EPR : d’importants essais sur l’EPR de Flamanville repoussés à février

 

A

Une importante phase d’essais sur le réacteur EPR de Flamanville est reportée à février. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

EDF a annoncé lundi le report d’importants essais sur le réacteur nucléaire EPR de Flamanville, dans la Manche, tout en confirmant le calendrier de démarrage et le coût du chantier. Europe 1 21 janvier 2019

EDF a annoncé lundi le report d’une importante phase d’essais sur le réacteur nucléaire EPRde Flamanville (Manche) mais a confirmé le calendrier de démarrage et le coût du chantier. « Le début des essais dits ‘à chaud’ est désormais prévu pour la deuxième quinzaine de février », indique l’électricien dans un communiqué. EDF avait indiqué l’été dernier qu’ils devaient se dérouler avant la fin de l’année 2018. Ces essais doivent se dérouler dans des conditions de température et de pression similaires aux conditions d’exploitation.

Le coût maintenu à 10,9 milliards d’euros. Le groupe confirme toutefois lundi le calendrier et les coûts dévoilés à l’été 2018, quand un an de retard et des nouveaux surcoûts avaient été annoncés. « Les équipes d’EDF et de ses partenaires industriels restent pleinement mobilisées pour réaliser le chargement du combustible au quatrième trimestre 2019 dans un objectif de coût de construction pour EDF à la date de mise en service maintenu à 10,9 milliards d’euros », écrit-il. EDF ajoute qu’il poursuit « activement le plan d’actions sur les soudures du circuit secondaire principal annoncé le 25 juillet dernier », sans plus de détail.

Les retards annoncés l’été dernier faisaient suite à des défauts sur des soudures se situant au niveau des tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur et la turbine qui produit l’électricité.

https://www.europe1.fr/technologies/nucleaire-dimportants-essais-sur-lepr-de-flamanville-repousses-a-fevrier-annonce-edf-3842585?fbclid=IwAR2Q95T7LtemMfqVPoZCV20l-RLONVbdmHInyxgtFNd-4rlp5L9Hb7b8yLY

Nucléaire : la production d’EDF face au défi des grands travaux

Les Echos VERONIQUE LE BILLON Le 17/01/19

L'année 2018 marquée problème générique réacteurs 1.300 mégawatts, total coûté 10 TWh production.
L’année 2018 a été marquée par un problème générique sur certains réacteurs de 1.300 mégawatts, qui a au total coûté 10 TWh de production. – AFP

Les 58 réacteurs nucléaires en France ont produit l’an dernier 393 térawattheures. C’est davantage qu’en 2017, mais la production s’installe durablement sous la barre des 400 TWh.

Un rebond, mais qui ne permet pas de revenir sur les niveaux historiques. L’an dernier, les 58 réacteurs nucléaires du parc d’EDF en France ont produit 393,2 térawattheures (TWh). C’est une hausse de 3,7 % (soit +14,1 TWh) par rapport à l’année précédente, qui avait affiché un plus bas depuis vingt ans . Mais, pour la troisième année consécutive, la production nucléaire d’EDF reste inférieure à 400 TWh, alors qu’elle n’avait rencontré cette situation qu’une seule fois, en 2009, en raison d’une longue grève.

Les années 2016 et 2017 avaient été marquées  par des arrêts exceptionnels de réacteurs liés aux contrôles de l’Autorité de sûreté sur la qualité de gros composants. La production de l’année 2018, de son côté, a souffert d’un problème générique, qui a coûté 10 TWh de production, lié à l’usure de pièces (des « manchettes thermiques ») situées sur le couvercle de la cuve de certains réacteurs de 1.300 mégawatts (MW).

Canicule et sécheresse

Un encrassement plus rapide sur un générateur de vapeur à Dampierre (Loiret) a également coûté à lui seul, 2,6 TWh, en raison d’un arrêt prolongé. La canicule (qui réchauffe trop l’eau des fleuves) et la sécheresse (qui réduit trop le niveau d’eau) ont par ailleurs coûté 1,7 TWh de plus que prévu.

EDF se satisfait en revanche de ses performances de sûreté, avec son plus faible nombre d’arrêts automatiques de réacteurs (18 dans l’année, contre 22 l’année précédente), et un taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt, de 2,3 par million d’heures travaillées.

Rapporté à sa puissance installée (63,13 GW), le parc nucléaire français a produit à 71,1 % de ses capacités théoriques maximales l’an dernier, quand le groupe visait encore un taux de disponibilité de plus de 80 % il y a cinq ans et avait adopté, en 2015, un programme baptisé « Génération 420 » – pour 420 TWh.PUBLICITÉ

inRead invented by Teads

Sept visites décennales en 2019

La productivité du parc ne devrait pas s’améliorer. L’électricien prévoit à nouveau, cette année, une production nucléaire « de l’ordre de 395 TWh », selon une information donnée mi-décembre au gestionnaire du réseau électrique, RTE. Une prudence liée notamment à la programmation de sept visites « décennales » cette année.

Nucléaire : la production d\'EDF face au défi des grands travaux

Deux de ces programmes de maintenance lourde seront en outre des têtes de série, avec notamment le premier chantier de prolongation de la durée d’exploitation d’un réacteur au-delà de ses quarante ans, à la centrale du Tricastin (Drôme). Pour absorber le programme de travaux demandés par l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF a déjà anticipé une partie des travaux, et  les étalera, au-delà de la visite décennale programmée début juin pour durer 130 jours , jusqu’en 2023…

Avec 32 réacteurs de 900 MW qui doivent réaliser leur quatrième visite décennale d’ici à 2030, ces travaux vont peser sur la disponibilité du parc. « Pour les années 2020 et suivantes, les risques particuliers (densité et complexité du programme de maintenance, matérialisation d’aléas industriels) conduisent, à date, à anticiper une production du même ordre de grandeur [que celui de 2019, NDLR] », a ainsi indiqué EDF sur le site de RTE.

USA: un ancien haut responsable de la réglementation déclare désormais que le nucléaire est « dangereux »


https://m.sfgate.com/news/article/Former-top-regulator-now-says-nuclear-power-13533496.php?utm_campaign=CMS+Sharing+Tools+%28Mobile%29&utm_source=m.facebook.com&utm_medium=referral&fbclid=IwAR22t_jqCGpi1H_tlC1G5YMNbIiigvaQ4Ptd5NrjDfr7QqjIZHKwNXgTva4
 


Greg Jaczko  était le précédent CEO, le président et porte-parole de l’agence de régulation du nucléaire des USA, Nuclear Regulatory Commission ( NRC), nommé par Obama . Dans un nouveau livre explosif, il appelle à la fermeture des réacteurs américains avant la « catastrophe ». par Mark Albert, correspondant pour les enquêtes nationales de la télévision Hearst le 14 janvier 2019 

L’ancien haut responsable de la réglementation nucléaire aux États-Unis, Greg Jaczko  qui, au milieu d’une crise internationale, a déclaré que les centrales nucléaires américaines fonctionnaient « de manière sûre et sécurisée », affirme désormais dans un nouveau livre explosif que les États-Unis devraient abandonner complètement la « technologie défaillante » . « Je crois maintenant que l’énergie nucléaire est plus dangereuse qu’elle ne le vaut », écrit Greg Jaczko dans son premier livre, « Confessions d’un régulateur nucléaire voyou », basé sur ses trois années à la présidence de la Commission de réglementation nucléaire du président Barack. Obama. « Parce que l’industrie dépend trop de la maîtrise de sa propre réglementation, l’utilisation continue de l’énergie nucléaire entraînera une catastrophe dans ce pays ou ailleurs dans le monde. C’est une vérité à laquelle nous devons tous faire face », a écrit Jaczko. Le livre est publié par Simon & Schuster et sera publié le 15 janvier; L’Unité d’enquête nationale de Hearst Television a obtenu un exemplaire avancé. 

Dans sa première interview télévisée sur le livre de 196 pages, Jaczko a déclaré qu’il n’essayait pas de faire peur aux gens avec ses avertissements sur les dangers de l’industrie qu’il surveillait auparavant. « J’essaie juste d’être honnête », a-t-il déclaré. « Je suis devenu voyou en étant honnête. » Lorsqu’on lui a demandé si les 59 sites nucléaires commerciaux aux États-Unis et leurs 98 réacteurs étaient aussi sûrs qu’ils pourraient l’être, Jaczko a répondu: « Non, je ne pense pas qu’ils le soient ». Réformes Fukushima Jaczko a dirigé le CNRC lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011 et la réaction américaine visant à évaluer la vulnérabilité des réacteurs aux États-Unis. Le 11 mars, un séisme de magnitude 9,1 et le tsunami qui en a résulté ont submergé les défenses de l’usine de Fukushima, provoquant des fuites de radiations, des évacuations massives et des milliards de dollars de dégâts. le nettoyage devrait prendre des décennies – au moins. À la suite de cet incident, le CNRC a créé un groupe de travail chargé de formuler des recommandations dans un délai de 90 jours sur les moyens d’améliorer la sécurité sur les sites nucléaires des États-Unis.

Le rapport final comprenait 12 recommandations majeures, dont certaines n’ont pas encore été mises en œoeuvre huit ans plus tard, a déclaré Jaczko. « Je pense que l’industrie, juste après l’accident, s’est manifestée et a proposé un certain nombre de solutions alternatives pour faire face au type d’accident que vous aviez à Fukushima … des solutions moins chères, des solutions plus faciles. » Mais le secteur, représenté par le Nuclear Energy Institute, a déclaré avoir dépensé 4 milliards de dollars américains en améliorations depuis la catastrophe de 2011, notamment en installant des entrepôts de sécurité, appelés « installations FLEX », pour des « stratégies de gestion flexibles » – dans chaque centrale nucléaire américaine. équipement d’urgence sur place en cas de problème. Ces installations individuelles ont remplacé un ancien système dans lequel des équipements de secours étaient prépositionnés dans quelques régions des États-Unis pour être acheminés vers une centrale nucléaire en détresse, parfois très éloignée.

Confessions of a Rogue Nuclear Regulator » (uniquement en anglais actuellement).

Nucléaire : quand EDF préfère passer commande chez Mitsubishi plutôt qu’à sa propre filiale Framatome

Le groupe japonais MHI a remporté un marché de plusieurs centaines de millions d’euros auprès d’EDF, au détriment de Framatome, pourtant filiale à 75 % de l’électricien français. Par Nabil Wakim Le Monde 9 janvier 2019
C’était une commande que la filière nucléaire française attendait avec des yeux gourmands : le renouvellement des générateurs de vapeurs des réacteurs des centrales de Chinon (Indre-et-Loire) et Cruas (Ardèche).Mais c’est le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), qui a été désigné pour fournir 12 générateurs de vapeur à EDF dans la décennie 2020, au détriment de Framatome, à l’issue d’un appel d’offres lancé en octobre 2017, et attribué à la fin de l’année 2018, a confirmé EDF au Monde.

Les générateurs de vapeur sont d’immenses composants essentiels à un réacteur nucléaire, implantés au sein de l’enceinte de confinement. Une centrale en compte trois ou quatre en fonction de sa puissance.

Détail important : Framatome est, depuis 2017, une filiale d’EDF à 75,5 %, depuis que l’Etat a dû réorganiser la filière nucléaire française après les difficultés d’Areva.

Pourquoi EDF a-t-il privilégié un concurrent à sa propre filiale française ? Selon une source proche du dossier, l’offre de MHI était plus compétitive du point de vue économique et en termes de calendrier.

Une très mauvaise nouvelle pour l’activité de Framatome

« Framatome a historiquement remporté la quasi-totalité des appels d’offres sur les remplacements de générateurs de vapeurs », a expliqué au Monde une porte-parole d’EDF, qui n’a pas souhaité préciser le montant du contrat.

En 2011, le groupe Areva (dont faisait partie Framatome à l’époque) avait ainsi remporté un marché pour 32 générateurs de vapeurs, pour 1,1 milliard d’euros. Le groupe américain Westinghouse avait, lui, signé pour 12 générateurs pour 400 millions d’euros.

La commande remportée fin 2018 par MHI est une très mauvaise nouvelle pour l’activité de Framatome : ce type de commande est relativement rare dans un marché nucléaire qui n’est pas très dynamique au niveau mondial. Pour atténuer les effets de cette décision, MHI réalisera l’assemblage final au Japon, mais s’est engagé à faire réaliser 50 % du travail par des entreprises françaises, « dont une part significative par Framatome », assure EDF. Ces précisions ne figurent cependant pas noir sur blanc dans le contrat. Selon la lettre spécialisée La Lettre A, qui a révélé le résultat de l’appel d’offres, Framatome devrait réaliser environ 20 % du total. MHI détient par ailleurs 19,5 % du capital de Framatome.

Crainte de chômage partiel

C’est une « honte », a estimé, auprès de l’Agence France-Presse, Jean-Luc Mercier, représentant CGT à Creusot Forge. « Ce sont des commandes dont on a besoin », a dit M. Mercier, qui craint aussi du chômage partiel dans plusieurs entreprises du secteur. En mai 2018, la CFDT Framatome alertait dans un communiqué : « Si EDF optait pour un autre fournisseur que Framatome, cela aurait une incidence directe pour nos établissements en impliquant une charge de travail largement insuffisante dès 2022. »

La forge du Creusot, l’un des rares sites dans le monde à pouvoir fabriquer des pièces de très grande taille pour l’industrie nucléaire, a repris son activité en 2017, après avoir été touchée par un grave scandale de fraudes.

Lire notre reportage :Nucléaire : la forge du Creusot veut oublier les fraudes

Elle fabrique actuellement des équipements pour les réacteurs nucléaires d’Hinkley Point, qu’EDF est en train de bâtir au Royaume-Uni. EDF ne prévoit pas d’autres commandes de générateurs de vapeur pour les prochaines années

Nabil Wakim
Voir aussi:
http://leblogdejeudi.fr/edf-mega-commande-a-areva-et-westinghouse/

Déchets nucléaires : les millions d’euros qui irradient les villes près de Bure

Pour préparer la liste des cadeaux de Noël, certains élus locaux ont un catalogue un peu spécial où tout ce qu’ils voient en rêve devient réalité. Nouvelle cantine, rénovation des trottoirs, dans la Meuse et la Haute Marne, le père Noël du nucléaire n’est pas une ordure. Mais ces millions de subventions seraient-ils là pour faire accepter un projet controversé ? Le centre d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure est loin de faire l’unanimité. A cheval entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, les galeries à 500 mètres de profondeur devraient accueillir les déchets radioactifs les plus dangereux du pays. L’Oeil du 20 heuresFrance Télévision  
Juste au-dessus, la ville de Gondrecourt-le-Château avec ses 1 100 habitants, fait peau neuve. Cette année, au pied du sapin, des trottoirs flambant neuf. Des travaux impossibles à réaliser sans les subventions du GIP, groupement d’intérêt public, une caisse financée par une taxe sur les réacteurs nucléaires. Une sorte de père Noël local, auquel le maire croit dur comme fer.

Stéphane Martin, maire de Gondrecourt-le-Château, le confirme : quasiment tous les travaux sont aidés. « On est sur 20 millions d’euros de travaux au cours de la dernière décennie”, explique-t-il. La rénovation des trottoirs ? 1 160 000 euros de subventions. Le parc et son lavoir ? 740 000 euros. Quant à la salle des fêtes : 480 000 euros.

Des subventions versées aux communes, mais aussi aux entreprises locales, comme ce fabricant d’engrenages, qui a reçu 1,8 million d’euros en 10 ans. En contrepartie, Dominique Perinel, président de CORDM, a dû coller sur les machines subventionnées un autocollant du GIP. « On a une obligation de publicité pour les machines qui ont été financées. » Ce chef d’entreprise est loin d’ignorer que ces subventions sont liées au projet d’enfouissement. « Bien sûr, on va pas cracher dans la soupe”, reconnaît-il.

Nous avons épluché des milliers de subventions sur 20 ans, et fait le calcul. Depuis le lancement du projet à Bure, environ 659 millions ont irradié les communes de la Meuse et de la Haute-Marne. La commune de Bettancourt-la-Ferrée n’a rien touché depuis 2010. Son maire est un des rares élus opposés au projet d’enfouissement. Il refuse ces subventions qu’il juge toxiques. « Là on distribue de l’argent avant qu’il y ait le moindre préjudice, le moindre dommage, déplore Dominique Laurent, maire de Bettancourt-la-Ferrée. Ca signifie que c’est vraiment de l’argent pour acheter les consciences.”

Cet argent sert-il à rendre le projet acceptable pour les populations locales ? Le président du GIP Meuse s’en défend. Il parle d’aménagement du territoire et d’amélioration du cadre de vie des futurs employés du site. “A partir du moment où vous offrez des équipements publics qui puissent leur permettre de s’installer correctement en Meuse vous avez aménagé le territoire de façon cohérente”, estime Claude Léonard, président du GIP Meuse.

Une cinquantaine de millons d’euros versés chaque année alors que les premiers déchets ne sont pas arrivés. La hotte des subventions n’est pas près de se vider, le stockage est prévu pour des milliers d’années.