Échec annoncé pour les objectifs climatiques de la France

C’est officiel, la France ne tiendra pas ses objectifs climatiques avant la fin de la prochaine décennie. La faute au manque d’argent et à l’absence de courage politique. 
La neutralité carbone n’aura pas lieu. Du moins, pas en 2050. Ou pas comme l’imagine Nicolas Hulot. C’est la conclusion que l’on peut tirer de la réunion du comité de suivi technique sur la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la stratégie nationale bas carbone (SNBC)[1] qui s’est tenue jeudi 19 juillet.  23 juil. 2018 Par : Valéry Laramée de Tannenberg | Journal de l’environnement

Le drame

À cette occasion, les experts de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) du ministère de la transition écologique ont présenté leurs dernières simulations pour le deuxième et troisième budget carbone[2]. Et soudain, c’est le drame. Au détour d’une diapositive, quelle n’a pas été la surprise des participants d’apprendre qu’aucun des prochains budgets carbone ne sera respecté. Le ministre d’État avait un peu préparé les esprits lors d’un discret séminaire sur la neutralité carbone. Cela se confirme.

Deux budgets ne seront pas respectés

Selon les derniers calculs de la DGEC, la France devrait émettre 18 millions de tonnes par an de gaz à effet de serre (GES) en trop pour son premier budget (2015-2018). Le dérapage sera plus grand encore lors du budget suivant : 24 Mt équivalent CO2 par an pour la période 2019-2023. Le troisième budget « pourrait être respecté » à condition de mettre en œuvre de nombreuses mesures supplémentaires pas toujours compatibles avec le manque de courage politique et un carcan financier trop rigide.

La France empêtrée dans ses contradictions sur le climat

Si le président Macron agit pour la diplomatie climatique, l’action du gouvernement Philippe défend surtout les intérêts industriels.

Transports et résidentiel

Comment en est-on arrivé là ? Simple : c’est la faute aux autres. Deux gros secteurs sont montrés du doigt : les transports et le résidentiel-tertiaire. « Sur le secteur des transports, la principale différence avec la trajectoire de la SNBC vient du retard pris ces dernières années », indique la DGEC. Certes.

Carburants bon marché

En vrac, les services du ministère citent une forte progression du trafic routier en raison des faibles prix des carburants, des véhicules neufs qui consomment plus que prévu et des voitures électriques qui peinent à séduire les automobilistes. Résultat : des émissions supérieures de 6 % à ce qui était prévu pour le premier budget, de 16 % pour le second et de 17 % pour le dernier.

Plans de rénovation

C’est encore pire pour le résidentiel : 18 % de dérapage entre 2014 et 2018, 26 % entre 2019 et 2023 et 23 % entre 2024 et 2028. Là encore, le faible prix de l’énergie est réputé coupable. Auquel il faut ajouter l’incapacité des pouvoirs publics à tenir leurs engagements en matière de rénovation des logements. Trop cher, trop compliqué.

Sept pays européens veulent relever l’ambition climatique de l’UE

Réunis à Paris le 25 avril, les ministres de l’Écologie de six pays européens ont appelé à rehausser l’ambition climatique de l’Union européenne.

Autres engagements intenables

D’autres engagements ne seront pas tenus. À force de trop rouler et de chauffer l’extérieur de nos domiciles, nous brûleront plus de 138 Mt équivalent pétrole en 2020 : 5 % de plus que ce que nous autorise la législation européenne.

Au mieux, la France ne devrait réduire que de 44 % sa consommation d’énergie finale entre 2012 et 2050, contre 50 % prévus par la loi Royal. L’objectif intermédiaire de 2030 (-20 %) est, lui aussi, hors de portée. Cette même année, les automobilistes consommeront 13 % de carburants d’origine renouvelable, contre 15 % fixés par la loi.

Révision à la baisse

Plutôt que d’énoncer de nouvelles mesures qui nous permettraient (peut-être ?) de rattraper le temps perdu, l’Hôtel de Roquelaure préfère revoir à la baisse certains objectifs de notre politique énergétique. « Pour 2030, indique Anne Bringault du Réseau Action Climat, l’objectif de la loi sur la transition énergétique de 32 % d’énergies renouvelables est revu en catimini à la baisse à 31 %. » Même punition même motif pour la consommation maximale des véhicules neufs qui seront mis sur le marché en 2030 : 4 litres/100 kilomètres, contre 3 litres initialement prévus.

500 000 rénovations annuelles

Pour 2050, on peut d’ores et déjà s’asseoir sur la perspective de voir correctement isolés les 35 millions de logements. Il faudrait, pour ce faire, rénover (niveau BBC) 700 000 maisons et appartements chaque année. Au mieux, la DGEC n’en promet pas plus de 500 000 par an. L’objectif du plan présenté le 26 avril dernier.

Après la très curieuse concertation mise en œuvre autour de la PPE, ces estimations tombent mal pour le pays-hôte de la COP 21. L’Europe prévoit, en effet, d’annoncer une hausse de ses ambitions lors de la COP 24 qui s’ouvre le 3 décembre prochain. Date à laquelle Paris n’aura peut-être pas réussi à boucler PPE et SNBC. Vous avez dit pays leader ?

 

 

 

[1] Ces deux exercices de planification doivent, légalement, être publiés d’ici la fin de l’année.

[2] Instaurés par la loi pour la transition énergétique, les budgets carbone fixent le plafond d’émission de gaz à effet de serre de la France. Le premier vise la période 2014-2018 ; le second, la période 2019-2023 et le troisième, la période 2024-2028.

Nucléaire : la forge du Creusot veut oublier les fraudes

« Cette usine a 200 ans et elle a toujours su apprendre de ses erreurs. »David Haguet, le directeur de l’usine du Creusot de Framatome (ex-Areva), en Saône-et-Loire, a une mission claire en tête : il veut convaincre que le temps des tricheries est fini. Ici, l’entreprise, désormais filiale d’EDF, fabrique des composants essentiels pour les réacteurs nucléaires. Une forge titanesque d’une précision unique au monde. Une usine qui a sculpté, à plus de 1 300 degrés, les éléments-clés des centrales nucléaires françaises pendant les quarante dernières années. 
C’est dans cette même usine que s’est joué l’un des épisodes les plus inquiétants de la filière nucléaire française : des falsifications de dossiers à grande échelle et la manipulation de données sur les composants qui sortaient des forges du Creusot. Le Monde Par Nabil Wakim (Le Creusot, Saône-et-Loire, envoyé spécial)

« On a pris la décision de tout suspendre entre 2015 et 2017. Les dysfonctionnements, on les assume », assure David Emond, vice-président de Framatome, responsable de la branche composants. C’est ici qu’a été forgée la cuve de l’EPR de Flamanville, qui comportait des anomalies dénoncées en 2014 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). C’est ici que l’on a découvert par la suite des pratiques frauduleuses sur des tests réalisés en laboratoires. Des tricheries qui ont obligé à une révision complète de 2 millions de pages et 4 000 dossiers pour remonter le temps et vérifier quels réacteurs étaient concernés.

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Framatome assure que seules trois pièces ont réellement posé problème – mais omet de préciser que, sur les 42 réacteurs étudiés à ce jour, plusieurs centaines de questions de non-conformité ont été repérées par EDF. « On a relu tout ce qu’on a pu récupérer sur le parc nucléaire français depuis quarante ans », explique M. Emond. Un travail de fourmi qui doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2018.

Il faut dire que cette usine ne fabrique pas exactement du chocolat. Dans le gigantesque hangar, une immense presse de 9 000 tonnes écrase consciencieusement un morceau d’acier en fusion de 200 tonnes. Un « lingot » qui sera forgé pendant un mois, avant d’être retravaillé pendant plus d’un an, puis de partir pour le Royaume-Uni, et de devenir une pièce maîtresse du réacteur nucléaire de Hinkley Point, en cours de construction par EDF.

Errements dans la « culture qualité » de l’usine

Depuis 2017, les autorités britanniques ont donné leur feu vert à la forge du Creusot. L’ASN, elle, a attendu mars 2018 pour octroyer ce précieux sésame. Le laboratoire de tests à l’origine des fraudes, situé à quelques mètres de la forge, vient tout juste de recevoir l’agrément de l’autorité de sûreté pour reprendre les travaux.

« Ce sont des êtres humains qui ont pris de mauvaises décisions, pas une bande de brigands », estime M. Haguet. Le nouveau patron du site depuis le mois de janvier, ancien de chez ArcelorMittal, reconnaît qu’il a fallu changer beaucoup de choses dans l’usine après la découverte des falsifications. « Changer la culture et les valeurs, c’est ce qu’il y a de plus difficile dans une entreprise », analyse M. Haguet. Le directeur du site a mis en place des visites de réacteurs nucléaires pour les salariés, « pour apprendre une meilleure culture de sûreté ». Il organise également des « journées sûreté » avec des « jeux participatifs ».

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Comment changer les pratiques culturelles dans une usine bien ancrée dans ses habitudes ? L’ASN avait mis en lumière dès 2006 des errements dans la « culture qualité » de l’usine, mais il a fallu attendre un scandale national pour que la direction réagisse.

« Quand vous avez pris l’habitude pendant vingt ans de travailler d’une certaine manière, on ne change pas du jour au lendemain », reconnaît Alexandre Cretiaux, délégué syndical central CFDT, premier syndicat chez Framatome.

La qualité doit primer

Le nouveau management de l’usine assure qu’il met moins la pression sur les délais, et plus sur la qualité. « On défend l’attitude interrogative, il y a un doute, je m’arrête. Dans le nucléaire, on ne peut pas se permettre d’être médiocre. Je répète aux opérateurs que c’est la qualité qui doit primer », insiste M. Haguet.

Soulagés de voir l’activité revenir au Creusot après un plan de départ volontaire qui a vu 60 personnes quitter le site, les syndicats restent néanmoins prudents. « On progresse, mais il ne faut pas crier victoire trop tôt », prévient Jean-Luc Mercier, de la CGT. « Il y avait des pratiques inacceptables, maintenant c’est terminé. Si cela se reproduisait, ce serait repéré dans les 48 heures », espère Alexandre Cretiaux, de la CFDT.

Dans le petit laboratoire logé dans des préfabriqués, il a fallu investir et transformer pour montrer patte blanche aux autorités de sûreté des différents pays et aux inspecteurs envoyés par les clients, qui ont multiplié les contrôles. « Le laboratoire a corrigé et est revenu au niveau », assure la direction de l’usine. Marilou Lebeault, responsable qualité du site, note qu’il a aussi fallu changer les logiciels de tests. « Auparavant, les opérateurs pouvaient accéder aux données et faire des modifications », reconnaît-elle.

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L’entreprise explique avoir créé un statut de lanceur d’alerte, qui permet de remonter de manière anonyme tout dysfonctionnement. « Les problèmes qu’on ne connaît pas, on ne peut pas les régler », explique David Emond.« On a mis en place une culture de bienveillance vis-à-vis de l’erreur. Une personne qui signale une erreur, on ne la condamne pas, on la félicite », assure-t-il. Mais ces problèmes sont remontés en interne, à l’inspection générale de l’entreprise.

Une pratique qui ne rassure pas Charlotte Mijeon, du Réseau Sortir du nucléaire, qui note que « la vérification se fait toujours à l’intérieur de Framatome » et pas de manière indépendante :

« Comment accorder la moindre confiance à des industriels qui ont menti pendant des années ? »

Au Creusot, tous les salariés transportent désormais sur eux une carte rappelant huit règles essentielles de sécurité. Après une discussion en interne, la direction du site vient d’en rajouter une neuvième : « Je ne négocie pas les règles. » Au cas où les choses ne seraient pas assez claires.

1775 défauts constatés sur le parc nucléaire français

 

 
« 1.775 anomalies sur des pièces en service sur des réacteurs nucléaires ! Une communication d’EDF bien discrète pour étouffer le scandale des dossiers falsifiés à l’usine du Creusot. Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire, publié le 26 juillet 2018. Reporterre 27 juillet 2018 

En 2015, en réponse à la découverte des malfaçons de la cuve de l’EPR de Flamanville, un audit avait été mené à l’usine Framatome (anciennement Areva) du Creusot, qui avait mis en évidence des erreurs et falsifications massives de dossiers de fabrication de pièces destinées aux réacteurs nucléaires. Le scandale ayant éclaté au printemps 2016, cet audit a été élargi en septembre 2016 à l’ensemble des dossiers de fabrication des équipements provenant de Creusot Forge installés sur le parc nucléaire français en exploitation.

Le 17 juillet, très discrètement, EDF a publié sur son site web son évaluation la plus récente, portant sur 42 réacteurs (16 autres réacteurs doivent encore être examinés), sans fournir de chiffres cumulés pour l’ensemble d’entre eux. Or, comme le montre le récapitulatif établi par l’agence indépendante WISE-Paris, le cumul des irrégularités s’élève maintenant à 1775 anomalies (non-respect d’exigences contractuelles ou règlementaires) et 449 non conformités ! On obtient ainsi une moyenne de 53 irrégularités par réacteurs et de 2 irrégularités par pièce. Le réacteur de Bugey 3 bat le record du nombre d’anomalies, avec 94 en tout (plus 19 non conformités).

Ces chiffres sont lourds d’enseignements : loin de constituer une pratique marginale, le non-signalement des irrégularités semblait revêtir à l’usine du Creusot un caractère presque systémique : presque un tiers des constats vérifiés semble ainsi révéler un écart. Ils démontrent l’impasse du système de contrôle actuel, qui repose sur l’idée bien naïve, au vu du fonctionnement constaté de l’industrie nucléaire, que l’exploitant sera de bonne foi et déclarera systématiquement ses erreurs à l’Autorité de sûreté…

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“, le problème ne saurait être évacué si facilement : les pièces d’acier non-conformes aux normes présentent des caractéristiques mécaniques dégradées, ce qui est d’autant plus grave au regard du haut niveau de qualité attendu pour éviter tout risque de rupture. »

Cherbourg: requiem pour les hydroliennes

Naval Énergies stoppe l’hydrolien, l’usine de Cherbourg dans le flou. Sans perspective d’avenir, l’industriel a annoncé, ce jeudi 26 juillet 2018, l’arrêt de ses investissements dans l’hydrolien. Une mauvaise nouvelle pour Cherbourg qui a pourtant inauguré une usine il y a un mois. Ouest France  
Construite en seulement 10 mois, la première usine d’assemblage d’hydroliennes au monde a été inaugurée jeudi 14 juin, sur le port de Cherbourg.
Construite en seulement 10 mois, la première usine d’assemblage d’hydroliennes au monde a été inaugurée jeudi 14 juin, sur le port de Cherbourg. | OUEST-FRANCE Donovan GOUGEON.

Naval Énergies a annoncé, ce jeudi 26 juillet 2018, mettre fin à ses investissements dans l’hydrolien. Une très mauvaise nouvelle pour Cherbourg où la première usine d’assemblages d’hydroliennes au monde avait été inaugurée le 14 juin 2018, sur le port. Une usine de 5 500 m² qui devait pouvoir produire une hydrolienne toutes les deux semaines. Soit 25 par an.

« Une décision qui s’impose à nous »

Mais les annonces du gouvernement pour les appels d’offres commerciaux se faisaient attendre. Naval Énergies ne pouvait plus attendre davantage . « La décision n’a pas été facile à prendre et on le fait avec pas mal de regrets mais elle s’impose à nous aujourd’hui pour préserver la capacité de l’entreprise à se développer , regrette Laurent Schneider-Manoury, président de Naval Énergies.  La dégradation de la situation du marché, en France et dans le monde tout au long de ces derniers mois, s’est traduite par une absence de perspectives commerciales qui ne nous permet pas de financer seuls plus longtemps le développement des activités hydroliennes. »

Une dizaine de personnes travaillaient pour Openhydro, filiale de Naval Énergies, à Cherbourg. L’industriel réfléchit actuellement à leur avenir ainsi que celui de l’usine.

 

Nouveau retard pour l’EPR de Flamanville : « C’est une catastrophe industrielle pour EDF »

EDF a annoncé mercredi de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur nucléaire EPR de Flamanville dans la Manche. Pour Yves Marignac, directeur d’une agence indépendante d’études sur l’énergie, la situation est très préoccupante. 

 

INTERVIEWSouvenez-vous, l’EPR de Flamanville devait initialement être livré en 2012. Finalement, il ne pourrait être prêt qu’au début de l’année 2020, pour une facture de 10,9 milliards d’euros, soit près de quatre fois plus que le montant estimé à l’origine. En effet, EDF a annoncé mercredi de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur nucléaire situé dans la Manche.

« Un défaut dans le management de la qualité ». « Il s’agit de problèmes de qualité de soudures sur des circuits secondaires mais très importants, qui évacuent sous forme de vapeur la chaleur du réacteur vers les turbines. Ce sont des soudures qui doivent être de très bonne qualité et qui ne le sont pas », indique l’ingénieur Yves Marignac dans la Matinale d’Europe 1 jeudi. Mais selon le directeur de Wise Paris, agence indépendante d’information et d’études sur l’énergie, « la cause profonde de ce problème, c’est un vrai défaut dans le management de la qualité chez EDF, qui n’a pas permis de détecter les problèmes jusqu’au dernier moment. D’où le besoin de ré-inspecter et de faire les travaux ».

« Des signaux très inquiétants ». Selon l’expert, ce nouveau report – qu’il n’hésite pas à qualifier de « catastrophe industrielle » – est un très mauvais signal pour l’industriel français. « C’est le signe d’une capacité insuffisante d’EDF à réaliser des travaux lourds avec des exigences de sûreté », déplore-t-il. « On a des signaux très inquiétants sur des défauts de conformité de réacteurs. Dès aujourd’hui, je considère que la qualité de sûreté du parc (nucléaire français) se dégrade. Et ça risque de se dégrader encore », alerte l’ingénieur.

Des conséquences économiques graves. La situation, si elle est calamiteuse d’un point de vue technique, l’est également économiquement. « Tout ça grève dramatiquement les finances d’EDF. L’EPR, qui devait être le fleuron de la filière nucléaire française, qui rêvait de s’exporter partout dans le monde, est un réacteur qui, en termes de design et de conception, est pratiquement mort-né. La perspective industrielle pour l’EPR est très noire aujourd’hui. Et les conséquences pour EDF, dans sa stratégie commerciale et dans sa stratégie financière, sont extrêmement problématiques », prévient Yves Marignac, qui s’attend déjà à voir la facture s’alourdir encore un peu plus dans les mois et années à venir.

Vers un surcoût des tarifs de l’électricité ? D’ailleurs, qui va payer cette facture à rallonge ? « In fine, les consommateurs d’électricité via leurs tarifs, mais aussi les contribuables », répond le directeur de Wise Paris. « On a déjà eu ces dernières années 7 milliards de réinjection d’argent frais dans EDF et dans la filière nucléaire française par l’État. Il va falloir compenser ce nouveau retard. Ça va se traduire en partie par les prix et par des taxes, des impôts, qui vont servir à renflouer ce fleuron industriel ».

http://www.europe1.fr/economie/nouveau-retard-pour-lepr-de-flamanville-cest-une-catastrophe-industrielle-pour-edf-3719570