Déc 04 2011

« Qui sème le vent », un téléfilm qui sème enfin le doute sur « l’indépendance énergétique » française

Rediffusion le mardi 6 décembre à 14h 15 sur Arte, à revoir  sur Freebox replay

Alors que le nucléaire tend à s’imposer comme une question centrale de la campagne présidentielle, l’association Survie tient à souligner l’intérêt de la fiction Qui sème le vent que la chaîne Arte a diffusé le le vendredi 2 décembre à 20h40. Ce téléfilm interroge enfin un angle mort de la filière française de l’atome : les conditions sociales, environnementales et politiques dans lesquelles la Cogema puis Areva exploitent l’uranium africain depuis des décennies. La levée d’un tabou qui atomise l’argument de « l’indépendance énergétique » de la France.

Qui sème le vent [1] rappelle que l’uranium de nos centrales provient pour une large part duNiger [2], où la France a toujours jalousement veillé sur son approvisionnement, au prix d’une contamination de l’environnement à laquelle les populations locales sont exposées en permanence. La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) a ainsi précisé que le scénario de ce film était basé, « en ce qui concerne l’impact radiologique de l’exploitation de l’uranium sur l’environnement, sur des constats effectués par [son] laboratoire » : ses différentes enquêtes et analyses indépendantes ont en effet démontré depuis plusieurs années la réalité du scandale environnemental de la présence de notre fleuron industriel au Nord Niger, mais sans qu’aucune enquête fiable sur les maladies radio-induites des habitants de la région n’ait encore pu briser l’omerta imposée par le numéro un mondial du nucléaire.

Le réalisme du film concerne également le contexte françafricain et les pires ingérences politiques liées à cette exploitation. Le scénario s’inspire, en les condensant en une histoire de quelques jours, de faits politiques qui retracent la réalité de la présence au Niger de la COGEMA puis d’Areva : soutien au renversement du chef de l’Etat en 1974 [3], complaisance envers lecoup d’Etat constitutionnel du Président Tandja contre l’attribution de la mine d’Imouramen en 2009, (la France lâchera Mamadou Tandja en 2010 [4]), diplomatie parallèle [5], imbrication entre réseaux politiques, militaires et industriels [6], gestion cynique et sans scrupule de la vie d’otages [7].

Ce film est un outil pédagogique évident, qui montre par la fiction le vrai visage de la pseudo « indépendance énergétique » de la France, assise sur des décennies de pillage et de pollution : une « indépendance » qui a pour prix la confiscation de la souveraineté d’une autre nation.

 30 novembre 2011 Site de Survie.

Commentaires sur le film: 

http://agenda.survie.org/showevent.php?id=130

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