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Mai 18 2012

ECOLOGIE : UN DISPOSITIF MINISTERIEL EN KIT MAIS BIEN POURVU.

Pour les militants écologiques, le Gouvernement Ayrault 1  n’inspire  pas à  sabler  bruyamment  le champagne. Même  Bio. Un mousseux sans sulfites suffira. Le Monde 17 mai 2012 par Guillaume Malaurie

D’abord parce que  le dossier forcément transversal de l’ écologie  ne redevient pas, comme certains feignaient de le croire,  un  Giga Ministère d’Etat  agrégeant  le Développement Durable, l’Equipement, l’Aménagement du territoire, les Transports,  la Pêche, l’Energie et le Logement ainsi que ce fut  le cas avec Alain Juppé puis  Jean Louis Borloo. Lorsque le député  UMP Bertrand Pancher, Co-rapporteur de  Grenelle I et II,  parle de « dislocation du Grand Mininstère  de l’écologie », il y va certes  un peu  fort, mais sur le plan de la culture administrative, il y a du vrai. 

Nicole Bricq n’est pas le poids lourd espéré par les ONG

Plus ennuyeux pour les ONG : la nouvelle  tenante du titre, Nicole Bricq, n’est pas le  poids lourd espéré du PS qui peut donner  le change  à Bercy ou à la citadelle de l’Agriculture. Les deux administrations les plus rétives aux sirènes vertes l’une et l’autre tenues par des proches de Hollande.

Ceux qui,  à Europe Ecologie,  faisaient récemment la danse du ventre pour obtenir coûte que coûte des postes en ne posant pas la moindre  condition et en annonçant un quinquennat forcément  centré sur la transition écologique en sont donc pour leur frais. Ils sont  renvoyés brutalement à  la réalité électorale  : le minima minimorum d’ Eva Joly aux Présidentielles.

C’était donc prévisible : ni  Hollande ni Ayrault n’ont voulu d’un dispositif  qui laisse entendre que la transition écologique et énergétique puisse être une des leviers déçisifs  de la stratégie gouvernementale. C’est comme ça et pas autrement : le « social » avec Michel Sapin et l’Education avec Vincent Peillon  restent les deux étendards classiques d’un  gouvernement PS.  Pour la doctrine  « social écologique  », chère à Martine Aubry et votée à l’unanimité par les socialistes  d’avant Hollande,  on repassera.

Reste que l’avenir n’est pas insulté.  Loin  de là. 

Le levier stratégique de l’énergie

 D’abord, parce que Nicole Bricq est une coriace qui sait compter et  défendre ses dossiers. Qu’elle soit novice sur ces thématiques – encore qu’elle fut en 1992  conseillère technique au cabinet de Ségolène Royal alors Secrétaire d’Etat à l’Environnement-,  n’est pas bien grave. L’écologie, avec ses crises sanitaires, son réchauffement, la hausse de l’essence et de l’électricité, viendra à elle comme elle s’est imposée  à cet autre débutant :  Jean Louis Borloo.

 Il faut d’ailleurs souligner que Nicole Bricq réalise une excellente opération  en récupérant  la compétence sur l’énergie  et le grand débat de la rentrée qui va avec. Dossier  ultra sensible qui était,  depuis le départ de Borloo,   partagé, mieux vaudrait dire disputé,  entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric  Besson. Lorsqu’il s’agira de trancher  sur les gaz de schiste, les énergies alternatives ou sur telle ou telle centrale nucléaire, ça peut-être  appréciable.

Derniers points : cette charentaise fille d’un exploitant agricole trouvera peut-être mieux que Dominique Voynet dans  le passé,  les mots  justes pour s’adresser  au monde rural. Et il est plutôt positif que les socoalistes se décident enfin à prendre par les cornes la question environnementale plutôt que de la sous-traiter à leurs alliés. 

L’attelage avec Cécile Duflot

Enfin, Nicole Bricq devrait pouvoir compter sur le second pôle  « écolo » qui ne dit pas son nom du Gouvernement Ayrault. Comprenez le Ministère  de Cécile Duflot  taillé, c’est assez sketch,  dans celui de l’écologie et  qui récupère donc l’Aménagement du territoire et surtout le Logement.

 A condition bien sûr que les deux Ministres s’entendent. ce qui n’est jamais gagné à l’avance. 

Le Logement, c’est en effet le seul engagement vert tangible et dont les objectifs soient chiffrés  de François Hollande : 600 000 logements à réhabiliter thermiquement  par an.  Prométhéen par les temps qui courent. 

En principe, Cécile  Duflot, surnommé parfois  Vuvuzella,  devrait  rappeler au claironses promesses au Président  et Nicole Bricq devrait défendre en deuxième rideau les moyens budgétaires  et techniques ( l’Agence de l’Environnemt et de la maîtrise de l’énergie ) de cette réforme déçisive. En sachant tout de même que le concept d' »économie d’énergies » est un concept trompeur.  Peu rentable électoralement. D’abord ça coûte trés cher. C’est ensuite seulement, soit bien aprés le quinquennat, que ça rapporte. 

La Coopération de papa eco-revisitée. 

 Ajoutons enfin que le  très compétent  Pascal Canfin, Europe Ecologie lui aussi, est chargé du Développement, c‘est à dire  de la coopération  avec les pays du sud qu’il aura sans doute à cœur d’émanciper d’une gestion à l’ancienne.

 Le « verdissement » de l’aide  sera sans doute son souci majeur.  Il sera d’ailleurs immédiatement sur la brèche avec le rendez-vous international de Rio+20. Nul doute que l’ex député européen s’insipera du  rapport présenté  hier à Bruxelles par la Commission Européenne sur le développement  et qui s’intitule : « Faire face à la rareté ». Rareté de l’eau, de la terre et de l’énergie.

Au total, une écologie en kit mais dont les … briques, sans jeu de mots, mises bout à bout,  peuvent permettre de renforcer les murs  d’une action publique qui ne repose pas sur rien. Les fondations du Grenelle de l’Environnement sont là.  Et on est tenté de dire : heureusement ! C’est ce qui fait toute la diffrence avec l’expérience  brinquebalante du Ministère de l’écologie version Voynet  dans l’avant  dernier  gouvernement de Gauche. Celui de Lionel Jospin.

Guillaume Malaurie

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