La sortie du nucléaire est la seule solution pour sortir de la crise

INTERVIEW – Corinne Lepage, candidate à la présidentielle pour Cap21 et Michel Rivasi, eurodéputée d’Europe Ecologie ont échangé leurs points de vue sur le nucléaire…

20 Minutes, le 30 octobre 2011

Ces deux femmes là ne s’en laissent pas compter: ce samedi, elles ont mis toute leur énergie à convaincre le public du Festival du vent, à Calvi, qu’une sortie du nucléaire s’impose en France. Leurs arguments: trop dangereux, trop coûteux, le nucléaire a montré sa capacité de nuisance de Tchernobyl à Fukushima. Mais à l’approche de l’élection présidentielle, à laquelle Corinne Lepage a choisi d’aller seule avec son parti Cap21, quelques divergences existent entre son programme et les positions d’Europe Ecologie Les Verts, représenté par l’eurodéputée Michèle Rivasi.

Sur quels points êtes-vous en désaccord concernant le nucléaire?

Corinne Lepage: En dehors du nucléaire militaire, aucuns. Michèle dit qu’il faut donner l’exemple et nous débarrasser de l’arme atomique, je réponds que ce serait formidable mais que dans le monde actuel, il serait déraisonnable de priver la France et l’Europe d’une force de frappe nucléaire. Je suis pacifiste, mais réaliste.

Michèle Rivasi: Globalement, nous sommes d’accord, mais nous n’avons pas la même stratégie. Nous voulons sortir du nucléaire et pas tergiverser. Nous sommes pour l’instauration d’un ministère de la transition énergétique, pour l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables qui permet de fermer progressivement les centrales. Notre décision politique est plus nette sur ce point.

Pensez-vous que le nucléaire sera un sujet important dans la campagne de 2012?

Corinne Lepage: Je porterai ce sujet car il est très structurant sur le plan économique et industriel, et en termes d’organisation du territoire. Ce ne sera pas le seul sujet de la campagne, mais je souhaite en parler de manière économique: la sortie du nucléaire est la seule solution pour une ré-industrialisation de la France et pour sortir de la crise.

Michèle Rivasi: J’en suis persuadée car avec l’audit de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire, la construction de l’EPR de Flamanville et la question de la fermeture de Fessenheim, la question énergétique va se poser. Il va falloir que les experts scientifiques soient honnêtes et présents pour éviter une désinformation sur ce sujet.

Quel est le programme de votre parti sur le plan énergétique pour 2012?

Corinne Lepage: La mesure phare est de ne plus construire de nouvelles centrales en France pour donner un signal clair en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela va créer de l’économie, des emplois, et réduira le coût de l’énergie pour les ménages. Je ne fais pas de fixation sur la date de sortie du nucléaire, mais il faut y arriver progressivement: sept millions de personnes vivent en France à proximité d’une centrale et on sait qu’un accident n’est pas inenvisageable.

Michèle Rivasi: Notre programme se fonde sur une transition énergétique qui, en sortant du nucléaire, permettra de réindustrialiser la France avec des emplois non délocalisables liés à la rénovation des bâtiments, à la recherche et développement pour fabriquer des appareils moins consommateurs d’énergie et au développement des énergies renouvelables. Les accords entre Europe Ecologie et le Parti socialistepasseront par la fermeture des centrales les plus à risque, l’arrêt de l’utilisation du Mox et l’abandon de l’EPR.

 Propos recueillis par Audrey Chauvet

110 micro Sv / h à Setagaya: l' europium-152 en question

 Suite à l’article, http://fukushima-diary.com/2011/10/breaking-news-110-micro-svh-in-setagaya/

L’europium-152 est un matériau de tige de commande dans un réacteur.Si cela est vrai, un morceau de la tige de commande du réacteur 3 a volé et est arrivé dans le tuyau d’égout à Setagaya.

La présence de l’europium-152,  prouve que le réacteur 3 a bien subi  une explosion nucléaire comme cela  a été suggéré.

Source )

Un cinéaste contre le fléau nucléaire

FUKUSHIMA, 29 octobre – « Le réalisateur allemand Wim Wenders, en visitant Iitate, Préfecture de Fukushima, a déclaré « la production d’énergie nucléaire est la seule invention qui pourrait détruire l’avenir des êtres humains»rapporte le Times Le Japon .

Nouvelles photos

Le réalisateur allemand Wim Wenders (deuxième à gauche), au village de Iitate, Préfecture de Fukushima,  KYODO

Quand une femme a dit  a Wenders  ses préoccupations au sujet du rayonnement, il a dit qu’il ne savait pas comment aider son autre que de lui dire qu’elle n’est pas seule.

Wenders est ensuite allé à la ville de Fukushima et projeté son nouveau film en 3D «Pina» gratuitement.

Jeudi (le chat) pense que la réaction humaine de Wim Wenders doit être saluée et entraîner d’autres initiatives contre le nucléaire. Il suggère à EELV, à Sortir du nucléaire , à Corinne Lepage de susciter les soutiens des intellectuels et artistes français contre le fléau nucléaire.

Seul un grand mouvement d’opinion peut réveiller  notre pays.

Jeudi n’oublie pas que les grandes décisions , les grands moments de l’histoire de la France et de l’Humanité n’ont reposé que sur un petit nombre de personnes de courage.

Aujourd’hui le courage c’est de savoir dire NON n’en déplaise à nos médiocres politiques qui  n’ont pas le courage de renoncer au nucléaire …afin de « sauver » leur élection et leurs privilèges.

….Et si par hasard , il y avait un argument militaire à la justification du nucléaire civil, Le Général Norlain apporte son éclairage:

L’arme nucléaire est inutile et coûteuse, par le général Bernard Norlain (Le Monde)

http://www.regards-citoyens.com/article-l-arme-nucleaire-est-inutile-et-couteuse-par-le-general-bernard-norlain-le-monde-87442052.html

Le quatrième réacteur et le destin du Japon

Beaucoup de scientifiques mettent l’accent sur la situation précaire de la piscine de combustible n ° 4 à Fukushima.

Si un déversement des tiges advenait sur le sol, il faudrait évacuer Tokyo et  Yokohama .

Mise à jour : Un nouvel article référencé en bas de ce post, indique un risque de nouveau tremblement de terre grave  ( graphiques à l’appui).

Gordon Edwards, Ph.D., Octobre 25, 2011:

»Dans son blog récent, intitulé«Le quatrième réacteur et le destin du Japon « , Akio Matsumura identifie correctement la piscine de combustible usé du réacteur 4 de la plus grave menace potentielle pour les autres massifs rejets radioactifs de la centrale de Fukushima Daiichi l’énergie nucléaire. »

Le quatrième réacteur et le destin du Japon , Akio Matsumura, Septembre 29, 2011:

(traduction automatique de l’anglais)

«Moi, avec de nombreuses personnalités scientifiques, mettent l’accent sur la situation précaire de la quatrième réacteur qui contient 1535 barres de combustible nucléaire dans la piscine et est équilibré au deuxième étage, à l’extérieur de l’enceinte de confinement du réacteur. Si les barres de combustible déversement sur le sol, en cas de catastrophe s’ensuivra et la force de Tokyo et de Yokohama à fermer, créant une zone d’évacuation gigantesque. Tous les scientifiques que j’ai parlé avec, disons que si la structure s’effondre, nous serons dans une situation où la science bien au-delà n’est jamais allé. Le destin du Japon va être changé et le désastre va certainement compromettre la sécurité des pays voisins et le reste du monde en termes de santé, les migrations et la géopolitique.

Le gouvernement japonais devrait créer immédiatement une équipe d’évaluation indépendante pour déterminer l’intégrité structurale de la piscine du combustible usé et de sa structure portante. 

Ceci est de la plus haute importance: la sécurité de la structure est essentielle pour l’avenir du pays « .

Voir aussi:

http://fukushima-diary.com/2011/10/204-new-fuel-rods-turned-out-to-be-in-the-spent-fuel-pool-at-reactor-4/

Nucléaire: partis de gauche et référendum

Publié le 28-10-11 par Le Nouvel Observateur     

Le candidat du Front de gauche suggère aux candidats de gauche de s’accorder pour un référendum sur la sortie du nucléaire. Leurs réactions. Par Ronan Kerneur. 

Jean-Luc Mélenchon a proposé à François Hollande (PS), Eva Joly (EELV), Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) de soutenir la proposition d’un référendum sur la sortie du nucléaire, dans une lettre publiée le 26 octobre, sur le site de « Marianne ». (lettre reprise ci-dessous)

Si le candidat du Front de gauche à la présidentielle s’avoue « favorable à une sortie programmée du nucléaire », il est conscient que  » la question du recours à l’énergie nucléaire divise la gauche ». Et plus largement, les Français. Il leur propose donc « un référendum argumenté et informé. (…) Chaque point de vue aurait le devoir de proposer un scénario énergétique complet avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats. »

Réactions des intéressés, contactés par « Le Nouvel Observateur ».

Parti socialiste 

« On ne peut pas ramener ce dossier compliqué et sérieux à la seule question du nucléaire », répond Stéphane Le Foll, directeur de campagne de François Hollande, à l’appel de Jean-Luc Mélenchon. « La question énergétique est très complexe et nous ne pouvons oublier que nous sommes aussi engagés à combattre le réchauffement climatique », poursuit-il. « François Hollande s’est engagé à engager un grand débat national après la présidentielle », souligne le bras droit du candidat socialiste, « et il a réussi à proposer quelque chose de concret et de raisonnable à une échéance donnée, 2025 », soit la baisse de de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d’énergie électrique.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV)

« Le référendum, c’est l’élection présidentielle. Des candidats seront pour la sortie du nucléaire et d’autres contre. Et nous sommes pour », rétorque Denis Baupin, négociateur d’EELV sur la question du nucléaire. « Nous avons un programme que nous défendons », poursuit l’adjoint au maire de Paris, et « si Mitterrand avait proposé un référendum sur la peine de mort, nous n’aurions pas fêté le trentième anniversaire de son abolition ». Denis Baupin admet que « l’objectif de 50% pour 2025 est un point de passage sur lequel on pourrait s’accorder avec le PS », mais insiste sur la nécessité d’un engagement clair de François Hollande « sur une sortie du nucléaire à une certaine échéance ». »Une décision indispensable d’un point de vue écologique, mais aussi économique, car les industriels ont besoin de se projeter à long terme », justifie-t-il.

Lutte Ouvrière

« Je ne partage pas la fougue et l’enthousiasme de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis du référendum. Ce n’est pas le summum de la démocratie », explique Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière à la prochaine présidentielle. « Appelez les électeurs à décider une fois de temps en temps sur certains problèmes ne les amène pas à choisir la bonne solution. Regardez l’élection présidentielle », ironise-t-elle. L’enseignante d’économie et gestion précise que « l’objectif est de faire sortir les grands groupes capitalistes du nucléaire ». Son appel : « Nous n’appelons pas à la sortie du nucléaire mais à celle du capitalisme ».

Nouveau Parti anticapitaliste

« Le Front de gauche a du mal à défendre une position claire », souligne Philippe Poutou, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à la présidentielle 2012. « On ne peut pas organiser un référendum sur des questions si complexes. Dans ce cas, pourquoi ne pas en proposer sur l’interdiction des licenciements économiques ou sur l’annulation de la dette « , s’interroge l’ouvrier de Gironde. « De plus, il n’y a aucune garantie que celui-ci soit respecté », poursuit-il en prenant l’exemple du référendum sur l’Europe. « Le NPA se prononce pour la sortie du nucléaire d’ici 10 ans. Dans l’immédiat, il ne faut pas renouveler les centrales en fin de vie et arrêter le programme EPR », déclare le candidat du NPA. Mais il précise qu' »il s’agit d’une politique globale qui dépend du niveau de production d’énergies renouvelables, de la mise en place d’une entité publique pour rationaliser la consommation énergétique ou encore de la politique des transports publics. »

Ronan Kerneur – Le Nouvel Observateur

Cher François Hollande, chère Eva Joly, chère Nathalie Arthaud, cher Philippe Poutou, 

La question du recours à l’énergie nucléaire divise la gauche. Cette situation paralyse la réflexion et l’action sur l’enjeu majeur de notre temps pour l’humanité. Car elle fait perdre de vue l’objectif commun : sortir des énergies carbonées. Notre génération a le devoir de ne pas se laisser enfermer dans l’impasse actuelle. La catastrophe écologique qui s’avance est sans doute la manifestation la plus terrible de l’aberration à laquelle conduit le mode de développement dominant. Les scientifiques s’accordent pour dire que les énergies carbonées aggravent le changement climatique dans des conditions qui ne tarderont pas à devenir immaîtrisables. Mais nous connaissons aussi les risques et les servitudes liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Nul parmi nous ne les nie.Nous pouvons tous également anticiper la raréfaction puis l’épuisement des ressources en énergies fossiles. Hélas, rien n’est fait pour parer au problème. Alors même que ces processus menacent les conditions de la vie humaine sur Terre, le capital financier qui dicte aujourd’hui sa marche au monde ne se préoccupe que de ses profits à court terme. Il pousse même parfois le cynisme jusqu’à se prévaloir d’un « capitalisme vert » qui amnistierait le productivisme de ses tares.Notre responsabilité est donc immense. Jamais sans doute dans l’histoire, l’humanité toute entière n’a été confrontée à un tel défi. Jamais nous, les héritiers des lumières et du mouvement ouvrier n’avons été mis au pied du mur de résoudre une aussi grande difficulté. Il n’y a qu’un seul écosystème viable pour tous les êtres humains quelles que soient leurs opinions politiques, qu’ils soient riches ou pauvres. C’est à nous d’incarner une nouvelle fois dans l’histoire l’intérêt général humain, les droits universels. 

Dans ce contexte, nous ne pouvons-nous contenter d’échanger des anathèmes, de nous admonester mutuellement ou de nous opposer des oukases contradictoires. Nous devons, à mon avis, d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général. Ce point de convergence c’est, je crois, la nécessité de sortir des énergies carbonées. Il est aujourd’hui partagé par tous. En prenant le problème posé par ce bout, on peut avancer. La question du recours à l’énergie nucléaire s’y ajoute. C’est une réflexion d’ampleur inouïe : proposons à la société tout entière de s’y impliquer.

Je n’évacue pas les discussions qui traversent la gauche sur ce point du nucléaire. Elles ont leur noblesse. La force des arguments qui se confrontent est connue.  Evitons de faire des dogmes avec des raisonnements. Admettons la loyauté de chacun de ceux qui contribuent à cette discussion et respectons les argumentations. Ma position personnelle à ce sujet est connue. Je suis favorable à une sortie programmée du nucléaire. Si je reviens sur cette conviction personnelle c’est précisément parce qu’elle n’est pas partagée au sein du Front de Gauche dont je suis pourtant le candidat commun. En effet, notre rassemblement regroupe plusieurs points de vue sur ce sujet, à l’image de la gauche et de la France dans son ensemble ! Comment avons-nous surmonté cette difficulté ? Nous avons pris le temps d’échanger nos arguments et de nous écouter. Je vous propose de vous inspirer de notre exemple. Je suggère qu’on en propose autant au pays.

Puisque cette question n’a jamais été soumise au peuple lui-même, faisons le maintenant. Rendons-le juge du problème à trancher. Proposons un référendum  au pays. Un référendum argumenté et informé. Ne demandons pas une réponse émotive ou crispée. Chaque point de vue aurait le devoir de proposer un scénario énergétique complet avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats.

Ne pouvons-nous nous accorder sur cette idée et la démarche raisonnée qu’elle avance ? Ne serions-nous pas les uns et les autres prêts à nous incliner devant la décision de la volonté populaire ? Notre pays ne sortirait-il pas grandi et mieux informé et donc plus fort après cet exercice de souveraineté populaire ?

Je vous propose donc que nous portions cette proposition tous ensemble. Elle est respectueuse des idées de chacun et permet au pays tout entier d’avancer sur la solution d’un problème majeur qui engage son avenir. Cette démarche serait à l’honneur de la gauche et à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre sur un sujet qui touche à l’intérêt général humain.

Je vous prie de croire, chers camarades, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Luc Mélenchon,
Candidat du Front de gauche