Fév 04 2018

Flamanville 15 mars 2018: Film et conférence de Naoto KAN « le couvercle du soleil »


Une soirée exceptionnelle à ne pas manquer au Rafiot de Flamanville (salle des fêtes près de l’église) 

Une conférence de Naoto KAN  ancien Premier Ministre japonais, en responsabilité au moment de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Réélu député en 2017, il fera part de son vécu, de son expérience et des  enseignements qu’il a tirés de ce
désastre nucléaire majeur.

Un film en présence du producteur Tomiyoshi Tachibana :

« Le cercle du soleil, une fiction journalistique puissante qui se définit comme une quête de la vérité dans laquelle les ministres de l’époque apparaissent sous leur véritable nom,  où l’accident et sa gestion sont scrupuleusement retracés. Les informations sont chaotiques et des hommes doivent gérer dans une tension extrême une situation limite. »

Du pays du « couvercle défectueux »  de la cuve de I’EPR  à celui du « couvercle du soleil » venez vous informer !

Réservez votre soirée du 15 mars 2018

Collectif antinucléaire Ouest CRILAN  50340 Les Pieux

Fév 04 2018

Nucléaire danger immédiat : le livre qui met à mal la sûreté des centrales françaises

Le JDD publie en avant-première des extraits de Nucléaire, danger immédiat, un livre d’enquête qui conteste le dogme de la sûreté et de la rentabilité des centrales françaises. Au premier rang des préoccupations : l’état alarmant de plusieurs cuves, qui renferment le cœur des réacteurs. 
Les quatre réacteurs du site nucléaire de Tricastin (Drôme et Vaucluse) ont été arrêtés en 2017.
« Ça y est, nous y sommes. Aux quarante ans. D’ici à 2028, 48 réacteurs [sur 58 en service en France] – ceux du palier de 900 MW et une partie des réacteurs de 1.300 MW – vont atteindre cet âge canonique.
Depuis le milieu des années 2000, en raison de ses difficultés financières qui l’empêchent d’investir dans de nouveaux moyens de production, EDF demande, réclame, impose même, que l’ensemble de ses centrales nucléaires soient autorisées à fonctionner au-delà des quarante ans, et prolongées de vingt ans.

[…] [Parmi les éléments qui vont] déterminer la prolongation ou l’arrêt des cuves : ont-elles des malfaçons, d’origine ou apparues avec le temps, qui compromettent la sûreté? C’est l’un des plus grands secrets de l’industrie nucléaire en France. […] Selon EDF, 10 cuves en exploitation ont des fissures qui datent de leur fabrication.

Un séisme à Tricastin pouvait aller vers « un accident de type Fukushima »

[…] Tricastin, avec son réacteur 1, est la pire centrale du pays. Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture, et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans! Sans oublier le risque d’inondation catastrophique en cas de séisme, comme l’a relevé en septembre 2017 l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a arrêté d’office le fonctionnement des quatre réacteurs de la centrale en attendant qu’EDF fasse, enfin, les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon.

La centrale est en contrebas du canal, à 6 m en dessous du plan d’eau. Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN, nous a confié ‘qu’en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima. EDF a trouvé l’arrêt immédiat de la centrale pour réaliser ces travaux injustifié, moi je le trouve justifié.' »

Nucléaire, danger immédiat. Thierry Gadault et Hugues Demeude, Flammarion, 286 p., 21 euros. À paraître mercredi 7 février.

Nucléaire : danger immédiat

Et ça se passera près de chez vous !

Pour en finir avec un mensonge d’État !
Deux Français sur trois vivent à moins de 75 kilomètres d’une centrale nucléaire alors que la menace d’un accident grave n’a jamais été aussi forte.
Au-delà des discours si rassurants des défenseurs du nucléaire, la situation dans nos 19 centrales est plus que préoccupante. Comme le révèle cette enquête, de nombreux réacteurs ont très mal vieilli (notamment à Gravelines, au Bugey ou à Tricastin) : cuves fissurées, enceintes de « confinement » passoires, équipements essentiels non conformes… Tout est réuni pour que survienne une catastrophe. Sans compter, les risques externes, sans cesse minimisés, qui, à l’image du dangereux barrage de Vouglans dans le Jura, menacent la sûreté de certaines centrales.
Financièrement exsangue, incapable d’investir dans de nouveaux outils de production, EDF manœuvre pour imposer la prolongation de ses centrales au-delà du raisonnable. Cette impasse financière, technique et humaine intervient à un moment clé : 48 réacteurs (sur 58) vont atteindre d’ici à 2028 le seuil critique, considéré comme maximal, des 40 années de fonctionnement.
Parce que le complexe nucléaire tricolore est aujourd’hui en faillite, en raison des gestions hasardeuses des deux principales entreprises publiques (EDF et Areva), parce que la France a lié son avenir à celui du nucléaire en retardant toute vraie transition énergétique, le piège est en train de se refermer.
Et ça se passera près de chez vous…
  • Flammarion Enquête
  • À paraître le 07/02/2018
  • Genre : Documents
    • 286 pages – 153 x 240 mm

 

Fév 04 2018

Drôme : un séisme près de la centrale du Tricastin pourrait causer “un accident de type Fukushima”

Le JDD publie, ce dimanche, des extraits de « Nucléaire, danger immédiat », un livre d’enquête qui remet en cause la sûreté et de la rentabilité des centrales françaises. Dans le viseur des auteurs, la centrale du Tricastin.  Thierry Gadault et Hugues Demeude décrivent un pays au bord du précipice. Les deux auteurs publient le livre « Nucléaire, danger immédiat », dont Le Journal du Dimanche, a publié des extraits.  Par Hugo Lemonier 
« Avec son réacteur 1 », la centrale du Tricastin est, pour eux, « la pire centrale du pays » : « Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture, et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans », estiment-ils.

Thierry Gadault et Hugues Demeude s’appuient notamment sur des déclarations du président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : « En cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima (Japon) », leur aurait-il avoué.

Un réacteur à six mètres en dessous d’un plan d’eau

« La centrale est en contrebas du canal, à 6 m en dessous du plan d’eau », rappellent Thierry Gadault et Hugues Demeude. Elle serait ainsi vulnérable au risque sismique, ce que ne semble pas ignorer EDF.

Fin septembre, l’opérateur a mis provisoirement à l’arrêt les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, occasionnant un manque à gagner de 200 millions d’euros pour la firme française.

Cette opération, qui a duré deux mois, a lieu « le temps de renforcer une courte portion de la digue située au nord de la centrale, en bordure du canal de Donzère-Mondragon ».

Fév 04 2018

EPR de Flamanville : quatre questions sur une catastrophe industrielle

Sept ans de retard et un devis qui a triplé en dix ans : le chantier de l’EPR de Flamanville a reçu vendredi la visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat de Nicolas Hulot. Après la centralede Fessenheim (Haut-Rhin) et le futur site d’enfouissement de déchets à Bure (Meuse), le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a visité vendredi dans le Cotentin (Manche) le centre de retraitement de la Hague et l’EPR de Flamanville. Une tournée des grands ducs du nucléaire avant le débat public sur la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), lancée ce printemps. Elle doit fixer le nombre et le calendrier de fermetures des réacteurs les plus anciens. Le point sur un dossier clé pour EDF et politiquement sensible. Le Parisien Erwan Benezet (@erwanbenezet) 03 février 2018

1. Quand l’EPR de Flamanville entrera-t-il en service ? « Notre objectif est de faire en sorte que nous puissions charger le combustible nucléaire dans la cuve au mois de décembre, a précisé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le calendrier est tendu, mais nous y sommes habitués. » Trois jours plus tôt, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait aussi émis des doutes sur ce calendrier. La mise en service commerciale ne pourra de toute façon avoir lieu qu’après la fermeture de Fessenheim, prévue en 2019.

 

2. Au final, combien coûtera l’EPR ? Démarré en avril 2007, l’EPR devait coûter 3,3 Mds€ et entrer en service en 2012. Sauf que le chantier a accumulé les déboires, dont le point culminant fut en avril 2015, après la découverte par l’ASN d’une anomalie dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur. En juin 2017, EDF obtient de l’ASN l’autorisation d’exploiter la cuve, mais la confiance dans la technologie de l’EPR s’est érodée. La facture a explosé : autour de 11 Mds€.

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3. La France construira-t-elle un second EPR ? EDF l’envisage sérieusement, probablement dans la Manche, où le nucléaire est bien accepté. EDF ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. En 2017, Jean-Bernard Lévy plaidait pour la mise en service dans l’Hexagone « d’une trentaine de nouveaux EPR entre 2030 et 2050 ». Une provocation ? « Nous allons pour cela réduire les coûts de cet EPR nouveau modèle afin qu’il soit plus compétitif », plaidait Xavier Ursat, ancien patron de l’hydraulique devenu celui des projets EPR.

4 Combien d’anciens réacteurs seront fermés ? La bataille fait rage entre EDF et l’Etat, son actionnaire principal (83,5 %). Si ce dernier a reporté de 2025 à 2035 son objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 %, EDF a indiqué mardi dernier, par la voix de Philippe Sasseigne, le directeur du parc nucléaire français, « ne pas souhaiter arrêter d’autres réacteurs avant 2029 ». Ce qui n’a pas manqué d’irriter Nicolas Hulot, le ministre de la Transition énergétique qui, en juillet 2017, avait évoqué la fermeture de 17 réacteurs. Avant que l’Etat ne tranche le débat, Sébastien Lecornu a souhaité un « dialogue franc et sincère » avec EDF. « Il est temps, a-t-il conclu comme un avertissement, d’avoir une relation mature. »

LIRE AUSSI >Retour sur dix ans d’un chantier maudit

Fév 04 2018

La programmation pluriannuelle de l’énergie – Prévision ou Prospective

 

Analyse de la méthode des scénarios de prévision ou de prospective énergétique comme outils de la prise de décision, dans le cadre de l’élaboration de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) conformément à la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, en apport au débat public sur la PPE organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), annoncé pour mars 2018.  Bernard Laponche, Global Chance, Blogs Mediapart  CHRONIQUES DE L’ATOME MASQUÉ  3 février 2018

Le Réseau de transport de l’électricité, RTE, a publié son « Document de référence sur l’édition 2017 du Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité en France »[1].

Un grand nombre de scénarios sur la consommation, la production et les échanges d’électricité y sont présentés et tout particulièrement cinq scénarios dont les résultats sont généralement considérés comme des outils de base pour le débat national sur la programmation pluriannuelle de l’énergie[2] qui doit se tenir à partir du mois de mars de cette année. Cette PPE doit définir les moyens à mettre en œuvre aux horizons 2023 et 2028 afin de permettre au système énergétique français de consommation, de production et d’échanges d’énergie de se situer sur une trajectoire permettant d’atteindre les objectifs fixés par la loi d’août 2015 sur la Transition énergétique pour la croissance verte (LTCV)[3].

Les cinq grands objectifs fixés par la LTCV sont les suivants :

– Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050.

– Réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012, en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030.

– Réduire la consommation énergétique primaire des énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à l’année de référence 2012, en modulant cet objectif par énergie fossile en fonction du facteur d’émissions de gaz à effet de serre de chacune.

– Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de cette consommation en 2030 ; à cette date, pour parvenir à cet objectif, les énergies renouvelables doivent représenter 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation de gaz.

– Réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ».

 

Les objectifs de la LTCV sont complémentaires et portent sur plusieurs composantes du bilan énergétique, tant sur la consommation que sur la production, et ils visent des horizons différents, jusqu’en 2050. La loi se présente donc comme une collection de contraintes portant sur les consommations des différents produits énergétiques à différents horizons par un recours également quantifié des différentes sources d’énergie.

A ce titre, il est essentiel que des scénarios qui ne s’intéressent qu’à un seul produit ou source d’énergie s’inscrivent dans des scénarios globaux concernant l’ensemble de ces produits ou sources de façon à pouvoir juger de leur capacité à satisfaire les objectifs de la LTCV.

Plus globalement le caractère contraignant des objectifs finaux de la LTCV comme de ses objectifs intermédiaires rend particulièrement pertinente la construction de scénarios d’analyse rétrospective normative qui, partant des objectifs quantitatifs contenus dans la loi aux diverses étapes temporelles qu’elle retient visent à illustrer la série des décisions à enchaîner dans le temps depuis aujourd’hui jusqu’à la dernière étape de la trajectoire pour en respecter les différents objectifs .

Les scénarios prévisionnels de RTE ne cherchent pas à satisfaire simultanément les différentes contraintes de la LTCV :

  1. a) Ils ne concernent que l’électricité alors que le respect des contraintes de la LTCV impose de dessiner les trajectoires de chacun des produits énergétiques aux différents horizons.
  2. b) Ils consistent essentiellement à tester l’influence d’un certain nombre d’hypothèses de consommation et de production à différents horizons sur le respect des contraintes évoquées à propos de l’électricité dans LTCV.

Prenant l’exemple du scénario Négawatt, RTE met en évidence la différence entre sa propre démarche et celle de ce scénario qui « s’inscrit dans une démarche de type « analyse rétrospective normative (ou backcasting) » qui, partant d’un objectif à atteindre fixé a priori, vise à illustrer les décisions qui doivent être prises aujourd’hui. Cette logique d’élaboration contraste avec celle de la « trajectoire basse » du Bilan prévisionnel 2017, qui est basée sur une faible croissance économique mais aussi sur un niveau d’efficacité énergétique modéré ». Cette explication est fondamentale.

En vue du débat national sur la PPE, outre le recours au scénario Négawatt et absence possible d’un scénario complet alternatif, l’étude des scénarios prévisionnels de RTE devra donc impérativement être complétée par celle de scénarios partiels d’évolution correspondante des postes autres que la consommation et la production d’énergie électrique et permettre la vérification du respect des contraintes globales. Cet apport est indispensable à une vision à moyen terme permettant à la PPE de s’inscrire dans une stratégie tenant compte des durées nécessaires de réalisation et permettant une visibilité suffisante pour les acteurs dans les différents secteurs (rénovation énergétique des bâtiments, mobilité, adaptation des réseaux de transport et distribution, production d’énergie, etc.).

Intéressons-nous en particulier aux trajectoires de la demande d’électricité qui font l’objet du chapitre 1.4 du rapport de RTE.

RTE pose bien la problématique évoquée ci-dessus et écrit :

« Les trajectoires de consommation électrique ont un statut particulier dans l’élaboration du Bilan prévisionnel : elles ne constituent pas une hypothèse mais un résultat de l’analyse[4].

Ces trajectoires appartiennent ainsi au champ de la prévision et non de la prospective ; elles n’ont donc pas vocation à explorer l’ensemble des avenirs possibles en matière d’évolution de la consommation d’électricité. Toutes sont basées sur un croisement de déterminants principaux, identifiés en amont et soumis à consultation publique, et des politiques actuelles qui mettent l’accent sur l’efficacité énergétique ».

Prévision donc, et uniquement sur une composante de la consommation énergétique finale, l’électricité, qui en représente à peu près 25% aujourd’hui.

Pour ce qui concerne la satisfaction des objectifs de la LTCV, ces trajectoires de la demande et ce qui en résulte sur la production d’électricité, ne prennent en compte que les objectifs de la LTCV qui concernent directement l’électricité, dans les différents secteurs de consommation, ainsi que la contribution des différentes sources et techniques de sa production, sans toutefois respecter l’objectif de 50% en 2025 de la production d’origine nucléaire dans la production totale d’électricité. De façon plus indirecte, les émissions de gaz à effet de serre (CO2 seul de la combustion des fossiles) sont présentés de façon particulière comme l’un des résultats essentiels de ce travail, résultats largement et à tort utilisés au niveau politique pour porter un jugement sur la « qualité » de tel ou tel scénario.

Mais, et ce n’est pas de sa responsabilité, RTE ne cherche pas à savoir si les hypothèses qu’il fait, par exemple sur la consommation finale d’électricité, sont compatibles avec l’objectif de la LTCV sur la consommation énergétique finale en 2030, ni sur la consommation finale des renouvelables la même année et notamment de leur composante thermique, ni du fait que les consommations primaires des combustibles fossiles respecteront les objectifs de la loi.

La question de la place des scénarios RTE dans une stratégie énergétique globale se pose tout particulièrement pour la consommation finale d’électricité dont la valeur (en quantité annuelle d’électricité fournie comme en puissance de pointe) a évidemment une influence directe sur le niveau et les moyens de la production.

Cette importance de la diminution de la consommation d’électricité est d’ailleurs confirmée par RTE qui écrit[5] :

« La diminution de la consommation facilite la diversification du mix électrique et permet de dégager des marges de manœuvre en matière de sécurité d’approvisionnement. De manière générale, la baisse de la consommation apparaît comme le complément nécessaire à la réduction de la part du nucléaire… Par ailleurs, la perspective de réduction de la consommation d’électricité dans les usages spécifiques de l’électricité facilite le développement de nouveaux usages électriques».

 

Mêmes interrogations sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) : RTE ne retient dans ses scénarios, pour qualifier l’impact écologique du système électrique, que les émissions de CO2 de la combustion des fossiles par les groupes de production d’électricité. D’une part, dans l’ensemble des scénarios, ces émissions restent faibles par rapport aux émissions totales des GES de la France sur lesquelles portent les objectifs de la LTCV et, d’autre part, les émissions des autres sources et des autres GES ne sont pas négligeables, surtout si l’on tient compte des cycles de vie. Seul un scénario complet permet de porter un jugement correct sur la réduction des émissions nationales de GES.

Plus généralement, il ne nous paraît pas correct de faire des émissions de GES, et encore moins de celles du seul CO2, le seul critère environnemental permettant de juger les différents scénarios. Ce faisant, on oublie d’une part les pollutions locales (particules fines, dévastation de régions entières par les exploitations pétrolières, marées noires, etc.) et, d’autre part, la production des déchets radioactifs par les centrales et usines nucléaires ainsi que le risque d’accident grave ou majeur dans une centrale ou une usine nucléaire. On ne peut passer sous silence l’avertissement du président de l’Autorité de sûreté nucléaire : « Un accident majeur, comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe »[6]. Sans oublier non plus le coût d’un tel accident, évalué entre 500 et mille milliards d’euros, et les atteintes irréversibles à la vie, à la santé humaines et à l’environnement qui en résulteraient.

[1] http://www.rte-france.com/fr/article/bilan-previsionnel

[2] https://ppe.debatpublic.fr/

[3]https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031044385&categorieLien=id

[4] Analyse réalisée par RTE lui-même à partir des usages de l’électricité et d’hypothèses sur les déterminants de leur évolution.

[5] Page 12 de « Messages clés » de RTE.

[6] Le Monde du 22 avril 2016.