Tokyo : la torche olympique dévoilée

Leblogdejeudi: Une insulte au peuple de Fukushima…

Par Anne-Lise Fantino  • Dernière MAJ: 20/03/2019
Tokyo : la torche olympique dévoilée

Tokyo a dévoilé la torche olympique, en vue des Jeux de 2020, qui se tiendront dans la capitale nippone.

Le comité organisateur a présenté une torche inspirée des fleurs de cerisiers, emblématiques du Japon.

Composée d’aluminium, elle a été conçue par le designer Tokujin Yoshioka. Lourde d’un peu plus d’un kilo, et haute de 71 centimètres, elle comporte cinq cylindres aux allures de pétales, qui feront converger la flamme au sommet.

Cette présentation intervient en pleine tourmente pour le comité olympique japonais, dont le président est soupçonné de corruption.

La veille, Tsunekazu Takeda avait annoncé qu’il quitterait ses fonctions à la fin de son mandat en juin.

La justice française a mis en examen le dignitaire japonais pour corruption active, accusé d’avoir autorisé le paiement de pots-de-vin en vue de l’obtention des Jeux.

https://fr.euronews.com/2019/03/20/tokyo-la-torche-olympique-devoilee?fbclid=IwAR07Uffa2p7BKnKkmWJI2poTBN0Za8B4AWAZRx9wo0wue8JhK9vITq2yznI

A Fukushima, le drame du retour

Sous la contrainte, 23% de la population réfugiée après la catastrophe du 11 mars 2011 est rentrée dans les communes de l’ancienne zone d’évacuation… Une tribune de Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie urbaine, adjointe au directeur du bureau CNRS Asie du Nord. Sciences et Avenir le 12.04.2019

Le retour à Fukushima

Le retour à Fukushima.© CÉCILE ASANUMA-BRICE

En septembre 2019, l’un des matchs de la coupe du monde de rugby dont le Japon est organisateur, se tiendra au nord de Fukushima, dans le département d’Iwate, dans la région du Tohoku. En 2020, ce sera au tour du département de Fukushima d’accueillir le relais d’ouverture des jeux olympiques qui se dérouleront au Japon.

La décision d’accueil de ces évènements sportifs par le Japon a été décidée par les institutions internationales en 2013, alors que le 1er Ministre Abe déclarait, non sans bruit, que la centrale de Fukushima était  » under control « . Depuis lors, il s’est lancé le défi de rouvrir l’ensemble de la zone d’évacuation autour de la centrale endommagée après le séisme, suivi du tsunami qui a fait plus de 20.000 morts, le 11 mars 2011.SPONSORISE

Un véritable bras de fer

Pourquoi une telle politique de contrainte au retour sur des territoires ruraux, en proie au déclin démographique avant l’évacuation ? La gestion de l’accident nucléaire de Fukushima est l’occasion, pour les autorités internationales de gestion du nucléaire (AIEA, UNSCEAR, OMS, ICRP) omniprésentes sur le territoire japonais depuis les évènements, de montrer au monde qu’un accident de cette taille peut être surmonté. La prise en charge de l’évacuation des habitants est jugée comme trop coûteuse par ces organismes, qui avaient annoncé la couleur dès leur 3e symposium des  » experts  » les 8 & 9 septembre 2014. En grande partie infiltrés par les lobbys nucléaires qui rationalisent leur réflexion en terme de coûts-bénéfices (1). Si la sécurité du nucléaire est leur affaire, c’est en ce qu’elle permet l’acceptabilité de sa continuité. C’est la raison pour laquelle le seuil de radioactivité jugé  » raisonnable  » (2) pour le citoyen moyen, est passé de 1 à 20 msv/an depuis la catastrophe. Grâce à cette mesure, la réouverture d’une bonne partie de la zone d’évacuation a pu être effective à Fukushima. Il est fort à parier que cette zone d’évacuation ne sera plus, lors d’un prochain accident, où qu’il soit.

C’est donc un véritable bras de fer qui se poursuit actuellement entre les partisans et les opposants à la reconstruction dans le département de Fukushima, question liée à la relance ou non du nucléaire. La réouverture d’une partie de la zone d’évacuation reste un sujet extrêmement controversé, relativement à la retombée de spots radioactifs inégalement répartis dans les territoires évacués. Pourtant le gouvernement continue dans la trajectoire des directives annoncées qui accompagnent sa politique de relance d’une partie du parc nucléaire soit 9 des 54 réacteurs actifs avant l’accident.

Cela se traduit en premier lieu par la fermeture des cités de logements provisoires dans l’ensemble des trois départements touchés par la catastrophe et du relogement d’une partie des habitants dans des cités de logements collectifs.

La fermeture des logements provisoires

La politique de réouverture d’une partie des territoires contaminés de la zone d’évacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi s’est accompagnée de la coupure des aides financières aux réfugiés ainsi que de la fermeture progressive de l’ensemble des logements provisoires présents sur les trois préfectures touchées par la catastrophe : Iwate, Miyagi et Fukushima.

Déni ? Dans la gare de Fukushima, un compteur égrène les jours qui séparent des Jeux olympiques. Crédit Cécile Asanuma-Brice.

Sur l’ensemble des trois départements, en janvier 2019 il ne reste plus que 3418 personnes dans 1756 logements provisoires répartis sur 209 sites sur les 53.000 logements provisoires construits dans les trois départements au moment des faits. L’évacuation contrainte et mal accompagnée se traduit par des situations souvent dramatiques. Certaines cités de logements provisoires ne comptent plus qu’un ou deux habitants, laissés pour compte du relogement.

Les associations chargées du suivi sanitaire des habitants sont de moins en moins nombreuses et des voix s’élèvent sur l’abandon complet dans lequel se trouvent ces personnes. La fermeture des cités de logements provisoires est d’autant plus problématique pour les évacués de l’accident nucléaire contraints, pour partie, de rentrer dans des territoires encore pollués.

Le relogement en cités d’habitat collectif fixe les désagréments acceptés parce qu’on les croyait momentanés

Mais peu de personnes rentrent dans ces territoires encore hautement contaminés par endroit. Ainsi, dans la ville de Namie, la dernière a avoir été réouverte, et l’une des plus controversées en raison du taux de contamination encore extrêmement élevé (nous avons relevé des taux à 5 microsieverts /heure dans une voiture sur une route qui relie Namie à la ville de Fukushima le 22 mars 2019), seul 6,1% de la population initiale est rentrée. 9% de la population pour la ville de Tomioka et 18,5% pour le village d’Iitate. En moyenne, sur l’ensemble des territoires rouverts à l’habitat, seulement 23 % de la population est rentrée (3).

Une partie limitée des habitants a pu investir dans la construction d’un nouveau logement ailleurs. Ce n’est malheureusement pas le cas de la grande majorité de la population, relogée dans des logements collectifs publics construits à cet effet. Si les logements provisoires étaient particulièrement mal adaptés à la population évacuée (4), ces logements collectifs ne le sont guère plus. Les habitants de cette région étaient pour la plupart d’entre eux issus de la campagne et vivaient dans de vastes fermes avant la catastrophe. La vie dans ces espaces extrêmement confinés a été insoutenable pour beaucoup de ceux que nous avons interviewés (5).

Les personnes, souvent âgées, qui ne peuvent pas rentrer et qui ont dû accepter d’être relogées en logement collectif, voient leur calvaire se fixer pour aboutir à une situation désormais sans solution. Ils sont contraints de payer le loyer de ce nouveau logement et les charges qui lui incombent. Ce à quoi vient s’ajouter l’achat d’une alimentation qu’ils produisaient avant.

Ils se retrouvent isolés, sans lien avec la nature qu’ils côtoyaient au quotidien avant le désastre, sans leurs animaux interdits dans ces cités, et cela de façon désormais pérenne. En quelques mois, pour le seul département de Fukushima, ce sont 21 cas de morts en solitaire qui ont été dénombrées au sein des logements publics issus de la reconstruction (6).

Mesure des vies et des morts induites

Parmi les 2267 décès classés comme induits par le désastre nucléaire, 200 personnes seraient décédées du fait de la mauvaise gestion du refuge. L’espoir infiniment cultivé par les autorités d’un retour potentiellement possible dans les territoires d’origine n’a pas permis l’établissement d’une réelle politique du refuge. Dans l’attente, les familles ou individus n’ont pas déménagé pour refaire leur vie ailleurs, mais sont partis en transhumance d’hébergement en hébergement.

Les 200 décès recensés sont tous des personnes qui ont déménagé plus de six fois en huit années. Parmi elles 11 se sont volontairement donné la mort. Pendant ce temps, dans la gare de Fukushima, un compteur affiche les jours restant avant l’ouverture des jeux olympiques, qui s’ouvriront à grands frais, sur les lieux du désastre.

1) Cf. C. Asanuma-Brice (2014), La légende Fukushima, Libération.

2) Voir le principe A.L.A.R.A. As Low As Reasonably Achievable

3) 避難指示解除地域に今日中は23%, NHK Fukushima News, 1er mars 2019.

4) C. Asanuma-Brice (2019), Un siècle de banlieue japonaise : Au paroxysme de la société de consommation, Métispresses.

5) C. Asanuma-Brice (2018), Fukushima, l’impossible retour dans les villages de l’ancienne zone d’évacuation : l’exemple d’Iitate.

6) 災害住宅「孤独死」21件、NHK福島のニュース, 27 février 2019.

Exilés après Fukushima , ils sont devenus des parias.

Victime de la catastrophe de Fukushima, Miwa Kamoshita, ici avec ses enfants,
est venue à Paris pour témoigner de ce qu’est devenue sa vie d’exil...

Victime de la catastrophe de Fukushima, Miwa Kamoshita, ici avec ses enfants, est venue à Paris pour témoigner de ce qu’est devenue sa vie d’exil… Ils ont quitté leur maison, fui la radioactivité que le gouvernement japonais continue à cacher malgré la catastrophe. Mis au ban de la société, aujourd’hui, ces « pestiférés » ne veulent plus se taire. L’Humanité Éric Serres Vendredi, 12 Avril, 2019

«Beaucoup de mères vivent avec leurs enfants comme réfugiés nucléaires depuis huit ans », lancent en préambule Mmes Akiko Morimatsu et Miwa Kamoshita. Ces mamans font partie de celles que l’on nomme « les mères de Fukushima ».

Toutes deux, entourées de leurs enfants, sont venues à Paris pour témoigner de ce qu’est devenue leur vie d’exil depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima. Tout a basculé, le 11 mars 2011, lorsque, à 130 kilomètres au large de la ville de Sendai, un séisme de magnitude 8,9 a ébranlé la terre. L’onde de choc a entraîné la formation d’un tsunami géant qui a frappé de plein fouet la côte ouest du Japon. Par endroits, les vagues dépassent 15 mètres. Elles ravagent maisons et infrastructures. Près de 19 000 habitants de la province sont alors déclarés morts ou disparus. Les réfugiés se comptent par centaines de milliers. Plus grave, la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, propriété de l’énergéticien japonais Tepco, malgré un mur anti-vagues, est submergée. Surchauffe du réacteur numéro 1, l’incident nucléaire est en route avant explosion et diffusion de la radioactivité.
Bien que n’habitant pas dans la zone interdite, Mme Miwa Kamoshita décide dès les premiers jours de prendre enfants et bagages pour fuir : « Nous habitions à Iwaki, une ville de plus de 300 000 habitants qui se trouve dans la préfecture de Fukushima, à 40 kilomètres de la centrale. Nous ne faisions pas partie des zones à évacuer selon les directives du gouvernement. Mais nous savions ce qui s’était passé à Tchernobyl avec son fameux nuage. Quand mes enfants se sont mis à saigner du nez abondamment sans aucune raison, j’ai décidé de partir. » Deux cents familles dans la province vont faire ce même choix d’un ailleurs « meilleur ».
Une radioactivité toujours bien présente
Depuis, Miwa vit à Tokyo. Elle n’est toujours pas retournée dans sa ville, malgré les fausses bonnes nouvelles du gouvernement, qui se veulent toujours rassurantes. « Mais mensongères », continue Miwa. Maison, jardin fleuri, cerisiers en fleur ne font plus partie de son quotidien. Seul son mari est resté à Iwaki, pour subvenir aux besoins de sa famille. Malgré une radioactivité toujours bien présente dans la terre, la poussière des tapis, l’eau courante… Pourtant, point de meilleur ailleurs : « Nous n’avons pas d’autre choix. Moi, j’ai un petit boulot à mi-temps à Tokyo, car on n’y trouve rien d’autre. Les fins de mois sont difficiles et le gouvernement ne nous aide pas beaucoup », continue la maman. Pour ces familles, l’éloignement est aussi cause de divorces. On ne compte plus les séparations. Mais aux drames familiaux s’ajoute surtout une injustice sociale.

Il y a peu, toutes les aides publiques au logement destinées aux personnes réfugiées de leur propre initiative hors des régions contaminées ont été supprimées. Akiko Morimatsu, partie, elle, avec ses enfants vers Osaka, explique son calvaire : « Le gouvernement pousse maintenant les familles à rentrer chez elles. Tous les jours, nous recevons des coups de fil des employés locaux. On tape à notre porte, on nous menace. Certaines familles exilées ont vu le prix de leurs loyers doubler. » Pourtant, la radiation est encore là. Notamment le fameux césium 137, dont la durée de vie est de trente ans.

On ne compte plus les cancers de la thyroïde chez les plus jeunes. Selon l’université de médecine de Fukushima, sur « 217 513 enfants ayant subi des tests complets (soit 64,6 % des 336 669 enfants concernés), 141 275 (soit 65 %) présentaient des nodules ou des kystes sur la thyroïde ».

Mais, pour ceux et celles qu’au Japon l’on nomme, de manière très péjorative, les « autoréfugiés », le fatalisme n’est pas de mise. En mars 2018, les deux « mamans de Fukushima » ont plaidé à Genève, auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour leur droit fondamental de vivre avec leur famille dans un environnement sain. Un environnement propice qui, jusqu’à présent, leur a été refusé, et ce jusqu’au sein même des écoles où étudient leurs enfants. Matsuki Kamoshita, fils aîné de Miwa, est cet adolescent longiligne qui a vécu l’enfer durant ses années de primaire à Tokyo : « Le pire, pour moi, c’est le harcèlement dont j’ai été victime. Je trouvais des insultes écrites sur les dessins que je faisais en classe.

On me traitait de “bacille”.

Je me sentais continuellement en danger. Malgré tous les efforts de mes parents et de certains enseignants, cela n’a jamais cessé. J’avais environ 9 ans quand j’ai fait un vœu : j’ai demandé à mourir. »

Les plaintes contre Tepco et le gouvernement se multiplient
Une fois au collège, pour ne plus avoir à subir et par honte, il cache son identité de réfugié nucléaire. Lorsqu’il témoigne dans la presse, il le fait sous un pseudo et pose de dos sur les photos « Pour l’État japonais, nous ne sommes que des témoins gênants. C’est pourquoi nous subissons la discrimination. Malheureusement, dans la société japonaise actuelle, les victimes ne peuvent pas vivre en sécurité sans détourner le regard, sans se boucher les oreilles et sans fermer la bouche. » Plus tout à fait, tout de même. Dorénavant, il parle à visage découvert. Le vent des révoltes a enfin sonné. Les plaintes contre Tepco et le gouvernement se multiplient.

Trente procès sont en cours : « Il existe à ce jour plus de 13 000 plaignants, se félicite Mme Akiko Morimatsu. Sur les huit procès qui ont eu lieu au niveau régional, seulement un a été perdu. » Réunis en fédération, les réfugiés du nucléaire s’organisent. « Tous les procès que nous intentons à Tepco ont pour but d’obtenir des indemnités, poursuit-elle. Ceux contre le gouvernement servent à établir son niveau de responsabilité. Je veux que mes enfants soient fiers de nos luttes. Que mon plus petit ne me dise plus jamais, comme il l’avait fait six mois après l’accident :« Maman, souris, s’il te plaît !” » Vivre, mener une vie simple.

Éric serres

https://www.humanite.fr/nucleaire-exiles-apres-fukushima-ils-sont-devenus-des-parias-670770?fbclid=IwAR1eI4AcyiwGZ-WUP33qVrG5VrtU7x5vZSbOg3R0LrGgedKhT9NSMJ4U8PU

EPR de Flamanville : au bout du chantier, le fiasco

Un groupe d’experts et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire réclament la réparation des soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville. EDF espérait qu’une série de tests suffirait. La réparation, opération longue et compliquée, pourrait entraîner au moins deux ans de retard supplémentaires.12 avril 2019 / Émilie Massemin (Reporterre)

EDF ne voit plus le bout du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Jeudi 11 avril, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a rendu public un avis dans lequel il réclame la « remise en conformité » de huit soudures défectueuses très difficiles d’accès, ce qui pourrait repousser de deux ans — au moins — la mise en service du réacteur nucléaire d’un nouveau type. Le groupe permanent d’experts sur les équipements sous pression nucléaires (GPESPN), réuni mardi 9 et mercredi 10 avril, a également exigé à l’unanimité la réparation de ces huit soudures.
Le revers est de taille pour l’exploitant, qui a quasiment terminé son réacteur et espérait se sortir de cette situation par une série de tests démontrant que les soudures défectueuses restaient suffisamment solides pour être conservées en l’état. C’était le sens du son rapport qu’elle avait remis à l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), et que le groupe d’experts a examiné mardi 9 avril et mercredi. Pour rappel, le chantier de l’EPR de Flamanville a commencé en 2007 et devait être achevé en 2012, pour un coût total de 3,5 milliards d’euros. Mais en juillet dernier, EDF annonçait une mise en service pour fin 2019 — soit sept ans de retard — et un triplement de la facture à 10,9 milliards d’euros.

Comment EDF en est-il arrivé là ? Dès la conception de l’EPR, EDF avait choisi d’installer des soudures dites de « haute qualité » dans les tuyauteries qui vont des générateurs de vapeur à la turbine, en visant « l’exclusion de rupture ». « Habituellement, la construction tient compte du risque de rupture de la pièce concernée. Or, EDF est parti du principe que les soudures “ ne pouvaient pas casser”, explique à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN. En visant “ l’exclusion de rupture”, il faut tout renforcer : la conception des soudures, les conditions de soudage, les contrôles, etc. Le problème, c’est qu’EDF n’a pas indiqué aux fabricants que les soudures devaient être réalisées conformément à ce principe d’exclusion de rupture. » C’est ainsi qu’en 2017, à la suite d’une série de dysfonctionnements, l’exploitant a dû avertir l’ASN que 66 soudures ne remplissaient pas les critères de « haute qualité » — et, pour certaines, pas même les critères standards. Pour l’IRSN, l’importance des manquements est telle que la réparation des soudures est indispensable. « Le niveau de qualité n’est pas là. On n’a pas un haut niveau de confiance dans ce qui a été fait. On parle de sûreté nucléaire, il n’y a pas d’autre possibilité que de tout remettre en conformité », dit M. Charles.
Huit des soudures se trouvent dans une partie très difficile d’accès

Problème : huit des soudures se trouvent dans une partie très difficile d’accès, coincées entre les deux parois de béton de l’enceinte de confinement. « L’élément traversant, coincé entre les enceintes, rassemble deux tubes, soudés à un anneau central, le tout enserré dans un fourreau métallique. Lui-même est entouré d’éléments internes et externes qui font la liaison avec les parois, côté interne pour assurer l’étanchéité de l’enceinte, côté externe pour assurer l’amortissement en cas de séisme » décrit Yves Marignac, directeur de Wise-Paris et membre du groupe d’experts. « Il va être très compliqué de toucher à tout ça sans endommager tous ces éléments. L’alternative serait de casser le génie civil, de sortir l’élément traversant, de reprendre les soudures en atelier et de replacer le tout. » Dans les deux cas, l’opération s’annonce longue et compliquée. « Cela demande des études, des qualifications de procédé, des essais sur maquette grandeur nature parce qu’il ne faudra pas que les opérateurs se loupent et détériorent des éléments irremplaçables, ce qui compliquerait encore la situation d’EDF », prédit M. Marignac. Pour qui l’estimation de deux ans de retard avancée par EDF est « très optimiste ».

Une solution pour EDF serait d’abandonner le principe d’exclusion de rupture. « Il lui faudra alors reprendre toute son étude de sûreté pour voir ce qui se passerait en cas de rupture de la soudure. Mais là aussi, c’est une démarche très compliquée. Surtout, la probabilité que ça ne change rien à l’installation est nulle », prévient M. Charles. Autrement dit, si EDF renonçait à l’exclusion de rupture, il serait sans doute obligé de rebâtir toute une partie de son installation pour la rendre capable de faire face à ce genre d’accident. « Je pense que c’est encore plus compliqué que de réparer les soudures », conclut le directeur adjoint de l’IRSN.
Jeudi soir, EDF n’avait pas répondu aux sollicitations de Reporterre. Dans un communiqué, l’électricien admet que « les recommandations formulées et les pistes de solution suggérées par le Groupe Permanent pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction » et qu’un « point précis sur le calendrier et le coût de construction de l’EPR de Flamanville sera effectué après la publication de l’avis de l’ASN ». Pour l’exploitant, ces avis arrivent au pire moment, alors que son chantier d’EPR finlandais vient d’accuser lui aussi trois mois de retard supplémentaires.
L’avis du groupe d’experts risque de compromettre l’avenir de la filière EPR en France. En effet, en novembre 2018, le président de la République reportait à 2021 la décision de lancer la construction de nouveaux EPR : « Je demande à EDF de travailler à l’élaboration d’un programme de ‘‘nouveau nucléaire’’ en prenant des engagements fermes sur le prix, pour qu’ils soient plus compétitifs. Tout doit être prêt en 2021 pour que le choix qui sera proposé aux Français puisse être un choix transparent et éclairé. » La mise en service de l’EPR de Flamanville faisant partie de ce « tout ».
L’ASN a indiqué à Reporterre qu’elle rendrait son avis définitif « d’ici l’été ». Pour Yves Marignac, il est très probable qu’elle confirme les avis de l’IRSN et de son groupe d’experts. « Le rapporteur de l’ASN était lui aussi défavorable à la démarche de calculs et de tests proposée par EDF, et favorable à une remise en état des soudures, rapporte M. Marignac. Il serait étonnant, et même incompréhensible, que l’ASN ne suive pas tous ces avis. »

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Greenpeace Fukushima +8

Greenpeace Fukushima + 8 – « Les recommandations du Comité des Nations unies sur les droits des enfants, publiées début février 2019, si elles avaient été suivies, auraient dû Greenpeace Fukushima + 8 – « Les recommandations du Comité des Nations unies sur les droits des enfants, publiées début février 2019, si elles avaient été suivies, auraient dû conduire le gouvernement japonais à cesser de lever les ordres d’évacuation, à proposer des compensations totales aux personnes évacuées et à respecter pleinement les droits humains de ces personnes et des travailleurs-euses. Le 11 mars 2019, huit ans jours pour jour après le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima, on est très loin du compte… »

Catastrophe nucléaire de Fukushima : les droits bafoués
, 08/03/2019 – le gouvernement japonais à cesser de lever les ordres d’évacuation, à proposer des compensations totales aux personnes évacuées et à respecter pleinement les droits humains de ces personnes et des travailleurs-euses. Le 11 mars 2019, huit ans jours pour jour après le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima, on est très loin du compte… »

Catastrophe nucléaire de Fukushima : les droits bafoués
, 08/03/2019 –
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