps des Mines, a confisqué le débat sur la politique énergétique de la France. L’immense pouvoir que représente la maîtrise de l’énergie dans nos sociétés développées se retrouve entre les mains d’une technostructure qui n’a de comptes à rendre à personne, d’une extrême minorité qui perpétue son pouvoir en occupant tous les postes-clés : autorités de contrôle comme l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), industriels (Areva, EDF), ministères, enseignement supérieur. Et bien sûr l’Elysée où, depuis de Gaulle, tout se décide dans la plus grande opacité. Car l’avènement de la Ve République a entraîné une véritable présidentialisation de la politique énergétique. Au début des années 1970, Georges Pompidou décidait seul, sans le contrôle du Parlement, de l’ambitieux programme de développement électro-nucléaire de la France – dont les réacteurs sont encore en activité. Trente-cinq ans plus tard, en 2007, Jacques Chirac signait le décret autorisant la construction d’un EPR (réacteur de nouvelle génération) à Flamanville… entre les deux tours de l’élection présidentielle. En 2008, le ministre de l’Ecologie et de l’Energie Jean-Louis Borloo apprenait qu’un second EPR serait mis en chantier à Penly… par un discours de Nicolas Sarkozy prononcé au Creusot.

L’absence d’opposition forte à cette toute-puissance de l’atome est également due à l’isolement des Verts et à leur incapacité à briser le consensus droite-gauche. Pour conclure des accords électoraux et former des gouvernements avec leurs alliés socialistes, les écologistes ont accepté de ravaler leur exigence d’abandon du nucléaire. Ils gobèrent encore quel­ques couleuvres lors du Grenelle de l’environnement. Contrairement à une idée répandue, le nucléaire ne fut pas exclu des discussions, tient à préciser Yannick Jadot, à l’époque membre du groupe de travail « énergie-climat ». Il reconnaît cependant avoir été floué. « La question du nucléaire n’ayant pas fait l’objet d’un consensus, aucune décision sur le sujet ne fut validée. Mais, avec les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables prévus par l’accord, il nous semblait que l’option nucléaire n’avait plus de sens. » Trois ans plus tard, le photovoltaïque est à l’arrêt, l’éolien offsho­re n’a pas encore émergé et la décision de construire un second EPR a définitivement ruiné les calculs des écologistes.

A défaut de pouvoir influer sur les choix énergétiques, la loi de 2006 « relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire » promet de rendre l’information accessible au grand public. Avec, au sommet du dispositif, la création de la fameuse Autorité de sûreté nucléaire, dirigée par un collège de cinq commissaires – irrévocables –, dont trois sont nommés par le président de la République, les deux autres par les pré­sidents de l’Assemblée nationale et du Sénat… Vous avez dit indépendance ? Sur le terrain, la loi renforce le rôle des CLI (Commissions locales d’information) établies sur chaque site nucléaire, aux réunions desquelles tout citoyen peut assister. Las, dans un remarquable documentaire, Au pays du nucléaire, Esther Hoffenberg montre que ces assemblées sont surtout l’occasion d’aligner des heures de langue de bois. Quand un « spectateur » pose une question trop politique ou revendicative, les responsables du site se réfugient derrière des arguments et un jargon techniques. Si, au con­traire, un expert de Greenpeace produit un argumentaire scientifiquement étayé, ils éludent en prétextant la complexité d’une question qui n’intéresse pas le public. De même, les réunions publiques sur l’EPR sombrèrent dans l’indifférence après avoir été boycottées par les ­associations écologistes, qui estimaient les jeux déjà faits. Effectivement, on découvrait peu après que le préfet de la Manche avait « autorisé le démarrage des travaux de terrassement et de bétonnage préparatoires à la construction de l’EPR de Flamanville avant l’avis des commissaires-enquêteurs et la signature du décret d’autorisation ministérielle » (Le Monde, 26 octobre 2006).

Hypocrisie, tromperie, voire barbouzerie (Yannick Jadot mis sur écoute par EDF)… Le nucléaire français n’a rien perdu des réflexes acquis au temps des Trente Glorieuses. Pourtant, le contexte a changé. Avec la libéralisation du marché de l’énergie, la privatisation partielle d’EDF et l’apparition de concurrents com­me GDF-Suez, le secret est aujour­d’hui motivé par un souci de rentabilité et de conquête de parts de marché. EDF a adopté les métho­des du privé, « en sous-traitant les ­ris­ques et en les diluant », selon le réali­sateur Alain de Halleux, qui a enquê­té sur les intérimaires du nuclé­aire (1). Si un accident devait survenir en France, il risque moins d’être causé par un tsunami que par un défaut de maintenance. « Et s’il devait y avoir un procès de cet accident, il durerait trois siècles. »


R.A.S. nucléaire rien à signaler Bande Annonce… par LE-PETIT-BULLETIN
Pour étouffer tout débat et travail­ler à l’acceptation politique du nuclé­aire, l’industrie mise aussi sur les moyens modernes de communication. Fini les reportages de l’ORTF émerveillés par les prouesses du génie français, comme lors de la mise en service de la centrale de Brennilis, en 1967 (3). Aujourd’hui, les entreprises du secteur sponsorisent des sports très « nature » (athlétisme et voile pour Areva, natation et équipe olympique pour EDF). Quelques jours avant la catastrophe japonaise s’achevait une campagne de pub d’Areva qui, pour 20 millions d’euros, vantait les mérites d’une énergie pro­pre (« avec moins de CO2 ») dans un spot où apparaissait une très jolie centrale nucléaire construite au ras de la mer… Face à de tels déferlements, les associations écologistes peinent à se faire entendre. Mais ce n’est pas tant une question de moyens que de rhétorique – rhétorique dont on a pu apprécier le déploiement dans les médias depuis le début de la catastrophe. « Les communicants se comportent comme des gendarmes du langage », déplore la réalisatrice Esther Hoffenberg. Banalisation et euphémisme sont leurs armes favorites. Le nucléaire est présenté comme une énergie « renou­velable » (alors que l’uranium est disponible en quantité limitée), le « recyclage » et l’« entreposage » se substituent au retraitement et au stockage des déchets radioactifs. Appliqué au cas japonais, cela donne ces paroles surréalistes, prononcées par Anne Lauvergeon au JT de France 2, trois jours après le début du drame : « C’est une catastrophe naturelle, pas nucléaire, qui se déroule au Japon. […] C’est quelque chose de très connu. […] C’est classique. […] Les enseignements, on les a déjà tirés. »

Affligeant ? Oui, mais plus révoltante encore se révèle la pratique de la dissimulation. La tradition d’occultation reprochée à Tepco, l’exploi­tant privé de la centrale de Fukushima, n’épargne pas EDF et Areva, au­teurs d’une longue série de cachot­teries. Après la panne provoquée par la tempête de 1999 à la centrale du Blayais, en Gironde, il fallut deux semaines pour savoir ce qui s’était vraiment passé. Un an plus tôt, on découvrait qu’EDF et la Cogema (ancêtre d’Areva) avaient sciemment dissimulé la pollution radioactive engendrée par le transport des déchets partant de la gare de Valognes. Le mois dernier, il fallut une campagne du réseau Sortir du nucléaire pour qu’EDF reconnaisse une « anomalie générique » sur dix-neuf de ses réacteurs. On se souvient aussi d’une information livrée au compte-gouttes lors de la fuite à la centrale du Tricastin, en 2008.

“80 % de notre énergie vient du nucléaire” ?
Non. En réalité, c’est l’électricité qui est produite
à 80 % par les centrales, celles-ci couvrant seulement
16 % de notre consommation totale d’énergie.

 

Que des industriels emploient des moyens déloyaux pour protéger leur business reste toutefois dans l’ordre des choses. L’art du mensonge pratiqué par nos responsables politiques, lui, ne souffre aucune excuse. Peut-on encore parler de lapsus quand ils se relaient à la télé pour affirmer que « 80 % de notre énergie vient du nucléaire » ? En réalité, c’est l’électricité qui est produite à 80 % par les centrales, celles-ci couvrant seulement 16 % de notre consommation totale d’énergie, largement constituée de pétrole (les voitures ne roulent pas encore à l’électricité). Nous prennent-ils pour des idiots quand ils dégainent l’argument ultime, « l’indépendance énergétique de la France » ? La dernière mine d’uranium de l’He­xagone a fermé dans les années 1990. Aujourd’hui, toute la matière première nécessaire à l’alimentation de nos réacteurs vient de l’étranger, au prix de compromissions avec des despotes et au mépris de la santé des populations locales(4).

L’extrême gravité de la situation au Japon est en train de mettre à bas ces constructions médiatiques, ce déni de démocratie. La stratégie des industriels consistant à rassurer sur les risques encourus sans jamais en ­expliquer la nature perd son efficacité : les conséquences d’un accident s’étalent sous nos yeux. Difficile aussi de formuler la célèbre et abusive alternative, « le nucléaire ou la bougie » : aujourd’hui, les Japonais ont le nucléaire ET la bougie. Le vieil antagonisme entre « pro » et « anti »-nucléaires, entretenu par les tenants de l’atome pour neutraliser le débat, ne tient plus : un tsunami aux antipodes prouve que nous sommes tous « dans » le nucléaire. Et pour longtemps. Il faudrait plusieurs décennies pour stopper et démanteler les réacteurs, des dizaines de milliers d’années pour que leurs déchets deviennent inoffensifs.

Plus prosaïquement, le grand public a découvert des évidences largement ignorées. Par exemple, que la planète ne comptait pas seulement quatre cent quarante réacteurs nucléaires mais aussi, fatalement, quatre cent quarante piscines de refroidissement représentant un danger à peu près équivalent. Des affirmations infondées se trouvent enfin pulvérisées. Depuis 1986 et l’accident de Tchernobyl, les autorités « compétentes » répétaient que les réacteurs occidentaux étaient beaucoup plus sûrs que ceux du régi­me soviétique en faillite, car ils possédaient une enceinte de confinement qui nous protégerait des retombées en cas d’accident.

A Fukushima, non seulement ces enceintes de confinement n’ont pas résisté aux explosions, mais en plus elles ont constitué un obstacle aux tentatives de refroidissement des réacteurs en fusion… Impossible de conserver une foi aveugle dans la technologie salvatrice. L’inquiétude du public est moins que jamais le fruit de « l’émotion », comme le rabâchent certains, mais bien de la raison. Le mythe nucléaire s’effondre, entraînant l’humanité entière dans une ère incertaine.

Mar 20 2017

Travail au noir sur le chantier de l’EPR de Flamanville : Bouygues condamné à 29.950 euros d’amende

Bouygues avait été condamné pour travail au noir sur le chantier de l'EPR à FlamanvilleBouygues a été condamné lundi par la cour d’appel de Caen à 29 950 euros d’amende pour travail au dissimulé sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Une amende plus lourde que lors du premier procès. C’est tout juste en dessous de 30 000 euros, seuil au delà duquel le géant du BTP n’aurait pu accéder à certains marchés publics. Par Eric Turpin, France Bleu Normandie Lundi 20 mars 2017

Lors du premier procès, le groupe avait été condamné à 25.000 euros d’amende. C’est donc une amende plus lourde. Mais elle reste inférieure aux 50.000 euros d’amende que l’avocat général avait réclamé lors de l’audience de trois jours en novembre 2016. La cour d’appel de Caen a préféré une inscription au casier judiciaire, estimant que c’était une publicité suffisante.

Le groupe Bouygues est coupable d’avoir fait travailler sans les déclarer sur le chantier du réacteur nucléaire, 460 salariés polonais et roumains entre 2008 et 2012. Le manque à gagner pour l’URSSAF, en terme de cotisations sociales, est estimé entre 10 millions et 12 millions d’euros.

La société Quille (rebaptisée depuis Bouygues Bâtiment Grand Ouest), est relaxée par la cour alors qu’elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. Devant la cour d’appel de Caen, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros d’amende.

Trois autres sociétés devant la justice

Trois autres sociétés étaient également visées dans ce dossier, à commencer par Elco, une entreprise roumaine, qui avait fourni 297 salariés pour le chantier de l’EPR de Flamanville. C’est cette dernière qui est la plus lourdement condamnée. Elle devra payer 60 000 euros d’amende.

La cour estime qu’elle n’a pas fait de déclaration préalable à l’embauche et auprès des organismes sociaux. L’avocate de cette société roumaine a déjà fait savoir qu’elle allait se pourvoir en cassation.

La société Quille (qui depuis a changé de nom) est relaxée. Elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. En appel, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros. Enfin, la société nantaise Welbond voit sa peine confirmée par la cour d’appel de Caen. Elle devra payer 15.000 euros d’amende.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/travail-au-noir-sur-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville-bouygues-condamne-29-950-euros-d-amende-p-1490016282

 

 

Mar 20 2017

Accident nucléaire de Fukushima: l’État japonais reconnu coupable pour la première fois

Accident nucléaire de Fukushima: l’État japonais reconnu coupable pour la première fois

TOKYO – Un tribunal japonais a pour la première fois vendredi reconnu la responsabilité de l’État dans l’accident nucléaire de Fukushima de mars 2011, après la plainte d’un groupe de citoyens japonais. Vendredi, 17 mars 2017 

Ce tribunal de Maebashi, au nord de Tokyo, a jugé coupables de négligence le gouvernement et la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco), exploitante de l’usine, a-t-on appris auprès de l’instance.

Tous deux ont été condamnés à verser un montant total de 38,6 millions de yens (316 000 euros). Selon la chaîne de télévision publique NHK, seuls 62 des 137 évacués à l’origine de cette action, ont été indemnisés, la décision ayant été prise en examinant la situation de chacun.

Si la somme est très inférieure à ce que les plaignants réclamaient (1,5 milliard de yens), cette décision marque une première, ont précisé les médias locaux.

Selon l’agence de presse Kyodo, la justice a estimé que le désastre nucléaire aurait pu être évité si le gouvernement, qui en avait l’autorité, avait ordonné à Tepco de prendre des mesures de prévention.

Tepco a dit vouloir examiner la décision du tribunal avant de se prononcer sur un éventuel appel.

Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, s’est pour sa part refusé à commenter le jugement, tout en soulignant qu’il n’aurait pas d’impact sur la politique pro-nucléaire du pays.

Au total, plus de 450 000 habitants avaient fui juste après la triple catastrophe (le séisme et le tsunami où ont péri et disparu 18.446 personnes, et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima), sur ordre des autorités ou par peur des radiations.

Parmi eux, quelque 10 000 personnes ont déposé plainte contre les autorités et Tepco.

Officiellement, personne n’est mort du fait des radiations dégagées de la centrale de Fukushima, mais les autorités reconnaissent elles-mêmes que plus de 3 500 riverains de la côte Pacifique et/ou des installations nucléaires sont décédés ultérieurement, du fait d’une évacuation dans la douleur ou de la dégradation de leurs conditions de vie.

Début 2016, trois ex-dirigeants de Tepco ont été renvoyés en justice pour leur responsabilité dans l’accident nucléaire. Ils sont accusés de ne pas avoir pris les dispositions qui auraient permis d’éviter les dégâts causés aux installations par le tsunami ainsi que les avaries en chaîne qui ont suivi. Le procès n’a pas encore eu lieu.

http://www.journaldemontreal.com/2017/03/17/accident-nucleaire-de-fukushima-letat-japonais-reconnu-coupable-pour-la-premiere-fois

 

 

Mar 20 2017

Fukushima: Le retour inhumain

La levée des ordres d’évacuation. Un article de la feuille de chou de l’Atome au Japon…Le 10 mars 2017, le gouvernement, aux quartiers généraux de la Réponse à l’état d’urgence nucléaire, a décidé de lever les ordres d’évacuation concernant deux catégories, dans les villes de Namie et Tomioka : en l’espèce dans les zones où « il n’est pas autorisé de résider »et celles où « l’ordre d’évacuation est sur le point d’être levé ». Les ordres seront levés à 12 heures respectivement le 31 mars à Namie et le 1er avril à Tomioka. JAVALE GOLA·DIMANCHE 19 MARS 2017
En sachant que les ordres similaires dans ces mêmes deux catégories seront également levés le 31 mars pour le village de Iitate et la ville de Kawamata, cette dernière décision signifie que les seules zones où les ordres d’évacuation restent maintenus sont celles où « les résidents ne seront pas en mesure de revenir avant longtemps ». En l’occurence, la totalité des villes de Okuma et Futaba, de même que certains quartiers de Minami-Soma, de Tomioka, de Namie et des villages de Katsurao et Iitate.
Par ailleurs, les sections de la « JR Joban Line » qui étaient impraticables depuis le séisme seront réouvertes quand les ordres seront levés à Namie et à Tomioka : précisément, la ligne de Odaka à Namie le premier avril et la ligne de Tomioka à Tatsuta au mois d’octobre.
Selon le Ministère de l’Environnement du Japon, la décontamination est, depuis la fin janvier, parachevée sur l’ensemble de leur territoire dans neuf des onze municipalités de la préfecture de Fukushima qu’on désigne dorénavant du nom de « special decontamination areas » (zones de décontamination spéciale), avec une prise en charge directe du gouvernement national.
Ne sont pas concernées par cette dénomination les zones où les résidents ne pourront pas revenir avant longtemps.
Les travaux de décontamination sont en voie d’achèvement dans les deux dernières municipalités_ Minami-Soma et Namie_ d’ici la fin de ce mois (mars).
En ce qui concerne le transport du sol enlevé par les travaux de décontamination, vers les sites destinés au stockage temporaire des déchets radioactifs, on a déjà déplacé à la date de début mars, un total de 210 mille mètres-cube environ.
Au cours de l’année fiscale 2017 (avril 2017 à mars 2018) on aura déplacé quelque 500 mille mètres-cube de sol râclé, si on anticipe sur le début du stockage à l’automne prochain, en traitant en priorité les déchets de sol qui sont à ce jour entreposés dans les écoles.
Traduction Javale Gola, source : JAIF, 15/03/2017 – More Evacuation Orders to Be Lifted in Namie and Tomioka Towns http://www.jaif.or.jp/en/more-evacu…

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