Mar 18 2018

Naoto Kan : Les 24 heures d’une visite mémorable dans le Cotentin nucléarisé

Article en cours…

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L'accueil en Gare : Janick, Evelyne, Didier
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Les train de Paris est à l'heure, c'est de bonne augure !
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Naoto Kan , ses accompagnateurs et traductrice
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L'accueil par Didier Anger
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Naoto Kan , ses accompagnateurs et traductrice
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Première étape, la plage du Platé à Siouville
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Didier Anger présente le site des 3 réacteurs de Flamanville
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Des militants du CRILAN et du Cano accompagnent Naoto Kan
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Un dossier a été préparé à l'attention de l'ancien premier ministre Japonais
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Passage obligé par la stèle aux irradiés inconnus
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C'est le 7 ème anniversaire de Fukushima
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Naoto Kan et Chantal Cuisnier fleurissent la stèle
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La stèle fait partie du paysage de Dielette
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Deux présences remarquées: Mathilde Panot ( FI) et Yannick Rousselet (Greenpeace)
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Pendant la Conférence de presse de Naoto Kan: un style précis...
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20 h 400 personnes ont envahi Le Raffiot de Famanville pour voir le film présenté par son réalisateur
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Pendant 1h30 Naoto Kan répond aux questions du public
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Paulette et Didier Anger , les artisans d'un événement mémorable.
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8h45 , Naoto Kan se dirige vers La Hague. André Guillemette l'attend devant ORANO
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Un panorama vu du nord du site ORANO
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Un panorama vu du nord des sites ORANO et Andra
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Du Rhuténium a été mis en évidence par l'ACRO dans cette zone. du Ru des Landes..
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La Sainte Helene , rivière contaminée à l'américium-241
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Les cartes sont de sortie
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Avant de regagner Cherbourg Kolin nous offre une photo artistique d'Ecalgrain

 

Naoto KAN, premier ministre japonais lorsque la catastrophe de Fukushima a commencé (http://leblogdejeudi.fr/naoto-kan-le-…), était invité par le Collectif antinucléaire Ouest (http://www.can-ouest.org/) et le CRILAN (http://crilan.fr/). Il était à Flamanville le 15 mars 2018. A l’issue de la projection du film « Le cercle du soleil », en présence du producteur Tomiyoshi Tachibana, il a débattu de sa décision face à l’incapacité des industriels d’assumer les conséquences des catastrophes et l’impossibilité de garantir le confinement des déchets : la nécessité impérative d’arrêter toutes les centrales nucléaires et de cesser le retraitement des déchets.  François NICOLAS  17 mars 2018

 

Mar 18 2018

N Kan visite

 

Mar 17 2018

Nucléaire: les imparables leçons de la catastrophe de Fukushima

Deux voix venues du Japon secouent la torpeur pronucléaire de la France, en ce septième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Écouter Naoto Kan, ancien premier ministre devenu anti-atome, et lire Masao Yoshida, le directeur défunt de la centrale, c’est comprendre l’impuissance des gouvernements face à une catastrophe nucléaire.  Mediapart  PAR 

Vente de réacteurs EPR à l’Inde, soutien à celui voulu par la Grande-Bretagne à Hinkley Point, torpillage de l’objectif de réduction à 50 % de la part d’électricité d’origine nucléaire : le soutien de l’État à l’atome est plus marqué que jamais.

C’est dans ce contexte particulier que deux voix venues du Japon perturbent l’apparent consensus officiel. L’une est articulée par un dirigeant politique de premier plan, auréolé de son retournement contre le nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima. C’est celle de Naoto Kan, premier ministre en fonctions lorsqu’un tremblement de terre et un tsunami ravagent son pays et déclenchent l’une des pires crises nucléaires de l’Histoire à la centrale de Fukushima Daichii, en mars 2011. Aujourd’hui député à la Diète, élu du parti démocrate du Japon (PDJ), il soutient une proposition de loi favorable à la sortie du nucléaire alors que l’actuel chef du gouvernement, Shinzo Abe, veut au contraire relancer les réacteurs à l’arrêt.

À l’occasion du septième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, il est en visite en France pour alerter sur les dangers de l’atome. « Ce que je veux dire aux Français, c’est que le risque est énorme, explique-t-il à Mediapart. S’il y a un accident dans une centrale nucléaire, vous risquez d’avoir un tiers de votre territoire, ou peut-être la moitié, qui devienne inutilisable, invivable pendant des dizaines d’années. Je crois que vous devez être conscients de cela, que vous devez sortir du nucléaire, consommer moins d’électricité et, surtout, faire confiance aux énergies renouvelables. Prenez conscience de ce risque, il est énorme. »

Pendant près d’une semaine, il a multiplié les interventions publiques : discours devant des militant·e·s de La France insoumise – qui organise une votation citoyenne sur le sujet –, allocutions à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, déplacement devant le chantier de l’EPR à Flamanville et à La Hague, où sont stockés les déchets radioactifs français. Sa venue suscite l’intérêt des médias, où certain·e·s le décrivent en « rock star » de l’antinucléaire.

Naoto Kan, pendant sa visite à Rikuzentakata, frappée par le séisme et le tsunami, le 2 avril 2011 (Reuters/Damir Sagolj).Naoto Kan, pendant sa visite à Rikuzentakata, frappée par le séisme et le tsunami, le 2 avril 2011 (Reuters/Damir Sagolj).

L’autre voix est bien plus discrète, et s’exprime dans un livre sobrement intitulé Un récit de Fukushima. Elle est posthume. C’est celle de Masao Yoshida, directeur de la centrale Fukushima Daiichi au moment de la catastrophe. Il est mort en juillet 2013 d’un cancer de l’œsophage. Mais deux chercheurs français, Franck Guarnieri et Sébastien Travadel, ont fait traduire et éditer pour la première fois en français de larges extraits de son audition auprès de la commission d’enquête alors mise sur pied par Naoto Kan.

À les entendre tous les deux aujourd’hui, avec le décalage de registre de parole et des années, deux visions s’affrontent sur la responsabilité face à la catastrophe. Interrogé pendant près d’une heure par Mediapart sur ses décisions pendant et après la catastrophe en 2011, Naoto Kan, physicien de formation, décrit à plusieurs reprises son incapacité à évaluer seul la gravité de la situation. Pourquoi son gouvernement a-t-il autorisé un seuil d’exposition de la population de 20 millisievert (mSv), considéré comme dangereux par certain·e·s expert·e·s en radioprotection, ouvrant la voie au retour chez eux des déplacé·e·s de Fukushima ? « Attention, ce n’est pas moi qui ai décidé que ce seuil de 20 mSv était le bon, nous répond-il, ce n’est pas du tout quelque chose que des hommes politiques peuvent décider comme cela. Ce sont les experts qui ont décidé. Ce sont des compromis de discussions entre experts médicaux et nucléaires. On a fait une cote à 20 mSv qui semble à peu près acceptable par toutes les parties. Moi, personnellement, je n’ai aucun avis là-dessus. »

Il rapporte à ce sujet une autre anecdote, effrayante a posteriori : « Au sein du ministère de l’économie et de l’industrie, il y avait l’Agence de sûreté nucléaire [devenue depuis l’Autorité régulatrice du nucléaire – ndlr], formée d’experts. En cas de crise, un dispositif se met en place, avec une commission de sûreté nucléaire, sous la responsabilité directe du premier ministre, assisté par des membres de l’agence. Au moment où l’accident s’est produit, le responsable de cette agence du Miti est venu me voir, et je lui ai posé trois questions : quelle est la situation actuelle ? Comment ça va évoluer ? Quelles mesures pouvons-nous prendre pour remédier à cette situation ? Mais les réponses qu’il m’a données étaient tellement confuses et absconses que je me suis dit : “Qu’est-ce que ça veut dire ? Soit c’est moi qui ne comprends pas. Soit c’est lui qui n’est pas tout à fait compétent et ne me donne pas les explications qu’il faut.” Je lui ai donc demandé : “Pourquoi je ne comprends pas vos explications ?” Il a été obligé de me dire qu’il ne connaissait rien au nucléaire et qu’il était diplômé de l’université de Tokyo en sciences économiques. C’est normal que le ministère de l’économie nomme un économiste pour s’occuper d’industrie nucléaire. Mais c’était très gênant qu’il soit à la direction d’une agence en principe formée d’experts qui devaient m’aider à prendre des décisions. Cela montre que tout l’organigramme du gouvernement japonais était fondé sur la supposition qu’il n’y aurait pas d’accident majeur dans l’industrie nucléaire. Ils n’avaient jamais pensé à la possibilité d’un accident majeur. Il est normal qu’un ministre ne soit pas au courant, mais que le responsable de la sécurité, chargé d’édicter les règles, ne le soit pas, là ça pose un gros problème. »Quelques mois plus tard, une commission parlementaire lance une enquête sur la conduite des autorités pendant la catastrophe. « On a compris à ce moment-là, et c’est écrit dans le rapport de la commission, qu’au lieu de servir de soutien aux politiques qui, par définition, ne connaissent pas bien le nucléaire, l’Agence de sûreté nucléaire avait été en fait la courroie de transmission des opérateurs », poursuit Naoto Kan.

« Tout le monde a fui et personne n’est venu »

Face à la complexité technique du fonctionnement des réacteurs et à la difficulté de comprendre quelle décision prendre, Naoto Kan avoue son impuissance : « Pendant toute cette période, ce que je peux dire de mon expérience, c’est que je n’ai jamais eu en temps utile les infos que je voulais avoir. Ce n’est pas la faute des experts, c’est la faute du temps. » Il a démissionné de son poste de premier ministre fin août 2011, sous le feu des critiques pour sa gestion de la catastrophe de Fukushima, jugée calamiteuse par l’opposition.

Une rumeur l’a accusé d’avoir interdit de communiquer sur la fusion des cœurs de trois réacteurs de la centrale de Fukushima, l’accident le plus grave pour une centrale, pour ne pas effrayer la population. « Mais je n’ai pas su quand la fusion a eu lieu, affirme-t-il aujourd’hui. On a appris il y a deux mois que c’était le président de Tepco [l’opérateur de la centrale – ndlr] qui avait interdit qu’on utilise ce mot. Il l’a reconnu il y a trois mois. »

N’a-t-il pas été possible au chef du gouvernement d’être informé correctement de ce qui se passait dans la centrale accidentée ? « Ceux qui savent tout, c’est Tepco, répond-il. Je ne peux apprendre les choses que par eux, selon leur bon vouloir. Ils connaissent toutes les données de la centrale. Je n’ai aucun moyen de savoir par moi-même. » Aujourd’hui encore, les témoignages du président et du directeur général de Tepco devant la commission d’enquête gouvernementale restent confidentiels, à leur demande. « Donc pour le moment, il y a encore des informations secrètes, explique Naoto Kan. J’ai témoigné et tout a été publié. Tous les autres participants ont donné leur accord mais les deux principaux dirigeants de Tepco, non. C’est bien sûr un grand problème. »

À l’inverse, dans un récit bouleversant de précision devant la commission d’enquête parlementaire, Masao Yoshida, l’ancien directeur de la centrale de Fukushima, dénonce l’irresponsabilité des politiques : « Le tsunami de mars a fait 23 000 victimes. Qui les a tuées ? C’est un séisme de magnitude 9 qui les a tuées. On brandit notre responsabilité. Mais pourquoi n’avait-on pas pris les dispositions pour que ces personnes ne meurent pas ? Au lieu de se poser ces questions, la discussion fait un bond et se concentre sur le seul point de la responsabilité de Tepco. Je ne trouve pas ça normal. S’il s’agit de mesures fondamentales pour protéger la vie et les biens des Japonais, il faudrait que la cellule de gestion de crise du premier ministre prenne les mesures qui s’imposent avec les autorités locales. Mais l’État ne fait rien. Il se contente de remettre en question l’organisation des centrales nucléaires (…). Bien sûr protéger une centrale nucléaire est important, mais si on n’a pas de plan d’ensemble, on ne peut pas parler de véritables mesures de protection. Je trouve que l’État a une vision biaisée, concernant les séismes et les tsunamis. »

Que nous apprend son récit ? La terreur d’avoir à prendre des décisions face à une catastrophe en train de se produire, sans avoir, lui non plus, les éléments nécessaires à la prise de décision. Quarante et une minutes après le début du séisme, les premières vagues du tsunami atteignent Fukushima Daiichi. Elles mesurent environ 8 mètres de haut. Dix minutes plus tard, déferlent des vagues estimées à plus de 15 mètres de haut. Jusque-là, la NHK, la télé japonaise, n’avait annoncé que des vagues de 5 mètres. La centrale a été conçue pour résister à un tsunami de 6,10 mètres de haut.

Un quartier déserté de la ville balnéaire de Namie, évacuée pendant la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 28 février 2017 (Reuters).Un quartier déserté de la ville balnéaire de Namie, évacuée pendant la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 28 février 2017 (Reuters).

La perte des circuits électriques rend très difficile l’action de refroidissement des réacteurs et empêche le suivi de ce qui s’y passe par les outils dédiés. Les ingénieurs doivent agir dans le noir, parfois littéralement : il n’y a plus de lumière dans la salle des commandes et les pilotes ne voient plus leurs instruments. Enfermés dans le bâtiment antisismique, sans images de l’extérieur, le directeur et ses collaborateurs ne comprennent que le tsunami est passé que lorsqu’ils voient que l’alimentation en courant électrique a cessé et que les générateurs de vapeur ne fonctionnent plus.

« Nous étions tous tellement terrassés que nous sommes restés sans voix (…), tout en accomplissant ces tâches administratives, émotionnellement nous étions anéantis. »Dans cette situation extrême, les procédures et manuels de gestion de crise deviennent inutiles. L’« imaginaire collectif » des opérateurs de la centrale a été « balayé », analysent Franck Guarnieri et Sébastien Travadel. Ils font l’expérience de l’effondrement de leur cadre institutionnel, expliquent les deux chercheurs. Aucune procédure ne prévoit ce qui se passe, les autorités politiques ne savent pas quoi faire, le directeur de la centrale est quasiment coupé du monde. « La centrale s’est libérée des hommes, écrivent-ils. Il ne s’agit plus ici de l’exploiter, de la contrôler, de la maintenir, mais bien de la combattre. Un combat à mort. »

Des décisions ultratechniques, complexes et dangereuses doivent être prises dans un état de bouleversement émotionnel. Le directeur décide d’injecter de l’eau de mer dans les réacteurs pour empêcher qu’ils ne s’emballent. Masao Yoshida explique : « Je n’en avais pas entendu parler parce que nulle part au monde on ne l’avait jamais fait. » Mais la situation se complique terriblement et, au bout d’un moment, ce sont trois réacteurs que les équipes doivent gérer en même temps. « Je vous assure, personne n’a jamais eu à faire face à trois tranches nucléaires à la fois, et pour être franc, je pense que cela n’arrivera probablement plus jamais. Je n’ai même pas envie d’y repenser. »

Le 13 mars, au troisième jour depuis l’accident, le réacteur 3 explose : « Au début, tout juste après l’explosion, quand les tout premiers rapports sont arrivés du terrain et que j’ai su qu’il y avait une quarantaine de disparus, j’ai vraiment eu l’intention de me donner la mort. Si c’était vrai. S’il y avait quarante morts, j’étais décidé à me faire hara-kiri. » Mais finalement, personne n’y a perdu la vie et l’équipe poursuit son travail. Au bout d’un moment, les sous-traitants sont renvoyés chez eux. Seuls restent le directeur et une cinquantaine de personnes – contre environ 5 000 avant l’accident.

Il est d’autant plus instructif d’entendre ces deux voix aujourd’hui en parallèle que Naoto Kan et Masao Yoshida se sont fait face lors de l’accident. Et se sont affrontés, indirectement. Quand le directeur de la centrale décide d’injecter de l’eau de mer pour refroidir les réacteurs, le vice-président de Tepco, depuis le bureau du premier ministre, lui ordonne d’arrêter. L’ingénieur raconte comment il a sciemment désobéi et menti à ses supérieurs.

Au deuxième jour de l’accident, Naoto Kan se rend sur la centrale, pour une visite qui ne dure pas même une heure. Sa rencontre avec le responsable de l’installation semble tragiquement inutile. « Tout de suite, il m’a demandé d’un ton assez sévère ce qu’il en était, se souvient Yoshida, l’ambiance était telle qu’il était difficile de parler. J’ai bien dit que la situation était difficile sur le terrain, mais j’ai conscience que je n’ai pas suffisamment expliqué en quoi. En fait, nous ne pouvions pas parler librement. Le premier ministre posait des questions surprenantes, auxquelles on essayait simplement de répondre. » Quel type de questions ? Par exemple, comment un simple tsunami pouvait-il paralyser une centrale nucléaire.

Lors de sa visite, Naoto Kan ne voit qu’une salle de réunion du bâtiment antisismique. Il ne pénètre pas dans la cellule de crise. Au plus fort de la crise, lors d’un entretien par téléconférence, Naoto Kan demandera plus tard aux opérateurs « de sacrifier » leurs vies. À l’intérieur de la centrale, la solitude des équipes est insondable. Yoshida réclame aux autorités locales que les réseaux de pompiers leur livrent de l’eau. Mais « tout le monde a fui et personne n’est venu ».  

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Au fil des heures, les relations se tendent entre l’intérieur de la centrale et les autorités extérieures. Les deux chercheurs chargés de l’édition du témoignage de Yoshida proposent une audacieuse interprétation de ce conflit : « C’est peut-être précisément l’éveil de ces conflits et leur mode de résolution qui a permis au collectif sur site de reprendre la maîtrise de ses installations. »Les multiples et légitimes critiques à l’encontre de Tepco ont laissé dans l’ombre le courage et les souffrances des opérateurs, qui sont restés jusqu’au bout aux commandes de la centrale. Naoto Kan en est aujourd’hui l’héritier paradoxal. Son récit rejoint celui de l’ingénieur défunt sur un point essentiel : l’impuissance humaine et le désespoir face à une catastrophe nucléaire.

« Dix jours après l’accident, j’ai demandé au président de la commission de sécurité nucléaire de faire une simulation pour le cas le pire : qu’est-ce qui pourrait se passer ?, se rappelle-t-il aujourd’hui. Ça lui a pris une semaine. Pour le cas où la centrale deviendrait vraiment incontrôlable, il aurait fallu évacuer une zone jusqu’à 250 km de la centrale. Tokyo était concernée. 50 millions d’habitants devaient être chassés de chez eux, et ne pourraient pas y revenir pendant plusieurs dizaines d’années. Et quand j’ai vu qu’une simple centrale représentait un risque si important, ce jour-là, j’ai complètement changé d’avis. On ne peut pas envisager une industrie avec des risques aussi énormes. 50 millions d’habitants, c’est 40 % de la population japonaise. Le centre du pays serait devenu complètement inutilisable. Pire que quand le Japon a perdu la guerre. Ce jour-là, quand j’ai compris que ce risque était présent, j’ai changé à jamais. »

Les faits et gestes de Naoto Kan sont critiquables. Le bilan de son exercice du pouvoir doit être envisagé avec distance. Mais son alerte possède la simplicité formelle du rescapé d’un désastre. Les mots de son témoignage sont lourds de sens. Ils engagent la responsabilité de celles et ceux qui les écoutent, à commencer par, espérons-le, le gouvernement et le chef de l’État français.

Mar 17 2018

Billes de césium à Fukushima, incertitude scientifique contre certitude politique

Alors que la zone d’évacuation autour de la centrale est en train d’être abolie par les autorités, des billes de césium en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima disséminées à 450 km des lieux de l’explosion, ont été retrouvées dans les cours d’eau. Liberation  CÉCILE ASANUMA-BRICE 7 MARS 2018 MISE À JOUR : 9 MARS 2018

©NNN Simulation de la dissémination par les vents des billes de césium, transportées jusqu’à 450 km au sud de la centrale de Fukushima, recouvrant Tokyo pour terminer leur course dans la préfecture de Fukushima.

A 30 km au nord est de la centrale de Fukushima des habitants de l’arrondissement de Tsushi, dans la ville de Namie, reviennent visiter leur ancienne habitation au cœur de la zone d’évacuation. Les lieux sont restés en l’état, sept ans après. Les étagères de l’épicerie adjacente à la maison sont vides. Des futons d’un rouge lavé par les saisons sont entassés dans le coin de la pièce principale. Dans la vaste cours qui s’étend devant la maison, monsieur T. mesure un hot spot de 11.9 microsievert/h. Depuis l’accident, le seuil défini par les autorités pour la décontamination obligatoire est de 0.23 microsievert/h. « On nous a dit qu’il y avait des billes de césium ici. J’en avais jamais entendu parler jusqu’alors. Je ne sais pas ce que c’est».[1]

Des billes de césium dans les filtres d’échantillonneurs atmosphériques

C’est dans cette région que furent découvertes des billes de césium par l’institut de recherches météorologiques situé à 170 km au sud de la centrale, dans la ville de Tsukuba (préfecture d’Ibaraki). Afin de déterminer la qualité de l’air, ce centre utilise des équipements spécifiques appelés High-volume air sampler, qui filtrent l’air afin de capturer les particules qui s’y trouvent en suspension. Ces échantillonneurs ont enregistré des données depuis plus de 60 ans.

Les billes de césium ont été en premier lieu découvertes, il y a quatre années, dans les filtres utilisés au moment de l’explosion. « Juste après l’accident, quand la radioactivité était la plus forte, on a enregistré des taux 10 millions de fois plus élevés que les échantillons prélevés avant l’accident » relate Kôji Adachi, responsable du centre. Ces filtres observés au microscope ont permis de déterminer la taille des billes mesurée à 2.6 micromètres, soit une taille équivalente à 1/10e d’un grain de pollen de pin. Autrement dit, ces billes sont suffisamment fines pour être inhalées par les êtres vivants.

©NNN Billes de césium

Les particules sont emprisonnées dans du verre fondu provenant de matériaux de la centrale

Depuis leur décèlement, le professeur SATO Tatsuhiko travaillant au centre de recherche international associé de l’agence d’énergie atomique japonais a retrouvé ces billes à maintes reprises dans des prélèvements de terre effectués autour de la centrale. Le professeur Sato émet l’hypothèse d’un englobement des particules de césium par du verre compris dans les matériaux composants les parois du réceptacle du cœur en fusion. Le verre aurait fondu sous l’effet de la chaleur et se serait mêlé aux particules de césium pour les enclore, avant de se refroidir et redevenir solide. Les particules les plus légères ainsi enserrées dans leur armure vitrée auraient été emportées par les vents hors du réacteur 2. Le 15 mars, au moment où les vents ont rabattu le plumeau radioactif sur le continent, ses billes de césium auraient été transportées jusque dans le département de Shizuoka, à 450 km au sud de la centrale de Fukushima Dai ichi.

Quelles différences entre les billes de césium et les particules de césium à nu ?

La particularité de ces billes est qu’elles ne se dissolvent pas dans l’eau contrairement aux particules de césium nues. On peut de fait craindre des conséquences particulièrement lourdes sur l’environnement et la santé. Dans le département d’Ibaraki, à Tokaimura, le laboratoire de particules nucléaires de l’agence d’énergie atomique japonaise poursuit les recherches sur les conséquences relatives à la contamination par ces billes de césium. Ce laboratoire procède aux analyses via des programmes de simulation permettant de mesurer l’impact de ces billes de césium dans le corps humain. En émettant l’hypothèse que le césium se serait introduit dans les poumons, on note, dans le cas des particules de césium nues, une répartition en de nombreux micro-éclats alors que dans le cas des billes de césium, la radioactivité reste concentrée en un point plus dense sur lequel l’irradiation est beaucoup plus intense.

Simulation : à gauche dissémination du césium dans le corps humain à droite concentration d’une bille de césium dans le corps humain

Les particules de césium nues se dissolvent dans l’eau et les recherches menées sur le sujet laissent à penser qu’elles se répartissent uniformément dans le corps. La contamination en serait d’autant réduite que ces fines particules pourraient être rejetées. Les billes de césium, quant à elles, se concentrent sur un point et resteraient emprisonnées dans les poumons en cas d’inhalation. Bernd Grambow, directeur de l’unité de recherche Subatech (école des mines de Nantes, CNRS) qui avait participé à des travaux sur la question en 2016, soulignait déjà la dangerosité de ces micro-billes dont la densité les rend plus irradiantes que d’autres aérosols. La demi-vie du césium 137 étant de trente ans, il est probable que leur piège de verre ralentisse d’autant ce processus. Jean-René Jourdain, directeur adjoint de la protection de l’homme à l’Institut de Radioprotection et de Sécurité Nucléaire avait également mis en garde sur la possibilité d’augmentation de cancers radio-induits par ces billes de radioactivité compactes et insolubles.Néanmoins, accompagnant la politique menée par le gouvernement d’abolition de la zone d’évacuation autour de la centrale, ce même organisme (IRSN) reste impliqué dans le programme ETHOS qui propose aux habitants un enseignement pour apprendre à continuer à vivre dans les territoires contaminés.[2]

Des billes de césium retrouvées dans les cours d’eau

Le 7 mars 2018, le professeur Sato de la JAEA (Agence d’énergie atomique japonaise) rend public une nouvelle découverte. Après avoir analysé les échantillons de terre, il s’est attaché aux cours d’eau pour y déceler la présence ou non des boules irradiantes. Ses enquêtes de terrain lui ont permis de mettre à jour la présence de billes de césium dans les cours d’eau du département de Fukushima, lieu des recherches. Une équipe de l’université de Tôkyô dirigée par le professeur Yoshio Takahashi, spécialisé en radio-chimie, confirme cette trouvaille, après prélèvements d’échantillons dans les cours d’eau des villes au nord – ouest de la centrale. Selon le professeur, on détermine la présence moyenne à hauteur d’une bille de césium pour 100 litres d’eau. Ces nouvelles révélations, sept années après l’accident, font ressurgir les inquiétudes relatives à la contamination interne des habitants.

©TBS News Quand la matière radioactive devient visible – une bille de césium

Le 5 mars dernier, la commission chargée de l’enquête sanitaire limitée au seul département de Fukushima annonçait simultanément la hausse des cancers de la thyroïde chez les enfants de moins de 18 ans à 197 individus sur un échantillon de 380 000 personnes, et la volonté de mettre fin à l’enquête. Les recherches sur les conséquences sanitaires relatives à ces billes de césium, elles, sont toujours en cours. S’agissant d’un phénomène jamais observé jusqu’alors, les chercheurs avancent pas à pas, hypothèse par hypothèse, sur un terrain inconnu. Pendant ce temps, les villes de l’ancienne zone d’évacuation sont rouvertes une à une à l’habitat, contraignant la population à retourner vivre dans des environnements où l’incertitude règne.

[1] Témoignages enregistrés par Nippon News Network (NNN) diffusés le 6 mars 2018.

[2] Voir à ce sujet notre article dans le journal du CNRS : https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-…

Mar 14 2018

Tricastin bientôt Fukushima-sur-Rhône ?

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Tandis qu’on « célèbre » avec force discours lénifiants le septième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, et qu’Aréva (c’est-à-dire notre poche) doit payer 750 millions d’euros à la Finlande pour les retards (10 ans) de l’EPR vendu à ce pays bien naïf, une grande inquiétude commence à s’installer dans la vallée du Rhône, chez moi. 12 MARS 2018 PAR BLOG : LE BLOG DE VICTORAYOLI

Une inquiétude liée à des menaces nucléaires qui touchent directement 400 000 personnes et indirectement toute la partie rhodanienne de la Provence, la région marseillaise comprise, soit plusieurs millions de personnes. En témoignent les dizaines de plaintes qui ont été déposées à titre individuel par un collectif de citoyens, auprès du procureur de la République, vendredi matin 9 mars 2018 au palais de Justice d’Avignon.

L’objet de cette menace ? La centrale nucléaire du Tricastin qui donne des signes inquiétants et récurrents d’obsolescence pouvant aller jusqu’à l’accident majeur, type Fukushima. Le vendredi 22 mars 2013 au matin, du Vaucluse, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, dans un périmètre de 15 km, les lève-tôt ont entendu une explosion et vu un énorme arc électrique qui a illuminé le site nucléaire du Tricastin pendant dix longues minutes ! Inquiétant… Paniquant… Il s’agissait d’une rupture de ligne, d’un court-circuit sur la ligne haute tension de 225 000 volts en sortie du réacteur nucléaire n° 3 de la centrale du Tricastin.

Quelques semaines plus tard c’était le réacteur n°1 de EDF qui subissait lui aussi une rupture de ligne avec explosion et menaçait la région. Depuis que les 4 réacteurs du Tricastin ont été recouplés au réseau électrique après avoir tourné des années durant et quasiment exclusivement pour l’usine d’enrichissement de l’uranium Eurodif, c’était le deuxième accident en l’espace d’un mois.

Ce n’est pas tout. En juillet 2011, c’était déjà le transformateur de l’unité du réacteur n°1 qui prenait feu. À chaque fois pour EDF ou Areva : « Aucune conséquence radiologique sur l’environnement et la population ». Ben voyons ! Jusqu’à ce que…

Fuites, fissures dans l’enceinte de béton, vannes et systèmes défaillants, maîtrise aléatoire du pilotage des réacteurs sont à présent le lot quotidien de cette centrale nucléaire intégrée au plus grand complexe nucléaro-chimique du pays et qui menace toute la vallée du Rhône.

Avec 38 années de fonctionnement pour le réacteur n° 1 et 37 années pour les trois autres réacteurs, la centrale de Tricastin fait partie des plus vieilles de France et a largement dépassé les 30 années de fonctionnement initialement envisagées pour les réacteurs nucléaires. Elle utilise du combustible Mox, dangereux assemblage d’oxyde de plutonium et d’uranium appauvri. Ce combustible aggrave les conséquences potentielles d’un accident majeur par la présence accrue de plutonium, plus radiotoxique que les autres matières rejetées en cas d’accident.

Inondations. Qu’est-ce qui a causé la catastrophe de Fukushima ? Non pas le tremblement de terre mais l’inondation des installations. Or les risques d’inondations sont très réels à Tricastin car la plateforme de la centrale se situe à un niveau inférieur à celui de sa source froide ! Comme à Bugey et à Fessenheim d’ailleurs… Bonjour la compétence des concepteurs… La centrale est implantée en contrebas de la digue rive droite du canal de Donzère-Mondragon. L’ASN a imposé à ‘exploitant le renforcement des digues, travaux effectués au dernier trimestre 2017. Résisteraient-elles à un séisme ou à une crue exceptionnelle du Rhône ? Elle est donc vulnérable au risque d’inondation.

Mais ce n’est pas tout. La centrale est aussi exposée à une inondation par remontée de la nappe phréatique. Des pompes fonctionnent en continu pour maintenir le niveau de la nappe en dessous de celui de la plateforme. Enfin, à l’inverse, la centrale de Tricastin est soumise à un risque de perte de sa source froide en cas :

• de rupture de la digue gauche du canal qui pourrait faire baisser le niveau de l’eau en-dessous du niveau des pompes de la centrale ;

• de rupture du barrage hydraulique de Bollène situé quelques centaines de mètres en aval sur le canal de Donzère-Mondragon. Avec une chute de 23 mètres entre l’amont et l’aval, c’est l’écluse la plus haute d’Europe. En cas de rupture du barrage ou des portes de l’écluse, le niveau d’eau dans le canal s’abaisserait brutalement, faisant perdre à la centrale de Tricastin sa capacité à refroidir ses réacteurs. Rappelons qu’en 1998, une des deux portes de l’écluse a cédé.

Risques sismiques. Le séisme de référence utilisé pour le dimensionnement de la centrale de Tricastin est celui de Châteauneuf-du-Rhone de 1873 qui était de magnitude 4,7 sur l’échelle de Richter. La centrale a été conçue pour résister à un séisme de 5,2 avec une marge de 0,5 par rapport au séisme de référence, ce qui est largement sous-estimé. La centrale a été construite avec les technologies disponibles à l’époque de sa construction, qui n’étaient pas anti sismiques.

Risques industriels. La centrale nucléaire de Tricastin présente une sensibilité particulière du fait de son implantation au sein d’un complexe nucléaire et chimique plus important. Ainsi, dans un rayon de 10 km autour du site, on retrouve quatre installations classée Seveso seuil haut dont une installation chimique liée au nucléaire (Cogema, Comurhex, Soderec et Butagaz) et 2 Seveso seuil bas (Eurodif et Sogif). Les usines AREVA de transformation, de conversion et d’enrichissement de l’uranium sont toutes situées à moins d’1 km de la centrale. Les deux sources majeures de risque sur la plateforme sont la présence de quantités importantes d’hexafluorure d’uranium pouvant conduire à la formation d’un nuage toxique au-dessus du site, et la présence de fluorure d’hydrogène et d’acide fluorhydrique. Le danger potentiel est important puisque plusieurs installations sur le site manipulent ces produits.

Risques liés à la chute d’avion. Le site de Tricastin se situe à proximité de quatre aéroports transportant au total plus de 7,5 millions de passagers par an et 53 000 tonnes de marchandises : Marseille-Marignane, Avignon, Nîmes, Valence. Sans oublier la base militaire aéronautique d’Orange. Les enceintes de confinement des réacteurs sont-ils à l’épreuve de la chute – accidentelle ou volontaire – d’un avion de ligne ou d’un chasseur ? Certainement pas. En tout cas les piscines de la centrale sont très vulnérables en cas d’agression aérienne volontaire du fait de leur positionnement en hauteur, de la configuration des lieux et de l’absence de confinement.

Imaginons un accident majeur à Tricastin, un jour de mistral (soit 200 jours par an). Le nuage radioactif saccage toute la vallée du Rhône, jusqu’à Marseille et la Camargue. Qu’est-ce qu’on fait ? On évacue Avignon, Salon, Marseille ? On laisse les habitants crever, comme au Japon ? Et que devient l’économie du pays basée sur le vignoble et le tourisme ? Je vois d’ici les affiches publicitaires :

 

« Visitez la Provence,

ses ruines nucléaires,

ses eaux radioactives,

ses cancers foudroyants,

ses enfants mutants à deux têtes, six bras,

ses fraîches jeunes filles aux quatre nichons.

Allez-y ! Vous n’en reviendrez pas ! »

 

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