Nucléaire : fin de partie pour l’usine américaine de MOX d’Orano

Le projet, qui avait vu le jour dans le cadre d’un accord entre les Etats-Unis et la Russie, a déjà coûté plus de 7 milliards de dollars. Les Echos

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Les Etats-Unis et la Russie s’étaient entendus pour démanteler chacun 34 tonnes de plutonium issues de leur arsenal militaire. Une usine de MOX était en chantier sur le site de Savannah River (Caroline du Sud). Les Echos Par Véronique Le Billon Publié le 9 janv. 2019

Début d’année douloureux pour les salariés du chantier de l’usine de combustible MOX aux Etats-Unis. Quelque 600 personnes (soit un tiers des effectifs) ont commencé à quitter la co-entreprise détenue à 30 % par le groupe français Orano (ex-Areva) et à 70 % par l’américain CB & I, après la notification, par l’administration américaine en octobre, de la fin du projet.

Par un accord de 2000, les Etats-Unis et la Russie s’étaient entendus pour démanteler chacun 34 tonnes de plutonium issues de leur arsenal militaire. Pour y satisfaire, les Etats-Unis avaient opté pour la fabrication de MOX, un mélange d’uranium et de plutonium utilisable dans les réacteurs nucléaires civils. Le site nucléaire de Savannah River (Caroline du sud) avait été choisi pour héberger l’usine, sur le modèle de l’unité Melox d’Areva dans le Gard. L’utilisation du MOX avait été testée dans la centrale nucléaire de Catawba, également en Caroline du Sud.

Un projet coûteux

Au moment de la signature du projet en 2008, le budget était évalué à 2,7 milliards de dollars . Mais en 2014, Areva estimait que 4 milliards de dollars avaient été dépensés et que la même somme était encore nécessaire pour une mise en service alors prévue en 2020. Aujourd’hui, plus de 7 milliards de dollars auraient déjà été dépensés, pour un niveau d’achèvement du chantier d’environ 70 % et une mise en service repoussée « dans le courant de la prochaine décennie », selon un porte-parole d’Orano.

Une envolée des coûts qui a, ces cinq dernières années, nourri débats et critiques  à chaque exercice budgétaire aux Etats-Unis, au moment de voter les crédits annuels du projet. Proche de Donald Trump, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham a toutefois qualifié la décision de terminer le programme d’« erreur colossale ».

Alternatives

L’abandon du projet n’aura pas de conséquence financière sur Orano, assure le groupe français, fournisseur de la technologie et des équipements (les « boîtes à gants », des enceintes étanches permettant de manipuler des matières dangereuses). « L’administration américaine a résilié le contrat pour « convenance », sans imputer de faute. Nous avions livré 90 % des boîtes à gants et nous étions payés sur une base « cost plus fee », c’est-à-dire que nos coûts étaient couverts et nous avions une marge », indique un porte-parole d’Orano, qui compte environ 200 salariés sur le site.

LA FIN DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE : RÉCIT ANTICIPATIF D’UNE HISTOIRE MILITARO-INDUSTRIELLE

Les découvertes de la fission nucléaire et de la réaction en chaîne avaient trouvé une application terriblement efficace avec le projet Manhattan : l’anéantissement de Hiroshima et Nagasaki en août 1945 par deux « bombes atomiques », la première à uranium et la seconde au plutonium. Leur mise au point avait nécessité un effort industriel considérable : usines d’enrichissement d’uranium, fabrication du plutonium dans des réacteurs nucléaires, puis extraction de celui-ci par « retraitement » des combustibles irradiés. Allait suivre le développement de nouveaux réacteurs pour la propulsion des sous-marins et des porte-avions.
Tout était donc prêt pour le basculement vers la production d’électricité en recourant aux mêmes techniques, favorisé par le discours « L’atome pour la paix » du président Eisenhower aux Nations Unies en 1953 et le Price Anderson Act (1957) qui reportait sur l’État la responsabilité financière en cas d’accident grave. S’y ajoutait la création en 1957 de l’Agence internationale pour l’énergie atomique
des Nations Unies, ayant en charge la promotion de l’énergie nucléaire civile, puis, en 1968, le contrôle de l’application du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, une double responsabilité non exempte d’ambiguïté (1).
L’atome pour la paix profitait d’emblée de l’existence d’un système de R&D et de production industrielle et bénéficiait de l’image rédemptrice d’un nucléaire au service du progrès et de la coopération internationale, à la fois sûr et bon marché (2). Cette alliance de Prométhée et de Janus ouvrit, dès la fin des années 1950, une période de développement de la production d’électricité d’origine nucléaire basée sur les techniques héritées du militaire : les réacteurs à eau et à uranium enrichi américains PWR et BWR (3) et, à un degré moindre, les réacteurs à uranium naturel, graphite, gaz (UNGG), au Royaume-Uni et en France (4). Le poids de l’héritage militaro-industriel était tel à l’époque que ni les considérations de sûreté des réacteurs ni la nature des déchets radioactifs ne furent des critères pris en compte pour asseoir les choix techniques concernant tant les réacteurs que le combustible (5).

En partant du constat du caractère militaro-industriel du développement de la production d’électricité d’origine nucléaire, nous présentons dans cet article l’évolution sur la période 1950-2018 de cette industrie, allant du succès au déclin, lequel est dû à la fois à l’occurrence des grands accidents nucléaires de Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima et à la perte de sa compétitivité économique du fait de l’augmentation de ses coûts de production et de la baisse spectaculaire (très rapide à partir des années 2010) du coût des productions concurrentes d’origine renouvelable – l’éolien et le photovoltaïque –, sans que l’argument des faibles émissions de CO2 de l’électronucléaire puisse faire pencher la balance en sa faveur.

À partir de ce constat, nous présentons les évolutions conduisant à la sortie du nucléaire dans les différents pays et régions du monde et tout particulièrement en France, à partir du « grand tournant » de la décennie 2020-2030, qui verra l’instauration d’une politique énergétique basée sur la sobriété et l’efficacité énergétiques au niveau de la demande et sur les énergies renouvelables au niveau de l’offre, pour aboutir, pour ce qui concerne la production d’électricité, à la fin de l’électronucléaire dans le monde sur la période 2040-2050.

Par Bernard LAPONCHE
Président de l’association Global Chance

Pour lutter contre le changement climatique, la CGT tisse des alliances avec Greenpeace et Attac

La centrale syndicale a engagé des discussions pour un plan rouge et vert face aux enjeux environnementaux. Par Nabil Wakim  Le Monde Publié le 8 janvier 2019

« Ce rapprochement rappelle l’initiative commune prise par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, et Nicolas Hulot en mars 2019 — mais qui n’a pas réussi à se concrétiser par la suite ».

COLCANOPA

L’affiche est inédite, surtout en pleine mobilisation contre la réforme des retraites. Le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), Philippe Martinez, le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, et la porte-parole de l’association altermondialiste Attac, Aurélie Trouvé, étaient réunis, vendredi 17 janvier, à Saint-Denis, près de Paris, pour écouter l’une des inspiratrices du volet social du Green New Deal porté par la gauche américaine, l’économiste Pavlina Tcherneva.

Au moment où l’Union européenne se fixe à l’échelle continentale un objectif d’atteindre la « neutralité carbone » en 2050, la CGT, Attac et Greenpeace souhaitent porter ensemble une trajectoire alternative. Depuis le contre-G7 en août 2019 à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (Espagne),les patrons des trois organisations ont multiplié les rencontres au siège de la centrale de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. L’objectif affiché : construire dans les mois qui viennent une proposition commune de pacte vert et rouge qui permette de lutter contre le changement climatique tout en assurant des emplois de qualité pour les salariés des secteurs concernés.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Le Green Deal ne peut pas être une rustine verte sur un capitalisme prédateur »

Eviter un bain de sang social

Le constat est partagé : l’urgence climatique impose une profonde transformation à l’économie française pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Renoncer aux énergies fossiles va atteindre fortement des secteurs entiers, des raffineries aux usines automobiles. Mais comment réaliser cette transition sans provoquer un bain de sang social ? « Si le choix pour sauver la planète, c’est de perdre son boulot, le discours syndical va être compliqué », euphémise le secrétaire général de la CGT, pour qui « il faut créer les conditions qui permettent de conjuguer créations d’emplois et industries et énergies propres »« Il y a une évolution de la CGT sur ces questions », reconnaît Philippe Martinez, patron d’une centrale traditionnellement productiviste et dont d’importants bataillons syndicaux travaillent dans des secteurs susceptibles d’être durement touchés par la transition.

« Il y a des alliances à faire entre les forces sociales, les syndicats et les organisations environnementales, souligne la porte-parole d’Attac, Mme Trouvé. Cela nécessite une évolution au sein des syndicats, qui est en train de se faire. Et du côté des associations écologistes, cela veut dire intégrer les questions sociales. » Le directeur général de Greenpeace, M. Julliard, estime lui aussi ce travail en commun d’un genre nouveau nécessaire : « On appelle de nos vœux une transition écologique ambitieuse mais on veut éviter qu’on nous renvoie sans cesse cette question des pertes d’emplois. »

Ce rapprochement rappelle l’initiative commune prise par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, et Nicolas Hulot en mars 2019 — mais qui n’a pas réussi à se concrétiser par la suite.

Créer des emplois pour mettre en œuvre la transition

La CGT, Greenpeace et Attac regardent de près les débats qui agitent la gauche américaine. Le projet de Green New Deal, porté notamment par la représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, implique une très forte diminution des émissions de CO2, une sortie radicale du pétrole et du charbon, tout en promettant de créer des millions d’emplois pour mettre en œuvre la transition. « C’est un aspect central du projet : on ne peut pas opposer l’emploi et l’environnement », a expliqué vendredi l’économiste Pavlina Tcherneva, qui a participé à la rédaction du texte présenté au Sénat américain en mars 2019. Elle propose un plan industriel massif centré sur les énergies renouvelables et la rénovation énergétique, « de même ampleur que pour une économie de guerre ».Lire aussi  Argent et politique américaine : le réquisitoire pédagogique de la démocrate Ocasio-Cortez

Dans le même temps, des emplois publics seraient garantis aux travailleurs issus de secteurs polluants. L’une de ses propositions-phares : un emploi public garanti pour tous au salaire minimum, qui permettrait aux salariés de se reconvertir avant de retrouver un autre travail.Comment financer un tel projet ? « C’est une mauvaise question », répond-elle, en montrant une image des incendies qui ravagent l’Australie. « La vraie question, c’est : “Comment allons-nous payer pour les conséquences du changement climatique ?” On peut soit payer très cher dans l’urgence pour tenter de faire face aux crises, soit anticiper », assure-t-elle.

« Cette discussion ouvre un chantier majeur », s’enthousiasme l’économiste Cédric Durand, l’un des organisateurs de la table ronde. Pour autant, certains ne cachent leurs inquiétudes devant les difficultés. « Si on est mineur de charbon, on ne va pas devenir du jour au lendemain rénovateur d’appartements. Il est difficile d’imaginer une solution miracle qui résout à la fois la transition écologique et la question de l’emploi ! », souligne l’économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Henri Sterdyniak, présent vendredi.

Philippe Martinez reconnaît que cette alliance avec les associations environnementales est une nouveauté pour la CGT et que les réponses communes sont encore à construire. Cette démarche pourrait aussi provoquer des interrogations au sein de la centrale syndicale, historiquement méfiante vis-à-vis des écologistes. « Si on reste chacun dans son coin, on n’a aucune chance d’y arriver », glisse le patron de la CGT avant de quitter la salle, en promettant d’autres initiatives communes dans les prochains mois.Article réservé à nos abonnés 

Le Monde Nabil Wakim

Des lanceurs d’alerte du nucléaire se regroupent à Orléans.

Décidés à informer et à sensibiliser le grand public orléanais, aux dangers du nucléaire en France et dans notre région, des associations qui militent dans ce domaine ont décidé en décembre d’unir leurs force et de créer un collectif. Premières actions, la rédaction d’un livret numérique. vendredi, 10 janvier 2020

Les militants du collectif Orléanais Saint-Laurent Stop à l’acharnement nucléaire.© SD

C’est une petite poignée de militants qui veut faire entendre son opposition au nucléaire dans la capitale régionale. Une spécificité française qui remonte au Général de Gaulle avec un discours officiel qui encore aujourd’hui présente cette énergie comme étant propre, écologique et incontournable. Ainsi, Emmanuel Macron, a réaffirmé en décembre à Bruxelles lors des discussions sur le futur Pacte vert européen : “Le nucléaire fait partie de la transition écologique” ajoutant Le GIEC l’a reconnu : le nucléaire fait partie de la transition”. Une affirmation contestée par les antinucléaires qui au contraire soulignent que le rapport de 2018 de ce groupe d’experts mondiaux du climat rappelle que “le nucléaire est une option marginale et dispensable. 

L’exemple de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

Pour faire la part du vrai et du faux sur ce sujet sensible sur lequel de nombreuses affirmations circulent ce collectif orléanais a décidé de rédiger un livret (disponible sur internet)  principalement axé sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux située dans le Loir-et-Cher mais à seulement 30 km d’Orléans. Un choix dicté par le fait que cette centrale a subi deux accidents importants en 1969 et 1980 (avec à chaque fois la fusion partielle d’un coeur de réacteur ) classés après coup au niveau 4 de l’échelle INES de l’IRSN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. Pour rappel, les terribles accidents de Tchernobyl et de Fukushima ont été classés au niveau 7). Des accidents inconnus du grand public et dont le collectif veut raviver la mémoire d’autant que d’autres incidents graves s’y sont produit en 1980, 1987 et 2004.

Par ailleurs souligne le collectif cette centrale pose le problème du démantèlement des réacteurs graphite-gaz arrêtés en 1990 et 1992 avec à la clé 8800 tonnes de déchets classés FA-VL (faible activité à vie longue) stockés sur place à Saint Laurent (voir Mag Centre la centrale ne s’étendra pas sur 116 hectares, mai 2019) mais pour lesquels il n’existe aucun lieu de stockage adapté en France. Pire, selon le livre d’Errant Benezet “Nucléaire, une catastrophe française” (‘Fayard 2018) le démantèlement des deux réacteurs graphite-gaz n’avance plus par manque de savoir-faire (sic) et selon Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien membre du Commissariat à l’énergie atomique, ce démantèlement pourrait durer jusqu’en 2100 !

Des centrales dont EDF veut prolonger la durée de vie

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

Autre sujet d’inquiétude, la volonté d’EDF et de l’Etat de prolonger la durée de vie des centrales d’où l’annonce fin 2027 par Emmanuel Macron d’un recul de dix ans sur la réduction de 50% du parc nucléaire français de 2025 à 2035. Ainsi les deux réacteurs B1 et B2 de Saint-Laurent mis en service en 1983 et initialement prévus pour 40 ans pourraient être prolongés de 10 ans voire de 20 ans donc jusqu’en 2033 ou 2043. Idem pour les 10 autres réacteurs de la région à Dampierre en Burly, Belleville, et Chinon. Une décision irresponsable selon ce collectif qui rappelle que l’acier des cuves des réacteurs a été conçu pour durer 40 ans. D’ailleurs, l’IRSN avait conclu en 2010 que le risque de rupture brutale n’était pas exclu pour 5 réacteurs en France, dont 3 pour notre seule région Dampierre 4 (risque à partir de 2019), Saint Laurent B1 (risque à partir de 2020) et Chinon B2 (risque à partir de 2021). en 

Un accident nucléaire majeur reconnu probable en France

Des risques admis aujourd’hui officiellement. Après Fukushima, le discours des autorités a changé. Ainsi Le 18 janvier 2017, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) annonçait même : « Si je devais résumer ma pensée aujourd’hui, je dirais que le contexte est préoccupant.» Autrement plus personne n’ose dire à présent qu’un accident nucléaire majeur est impossible en France. Une mise en garde que Bernard Laponche formulait juste après Fukushima juin 2011 dans Télérama en affirmant: “Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe.”

S’adapter au risque nucléaire sans stress : le programme Ethos

Malgré cette forte probabilité, la promotion du nucléaire continue un peu partout dans le monde. Comme le rapporte le collectif orléanais dans son livret page 32  “après Tchernobyl les autorités nucléaires françaises mais aussi internationales, la banque européenne , l’OMS ( Organisation mondiale de la Santé ) et l’ONU participent au programme Ethos élaboré par force sociologues, psychologues et médecins du bureau d’études Mutadis. 

Un programme appliqué à Fukushima. En effet puisqu’il est impossible et trop cher de déplacer et d’assurer la sécurité des populations touchées, celles-ci sont priées de s’adapter, d’y vivre et de s’y nourrir, oui oui vous avez bien lu. De plus comme le rapporte Yves Lenoir dans son livre la comédie atomique Ethos doit amener les habitants à “considérer la radioactivité comme un  risque  naturel que l’on doit affronter de bon gré (sic) et de façon responsable comme tous les autres. Toujours plus fort, les psychologues de ce programme estiment que le stress des parents japonais serait responsable de la maladie de leurs enfants. 

Enfin, inutile de chercher sur votre police d’assurance une clause “accident nucléaire. Elle n’existe tout simplement pas, sur aucun contrat.

Sophie Deschamps

http://www.magcentre.fr/187845-des-lanceurs-dalerte-du-nucleaire-se-regroupent-a-orleans/?fbclid=IwAR3iTYEw6waczQUKu1O8hvPBwbHbTShGqriKH45AKRLyFrpOrnW1DNH9tm8

Nucléaire : 33 incidents à la centrale de Golfech en 2019, « trop » admet son directeur

La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a vécu le jeudi 9 janvier 2020 son premier incident de l’année. L’an dernier, 33 incidents ont été signalés par la direction du site, qui mise sur son plan rigueur/sûreté pour en faire baisser le nombre. Lundi 13 janvier 2020 à 10:34 – Par Nina ValetteFrance Bleu Occitanie

Centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne
Centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne – PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Le jeudi 9 décembre, le réacteur numéro 2 de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) a connu son premier incident de l’année. Une pièce qui permet de réguler la température dans le réacteur n’était pas bien positionnée. L’incident a été signalé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Il s’agit probablement du premier incident d’une longue liste puisque la direction reconnait l’existence de « 33 événements significatifs de sûreté sur le site nucléaire pour l’année 2019″. 

LIRE AUSSI : Premier incident de l’année 2020 à la centrale de Golfech

Ce lundi 13 janvier, la cour d’appel de Toulouse rendra sa décision dans le dossier qui oppose EDF à plusieurs associations environnementales au sujet d’un rejet supérieur à la moyenne d’émanations radioactives survenu le 19 octobre 2016.

Trop d’incidents pour la direction 

« Ce n’est pas un résultat satisfaisant. C’est pour ça que nous avons mis en place un plan « rigueur/sûreté » en juillet dernier », reconnait Nicolas Brouzeng le directeur de la centrale EDF de Golfech. L’homme qui le reconnait lui-même, « une centrale nucléaire est une industrie à risques. L’un d’entre eux est le risque d’incendie. Nous avons plusieurs dispositifs pour limiter les incidents ». 

« 33 incidents significatifs sur le site de Golfch en 2019, ce n’est pas un résultat satisfaisant » – Nicolas Brouzeng, directeur du site 

Nicolas Brouzeng, le directeur de la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne - Radio France
Nicolas Brouzeng, le directeur de la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne © Radio France – Nina Valette

Alors le capitaine Michel Dominique est constamment sur le site avec ses équipes. Son rôle est de surveiller la centrale en permanence.  _ »Je n’interviens pas mais je suis un officier de liaison entre les SDIS (_Service départemental d’incendie et de secours) affectés à la centrale« , précise le pompier. 

« Pour l’année 2019, on est venu sept fois pour des débuts de combustion ou départs de feu. Et en secours à la personne (malaise, accident du travail), nous sommes venus 21 fois. C’est une activité très faible vu les risques », explique Michel Dominique. « Le risque incendie est le premier des risques mais il y a aussi le risque chimique, radiologique, de chute, effondrement échafaudage. Les chiffres des interventions ici sont très faibles, c’est grâce à la formation et aux règles mises en place ». 

A Golfech, tout le monde parle le même langage 

Afin d’homogénéiser les règles et le vocabulaire, le site de Golfech a fait appel à Sylvia Rouvière, GIE Atlantique (une Association Régionale de Prestataire de l’industrie nucléaire française présente sur les CNPE du Blayais, de Civaux et de Golfech). « Il faut mettre en application les règles ici parce que les conséquences peuvent être très graves. Il faut donc bien faire et du premier coup. Ouvrir une vanne, la bonne vanne, avec le bon repère et au bon moment dans la procédure. Il y a plusieurs vannes, elles ont des noms assez similaires, avec juste une lettre qui change. Il faut rester vigilant. » 

Des explications que la direction de la centrale de Golfech met volontiers en avant pour rassurer les « voisins » du site. « L’inquiétude qui existe, je la comprends, mais le fait qu’il n’y ait pas eu d’événements majeurs sur les centrales en France depuis des années et que nous communiquons sur les incidents, en étant transparent, ça permet de rassurer et de faire accepter notre industrie », conclut Nicolas Brouzeng, le directeur du site. 

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/comment-eviter-les-incident-a-la-centrale-nucleaire-de-golfech-1578747855?fbclid=IwAR2Hiak0S9YT33W2xEbZzfWuhACJozHvYmTfn7yV18NYNPqkLfPtnUT4hZc