Sep 29 2011

Tepco fait signer des renonciations au droit de réclamation aux habitants d’Iitate

28 septembre 2011
Un village de la préfecture de Fukushima met en garde les habitants contre la signature d’un document de la Compagnie d’électricité de Tokyo accordant des indemnités pour les dégâts provoqués par l’accident de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi.

Le document en question stipule que les habitants devront renoncer à leur droit de réclamation après avoir reçu les indemnités.

Le village d’Iitate, situé à proximité de la centrale, critique Tepco pour avoir cherché à obtenir des demandeurs la signature d’un document avant même que les dégâts puissent être complètement évalués.

De nombreux villageois ont évacué la zone en raison des niveaux élevés de radiation produits par la centrale.

Des responsables locaux soulignent qu’il est ridicule que Tepco demande des signatures maintenant.

Article original: NHK World Service Français © 2011

Sep 29 2011

Le décret qui entube en douce les assos pour l'environnement

Par Corinne Lepage Présidente de Cap 21; 19/07/2011

Des tubes (Sean Rogers1/Flickr/CC).

Les mauvais coups se font généralement le 14 juillet ou le 15 août.

C’est encore plus tentant en période de crise majeure, comme actuellement. C’est sans doute pour cette raison que le Journal officiel du 13 juillet publie un nouveau décret concernant les associations.

Celui-ci fixe les modalités d’application au niveau national de la condition prévue au premier point de l’article R.141-21 du code de l’environnement, concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instances.

Pour pouvoir participer, une association devra désormais compter au moins 2 000 adhérents. Quant aux associations d’utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d’un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.

Les seuls organismes ayant le droit de le faire entendre leur voix sur les politiques environnementales sont des organismes publics au sein desquels seules ces grandes associations ont le droit d’être représentées. De plus, l’Etat s’octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s’assurer « de leur indépendance».

Les assos les plus gênantes pour les lobbies handicapées
Ce texte est liberticide au regard de la liberté d’association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre. Il exclut en particulier toutes les associations d’experts qui ont fait l’essentiel du travail en termes d’alerte au cours des dernières années.

Mouvement des générations futures – Criirad, Criigen, réseau santé environnement, Inf’OGM, pour n’en citer que quelques-uns – n’auront aux termes de ce texte plus le droit de participer, voire plus le droit d’être agréés puisque c’est l’agrément au titre de l’environnement lui-même qui est touché par ce décret scélérat.

Autrement dit, non seulement aucun texte de protection des lanceurs d’alerte n’a jamais été pris par ce gouvernement, du temps de monsieur Borloo comme a fortiori du temps de madame Kosciusko-Morizet, mais plus encore, c’est la capacité des associations les plus dérangeantes pour les lobbies défendus par le gouvernement qui est ici mise en cause. En effet, sans agrément, la capacité de porter plainte avec constitution de partie civile reste très réduite. Dans ces conditions, les procès mettant en cause ces lobbies deviennent beaucoup plus difficiles.

De la même manière, le fait que les agréments soient conditionnés par le nombre de personnes rendra très difficile la tâche des associations locales, constituées contre tel ou tel projet, telle ou telle infrastructure. Les préfets pourront toujours soutenir qu’elles ne remplissent pas les conditions.

Ainsi le gouvernement s’est-il attaqué avec efficacité, une fois encore, aux modestes contre-pouvoirs que notre pays compte encore.

► Référence concernant l’arrêté du 12 juillet 2011 fixant les modalités d’application au niveau national de la condition prévue au 1° de l’article R. 141-21 du code de l’environnement concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instance (JORF n°0161 du 13 juillet 2011, page 12 154).

Photo : des tubes (Sean Rogers1/Flickr/CC).

Sep 28 2011

Japon: dommages pour la santé humaine, un rapport d'environ 500 cas

Dans l’ensemble de la région de Kanto des dommages pour la santé humaine se répandent – un rapport portant sur environ 500  cas du 18 Juin au 30 Juin:

http://aweb2u.free.fr/dotclear/index.php?post/2011/09/13/Dommages-pour-la-sante-humaine-un-rapport-denviron-500-cas

Image: Sean Rogers,  Bokeh Test; Flickr

Après l’accident nucléaire, de nombreux médecins et chercheurs au Japon disent que les saignements de nez n’auraient aucun rapport avec l’exposition radioactive, mais les scientifiques de la New York Academy of Sciences ont publié un rapport «Tchernobyl: conséquences de la catastrophe pour les Populations et l’Environnement », qui dit que les ganglions lymphatiques enflés, le saignement de nez et sont des signes de contamination radioactive. Le directeur d’un centre de cancérologie à Hokkaido dit que beaucoup de gens se plaignent des mêmes symptômes et sont des signes d’un effet des rayonnements à faible dose.

Selon le livre « Les dangers d’exposition aux radiations internes» (Naibu hibaku no kiyoui): Au début, les faibles doses de rayonnement provoquent saignements de nez et de la diarrhée, puis la soi-disant maladie bora bora (Le syndrome de fatigue chronique) peut apparaître, ce qui est souvent confondu avec la paresse ou flânerie.

Sep 27 2011

Fukushima: un niveau inconnu des humains ou des machines

Warren Binford de Salem Professeur dans l’Oregon: les radiations de Fukushima dépassent Tchernobyl : un niveau inconnu des humains ou des machines – violations des droits humains?

[…] TEPCO et le gouvernement japonais restent incapables de contrôler la situation d’urgence nucléaire, qui continue à se dérouler.

Les niveaux de rayonnement dépasse la catastrophe de Tchernobyl et maintenant ils atteignent un niveau  inconnu pour les humains ou les machines. Les fuites de rayonnement de l’usine de Fukushima Daiichi énergie nucléaire étaient si élevés en août, qu’ils dépassaient la capacité du matériel de surveillance de mesure maximale.

Les experts en radiations estiment que plus de 1 million de personnes mourront du rayonnement de Fukushima. […]

Malgré ces niveaux de  contamination radioactive qui mettent la vie en danger , la majorité des femmes enceintes et les enfants à Fukushima n’ont pas été évacués et ils occupent les installations qui ne sont pas sécuritaires. […]

L’Office des Nations Unies pour le Commissaire aux droits de l’homme devrait accepter l’invitation à enquêter sur la violation des droits des enfants à Fukushima […]

Warren Binford de Salem est professeur agrégé de droit à l’Université Willamette College of Law, où elle enseigne les droits internationaux des enfants. Auparavant, elle a vécu à Tokyo, au Japon. Elle peut être jointe à wbinford@willamette.edu.

Sep 26 2011

Siemens abandonne définitivement son activité nucléaire : quelles répercussions sur l'EPR ?

L’information a été annoncée mais peu commentée : on sait peu que l’Allemand Siemens était, avec Framatome / Areva, l’un des deux concepteurs du réacteur EPR à la fin des années 1980. Après s’être désengagé d’Areva NP au début de l’année 2009, le groupe Allemand Siemens, après avoir tenté sans succès de se rapprocher du Russe Rosatom, jette l’éponge et arrête définitivement toutes ses activités nucléaires.

Pour Areva, après le coup dur financier de 2009 – Siemens détenait 34% d’Areva NP – c’est un nouveau coup de poignard dans le dos car on sait généralement peu que Siemens fabriquait une partie des éléments de l’EPR. Il s’agit évidemment d’un choix lié à la décision politique prise par le gouvernement Allemand ayant annoncé, peu après l’accident de Fukushima Daiichi, l’arrêt programmé de l’ensemble des réacteurs Allemands pour 2022 avec mise à l’arrêt à froid immédiat des 7 réacteurs les plus anciens. Les 17 réacteurs Allemands en service avant l’accident du Japon étant tous fabriqués par KWU, filiale de Siemens, le marché national avait ainsi un avenir inexistant.

En novembre 2009, les Agences de Sûreté Nucléaire Française, Britannique et Suédoise pointaient déjà du doigt les difficultés posées par les installations de « contrôle-commande » de l’EPR qui étaient censées être développées, construites et maintenues par Siemens. Areva avait après cette notification promis de réaliser des modifications et une système de pilotage alternatif.

«Nous ne nous impliquerons plus dans la gestion totale de la construction de centrales nucléaires ou dans leur financement. Ce chapitre est clos pour nous», a indiqué M. Löscher, PDG de Siemens.

Cette nouvelle déconvenue ne signe pas forcément l’arrêt de mort des chantiers EPR en cours (Flamanville, Okiluto, Taishan) mais c’est une nuage supplémentaire qui passe sous un soleil nucléaire qui a décidément le plus gros de son avenir… derrière lui ! Fukushima n’a pas fini de faire parler de lui…