Jan 16 2018

Notre Dame des Landes : ils s’engagent pour l’avenir de la Zad

L’ensemble de ses « usagers et usagères actuelles » ont posé des fondations communes pour l’avenir de la Zad. Cette vision est soutenue par des associations, des syndicats, des organisations nationales et locales dans une tribune commune, que Reporterre et Mediapart publient ensemble. 15 janvier 2018
 Des associations, des syndicats, des organisations nationales et locales 

La liste des signataires de ce communiqué commun se trouve à la fin du texte.


Depuis presque cinquante ans, des paysan.ne.s et habitant.e.s de la région nantaise résistent contre un projet d’aéroport qui viendrait détruire 1.650 ha de terres agricoles et de zones humides. Le gouvernement a annoncé qu’il trancherait en ce mois de janvier sur ce dossier brûlant devenu emblématique d’enjeux de fond et de choix de société. Au niveau national, nos organisations, associations et syndicats se sont engagés au fil du temps dans un mouvement large et populaire contre ce projet.

La commission de médiation nommée il y a sept mois par le gouvernement a mis en évidence la faisabilité de la rénovation de l’aéroport actuel, alors même que les tenants du projet de transfert vers Notre-Dame-des-Landes s’évertuent depuis des années à refuser de prendre en compte les études qui le démontrent.

Emmanuel Macron s’est engagé à agir vigoureusement contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Il serait alors absurde et dramatique que le gouvernement s’entête à vouloir construire cet aéroport. Il serait tout aussi dramatique qu’après avoir enfin abandonné ce projet, l’exécutif s’enferme dans une logique répressive visant à expulser celles et ceux qui auront su prendre soin de ce territoire. Il est pour nous impensable de laisser le gouvernement mettre fin brutalement à l’expérience singulière qui s’est construite à Notre-Dame-des-Landes. Dans la foulée de l’abandon espéré du projet d’aéroport, nous appelons au contraire au dialogue. Les différentes composantes du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad ont fait savoir qu’elles y travaillent depuis des mois et qu’elles sont prêtes à s’engager en ce sens dès l’abandon du projet.

Le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant

Dans ce contexte, nous voulons soutenir les bases communes pour l’avenir de la zad établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire [1] — paysan.ne.s, voisin.e.s, habitant.e.s, naturalistes, syndicalistes, membres d’associations, randonneurs.euses :

  • la nécessité pour les paysan.ne.s et habitant.e.s résistant.e.s ayant refusé la vente amiable à AGO-Vinci et étant allés à l’expropriation de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite ;
  • le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venu.e.s habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y projeter leurs vies et leurs activités ;
  • une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par une entité issue du mouvement dans toute sa diversité ;
  • le fait que les terres sauvegardées aillent à de nouvelles installations et pas à l’agrandissement d’exploitations existantes ;
  • la nécessité de continuer à préserver et faire vivre ensemble les patrimoines naturels et agricoles exceptionnels de cette zone.

Pour qu’un projet pérenne, en cohérence avec les valeurs portées par le mouvement, puisse se constituer, une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres est nécessaire. Nous savons que cette voie est possible : par le passé et en d’autres lieux, des terres agricoles préservées ont continué à être prises en charge collectivement par celles et ceux qui s’étaient battu.e.s pour elles.

Au-delà des justes combats contre des projets destructeurs, nous sommes convaincu.e.s de la nécessité que puissent aussi se développer des espaces où des personnes réinventent d’autres formes d’habitats, d’agricultures, de rapports au travail et de relations sociales. Dans un monde miné par l’individualisme, le gaspillage des ressources naturelles, les crises sociales et environnementales, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant.

Nous relayons en ce sens l’appel du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad à converger massivement dans le bocage le 10 février, au lendemain des 10 ans de la déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport. Il s’agira alors, espérons-le, de saluer ensemble une décision d’abandon et de soutenir avec détermination l’horizon souhaité collectivement pour l’avenir de ce territoire préservé. D’autres rendez-vous sont d’ores et déjà prévus sur la zad, entre autre les 7 et 8 juillet pour le rassemblement annuel de la Coordination des organisations anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes.


LES PREMIERS SIGNATAIRES

  • Signatures nationales : 350.org, Agir pour l’Environnement, Agter, Alofa Tuvalu, Alternatiba,ANVCOP21, Attac, Collectif pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (Sivens), Collectif national des syndicats CGT de Vinci, Confédération Paysanne, Coordination des opposant.e.s au Lyon Turin, Coordination Bure Stop, Droit Au Logement, EELV, Ensemble !, Fédérations Sud-rail, Sud-PTT, Sud-BPCE, Front social, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Les Désobéissants, Parti de Gauche, Réseau Civam, Union Syndicale Solidaires.
  • Signatures locales : Alternatiba Nantes, Alternatiba Limousin, Amis de la Confédération Paysanne Limousine, Amis de la Terre Limousin, Asodedra 88, ATTAC87, Bure Stop 55, Bretagne Vivante, Cedra 52, Collectif NOVISSEN 23 contre les 1400 veaux, Collectif pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (Sivens), Collectif STOPEPR ni à Penly ni ailleurs, Collectif Anti-LGV Limoges-Poitiers /Pro POLLT, Collectif NON à la Montagne à Pellets, Coordination Bure Stop, Coordination des opposant.e.s au Lyon Turin, EELV Bretagne, EELVLorraine, EELV Pays de la Loire, Ensemble ! 44, Eodra (Ass. Elus de Lorraine opposés à l’enfouissement des déchets radio actifs), France Insoumise St Junien 87, Groupe d’Action Clisson de la France Insoumise, Groupe d’Action Nantes Cathédrale de la France insoumise, Groupe d’Action Pontchateau et environ de la France insoumise, Habitants Vigilants de Gondrecourt 55, Habitants Vigilants de Void 55, Groupe d’Intervention des Grenouilles Non-Violentes (GIGNV), Les amis de la Terre 38, Mirabel Lorraine, MNE 55, MNLE Pays de la Loire, Place au Peuple 44, PG 44, Groupe Mammalogique Breton, Rezé à Gauche Toute, Sortir du nucléaire Pays nantais, SDN 57, Solidaires Bretagne, Stop Linky Limousin 87, Stop Mines 23

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[1Ces bases communes ont été plus amplement détaillées dans un texte en six points, signé par les composantes du mouvement sur le terrain : Acipa, Coordination des opposants à l’aéroport, occupant.e.s de la zad, copain 44, naturalistes en lutte.

Jan 10 2018

La Chine, nouveau terrain de jeu criminel d’Areva

En visite en Chine, le gouvernement fait la promotion de projets dangereux et imposés pour sauver une industrie nucléaire en déroute. Communiqué de presse Réseau Sortir du nucléaire – 10 janvier 2018

Pendant son voyage en Chine, Emmanuel Macron a fait passer les accords commerciaux avant l’environnement et les droits humains, se félicitant d’une promesse de vente pour une usine de « retraitement » de combustible nucléaire. La France et Areva se font donc les complices du gouvernement chinois pour imposer un projet dangereux et polluant à des populations qui n’en veulent pas. Déjà, en 2016, des milliers de personnes avaient manifesté pour refuser l’implantation d’une telle usine à Lianyungang. Pour contourner l’opposition, le gouvernement chinois compte maintenant garder secret le site choisi !

Faut-il rappeler qu’une telle usine, similaire à celle de La Hague, ne constitue pas une installation de « recyclage » et n’élimine pas la radioactivité du combustible usé ? Bien au contraire, les opérations qui y sont menées augmentent le volume global des déchets, accroissent les risques de prolifération en produisant du plutonium et s’accompagnent d’une pollution chimique et radioactive considérable. Les rejets annuels de La Hague équivalent à ceux d’un accident nucléaire grave et on retrouve leur trace jusque sur les côtes norvégiennes. Est-ce là un savoir-faire qu’on peut être fier d’exporter ?

Par ailleurs, au lieu de se féliciter de la mise en service annoncée des EPR de Taishan, le gouvernement français serait avisé de s’inquiéter de la sûreté de ces réacteurs et des risques pour les populations. Pour rappel, les derniers tests menés se sont soldés par la rupture d’un composant essentiel !

Les annonces sur ces projets ne doivent pas faire illusion : le nucléaire est une énergie du passé, qui connaît un déclin mondial irréversible, et les quelques contrats que peuvent espérer EDF et Areva ne sauveront pas la filière. Le slogan « make our planet great again » sonne plus faux que jamais de la part d’un gouvernement plus soucieux de protéger une industrie moribonde et mortifère que de promouvoir les droits humains et l’environnement.

Contact presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

via PressSync

Jan 10 2018

Réchauffement climatique : un quart de la planète est en voie de désertification (et l’Europe sera la plus touchée)

La désertification progresse partout dans le monde, selon une étude publiée en janvier 2018 dans la revue Nature Climate Change. Les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir. Erse

Réchauffement climatique : un quart de la planète est en voie de désertification (et l’Europe sera la plus touchée)

De plus en plus d’experts et de scientifiques identifient déjà les conséquences du réchauffement climatique sur la planète. Désormais, on fait assez bien les liens entre réchauffement climatique et cyclones, entre changement climatique et inondations ou entre l’augmentation de la fréquence des incendies et le réchauffement du climat. Mais ce n’est pas tout : certains experts estiment déjà que les sécheresses affectent suffisamment fortement les écosystèmes pour qu’ils finissent par transformer certaines zones en déserts, de façon irréversible.

Plusieurs chercheurs issus d’université de Science Environnementale asiatiques, européennes et américaines viennent ainsi de publier une vaste étude sur le sujet et les résultats sont alarmants.

Le monde en voie de désertification à cause du réchauffement climatique

Changement-climatique-risque-economique
La désertification est un phénomène de mieux en mieux compris par les scientifiques. Les températures et la sécheresse empêchent les végétaux de se développer, le sol, aride, ne retient plus les eaux quand elles sont disponibles. L’activité humaine (surexploitation agricole, artificialisation des sols, déforestation) contribue à ce phénomène en détruisant les milieux. De fait la biodiversité diminue localement, ce qui accélère encore la désertification. Cela entraîne aussi un relâchement du carbone stocké dans le sol et dans les végétaux, ce qui contribue à son tour au réchauffement climatique. Ce cercle vicieux est désormais bien identifié dans la communauté scientifique, et on estime aujourd’hui qu’il touche de plus en plus de zones.

Mais les travaux récents nous donnent une idée plus précise de la rapidité et de l’ampleur de ces changements et surtout du lien qui existe avec le réchauffement climatique. Selon l’étude la plus récente sur le sujet, publiée au début du mois de Janvier 2018, le réchauffement climatique contribue à accélérer fortement la désertification. Selon l’étude, entre 24 et 32% des terres émergées pourraient être affectées par la désertification d’ici 2050. En résumé : le monde est d’ores et déjà en voie de désertification et le réchauffement climatique pourrait l’accélérer.

Le réchauffement climatique accélère la désertification dans tous les scénarios (surtout en Europe)

Ainsi, dans un scénario d’augmentation des températures de 1.5 degrés au dessus des niveaux pré-industriels en 2050, les chercheurs estiment que 24% des terres émergées pourraient être affectées par l’aridité et la désertification. Pour un réchauffement de 2 degrés d’ici 2050, ce chiffre passe à 32%. Or on sait déjà aujourd’hui qu’il est quasiment impossible avec les tendances actuelles de rester sous l’objectif des 1.5 degrés. Et comme la désertification devrait aussi se poursuivre au fur et à mesure que les températures vont continuer à augmenter après 2050, cela signifie qu’une part significative de la planète sera bientôt transformée en désert. Et ce, même en considérant un scénario optimiste !

Cela constitue un problème significatif à plusieurs niveaux : d’abord cela signifie qu’il va y avoir un recul de la disponibilité des terres agricoles, donc une baisse des productions et une augmentation des prix qui pourraient conduire à des problèmes d’approvisionnement (et pourquoi pas dans certaines régions, à des famines). Ensuite, la désertification fait partie des causes premières des phénomènes migratoires : lorsque les écosystèmes au sein desquels vivent les populations se transforment en désert, cela contribue la pauvreté et la détresse économique qui incite de plus en plus d’individus à se déplacer. On estime que des millions de réfugiés climatiques pourraient être déplacés au cours du siècle à cause de ces phénomènes.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas nécessairement dans les pays du sud que la désertification sera la plus intense et la plus marquée. D’après l’étude, il se pourrait que ce soit l’Europe, et notamment l’Europe du Sud, qui soit rapidement touchée, et de façon très intense. Ainsi, les chercheur estiment que si les tendances actuelles se poursuivent, une bonne partie de l’Europe du Sud (y compris le pourtour méditerranéen) pourrait subit des phénomènes significatifs d’aridification, de sécheresses et in fine de désertification. En résumé : les phénomènes de sécheresse observés cette année en Italie, en Espagne, en Grèce, mais aussi dans le Sud de la France pourraient bien devenir plus fréquents, jusqu’à détruire les écosystèmes. Voici la cartographie des zones touchées à 1.5 (graphiques a et c) et 2 degrés (b et d) :

carte désertification rechauffement climatiqueComment agir contre la désertification ?

Dans leur étude, les chercheurs donnent quelques pistes pour lutter plus efficacement contre ce phénomène. D’abord, ils insistent sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour lutter contre le réchauffement climatique via la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils insistent sur le fait que les mesures actuellement prises sont insuffisantes pour maintenir les températures sous les 1.5 degrés d’augmentation, et appellent les gouvernements à agir.

Il faudrait donc rapidement remettre en cause notre modèle économique et nos modes de production. D’autant que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est extrêmement compliqué (voire impossible à long terme) de restaurer une zone ayant subie la désertification. Avant de subir des dégâts irréversibles, il faut donc agir !
via PressSync

Déc 20 2017

De la contamination par Rhutenium 106 en Europe

Témoignage de Nadezda Kutepova – 20/11/2017 Communique pour la presse

Introduction

Je m’appelle Nadezda Kutepova. Je suis réfugiée politique en France depuis juillet 2015.
Pendant seize ans (1999-2015), en tant qu’avocate et directrice de l’ONG « La Planète des Espoirs », j’ai défendu des habitants contaminés par les usines de Mayak qui vivent dans la ville fermée d’Ozersk dans la région de Tcheliabinsk. C’est pourquoi mon ONG a été reconnue comme étant un « agent de l’étranger » et accusée d’espionnage. Ainsi, j’ai été contrainte de quitter la Russie pour éviter la prison.
Je suis née et j’ai grandi dans la ville fermée Ozersk, tandis que ma grand-mère, comme mon père, travaillaient à Mayak.
Je suis toutes les nouvelles en provenance d’Ozersk et de Mayak parce que je voudrais y revenir et continuer à travailler dans cette région dès que je serais sûre d’obtenir des garanties pour ma sécurité.
J’ai suivi de près l’évolution des données sur la contamination par le ruthénium 106, dès l’instant où le Ministère allemand en charge de la Sûreté Nucléaire a publié son premier communiqué de presse.

Synthèse chronologique

– 4 octobre : l’IRSN, Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire, signale une détection de ruthénium 106 dans l’est et le sud-est de l’Europe.

– 5 octobre 2017, l’association française CRIIRAD a publié une information sur l’existence d’une contamination par du ruthénium 106.

– 8 octobre 2017, le Ministère de Sûreté Nucléaire d’Allemagne a annoncé que la contamination par ruthénium 106 a été trouvée dans toute l’Europe, et que l’on pensait que sa source se situerait dans le sud de l’Oural.

– 9 octobre 2017, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a déclaré avoir également trouvé en France une contamination par du ruthénium 106.

– 11 octobre 2017, Rosatom et l’Autorité de la région de Tcheliabinsk (où le site de Mayak est implanté) ont annoncé qu’ils surveillent la situation des installations nucléaires et qu’il n’y a eu ni incident, ni accident. https://www.kommersant.ru/doc/3435048
Le Ministre de la sécurité publique de la région de Tcheliabinsk a précisé qu’il pensait que cette information sur la contamination résultait peut-être d’une confusion, du fait de l’anniversaire de l’accident de Mayak du 29 septembre 1957. Il suppose qu’il s’agit-là d’une astuce politique lancée par quelqu’un qui espère ainsi recevoir des données secrètes sur l’usine.

– 16 octobre 2017, j’ai donné une interview pour le journal « Kommersant » au cours de laquelle j’ai donné l’information que Mayak a testé de nouveaux équipements les 25 et 26 septembre 2017 dans l’usine de retraitement des combustibles nucléaires irradiés et qu’il se peut que quelque chose d’anormal soit arrivé.
https://www.kommersant.ru/doc/3440903
Le Directeur de Mayak a refusé de commenter cela pour le journaliste de ce journal. La personne porte-parole de Mayak a déclaré : « Il n’y a pas ruthénium ici ». Parce que, chez nous, en Russie, tout va toujours bien.

– 18 Octobre
https://ura.news/news/1052308988
Le Directeur de Mayak, M. Pokhlebaev, a soudain donné une interview pour une autre agence d’information de la région, où il a annoncé qu’il pense que la source de contamination par le ruthénium est située en dehors de Mayak. Il a dit :
« Il n’y a aucun dangerosité pour la population habitant autour de Mayak. L’information d’une augmentation d’une émission (contamination) par le ruthénium à Mayak n’est pas exacte. Le retraitement de déchets nucléaires continue normalement, au régime habituel. Les émissions de tous les radionucléides par les usines du Mayak sont inférieures aux limites fixées par Rostehnadzor, ce qui est confirmé par les résultats des mesures de surveillance de l’environnement, qui couvrent tout le territoire autour de Mayak (villes et villages) ». » L’émission de tous les radionucléides pour 2017 incluant ces derniers jours est à moins de 3 pour cent des limites fixées. Des valeurs de substances radioactives (y compris le ruthénium 106) sont au niveau pluriannuel moyen. Pour la période observée il n’y avait également aucune augmentation de radioactivité, ni pour les retombées, ni celles en surface ».

– 19 Octobre
https://www.kommersant.ru/doc/3442811
L’autorité de la région de Tcheliabinsk modifie sa position et annonce que « le 25 septembre, on a trouvé des traces de ruthénium 106 dans la région, qui sont 200 fois inférieures aux limites autorisées. On ne connaît pas l’origine de ce ruthénium ».
L’autorité explique que la présence de cet isotope n’a pas été détectée auparavant car il est très difficile à identifier du fait qu’il émet un rayonnement bêta dont la détection demande un équipement spécial. Elle précise cependant qu’il existe un tel équipement dans la région1.
Des spécialistes de Rosgydromet (département de l’Etat qui fait des mesures de contamination) de Tcheliabinsk effectuent normalement des mesures hebdomadaires ou mensuelles. Cependant ils n’arrivent pas à des résultats immédiatement, Pour faire cela, ils envoient les résultats de mesure à Iekaterinbourg où d’autres spécialistes les déchiffrent et identifient s’il y a des émissions excédentaires ou pas. L’autorité de Tcheliabinsk a programmé le grand conseil des spécialistes nucléaires au 2 novembre 2017.

– 20 Octobre
http://uralpress.ru/…/ozerskiy-mayak-ne-vinovat-v-poyavleni…
Le Vice-gouverneur M. Klimov de la région de Tcheliabinsk, a déclaré :
1. Mayak n’est pas la source de la contamination de ruthénium. Parce que, pendant le retraitement, le ruthénium ne peut pas se trouver isolé des autres radionucléides.
2. A la date du 20 octobre, il n’y a pas eu de ruthénium dans la région de Tcheliabinsk.
3. Mais le 25 septembre, il a été trouvé par Rogydromet. C’était 20 000 fois moins que la dose annuelle pour le public. C’était du ruthénium « en transit », pas de provenance locale. Il est arrivé de 1000 km de la région, mais on ne sait pas d’où.

D’où peut provenir cette émission de ruthénium, à Mayak ?

De l’usine de retraitement 235 ou RT 1, ou situe l’usine de vitrification de déchets nucléaires de très haute activité2. Le four de vitrification fait partie de l’usine N 235 de retraitement des combustibles irradiés N 235 de Mayak

Le nouveau four de vitrification, modèle ЭП-500/5, a commencé à fonctionner le 27 décembre 2016. Déjà, il y avait eu des problèmes pendant la construction et les tests.

Selon le programme officiel, le four aurait dû commencer à fonctionner en septembre 2015.
Il y a un article dans lequel des personnes anonymes expliquaient que Mayak a payé une entrepris pour la construction du four mais qu’elle n’a rien réalisé et s’est retrouvée en faillite.
http://www.atomic-energy.ru/SMI/2016/10/28/69941

Alors, Mayak a cherché d’urgence une autre entreprise car il y avait une augmentation des déchets de haute activité non vitrifiés. Pendant les tests, la vitrification a été faite pour des déchets de basse activité et il y a eu plusieurs problèmes qui ont pu être résolus rapidement, sans accident notable.
Le nouveau four de vitrification, modèle ЭП-500/5, a commencé à fonctionner le 27 décembre 2016.
http://mirtesen.sputnik.ru/…/Novaya-elektropech-PO-%C2%ABMa…

IL y a le schéma du four et vous pouvez voir l’endroit où il est écrit « Capteur de RhuO »
Mon idée est quelle four a été construit avec beaucoup de problèmes qui se traduisent dans l’exploitation et je pense que cela est la cause de la fuite de ruthénium 106 en Septembre 2017.

D’après l’expert français en radioprotection Jean-Claude Zerbib, la possibilité que cette contamination provienne de l’usine de vitrification des déchets s’explique de la façon suivante :
1. En mai et octobre 2001, l’association « ACRO » découvrait autour des usines de La Hague une contamination au sol par du ruthénium 106. Il s’est avéré que des incidents survenus lors d’opérations de vitrification avaient entraîné une fuite vers l’extérieur. Dans ce cas, toutes les opérations de lavage et de filtration au moyen de filtres de « Très haute efficacité » (filtres d’efficacité de 99,9%) sont court-circuitées.
2. La chimie du ruthénium est complexe. Comme les solutions à vitrifier sont chauffées à 650°C durant la calcination, le ruthénium peut se trouver sous une forme volatile (RuO4), une forme instable qui, au contact de l’oxygène de l’air, va redonner des aérosols de RuO2. Passé de la phase gazeuse à un nuage de fins aérosols, le ruthénium 106 peut alors se déposer au sol après avoir été transporté plus ou moins loin, suivant la hauteur à laquelle la transformation en RuO2 s’est réalisée. Cette situation peut également survenir lors des opérations de retraitement, mais dans ce cas tous les radionucléides gazeux (krypton 85 notamment) ou volatils (les iodes radioactifs) auraient accompagné le couple « ruthénium-rhodium 106.
3. Comme le gaz est chaud, il pourra monter assez haut en altitude, aussi les fins aérosols formés en hauteur pourront être transportés loin du point de rejet.
4. Les russes utilisent depuis 1987 la technique de vitrification et ont déjà traité plus de 4 000 tonnes de déchets vitrifiés.
5. Lors des campagnes de retraitement à La Hague portant en moyenne sur un millier de tonnes de combustibles, l’ordre de grandeur de l’activité annuelle totale en Ru 106 est voisine de 40 000 TBq, soit environ 40 TBq/t.
6. L’IRSN estime à 300 ou 400 TBq la quantité relâchée à la source, soit la quantité contenue dans une dizaine de tonnes de combustibles retraités (environ 20 assemblages combustibles). C’est une quantité compatible avec une opération de vitrification.

Ce ne sont pourtant que des hypothèses qui peuvent être levées par des mesures de prélèvements autour des installations de Mayak, à l’origine de la catastrophe du 29 septembre 1956, où des solutions de produits de fission ont été projetées dans les environs (explosion et inflammation dues probablement à de l’hydrogène produit par radiolyse des solutions). Les villes et villages contaminés ont été physiquement rayés des cartes soviétiques. Une catastrophe reconstituée par l’analyse scientifico-policière menée par Jaurès Medvedev.

Des questions générales.

Pourrait-on vérifier avec des témoignages locaux ?
Non, parce que les gens ont peur après l’histoire de mon intimidation et ONG La Planète des Espoirs. C’est toujours d’actualité en région : la police suit toutes les activités des militants.
Y a-t-il un suivi et contrôle indépendant?
Non, Mayak se contrôle lui-même.

L’histoire des accidents à Mayak
1949-1952 : Déversement de déchets nucléaires dans la rivière Techa.
Cette information est cachée pendant 40 ans
29 septembre 1957 : Explosion nucléaire – Information secrète pendant 32 ans.
2005: Déversement de 60 000 déchets nucléaires dans la rivière Techa.
Information cachée par Mayak et enquête ouverte par le Procureur général de Russie.
2007 : Accident dans l’usine de retraitement de déchets nucléaires (combustibles usés) avec contamination du territoire de Mayak.
Accident dissimulé par le directeur de l’usine. L’information est révélée grâce à notre alarme.

Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Il faut créer un groupe international pour faire une enquête sur le site de Mayak peut-être dans le cadre du Parlement de Europe avec participation des personnes et spécialistes indépendants en provenance des États contaminés.

PS Vous pouvez regarder le film City 40 de 2016 pour connaitre d’histoire

Déc 18 2017

Nucléaire: les terrifiants aveux du Président de l’ASN devant l’Assemblée Nationale

Pierre-Frank Chevet, Président de l’Autorité de Sureté Nucléaire (France), a été auditionné en novembre par la Commission Energie et Développement Durable de l’Assemblée Nationale. Très mal à l’aise et voulant à tout prix sauver le nucléaire il a cependant dressé au fil de ses propos un état des lieux catastrophique et menaçant. Rien n’est maîtrisé, les accidents se multiplient, les personnels dépriment et se réduisent comme peau de chagrin, les compétences professionnelles ne sont pas au niveau, les installations sont obsolètes et fuyardes, la réglementation n’est pas respectée, la sécurité n’est pas assurée, ça bricole à tous les niveaux,… un florilège d’aveux qui fait froid dans le dos. Jean Revest – Mediapart 5 décembre 2017 BLOG : LE BLOG DE JEAN-MARC – Coordination nucléaire Sud-Est  

L’Autorité de Sûreté Nucléaire balise et ouvre le parapluie comme pour tenter désespérément de se dédouaner de la catastrophe atomique qui vient. Tout en faisant acte d’allégeance au lobby nucléaire – maintenir l’existence du nucléaire est son rôle – l’organisme « indépendant » financé par l’Etat et dont le Président est nommé par le pouvoir a fait dernièrement quelques aveux lors de son audition à l’Assemblée Nationale.

Pierre-Frank Chevet a ainsi reconnu, le 8 novembre 2017 devant les élu-es, l’état de délabrement d’une bonne partie des réacteurs nucléaires sur le sol français, la faillite financière de toute la filière atomique (Areva, EDF, CEA) et son impossibilité à réaliser les travaux de réparation et de sécurisation indispensables, l’inexistence des compétences professionnelles et techniques pour accomplir le « grand carénage », le bricolage érigé en règle de l’art, la non-maîtrise des dossiers par les exploitants atomistes et des falsifications, une fuite en avant dans la construction d’un nouveau réacteur (EPR) bien loin d’être aussi fiable et sécure que ses promoteurs le disent, un manque de moyens humains et techniques pour que l’ASN puisse contrôler réellement ce qui se passe dans le cercle très fermé des aficionados de la destruction atomique.

Revue, en vidéo, d’un florilège d’aveux du Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire :

Les terrifiants aveux du Président de l’ASN devant l’Assemblee Nationale © CANvaucluse

(sous-titrage : CAN-SE . http:///www.coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/public/video/2017-11-08_Aveux_Psdt-ASN_Assemblee-Nationale.mpeg ou lien direct sur : https://youtu.be/vyb7PewPTeo )

Quelques jours plus tard, le 30 novembre 2017, le président de l’ASN était auditionné par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2016. Un « machin » qui entérine depuis sa création tous les choix, y compris les plus aberrants du nucléaire civil et militaire, voulu par un groupuscule fanatique pro-atomiste dominant la société entière.

Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques Jeudi 30 novembre 2017 © Autorité de sûreté nucléaire (ASN)

vidéos complètes : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5131168_5a02be7975d22.commission-du-developpement-durable–surete-des-centrales-nucleaires-8-novembre-2017 et https://youtu.be/resxIXlCCmM