Lettre ouverte d'Eva Joly aux syndicats de l'énergie

En réaction aux propos sur le nucléaire du PDG d’EDF (Henry Proglio), mais aussi envers François Hollande qui une fois élu voudrait maintenir le chantier EPR en vie, Eva Joly, candidate d’Europe Écologie Les Verts à l’élection présidentielle de 2012 a publié une lettre ouverte à destination des syndicats de l’énergie, dont en voici la teneur :
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L'élection présidentielle de 2012 est l’occasion d’un grand débat sur l’avenir énergétique de la France. Un débat crucial à l’heure où la France doit choisir entre deux chemins : persister dans le choix du nucléaire ou investir dans la transition énergétique que j'appelle de mes vœux.

En tant que travailleurs, professionnels du secteur de l'énergie, vous êtes au coeur de ce nécessaire grand débat. C'est vous qu'il concerne en premier lieu. La transition énergétique dont la France a besoin ne pourra se faire qu'avec vous. Pourtant depuis plusieurs jours, les partisans du renouvellement du parc nucléaire s'évertuent à montrer cette transition comme une impasse, voire comme une menace pour vos emplois et votre activité. Ils induisent pourtant les Français en erreur.

C'est dans ce sens que vont les dernières déclarations de M. Proglio dans Le Parisien. Il n’hésite pas à menacer les salariés : "sortir du nucléaire, ce serait mettre des centaines de milliers d’emplois en péril et tourner le dos à l’excellence industrielle française". Loin de ces caricatures, de ces manipulations, je souhaite rétablir des faits et engager avec vous l'avenir énergétique de notre pays.

M. Proglio est d’une mauvaise foi terrible en affirmant que 400 000 emplois dans le nucléaire sont voués à disparaître. Les emplois directs sont de l’ordre de 125.000, et les salariés du nucléaire peuvent être les premiers à bénéficier des créations d’emplois de la transition énergétique. Cette transition permettra de garantir le nombre d'emplois actuels et d'en créer au moins 600 000 supplémentaires, dont une grande partie dans les énergies renouvelables. L'Allemagne nous a déjà ouvert la voie : pour 40 000 emplois dans l'industrie nucléaire, elle en a crée 370 000 dans les énergies renouvelables.

M. Proglio spécule en nous promettant 100 000 emplois issus du développement du nucléaire à l'étranger, alors que les erreurs industrielles se multiplient et qu'après Fukushima l'exportation du nucléaire apparaît comme une aberration: ces emplois n'existent pas.

M. Proglio trompe les salariés en estimant à 500 000 le nombre d’emplois menacés dans l’industrie à cause de la supposée augmentation du prix de l’électricité. Lui qui aime dire que le prix de l’électricité en Allemagne est très élevé ne sait-il pas que l’industrie allemande est bien plus florissante que la nôtre ? C’est en misant sur l’innovation verte, à commencer par des procédés de fabrication plus économes en énergie, que l’industrie française trouvera sa place sur les marchés mondiaux

La sortie progressive du nucléaire offre un avenir à notre excellence industrielle. Ces dernières années, les énergies renouvelables ont représenté la grande majorité des investissements énergétiques. Quand certains rêvent d’une renaissance de l’industrie nucléaire, nous assistons dans le monde entier au développement généralisé de l’industrie des énergies renouvelables. Les exemples de sites industriels sauvés par ces marchés porteurs se multiplient. Et c’est sans compter sur l’héritage nucléaire qui nous impose de former et d’embaucher des personnels compétents pour améliorer la sécurité des centrales en fin de vie, pour développer une filière de démantèlement capable de satisfaire les besoins mondiaux en la matière. La voie que nous proposons, c’est en définitive une voie d’excellence industrielle pour la France : l’excellence écologique.

Je souhaite aussi garantir la qualité des emplois dans le secteur énergétique. Alors que l’industrie nucléaire s’est fourvoyée depuis trop longtemps dans la sous-traitance et la précarité, je veux travailler avec vous pour garantir la qualité des conditions de travail dans les secteurs de la transition énergétique. Permettez moi, à ce sujet, de vous faire part de mon inquiétude quant aux conditions d'emplois et de travail sur le site du chantier EPR de Flamanville : les différents niveaux de sous-traitance et l'absence de garantie de sureté sur le site exposent les travailleurs à des risques innaceptables. Une politique de transition énergétique, qui intégrera le travail nécessaire au démantèlement des centrales, exigera de mon point de vue le retour au principe de l'employeur unique pour en finir avec cette mise en danger des travailleurs et des travailleuses. De la même manière, cette transition permettra de pérenniser les emplois en étudiant les conditions de la conversion des salariés vers l’avenir énergétique, garantissant à chacune et à chacun un revenu et une formation.

Mesdames, messieurs, c'est pour ces raisons que je souhaite vous rencontrer dans les meilleurs délais, pour que nous travaillons ensemble à ce chemin d'avenir. C'est avec les citoyens et les travailleurs que nous inventerons un futur énergétique soutenable pour la France.

Eva Joly

Fukushima : impunité pour les actionnaires de Tepco

BASTAMAG PAR IVAN DU ROY (8 NOVEMBRE 2011)

La compagnie japonaise Tepco, exploitant de la centrale de Fukushima, accumule les pertes financières. De l’indemnisation des victimes au démantèlement des centrales, impossible pour l’entreprise de faire face aux coûts de la catastrophe. Pour éviter la faillite, l’État japonais vient de renflouer les comptes de Tepco. Mais les actionnaires, qui ont touché depuis dix ans des milliards d’euros, ne sont pas inquiétés.


Privatiser les profits, socialiser les pertes : la compagnie japonaise Tepco (Tokyo Electric Power Company), exploitant de la centrale de Fukushima, n’échappe pas à cette règle universelle. L’État japonais – donc le contribuable – vient de lui accorder une aide de 8 milliards d’euros pour indemniser les victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Car la 4e plus grosse compagnie d’électricité du monde (derrière les allemandes RWE et E.ON, et la française EDF) est au bord de la faillite.

Depuis l’accident, Tepco affiche un déficit cumulé de 16 milliards d’euros. Elle devra en outre assurer le démantèlement des quatre réacteurs détruits (dont trois ont fondu) de la centrale de Fukushima Daichi, pour un coût évalué à 9 milliards d’euros. Une estimation qui pourrait être largement sous-évaluée au vu des fissions nucléaires qui se poursuivent.

Menace future sur la sécurité

En échange de cette aide, l’État japonais réclame un plan de restructuration. D’ici fin 2013, Tepco devra supprimer 7 400 emplois (sur 38 671 salariés), soit près de 20 % des effectifs. Les primes, les pensions retraites et la couverture santé de son personnel (malgré leur exposition à la radioactivité…) seront notamment amputées, ainsi que les dépenses d’équipements et de matériels. Cette réduction importante d’effectifs et de moyens augure mal d’une nécessaire amélioration de la sécurité des centrales nucléaires.

Tepco possède en tout 17 réacteurs nucléaires au Japon, qui représentaient, avant le séisme du 11 mars, un quart de sa production d’électricité. Outre les réacteurs de Fukushima Daichi, quatre réacteurs de la centrale voisine de Fukushima Daini étaient toujours arrêtés début novembre. « Nous continuons de nous efforcer à stabiliser chacun de ces réacteurs » , communiquelaconiquement Tepco. Après avoir couvert les mensonges et les fraudes de Tepco les années précédant Fukushima, le gouvernement japonais récidive dans ses aberrantes décisions.

Impunité pour les actionnaires

Et du côté des actionnaires ? Ils se portent bien, merci. Certes, ils ne toucheront exceptionnellement pas de dividendes cette année. Mais depuis 2001, environ un milliard d’euros de bénéfices [1] leur ont été redistribués chaque année. Soit 9 milliards d’euros en neuf ans, davantage que l’aide que vient de débloquer le gouvernement. Mais pas question de payer la décontamination ni d’indemniser les victimes.

Qui sont ces actionnaires ? D’abord des particuliers, des banques ou des fonds d’investissement et des compagnies d’assurance vie (vous noterez le paradoxe…). Ce qui pose, une fois de plus, la question de l’impunité de ces acteurs économiques, dont la responsabilité dans les conséquences de leurs investissements est totalement occultée.

Ivan du Roy

Photo : Source

Notes

[160 yens pour chacune des 1,6 milliard d’actions émises

Arnie Gundersen revient sur l'accident du réacteur 3


Voici une analyse des nouvelles 3 photographies de  Fukushima publiées la semaine dernière par TEPCO. Il étaye  la prétention de Fairewinds selon laquelle «cette explosion de l’unité 3 a débuté sur la piscine de combustible usé.

Fairewinds croit que des dommages importants ont également eu lieu dans le système de confinement de l’Unité de Fukushima 3, et que les deux événements (explosion piscine de combustible et la violation de confinement) n’a pas eu lieu simultanément. La vidéo comprend également brève discussion sur le système de tente  construit sur l’unité de Fukushima 1.

Ils l'ont dit…..

Le monde doit se préparer à vivre d’autres accidents nucléaires comme ceux survenus à Tchernobyl et Fukushima

Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations-Unies, 25 Avril 2011


La France doit accepter de se préparer à des accidents nucléaires complètement inimaginables

Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN, 5 Mai 2011


Il faut admettre qu’il est possible qu’il y ait, de temps à autres, un accident majeur

Bertrand Barré, conseiller scientifique d’Areva, 6 Juin 2011

NOUS SOMMES PREVENUS……. 

Kansas USA: De l'iode-131 dans l'herbe à plus de 2000 pCi / kg

Des niveaux d’ environ 700% plus élevés que les niveaux plus élevés rapportés par l’UC Berkeley.

SOURCE: Kansas ministère de la Santé et l’Environnement (voir note)

La détection le plus élevé d’iode-131 dans l’herbe par l’UC Berkeley était le 3 avril 2011, mesurant 9,93 Bq / kg ou 268,11 pCi / kg .

SOURCE: Université de Berkeley

L’herbe Kansas était 7,7 fois plus radioactive d’iode 131 que l’herbe de la baie de San Francisco.

Cela est quelque peu surprenant puisque la Californie est considérablement plus proche de Fukushima, le Kansas semblait plus protégé parce qu’il est à l’est des montagnes Rocheuses.

Enformable.com