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Juil 27 2013

Retombées de Tchernobyl en Corse: le gouvernement juge l'étude italienne «non concluante»

Paul Giacobbi a demandé si le gouvernement comptait légiférer pour indemniser les victimes. Marisol Touraine a répondu que l’étude italienne ne permettait pas d’établir un lien de cause à effet entre le nuage et le développement des cancers. Le dossier sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl en Corse s’est invité mardi à l’Assemblée nationale. A l’occasion des traditionnelles questions au gouvernement, le député de Haute-Corse Paul Giacobbi a interrogé le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur le sujet. Paul Giacobbi a fait référence à l’enquête réalisée par l’hôpital Galliera à Gênes démontrant l’explosion des pathologies thyroïdiennes suite au passage du nuage radioactif. Le député insulaire souhaitait savoir si le gouvernement comptait légiférer pour permettre aux victimes passées ou futures d’accidents nucléaires d’obtenir une indemnisation. Corse matin Publié le jeudi 25 juillet 2013 

Le couperet est tombé avec la réponse du gouvernement qui est intervenue par la voix de la ministre des Affaires Sociales et de la Santé. « Étude non concluante », a jugé la ministre de la Santé, réfutant les arguments des experts italiens. D’après Marisol Touraine, les résultats de l’enquête de l’hôpital génois ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre le passage du nuage et l’augmentation fulgurante des cancers de la thyroïde. « Le nuage de Tchernobyl, qui a fait couler beaucoup d’encre, fait partie de ces événements pour lesquels il est difficile aujourd’hui de mesurer l’impact réel, malgré les études nombreuses qui ont pu être réalisées depuis », a déclaré Marisol Touraine. « L’étude italienne ne permet pas aujourd’hui selon ses données méthodologiques d’établir un lien de cause à effet plus direct entre le nuage de Tchernobyl et le développement de ces cancers », a-t-elle ajouté. Cependant, la ministre a indiqué que l’étude italienne a été prise en considération par l’ensemble des organismes de recherche français. « Je reste très attentive à cette situation et je crois que les études scientifiques peuvent permettre d’aller plus avant dans la recherche des causes des maladies que nous constatons ».

« Dans la continuité du mensonge d’État »

L’étude, mandatée par la collectivité territoriale de Corse, menée par 25 chercheurs et dirigée par le professeur Paolo Cremonesin de l’hôpital Galliera de Gênes, avait été présentée le 4 juillet aux élus de l’assemblée de Corse. Effectuée sur la base de 14 000 dossiers médicaux archivés et plus particulièrement sur 5 500 dossiers « complets » concernant des patients ayant consulté avant et après l’accident de la centrale nucléaire ukrainienne du 26 avril 1986, cette étude fait état d’une forte corrélation entre l’exposition au nuage radioactif et l’augmentation des pathologies. Elle conclut que le nombre de cancers de la thyroïde a augmenté de 28,29 % chez les hommes en Corse après le passage du nuage radioactif. Elle met en exergue également une hausse des thyroïdites (inflammation de la glande thyroïde) de 55,33 % chez les femmes et de 78,28 % chez les hommes.

La présidente de la commission Tchernobyl de l’assemblée de Corse, Josette Risterucci, avait estimé que cette enquête allait notamment permettre à des associations de patients de demander réparation en justice, alors que les autorités françaises avaient nié tout effet du passage du nuage radioactif sur la France. C’est donc avec une grande déception que les victimes, mais aussi les élus de l’assemblée de Corse ont accueilli la réponse du gouvernement. « On savait dès le départ que c’était un combat difficile », a estimé Josette Risterucci.« Le sujet est éminemment délicat surtout qu’il est en lien direct avec le nucléaire alors que nous ce que nous recherchons c’est justement ce lien de causalité et le fait de dire que l’on a pas pris les mesures de précautions indispensables »,explique Josette Risterucci, comprenant cependant qu’une ministre refuse de reconnaître la faute de l’État. « Elle est dans la continuité du mensonge d’État », considère l’élue. Pour autant, les membres de la commission Tchernobyl de l’assemblée de Corse n’ont pas l’intention d’abandonner le combat. Le bras de fer continue.

Pour Femu a Corsica la réponse de la ministre est « scandaleuse »: « S’appuyant sur une méthodologie irréprochable, l’enquête, menée par des chercheurs reconnus, débouche sur des chiffres implacables. Malgré cela, l’Etat, refuse de reconnaître sa responsabilité politique et juridique dans la gestion fautive des suites de Tchernobyl, comme il refuse, par exemple, de reconnaître sa responsabilité dans la catastrophe de la Caravelle Aiacciu-Nice, ou dans le drame de Furiani et ses suites. La Corse et le peuple corse ne doivent plus accepter pareil mépris et pareilles injustices ». Femu a Corsica propose d’ailleurs une mobilisation collective d’ampleur. « Basta l’inghjustizia è u disprezzu »,concluent les nationalistes.

http://www.corsematin.com/article/derniere-minute/retombees-de-tchernobyl-le-gouvernement-juge-letude-italienne-%C2%ABnon-concluant.1083833.html

TCHERNOBYL ET LA CORSE: CIRCULEZ, IL N’Y A PAS DE RETOMBÉES SANITAIRES
Après Marisol Touraine, l’IRSN invalide les résultats d’une étude commandée par la collectivité territoriale de Corse sur les liens entre les cancers de la thyroïde et le passage du nuage de Tchernobyl en 1986.
Par   Slate 25/07/2013

http://www.slate.fr/life/75830/tchernobyl-corse-nucleaire-pas-de-retombees-sanitaires

Tchernobyl: où viviez nous au printemps 1986?

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