Un ex-Premier ministre japonais demande l'arrêt du nucléaire

L’ex-Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a imploré mardi son ex-poulain et actuel chef du gouvernement, Shinzo Abe, de «saisir la chance» de décider «maintenant» l’abandon de l’énergie nucléaire. «Il n’y a pas environnement plus propice pour un Premier ministre», selon Koizumi, un fin stratège resté en fonctions de 2001 à 2006, une durée exceptionnelle au Japon. Depuis, le chef du gouvernement a changé tous les ans. Libération AFP 12 NOVEMBRE 2013 

Deux anciens premiers ministres japonais Koizumi et Kan se prononcent contre l’énergie nucléaire.

Cet appel de Junichiro Koizumi, retiré de la politique mais resté très influent, relance la pression sur Shinzo Abe pour qu’il inverse sa politique pro-nucléaire. Pour Koizumi, il suffirait que Shinzo Abe exprime cette intention (d’abandonner le nucléaire) et tout le monde suivrait, d’autant que le Premier ministre, au pouvoir depuis la fin 2012, jouit actuellement d’une forte popularité.

«Si M. Abe décide maintenant, il y aura peu de parlementaires pour s’opposer à un tel plan, tandis que la population coopèrera et que les intellectuels fourmilleront d’idées» pour atteindre l’objectif de s’affranchir de l’énergie nucléaire, a-t-il déclaré lors d’une conférence à laquelle se sont précipités 350 journalistes, selon l’organisateur.

«Ce qui compte, c’est l’orientation que donne le monde politique», a insisté l’ex-chouchou des médias, aujourd’hui âgé de 71 ans et retiré de la scène politique mais que d’aucuns verraient bien revenir au combat. Toutefois, même s’il s’est entretenu avec les dirigeants de plusieurs partis radicalement opposés à l’énergie atomique, Junichiro Koizumi, ex-numéro un du Parti Libéral Démocrate (PLD, aujourd’hui tenu par Shinzo Abe), rejette l’idée de créer une formation politique pour promouvoir ses idées.

Il sait qu’au sein du PLD même existent des positions antinucléaires et juge qu’elles doivent pousser les orientations du Premier ministre, tandis que les partis de coalition et d’opposition devraient faire de même, chacun à leur façon. Lui, continuera de plaider en se sens, a-t-il promis.

Par le passé, Koizumi était lui aussi un pro-nucléaire, par défaut et, comme beaucoup dans son camp libéral, il croyait que l’énergie atomique était peu chère et sûre. Mais le drame du 11 mars 2011 à Fukushima à la suite d’un séisme et un gigantesque tsunami l’a choqué et a radicalement bousculé la donne.

Au lendemain de la catastrophe il avait fait part plutôt discrètement de sa conversion en mai 2011. Sa campagne actuelle est en revanche beaucoup plus visible ces dernières semaines. Pour lui, comme d’ailleurs pour le Premier ministre au moment de l’accident, Naoto Kan, «le mythe de la sûreté» s’est effondré et aujourd’hui le bon sens voudrait que tout le monde se retrousse les manches pour se passer d’énergie nucléaire au profit d’énergies renouvelables et sans danger.

A l’inverse, pour des raisons économiques et parce qu’il a fait du redressement du pays sa priorité, Shinzo Abe plaide non seulement pour la relance de réacteurs nippons, actuellement tous stoppés, mais il fait en plus le tour du monde pour vendre les technologies nucléaires japonaises.

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