Areva invite les chinois dans son capital

Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle d’investissements chinois en France. Cette fois, c’est un accord avec le groupe nucléaire Areva dont il s’agit mardi 3 novembre 2015

Le siège d’Areva dans le quartier parisien de la Défense © Maxppp

C’était dans l’air depuis longtemps mais cela a pris une tournure plus officielle lundi 2 novembre avec la visite de François Hollande en Chine.
Le spécialiste français du nucléaire a signé un protocole d’accord avec la China National Nuclear Corporation. CNNC prendra une participation minoritaire dans Areva… les détails seront finalisés d’ici la fin de l’année mais le principe est acquis.
La coopération ne concernera pas directement l’activité réacteurs nucléaires qui est en cours de rachat par EDF, mais le protocole comporte un volet industriel de coopération sur l’ensemble des activités du cycle de l’uranium : les mines, la logistique, le recyclage et le démantèlement.

Areva et les chinois discutent depuis plusieurs années

Des coopérations existent déjà. D’autres projets portent, notamment, sur la construction d’une usine de traitement  et recyclage de combustibles usés dans l’Empire du Milieu. Idem dans la logistique. Le marché nucléaire chinois est très prometteur.
Et puis il ne faut pas oublier que l’actuel président du conseil  d’administration d’Areva, Philippe Varin, connaît très bien toutes les facettes chinoises. Lorsqu’il était à la tête de PSA Peugeot Citroën, c’est lui qui a négocié avec Dongfeng le plan de sauvetage du constructeur automobile tricolore.
Stratégiquement, le protocole signé lundi 2 novembre permet de faire coup double : il y a les passerelles industrielles que je viens d’évoquer… sur le plan financier, l’arrivée des chinois en minoritaire dans Areva permettra d’alléger la facture de la recapitalisation par l’Etat français qui détient 87% du groupe.
Après des années d’errance dans la gouvernance (années 2000), les besoins en financement  du groupe sont estimés à 7 milliards d’euros d’ici à 2017.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Peut-on imaginer d’autres partenariats ?

Des discussions sont en cours avec les japonais (Mitsubishi) et d’autres investisseurs asiatiques seront les bienvenus.
Si le contexte international est de moins en moins porteur dans le nucléaire, 390 réacteurs sont toujours en activité dans le monde.
Il faut assurer la maintenance et penser au marché mondial qui est estimé aujourd’hui à 60 nouvelles centrales, dont la plupart… en Chine. Rien n’est laissé au hasard dans cette affaire.

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